{"id":3500,"date":"2009-11-16T17:17:09","date_gmt":"2009-11-16T16:17:09","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-11-16T17:17:09","modified_gmt":"2009-11-16T15:17:09","slug":"3500","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3500\/","title":{"rendered":"Cameroun : La po\u00e9sie n\u2019est pas morte"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Elle survit gr\u00e2ce au talent des po\u00e8tes, aux maisons d\u2019\u00e9dition et aux associations. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Douala abritera la premi&egrave;re semaine de d&eacute;cembre prochain la troisi&egrave;me &eacute;dition du festival de po&eacute;sie dit 3v organis&eacute; par le po&egrave;te Marcel Kemajou Ndjank&eacute; qui anime par ailleurs l&rsquo;association &laquo;Livre ouvert&raquo; dans un march&eacute; de cette capitale &eacute;conomique du Cameroun. Un moment qui verra le brassage des po&egrave;tes locaux et internationaux autour des caf&eacute;s, d&eacute;clamations et autres &eacute;changes po&eacute;tiques.<br \/>Un moment indicateur de la vitalit&eacute; po&eacute;tique nationale comme l&rsquo;atteste nombre d&rsquo;observateurs de la sc&egrave;ne culturelle chez nous. Car depuis quelques ann&eacute;es et la congruence de divers facteurs, la po&eacute;sie quitte peu &agrave; peu le maquis pour rentrer dans la cit&eacute;. Rappelant m&ecirc;me au passage le r&ocirc;le qu&rsquo;elle joua au cours des ann&eacute;es cinquante et soixante pour la lib&eacute;ration des peuples opprim&eacute;s par le colonialisme et son succ&eacute;dan&eacute; le n&eacute;ocolonialisme. <br \/>C&rsquo;&eacute;tait alors l&rsquo;&eacute;poque dor&eacute;e qui vit des pionniers comme Ren&eacute; Philombe, Louis-Marie Pouka, Engelbert Mveng ou Patrice Kayo sacrifier carri&egrave;re et famille pour faire resplendir au firmament culturel et forc&eacute;ment politique la parole po&eacute;tique. Une parole toujours prompte &agrave; dire l&rsquo;indicible qu&rsquo;&eacute;tait le quotidien d&rsquo;un peuple alors aux prises des affres d&rsquo;une guerre de lib&eacute;ration. <\/p>\n<p>Puis, vint les ann&eacute;es 80 et la mort lente de l&rsquo;Association des po&egrave;tes et &eacute;crivains camerounais (Apec) au sein de laquelle se retrouvaient les po&egrave;tes pour partager leurs id&eacute;es et peaufiner leur &eacute;criture. Une mort qui n&rsquo;emp&ecirc;cha cependant point, et c&rsquo;est une situation heureuse, &agrave; la po&eacute;sie camerounaise de briller &agrave; l&rsquo;international comme l&rsquo;atteste le devenir des &oelig;uvres des auteurs ci-dessus en plus d&rsquo;autres comme Paul Dakeyo.<br \/>Soldats de la plume<br \/>Et alors que l&rsquo;on croyait avec l&rsquo;irruption des ann&eacute;es dits &laquo;de braise&raquo; que cette parole allait aller en se lib&eacute;rant et en s&rsquo;exprimant davantage, voil&agrave; que commen&ccedil;a ce que Patrice Nganang allait appeler en 2004 &laquo;le silence de la po&eacute;sie&raquo;. Lui qui dans un article paru dans une &eacute;dition de la revue culturelle Africultures consacr&eacute;e au Cameroun regrettait les compromissions &laquo;id&eacute;ologiques&raquo; de ses pairs de cette p&eacute;riode plus enclins &agrave; suivre Fran&ccedil;ois Sengat Kuoh ou Martin Eno Belinga &agrave; la &ldquo;mangeoire&rdquo; que Ren&eacute; Philombe. Il s&rsquo;offusquait m&ecirc;me au passage de la d&eacute;cision de Fernando d&rsquo;Alm&eacute;ida de signer la fameuse &laquo;p&eacute;tition r&eacute;clamant la candidature de Paul Biya aux pr&eacute;sidentielles de 2004&raquo;.<\/p>\n<p>Une sortie dont les conclusions invitaient les jeunes po&egrave;tes &agrave; composer avec les nouvelles armes &agrave; leur disposition pour briser ce silence qui risquait de s&rsquo;&eacute;terniser m&ecirc;me s&rsquo;il constatait d&eacute;j&agrave; que de jeunes loups comme Herv&eacute; Yamguen ou Alain Serge Dzotap s&rsquo;&eacute;taient engag&eacute;s sur cette nouvelle voie prom&eacute;th&eacute;enne.<br \/>Cinq ans plus loin, le paysage para&icirc;t plus d&eacute;gag&eacute; et moins silencieux. Ce d&rsquo;autant plus que &laquo;La po&eacute;sie est le porte-voix cosmique qui permet au verbe absolu d&rsquo;humaniser ses manifestations et de manifester l&rsquo;&eacute;clat parfait de sa beaut&eacute;&raquo; comme le rel&egrave;ve Marcel Kemajou Ndjank&eacute;. Qui regrette que la po&eacute;sie ne soit pas prise &agrave; sa juste valeur dans son pays. &laquo;Parce qu&rsquo;on l&rsquo;accuse de ne pas &ecirc;tre rentable, la po&eacute;sie est confin&eacute;e par les &eacute;diteurs &agrave; quelques phrases dans leur vaste plan &eacute;ditorial et est ainsi presque exclue, par les pays Ppte comme le n&ocirc;tre, des plans monotones de relance &eacute;conomique. C&rsquo;est une erreur. Avec quoi vend-on une barre de chocolat ou un b&acirc;ton de cigarette ? Avec la publicit&eacute;, me dira-t-on. Mais de quoi se sert la publicit&eacute; pour vendre ? De la parole bien s&ucirc;r. Il est donc anachronique que les seuls vrais ma&icirc;tres de la parole &ndash; je veux parler des po&egrave;tes, qui rythment les si&egrave;cles se taisent et laissent faire&raquo; l&acirc;che-t-il d&eacute;pit&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Espoirs<\/strong><br \/>Un avis que ne semble pas partager le pr&eacute;sident de l&rsquo;association La Ronde des po&egrave;tes Jean-claude Awono pour qui &laquo;Si on emprunte &agrave; la m&eacute;taphore martiale, on pourrait dire que la po&eacute;sie camerounaise aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est plus une troupe de sans galons. Elle a ses soldats, ses officiers et ses g&eacute;n&eacute;raux et l&rsquo;arm&eacute;e de nouvelles recrues&raquo;. Non sans regretter le peu de discipline et de rigueur &laquo;dans l&rsquo;&eacute;laboration du texte et dans son d&eacute;ploiement&raquo;. Ce qui n&rsquo;emp&ecirc;che cependant pas la vitalit&eacute; de l&rsquo;&eacute;criture po&eacute;tique camerounaise comme l&rsquo;atteste le floril&egrave;ge sorti des maisons d&rsquo;&eacute;dition au fil des ans et qui est souvent salu&eacute; par une critique jeune, enthousiaste et port&eacute;e par des m&eacute;dias qui s&rsquo;ouvrent de plus en plus &agrave; elle.<\/p>\n<p>Ce qui fait dire au directeur des &eacute;ditions Ifrikiya Fran&ccedil;ois Nk&eacute;m&eacute; que &laquo;la po&eacute;sie est de plus en plus visible aujourd&rsquo;hui malgr&eacute; l&rsquo;absence de politique v&eacute;ritable dans le secteur&raquo;. C&rsquo;est pourquoi il appelle de tous ses v&oelig;ux une intervention de l&rsquo;Etat qui pourrait par exemple exon&eacute;rer les &eacute;diteurs des taxes li&eacute;es &agrave; l&rsquo;importation des intrants qui concourent &agrave; l&rsquo;activit&eacute; &eacute;ditoriale. Pour M. Awono, le probl&egrave;me se situe plus du c&ocirc;t&eacute; de la consommation qui souffre de l&rsquo;absence d&rsquo;une &laquo;&eacute;conomie de r&eacute;ception de l&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;esprit et du c&oelig;ur qu&rsquo;est la po&eacute;sie. En m&ecirc;me temps nous souffrons d&rsquo;une absence de cadre de grande importance qui rabatte les po&egrave;tes au Cameroun et fasse du Cameroun une destination &agrave; grande &eacute;chelle de la po&eacute;sie&raquo;.<\/p>\n<p>Loin de tout cela, M. Njank&eacute; planche pour une organisation endog&egrave;ne car &laquo;la po&eacute;sie doit imp&eacute;rativement donner de la voix pour exister, vivre, s&rsquo;&eacute;tendre et se vendre&raquo; comme c&rsquo;est le cas avec le festival qu&rsquo;il a cr&eacute;&eacute;. Par la m&ecirc;me occasion, il dit aux po&egrave;tes que &laquo;nul ne peut c&eacute;l&eacute;brer notre pr&eacute;sence po&eacute;tique mieux que nous-m&ecirc;mes. (&hellip;) Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en se remuant et en faisant bouger les choses qu&rsquo;on peut parvenir &agrave; sortir l&rsquo;Etat de sa l&eacute;thargie et le pousser &agrave; s&rsquo;investir po&eacute;tiquement de fa&ccedil;on constante et p&eacute;renne. Ce n&rsquo;est que de cette mani&egrave;re que nous r&eacute;veillerons le public po&eacute;tique qui s&rsquo;ignore et ferons r&eacute;sonner la voix de la po&eacute;sie camerounaise sans perdre notre identit&eacute;. Pour cela, il faut que la parole d&eacute;passe le livre et s&rsquo;exprime haut et fort&raquo;. Comme ce f&ucirc;t le cas lors de la premi&egrave;re des &laquo;Instants po&eacute;tiques&raquo; organis&eacute;e mardi dernier &agrave; Yaound&eacute;. O&ugrave; le public nombreux a donn&eacute; du baume au c&oelig;ur des artistes tout en leur disant qu&rsquo;il &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; les accueillir. En sera-t-il de m&ecirc;me dans quelques semaines &agrave; Douala ?<\/p>\n<p><em>Parfait Tabapsi<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle survit gr\u00e2ce au talent des po\u00e8tes, aux maisons d\u2019\u00e9dition et aux associations. &#8211; Douala abritera la premi&egrave;re semaine de d&eacute;cembre prochain la troisi&egrave;me &eacute;dition du festival de po&eacute;sie dit 3v organis&eacute; par le po&egrave;te Marcel Kemajou Ndjank&eacute; qui anime par ailleurs l&rsquo;association &laquo;Livre ouvert&raquo; dans un march&eacute; de cette capitale &eacute;conomique du Cameroun. 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