{"id":3523,"date":"2009-12-15T14:39:10","date_gmt":"2009-12-15T13:39:10","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-12-15T14:39:10","modified_gmt":"2009-12-15T12:39:10","slug":"3523","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3523\/","title":{"rendered":"Documentaire : Le g\u00e2chis agroindustriel port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Il est d\u00e9montr\u00e9 comment des projets, tu\u00e9s dans l\u2019\u0153uf, entretiennent la crise alimentaire. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>C&rsquo;est un site vaste et ch&egrave;rement am&eacute;nag&eacute;, &agrave; s&rsquo;en tenir aux vestiges &ndash; b&acirc;timents, engins et autres mat&eacute;riels co&ucirc;teux &ndash; qui rouillent lamentablement au soleil. Ce sont des terres &agrave; perte de vue qui, en dehors des oiseaux granivores, ne mentent pas. Elles sont, depuis de longues ann&eacute;es, l&rsquo;objet de vives querelles face &agrave; un Etat d&eacute;sempar&eacute;, mais aussi la convoitise d&rsquo;hommes de l&rsquo;ombre qui en hypoth&egrave;quent toute chance de mise en valeur &agrave; grande &eacute;chelle.<br \/>Voici une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es, le gouvernement camerounais d&eacute;cide de l&rsquo;am&eacute;nagement de zones irrigables d&rsquo;une superficie de 17.000ha en aval du barrage hydro&eacute;lectrique de Lagdo, &eacute;rig&eacute; par la coop&eacute;ration chinoise. Il s&rsquo;agissait, pour les pouvoirs publics, d&rsquo;y &eacute;tablir l&rsquo;une des plus grandes zones agroindustrielles du pays dans la production des c&eacute;r&eacute;ales. On y annon&ccedil;ait l&rsquo;&eacute;rection d&rsquo;un complexe sucrier. Le potentiel &eacute;tait certain. Des Egyptiens et des Chinois &eacute;taient &eacute;galement sur les rangs. Mais avant eux, c&rsquo;est la Soci&eacute;t&eacute; agro-industrielle de la B&eacute;nou&eacute; (Saib) qui la premi&egrave;re fit aboutir son dossier.<\/p>\n<p>Pr&eacute;venants, les pouvoirs publics avaient, quelques ann&eacute;es avant, &laquo;import&eacute;&raquo; en masse des Toupouris jusque-l&agrave; &eacute;tablis dans l&rsquo;Extr&ecirc;me-Nord. Ils comptaient alors peupler cette zone de communaut&eacute;s qui, plus tard, pourraient constituer une main d&rsquo;&oelig;uvre s&ucirc;re pour les champs et les usines attendus.<br \/>Arriv&eacute;e &agrave; Lagdo voici deux d&eacute;cennies, la Saib n&rsquo;a pu fonctionner que pendant 3 ans. Pendant cette p&eacute;riode, elle d&ucirc;t faire face &agrave; la vive r&eacute;sistance des Toupouris, qui se consid&egrave;rent d&eacute;sormais sur leurs terres, refusent d&rsquo;&ecirc;tre instrumentalis&eacute;s ou simplement exploit&eacute;s comme des b&ecirc;tes de somme. Ils ont multipli&eacute; les incidents, les violences sur les employ&eacute;s de l&rsquo;entreprise et les actes de vandalisme pour d&eacute;courager l&rsquo;investisseur. A plusieurs reprises, le gouvernement a d&eacute;p&ecirc;ch&eacute; sur les lieux des &eacute;quipes de m&eacute;diation. <\/p>\n<p>A plusieurs reprises, ces pl&eacute;nipotentiaires sont revenus avec des assurances et des engagements fermes des parties en pr&eacute;sence, quant &agrave; un retour rapide &agrave; la normale. Mais &agrave; chaque fois, ces serments ont rapidement vol&eacute; en &eacute;clats. Aujourd&rsquo;hui, personne dans la vall&eacute;e de la B&eacute;nou&eacute; ne peut dire avec exactitude qui est qui, ou qui fait quoi. Chaque ann&eacute;e, la Saib, qui compte pourtant dans son actionnariat des pontes du Renouveau, doivent se saigner de l&rsquo;ordre de 75 millions de francs pour essayer de garder intact ou de s&eacute;curiser ce qui peut encore l&rsquo;&ecirc;tre. Elle attend un bail emphyt&eacute;otique qui ne viendra peut-&ecirc;tre jamais. Il y a des relents de guerre sourde islamo-peuhle dans l&rsquo;air ; une histoire entre animistes et chr&eacute;tiens. Alyoum Fadil, d&eacute;put&eacute; du coin, sait de quoi il parle lorsqu&rsquo;il pointe un doigt accusateur sur &laquo;certaines &eacute;lites politiques toupouri bien plac&eacute;es, qui tirent les ficelles dans l&rsquo;ombre pour entretenir le flou et le blocage&raquo;.<\/p>\n<p>Le cas de Lagdo peut &ecirc;tre compar&eacute; &agrave; celui de Wassand&eacute;, localit&eacute; situ&eacute;e &agrave; moins de 100km de Ngaound&eacute;r&eacute;. La Soci&eacute;t&eacute; de d&eacute;veloppement du bl&eacute; (Sod&eacute;bl&eacute;) y avait &eacute;lu domicile entre 1973 et 1987. Elle a ferm&eacute; boutique depuis lors, abandonnant installations et mat&eacute;riels ch&egrave;rement acquis.<br \/>&laquo;La crise alimentaire : le paradoxe camerounais&raquo;, c&rsquo;est 26mn d&rsquo;images cruelles d&rsquo;un pays qui ploie sous le potentiel, mais qui importe &agrave; grands frais ce qu&rsquo;il refuse de produire. C&rsquo;est aussi des coups de gueule poignants, des t&eacute;moignages ahurissants sur un g&acirc;chis pleinement assum&eacute; par ceux qui nous gouvernent. Ce documentaire peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme la premi&egrave;re r&eacute;alisation de la jeune maison Domayo production, dont les principaux promoteurs sont le journaliste Baba Wam&eacute;, mais aussi Serge Amougou, Henri Dj&eacute;n&eacute; Youmbi et Aboubakary Halilou.<\/p>\n<p><em>F&eacute;lix C. Ebol&eacute; Bola<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est d\u00e9montr\u00e9 comment des projets, tu\u00e9s dans l\u2019\u0153uf, entretiennent la crise alimentaire. &#8211; C&rsquo;est un site vaste et ch&egrave;rement am&eacute;nag&eacute;, &agrave; s&rsquo;en tenir aux vestiges &ndash; b&acirc;timents, engins et autres mat&eacute;riels co&ucirc;teux &ndash; qui rouillent lamentablement au soleil. 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