{"id":3458,"date":"2009-11-03T18:44:46","date_gmt":"2009-11-03T17:44:46","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-11-03T18:44:46","modified_gmt":"2009-11-03T16:44:46","slug":"3458","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3458\/","title":{"rendered":"Le livre du jour : Miano enfonce le clou"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Avec son tout dernier roman, \u00ab Les aubes \u00e9carlates \u00bb, la jeune \u00e9crivaine termine sa \u00ab th\u00e8se \u00bb explicative des malheurs de l\u2019Afrique contemporaine.<br \/>\n &#8211; <\/p>\n<h4 align=\"justify\"><\/h4>\n<div align=\"justify\">La boucle est boucl&eacute;e. La trilogie promise est termin&eacute;e avec la parution du nouveau roman de L&eacute;onora Miano, &laquo; Les aubes &eacute;carlates &raquo;. Avant, il y avait eu le tr&egrave;s fondateur &laquo; L&rsquo;int&eacute;rieur de la nuit &raquo; puis &laquo; Contours du jour qui vient &raquo;. La jeune &eacute;crivaine camerounaise, que l&rsquo;on d&eacute;couvrait alors, se penchait sur les maux d&rsquo;un continent, l&rsquo;Afrique, ramen&eacute;e &agrave; un pays sorti de son imagination, le Mboasu. Pas si imaginaire que cela. Miano remet &ccedil;a et, telle une sangoma sud-africaine, ausculte sa terre pour lui donner les moyens de se soigner. On se souvient de ces maquisards qui avaient d&eacute;barqu&eacute;, enlevant, violant, tuant au nom d&rsquo;un id&eacute;al vaseux.&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">Dans un pays chaotique o&ugrave; rien ou presque ne marche, le pays du pr&eacute;sident Mawus&eacute;. A Mboasu, dans &laquo; Les aubes &eacute;carlates &raquo;, la politique est &laquo; la profession la plus lucrative &raquo;, &laquo; le pr&eacute;sident Mawus&eacute; ne promeut que des nordistes comme lui &raquo;, &laquo; les jeunes dipl&ocirc;m&eacute;s se voyaient tous fonctionnaires. Aucun n&rsquo;a &eacute;tudi&eacute; dans le but de cr&eacute;er une entreprise &raquo;, &laquo; les flics sont si mal pay&eacute;s qu&rsquo;ils ne vivent que de racket et louent leur &eacute;quipement, armes comprises, &agrave; des malfrats &raquo;, &laquo; les m&ocirc;mes n&rsquo;ont pas droit &agrave; l&rsquo;insouciance &raquo;. Et l&rsquo;auteure de se demander, page 49, &laquo; pourquoi Nyambey veut-il que nous vivions, si nos vies doivent se d&eacute;rouler ainsi ? &raquo; La r&eacute;ponse &agrave; cette grosse question, le jeune Epa se la pose aussi. Lui qui avait &eacute;t&eacute; enr&ocirc;l&eacute; par les rebelles emmen&eacute;s par Isilo. Comme Birahima dans &laquo; Allah n&rsquo;est pas oblig&eacute; &raquo; de Ahmadou Kourouma ou &laquo; Sozaboy &raquo; de Ken Saro-Wiwa, c&rsquo;est un enfant soldat. Qui r&eacute;ussit &agrave; s&rsquo;enfuir et &agrave; &eacute;chapper &agrave; cette absurdit&eacute; qu&rsquo;il ne comprend pas. Peut-&ecirc;tre va-t-il y arriver au contact d&rsquo;Ayan&eacute;, cette jeune fille d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sente dans &laquo; L&rsquo;int&eacute;rieur de la nuit &raquo;. &laquo; Etrang&egrave;re &raquo; pour avoir &eacute;tudi&eacute; en Europe, elle a pris le parti d&rsquo;interroger et de comprendre. Les deux personnages entament comme un parcours vers ce qui sera, un jour peut-&ecirc;tre, l&rsquo;aube d&rsquo;une &egrave;re nouvelle. L&eacute;onora Miano, elle-m&ecirc;me, emprunte un chemin somme toute difficile et m&eacute;ritoire. Ce roman, autant que les autres, &laquo; Tels des astres &eacute;teints &raquo; en l&rsquo;occurrence, est &eacute;crit comme d&rsquo;autres &eacute;crivent un morceau de musique. Le jazz qui, chez elle, exprime le cri de ceux qui sont partis, est mis &agrave; contribution. Une &eacute;criture forte et sans concessions qui dit une chose et en montre une autre. Figurative, elle en demande davantage au lecteur qui, lui aussi, lit une chose et doit en appr&eacute;hender une autre. Le travail de recherche men&eacute; par la romanci&egrave;re sur les th&eacute;matiques de l&rsquo;esclavage est au demeurant remarquable. Les aubes, disions-nous&hellip; Mais pour y arriver, le Mboasu et tous ses habitants ont un travail d&rsquo;exorcisme &agrave; faire. Ils ne peuvent pas pr&eacute;tendre avancer tant qu&rsquo;ils ne se r&eacute;concilient pas avec l&rsquo;histoire qu&rsquo;ils tra&icirc;nent. La plaie de la traite n&rsquo;a jamais vraiment cicatris&eacute;. Elle s&rsquo;est referm&eacute;e sur une gangr&egrave;ne lente et insidieuse qui pourrit le corps Afrique. &laquo; Sankofa ! Sankofa ! &raquo; Sankofa, apprend-t-on, est un mot akan, qui signifie &laquo; retour aux sources &raquo;, ou &laquo; retourne chercher ce qui t&rsquo;appartient &raquo;. Le mot renvoie &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de conna&icirc;tre le pass&eacute; pour avancer. Et pour finir de fa&ccedil;on imparable, page 209, la traite n&eacute;gri&egrave;re a &eacute;t&eacute; &laquo; le premier crime contre l&rsquo;humanit&eacute; dont on a gard&eacute; trace. Celui qui, trop longtemps ignor&eacute;, avait engendr&eacute; les autres. Une fois qu&rsquo;on avait r&eacute;duit des humains &agrave; cela, qu&rsquo;h&eacute;siterait-on &agrave; commettre ? Devant quoi reculerait-on ? &raquo; <\/p>\n<p><span class=\"small\">Ecrit par St&eacute;phane Tchakam\t\t\t\t\t<\/span> \t\t\t\t\t<\/div>\n<div align=\"justify\">&nbsp;<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong>L&eacute;onora Miano <\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong>Les aubes &eacute;carlates : <\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong>&laquo; Sankofa cry &raquo; <\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong>Paris Plon <\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong>275 pages <\/strong><\/div>\n<p><strong>Ao&ucirc;t 2009 <br \/><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec son tout dernier roman, \u00ab Les aubes \u00e9carlates \u00bb, la jeune \u00e9crivaine termine sa \u00ab th\u00e8se \u00bb explicative des malheurs de l\u2019Afrique contemporaine. &#8211; La boucle est boucl&eacute;e. La trilogie promise est termin&eacute;e avec la parution du nouveau roman de L&eacute;onora Miano, &laquo; Les aubes &eacute;carlates &raquo;. 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