{"id":3494,"date":"2009-11-16T17:04:48","date_gmt":"2009-11-16T16:04:48","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-11-16T17:04:48","modified_gmt":"2009-11-16T15:04:48","slug":"3494","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3494\/","title":{"rendered":"Sa\u2019a : Les contes s\u2019invitent en prison"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Pour cette 10\u00e8 \u00e9dition, les conteurs du Festmoc \u00e9taient une fois de plus au p\u00e9nitencier pour un spectacle sobre et \u00e9ducatif. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas courant un p&eacute;nitencier qui s&rsquo;ouvre aux artistes. Surtout en ces recoins de la R&eacute;publique o&ugrave; ils ploient sous le poids des pensionnaires pl&eacute;thoriques et de la v&eacute;tust&eacute; des locaux affect&eacute;s &agrave; ceux que la soci&eacute;t&eacute; a d&eacute;cid&eacute; de mettre en marge, histoire de les ramener &agrave; de meilleurs sentiments dans leurs habitudes et comportements vis-&agrave;-vis de leurs semblables. A Sa&rsquo;a, une bourgade perdue en plein milieu du pays Eton dans la R&eacute;gion du centre, on a pourtant pris l&rsquo;option de travailler avec le festival des moments contes et du patrimoine (Festmoc). Et ce depuis de nombreuses ann&eacute;es. Ce n&rsquo;&eacute;tait donc point par surprise que les conteurs de cette 10&egrave; &eacute;dition ont fait le d&eacute;placement de ce p&eacute;nitencier vendredi 13 novembre dernier. O&ugrave; ils ont livr&eacute; 90 minutes durant une prestation sc&eacute;nique que les locataires des lieux ne sont pas pr&ecirc;ts d&rsquo;oublier.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;&agrave; voir le chant de remerciement inspir&eacute; d&rsquo;un tube d&rsquo;un chanteur du coin pour mesurer le sentiment de joie qui avait &eacute;lu domicile dans les c&oelig;urs. Les prisonniers ont ainsi chant&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; bout de souffle le fameux refrain du titre Merci de l&rsquo;album Maturit&eacute; de Tsimi Torro. Une manifestation de joie qui est all&eacute; droit aux c&oelig;urs des sept conteurs d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs qui avaient fait le d&eacute;placement.<br \/>Parce que cette &eacute;dition a pour th&egrave;me &laquo;Contes et paroles de femmes&raquo;, c&rsquo;est &agrave; ces derni&egrave;res qu&rsquo;est revenu la primeur des prestations. C&rsquo;est ainsi que c&rsquo;est &agrave; Talik&eacute;, une Malgache install&eacute;e en Belgique, qu&rsquo;est revenu le soin d&rsquo;ouvrir le spectacle. Elle qui a ax&eacute; sa prestation et son exhortation &agrave; plus de paix sur des chants de chez elle. Qui a amus&eacute; dans un premier temps son auditoire avant de le corrompre pour finalement le gagner &agrave; la cause artistique. <\/p>\n<p>Rafo Diaz<br \/>Pouvait alors suivre Gis&egrave;le de Pointe noire avec son spectacle &agrave; forts relents de sagesse parce que bas&eacute; sur des devinettes. La Tchadienne Fanta fera un conte sur le chien, la ch&egrave;vre et le mouton l&agrave; o&ugrave; la Camerounaise Annie Tchawack usera de tout son talent de com&eacute;dienne et de danseuse pour tenir le niveau relev&eacute; par ses consoeurs. Mais &agrave; la prison ce jour-l&agrave; comme durant toute l&rsquo;&eacute;dition, il n&rsquo;y avait pas que les femmes. Et lorsque le P&eacute;ruvien, qui vit &agrave; Maputo au Mozambique avec sa famille, Rafo Diaz s&rsquo;est dirig&eacute; vers ce qui tenait lieu de podium, il y eut des soupirs et m&ecirc;me quelques sifflets. Comme si le conteur n&rsquo;&eacute;tait pas en mesure de relever le d&eacute;fi &agrave; lui involontairement pos&eacute; par les conteuses. <br \/>Alors il s&rsquo;&eacute;lan&ccedil;a dans une improvisation (il allait l&rsquo;avouer plus tard) dont la trame portait sur la femme. La question centrale de son conte se libellait en effet &laquo;que veut une femme dans sa vie ?&raquo; <\/p>\n<p>Question complexe &agrave; laquelle le conte r&eacute;pondit par &laquo;&ecirc;tre propri&eacute;taire de sa vie&raquo;. Non sans que le conteur ait recouru &agrave; un arsenal artistique qui ne faisait pas l&rsquo;&eacute;conomie d&rsquo;une gestuelle et d&rsquo;une vocalisation fort &agrave; propos. S&rsquo;il ne chantait point, Rafo Diaz parvint, malgr&eacute; son accent espagnol, &agrave; se faire comprendre des prisonniers et &agrave; gagner leur sympathie. Ceux-ci applaudirent &agrave; tout rompre. A tel point que l&rsquo;&eacute;quipe de L&eacute;onard Longmo, le promoteur du Festmoc rentr&eacute; pr&eacute;cipitamment &agrave; Yaound&eacute;, e&ucirc;t du mal &agrave; contenir la joie des uns et des autres pour pouvoir faire don &agrave; l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;un carton de livre de contes. Des contes &eacute;trangers &agrave; ceux que l&rsquo;&eacute;quipe avait entrepris de recueillir dans le voisinage. Et qui ne lui avait cependant pas emp&ecirc;ch&eacute; de multiplier des spectacles aussi bien dans les march&eacute;s, les &eacute;coles et &agrave; l&rsquo;esplanade de l&rsquo;h&ocirc;tel de ville. Spectacles qui donnaient lieu les lendemains &agrave; des rencontres professionnelles et &agrave; des ateliers d&rsquo;&eacute;changes. La 10&egrave; &eacute;dition pouvait alors se terminer en toute sobri&eacute;t&eacute; le lendemain loin des regards et des encouragements des prisonniers qui n&rsquo;ont pas manqu&eacute; de suppli&eacute; les organisateurs &agrave; ne pas les &laquo;oublier&raquo; en 2010. Ce &agrave; quoi M. Logmo souscrit bien s&ucirc;r !<\/p>\n<p><em>Parfait Tabapsi<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour cette 10\u00e8 \u00e9dition, les conteurs du Festmoc \u00e9taient une fois de plus au p\u00e9nitencier pour un spectacle sobre et \u00e9ducatif. &#8211; Ce n&rsquo;est pas courant un p&eacute;nitencier qui s&rsquo;ouvre aux artistes. 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