{"id":35,"date":"2006-05-31T16:38:27","date_gmt":"2006-05-31T14:38:27","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-05-31T16:38:27","modified_gmt":"2006-05-31T14:38:27","slug":"35","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/35\/","title":{"rendered":"Ruben Um Nyob\u00e9 : mod\u00e8le d\u2019homme de culture"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le grand nationaliste kamerunais fut assassin\u00e9 le 13 septembre 1958. Quarante neuf ans apr\u00e8s sa mort, son personnage est toujours l\u2019objet d\u2019une nombreuse litt\u00e9rature dont les buts ne sont pas toujours des plus nobles. Nous avons voulu restituer ici ce qui constitua le principe cardinal du grand homme : la culture politique. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, Um peut s\u2019\u00e9lever au-dessus des contingences tribales et donner un \u00e9lan national au patriotisme kamerunais.<br \/>\n &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"Style3\"><strong>Ruben Um Nyob&eacute; et les dirigeants up&eacute;cistes actuels<\/strong><br \/>Le discours politique des enfants de Louis Paul Aujoulat, depuis l&rsquo;&eacute;poque coloniale, semble n&rsquo;avoir pour fonction que la duperie intellectuelle et id&eacute;ologique, avec pour fondements la course effr&eacute;n&eacute;e vers la mangeoire. En ce sens, nos contemporains Bello Bouba Ma&iuml;gari, Augustin Fr&eacute;d&eacute;ric Kodock, Dakol&eacute; Daissala, et les autres fils, m&ecirc;me adult&eacute;rins, du r&eacute;gime actuel &ndash; y compris beaucoup de dirigeants de partis r&eacute;publicains de l&rsquo;Opposition &#8211; sont la figure ultime de Louis-Paul Aujoulat, le p&egrave;re-fondateur du syst&egrave;me n&eacute;ocolonial dans notre pays. Et c&rsquo;est pourquoi, en r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale, ces hommes politiques disent &hellip; ce qu&rsquo;ils ne font pas, et font &hellip; ce qu&rsquo;ils ne disent pas. C&rsquo;est aussi pourquoi, dans le but de transformer subrepticement les valeureux h&eacute;ros de notre lutte de lib&eacute;ration nationale et leur formidable organisation (l&rsquo;UPC) en fonds de commerce politique, les Kodock et autres Charly Gabriel Mbock et Hogbe Nlend s&rsquo;acharnent d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment, avec l&rsquo;assistance th&eacute;orico-livresque des Achille Mbembe, &agrave; r&eacute;duire Ruben Um Nyob&eacute; en un h&eacute;ros bassa. Cette escroquerie, esp&egrave;rent-ils, leur permettra d&rsquo;embrigader nos compatriotes bassa dans ces prisons politiques que sont leurs partis, pour les livrer pieds et poings li&eacute;s &agrave; M. Biya, et recevoir en retour quelque strapontin &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale ou dans le gouvernement. Dans cette d&eacute;marche alimentaire, ils d&eacute;pouillent l&rsquo;UPC et Ruben Um Nyob&eacute; de ce qui pr&eacute;cis&eacute;ment faisaient leur force : &ldquo; l&rsquo;activit&eacute; r&eacute;solue de production r&eacute;solue d&rsquo;une culture. &rdquo; Cette d&eacute;marche purement gastronomique veut faire de l&rsquo;UPC et de Ruben Um Nyob&eacute; des hommes et des faits de &ldquo; coutume &rdquo; que l&rsquo;on puisse manipuler &agrave; souhait, parce qu&rsquo;on aura vid&eacute; ces hommes et leur &eacute;pop&eacute;e de leur substrat historique et, en quelque sorte, de leur &ecirc;tre r&eacute;el. Mais les Kodock et autres Charly Gabriel Mbock et Hogbe Nlend se trompent d&rsquo;&eacute;poque ! Le Kamerunais d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;il soit bassa ou non, n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;il &eacute;tait dans les ann&eacute;es 90, quand nous aspirions tous, goul&ucirc;ment et avec peu de circonspection, &agrave; l&rsquo;air frais de la libert&eacute;. <\/p>\n<p><strong>Culture, coutume et costume<\/strong><br \/>La refondation du patriotisme kamerunais, qui est une n&eacute;cessit&eacute; in&eacute;luctable si les patriotes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui veulent poursuivre fid&egrave;lement l&rsquo;&oelig;uvre de leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs (Samba Martin Paul, Rudolf Douala Manga Bell, Madola, Um Nyob&eacute;, Moumi&eacute;, Ouandi&eacute;, Kingu&eacute;, Osend&eacute; Afana, etc.), si elle veut &ecirc;tre efficace, doit se faire, chez chaque patriote, sur un certain nombre de &ldquo; comportements id&eacute;ologiques &rdquo;. Nous devons, dans notre pens&eacute;e comme dans notre pratique, retrouver les ressorts &ldquo; secrets &rdquo; qui ont fait de nos pr&eacute;d&eacute;cesseurs les h&eacute;ros unanimement acclam&eacute;s qu&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute;. Et l&rsquo;une des conditions fondamentales &agrave; l&rsquo;adoption de ce type de comportements id&eacute;ologiques, pour ne pas se laisser entra&icirc;ner dans les sissonghos par tous les tra&icirc;tres qui d&eacute;p&egrave;cent la d&eacute;pouille des Um Nyob&eacute; pour en livrer des morceaux sanguinolents au n&eacute;ocolonialisme, c&rsquo;est la distinction claire entre la &ldquo; culture politique &rdquo; et la &ldquo; coutume politique. &rdquo; Et la r&eacute;flexion sur ces notions de &ldquo; culture &rdquo; et de &ldquo; coutume &rdquo; est r&eacute;ellement indispensable, car la longue lutte de l&rsquo;UPC a bel et bien donn&eacute; naissance non seulement &agrave; une culture politique et id&eacute;ologique, mais &eacute;galement &agrave; des coutumes naus&eacute;abondes. Comme leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs dans la lutte (Samba, Manga Bell, etc.), les Um Nyob&eacute; sont fondamentalement des &ecirc;tres de culture. Ils ne sont pas des &ecirc;tres de coutume. Ils sont encore moins des hommes de &#8230; costume (c&rsquo;est-&agrave;-dire des hommes habill&eacute;s physiquement, mentalement, id&eacute;ologiquement et politiquement par l&rsquo;Occident imp&eacute;rialiste, &agrave; l&rsquo;instar de Monsieur Biya et de ses acolytes).<br \/>Mais qu&rsquo;est ce qu&rsquo;un homme de culture et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un homme de coutume ? La culture peut &ecirc;tre d&eacute;finie sous deux angles. D&rsquo;abord comme activit&eacute; permanente de cr&eacute;ation, par une collectivit&eacute; humaine, de nouvelles id&eacute;es, de nouvelles institutions, de nouveaux outils, de nouveaux comportements ou de nouvelles pratiques pour s&rsquo;adapter &agrave; un environnement nouveau ou &agrave; des situations nouvelles. Ainsi, quand les Kamerunais cr&eacute;ent le RACAM (Rassemblement Camerounais) en 1946, &agrave; la suite de la JEUCAFRA et de l&rsquo;UNICAFRA, ils font oeuvre novatrice de culture. Mais le RACAM est tr&egrave;s vite dissous par le colon fran&ccedil;ais. Quand les r&eacute;volutionnaires kamerunais, sous la direction de Ruben Um Nyob&eacute;, cr&eacute;ent l&rsquo;UPC deux ans plus tard, ils font d&rsquo;autant plus oeuvre de culture qu&rsquo;ils affinent le patriotisme kamerunais pour mieux l&rsquo;adapter au contexte de la colonisation, mieux comprise d&eacute;sormais comme extension du capitalisme en terre &eacute;trang&egrave;re. La culture peut &eacute;galement &ecirc;tre comprise comme l&rsquo;ensemble des id&eacute;es, institutions, outils, comportements et pratiques ainsi cr&eacute;&eacute;s. Dans le premier cas (celui de la pratique novatrice), on parlera de &ldquo;culture constituante&rdquo;, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un acte, d&rsquo;une &ldquo; praxis &rdquo;, comme l&rsquo;&eacute;crirait Marx, et dans le second cas on parlera de &ldquo;culture constitu&eacute;e&rdquo;, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit de produits de la culture constituante. Prenons un exemple pour que les choses soient claires : quand Ruben Um Nyob&eacute; et d&rsquo;autres patriotes se retrouvent fr&eacute;quemment, de 1947 &agrave; 1948, pour d&eacute;battre de la possibilit&eacute; de cr&eacute;er une nouvelle organisation de lutte apr&egrave;s le RACAM, ils font acte de culture constituante. Les textes, r&egrave;glement int&eacute;rieur, programmes politique et &eacute;conomique, etc. ressortissent du domaine de la culture constitu&eacute;e de l&rsquo;UPC. Mais ne voil&agrave; t-il pas que quarante ans plus tard, Augustin Fr&eacute;d&eacute;ric Kodock interdit qu&rsquo;on change m&ecirc;me une seule virgule dans ces textes, en d&eacute;pit de la profonde mutation du contexte historique ? Et pourquoi ? Nous le verrons plus loin.<br \/>Pour comprendre ce que c&rsquo;est que la coutume en g&eacute;n&eacute;ral, et ce qu&rsquo;elle est plus particuli&egrave;rement dans l&rsquo;UPC des vendeurs des lambeaux de chair de Ruben Um Nyob&eacute;, il faut consid&eacute;rer que la culture constitu&eacute;e se subdivise elle m&ecirc;me en deux grands groupes : la culture constitu&eacute;e &ldquo;vivante&rdquo; et la culture constitu&eacute;e &ldquo;morte&rdquo;. Qu&rsquo;est-ce que cela veut dire ? La culture constitu&eacute;e vivante est faite des id&eacute;es, institutions, outils, comportements et pratiques invent&eacute;es aujourd&rsquo;hui pour r&eacute;soudre des probl&egrave;mes qui se posent aujourd&rsquo;hui. En quelque sorte, la culture constitu&eacute;e vivante est le produit de la culture constituante d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. La coutume, par contre, c&rsquo;est de la culture constitu&eacute;e morte. Elle est compos&eacute;e de &ldquo;cadavres culturels&rdquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;id&eacute;es, d&rsquo;institutions, de comportements, de pratiques et d&rsquo;outils invent&eacute;s hier pour r&eacute;soudre des probl&egrave;mes qui se posaient hier et qui ne posent plus aujourd&rsquo;hui. Que nous usions de nos coutumes pour affirmer notre identit&eacute; folklorique (au sens noble de ce mot) n&rsquo;a rien d&rsquo;ind&eacute;cent. Mais un homme de coutume, qui croit pouvoir r&eacute;soudre les probl&egrave;mes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui avec les solutions d&rsquo;hier, est homme tout entier tourn&eacute; vers le pass&eacute;. Il est aveugle au pr&eacute;sent et au devenir de la collectivit&eacute;, parfaitement improductif, parce qu&rsquo;il lui manque cette cr&eacute;ativit&eacute;, ce dynamisme, cette inventivit&eacute; qui font les hommes de culture tels que Ruben Um Nyob&eacute;, et qui permettent que des mortels tout &agrave; fait ordinaires comme vous et moi puissent se d&eacute;passer dans le cadre d&rsquo;actions h&eacute;ro&iuml;ques. Et s&rsquo;il arrive si souvent aux Kamerunais d&rsquo;accuser l&rsquo;UPC de Kodock (et ses succ&eacute;dan&eacute;s tel le Mouvement National) de pass&eacute;isme, c&rsquo;est bien &agrave; raison, parce que dans ces pr&eacute;tendues UPC, les militants sont tous devenus des hommes de coutume plut&ocirc;t que des hommes de culture.<\/p>\n<p><strong>Culture up&eacute;ciste<br \/>et coutumes up&eacute;cistes<\/strong><br \/>Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1920 meurt au Congo, assassin&eacute; par les Fran&ccedil;ais (cela va de soi !), un grand patriote africain : Andr&eacute; Matswa (alias Matswa ma Ngoma). Ce membre du Parti Communiste fran&ccedil;ais, qui d&eacute;cide volontairement d&rsquo;aller au front combattre pour lib&eacute;rer la France du joug de l&rsquo;Allemagne (guerre de 1914-1918) sera l&rsquo;un des authentiques pr&eacute;curseurs du panafricanisme r&eacute;volutionnaire, et les Kwam&eacute; Nkrumah en sont en quelque sorte les descendants. L&rsquo;influence de ce Matswa a &eacute;t&eacute; telle sur les masses congolaises qu&rsquo;&agrave; sa mort, le peuple &eacute;plor&eacute; et inconsolable en a fait un proph&egrave;te, et a cr&eacute;&eacute;, aux alentours de son action politique, cet avatar du christianisme qu&rsquo;est le matswanisme. Quel rapport avec le sujet du pr&eacute;sent article ? Que mon lecteur veuille bien me suivre au paragraphe ci-apr&egrave;s.<br \/>Le 13 septembre 1958, Ruben Um Nyob&eacute; meurt dans les maquis de la Sanaga Maritime, assassin&eacute; par les Fran&ccedil;ais (cela va de soi !). Le peuple &eacute;plor&eacute; et inconsolable essuie ses larmes et jure de continuer la lutte. Mais c&rsquo;est sans compter avec les man&oelig;uvres perfides de la France n&eacute;ocoloniale et des autres imp&eacute;rialismes occidentaux, dont voici quelques exemples. Dans l&rsquo;Ouest du pays, la r&eacute;pression aveugle s&rsquo;accompagne d&rsquo;actions diversifi&eacute;es et pas toujours l&eacute;gales, pour transformer la petite bourgeoisie d&eacute;brouillarde bamil&eacute;k&eacute; en une v&eacute;ritable bourgeoisie d&rsquo;affaires. Il s&rsquo;agit d&rsquo;app&acirc;ter les masses en faisant miroiter &agrave; leurs yeux un &eacute;ventuel enrichissement rapide. Dans le Littoral et le Centre, la distribution de postes administratifs, &agrave; tour de bras, subjugue l&rsquo;enthousiasme de ceux qui ne veulent pas rater une chance de devenir &ldquo;ngomna&rdquo; ou de voir leurs fils ou filles le devenir. Et Dieu sait qu&rsquo;ils sont nombreux ! Tout ceci vise &agrave; couper l&rsquo;UPC de sa base sociale. Dans la Sanaga Maritime, les choses se pr&eacute;sentent tout autrement. Dans aucune r&eacute;gion du Kamerun, et pour des raisons que nous n&rsquo;avons pas le loisir d&rsquo;exposer ici, l&rsquo;UPC n&rsquo;est aussi solidement implant&eacute;e et organis&eacute;e. Elle fait corps avec la vie sociale &#8211; pourrait-on dire, et impr&egrave;gne jusqu&rsquo;&agrave; la conduite des affaires de la famille ou du clan. Pour la d&eacute;ssoucher, la r&eacute;pression violente ira avec le regroupement des populations le long des routes (pour mieux les contr&ocirc;ler), et la prostitution de personnages tels Mayi Matip qui, se proclamant &ldquo;Mpodol II&rdquo;, invite &ldquo; ses fr&egrave;res Bassa &rdquo; &agrave; sortir de la brousse. Mais la d&eacute;faite politique et militaire de l&rsquo;UPC en Sanaga Maritime n&rsquo;entra&icirc;nera pas imm&eacute;diatement sa d&eacute;faite culturelle, malgr&eacute; le terrorisme et le lavage de cerveaux auxquels se livreront successivement Andr&eacute;-Marie Mbida et Ahmadou Ahidjo. Aussi l&rsquo;up&eacute;cisme devient-il une r&eacute;alit&eacute; refoul&eacute;e (comme disent les psychanalystes) et le demeurera jusqu&rsquo;aux ann&eacute;es 90, &agrave; l&rsquo;&egrave;re de la d&eacute;mocratisation administrative.<br \/>Or, comment une culture politique survivant si longtemps sans aucune prise sur le pays concret, sur le v&eacute;cu quotidien des populations, sans appareil partisan pour la d&eacute;ployer et la soumettre &agrave; la critique contradictoire et intransigeante des faits, comment une telle culture, assujettie &agrave; l&rsquo;id&eacute;ologie dominante, d&eacute;tourn&eacute;e totalement de son objet initial et coup&eacute;e des patriotes r&eacute;volutionnaires encore en lutte, comment une telle culture pourrait-elle garder sa puret&eacute; originelle ? (Si tant est qu&rsquo;on puisse parler de puret&eacute; originelle pour ce qui est des r&eacute;alit&eacute;s humaines). Quoi d&rsquo;&eacute;tonnant qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;image du matswanisme, l&rsquo;up&eacute;cisme se soit transform&eacute; progressivement, presque insensiblement, en une mytho-culture, c&rsquo;est-&agrave;-dire en un ensemble de coutumes ? C&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; un vrai miracle qu&rsquo;il en all&acirc;t autrement.<br \/>L&rsquo;up&eacute;cisme mytho-culturel (qui est un ensemble de coutumes) est une id&eacute;ologie identitaire des masses bassa opprim&eacute;es, violent&eacute;es, vilipend&eacute;es comme terroristes pendant plusieurs d&eacute;cennies (et l&rsquo;on se souvient d&rsquo;une &eacute;poque o&ugrave; le substantif &ldquo;Up&eacute;ciste&rdquo; &eacute;quivalait &agrave; &ldquo;Bassa&rdquo; et &agrave; &ldquo;terroriste&rdquo;). L&rsquo;up&eacute;cisme mytho-culturel est, pendant ces d&eacute;cennies, une forme illusoire de r&eacute;sistance &agrave; la tentative de meurtre psychologique orchestr&eacute;e par le r&eacute;gime n&eacute;ocolonial contre un groupe ethnique r&eacute;put&eacute; &ldquo; rebelle. &rdquo; <\/p>\n<p><strong>Coutumes up&eacute;cistes, &eacute;litisme et lutte des classes<\/strong><br \/>D&egrave;s son av&egrave;nement apr&egrave;s la mort de Ruben Um Nyob&eacute; et la d&eacute;faite politique et militaire de l&rsquo;UPC en Sanaga Maritime, l&rsquo;up&eacute;cisme mytho-culturel est r&eacute;cup&eacute;r&eacute; de mani&egrave;re tr&egrave;s tribaliste et opportuniste par Mayi Matip, qui se proclame l&rsquo;h&eacute;ritier testamentaire de Um Nyob&eacute; et veut organiser l&rsquo;ensemble du peuple bassa autour de sa personne, pour mieux le livrer en p&acirc;ture &agrave; Ahmadou Ahidjo et au n&eacute;ocolonialisme. <br \/>Cette m&ecirc;me d&eacute;marche permettra plus tard l&rsquo;ascension de Fr&eacute;d&eacute;rick Augustin Kodock. Ici, les statuts de 1952 sont une v&eacute;ritable bible &agrave; laquelle il ne faut point toucher sous peine d&rsquo;excommunication. Um Nyob&eacute; (qui n&rsquo;en demandait pas tant) est vite transform&eacute; en proph&egrave;te, et une v&eacute;ritable censure s&rsquo;abat sur les Moumi&eacute;, Kingu&eacute;, Ouandi&eacute;, Osend&eacute; Afana, ainsi que sur les activit&eacute;s ininterrompues de l&rsquo;UPC en clandestinit&eacute;. Et l&rsquo;histoire de s&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; 1958 ! Et les Achille Mbemb&eacute; de pondre moult ouvrages et articles dans lesquels les termes &ldquo;UPC&rdquo; et &ldquo;Bassa&rdquo; deviennent des synonymes in&eacute;luctables. Tout vise &agrave;, au grand bonheur du n&eacute;ocolonialisme, la mutation de la culture up&eacute;ciste en ensemble de coutumes. <br \/>Que le tribalisme soit structurel &agrave; cette d&eacute;marche de &ldquo; coutumi&eacute;risation &rdquo; de la culture up&eacute;ciste est une &eacute;vidence que ne peuvent nier que ceux qui profitent de cette &eacute;trange &ldquo;culture politique&rdquo;, au d&eacute;triment de l&rsquo;ensemble de notre peuple. Et qui sont-ils ? Ce sont les r&eacute;pliques sociales, parmi les populations Bassa, de ceux qu&rsquo;on nomme ailleurs les &ldquo;&eacute;lites&rdquo;, et qui agitent la fibre tribale des Kamerunais pour les ranger derri&egrave;re elles afin de se faire une place au soleil. Mais chez les Bassas, gr&acirc;ce &agrave; cette &ldquo; coutumi&eacute;risation &rdquo;, l&rsquo;entreprise est moins compliqu&eacute;e. Il suffit de se r&eacute;clamer de l&rsquo;UPC, ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment des coutumes up&eacute;cistes, c&rsquo;est-&agrave;-dire de l&rsquo;up&eacute;cisme mytho-culturel. Et qui sont donc ces r&eacute;pliques sociales de ceux qu&rsquo;on nomme &ldquo; &eacute;lites &rdquo; ailleurs ? Ce sont les Kodock et autres Charly Gabriel Mbock. Et l&rsquo;on comprend que m&ecirc;me un Marcel Yondo, ancien ministre d&rsquo;Ahidjo (Un des pires ennemis de l&rsquo;UPC) se soit un temps fait passer pour Up&eacute;ciste. Apr&egrave;s tout, n&rsquo;est-il pas Bassa ? Et &ecirc;tre Bassa n&rsquo;est-il pas une condition suffisante pour &ecirc;tre Up&eacute;ciste ? Car ce type d&rsquo;&eacute;quivalence fig&eacute;e, d&rsquo;o&ugrave; est absent tout dynamisme conceptuel, est caract&eacute;ristique de la pens&eacute;e &ldquo; coutumi&egrave;re. &rdquo; <br \/>* Cadre dirigeant du Manidem<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par par Ghonda Nounga * <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le grand nationaliste kamerunais fut assassin\u00e9 le 13 septembre 1958. Quarante neuf ans apr\u00e8s sa mort, son personnage est toujours l\u2019objet d\u2019une nombreuse litt\u00e9rature dont les buts ne sont pas toujours des plus nobles. Nous avons voulu restituer ici ce qui constitua le principe cardinal du grand homme : la culture politique. Gr\u00e2ce \u00e0 elle, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-35","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=35"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}