{"id":3525,"date":"2009-12-15T15:15:37","date_gmt":"2009-12-15T14:15:37","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-12-15T15:15:37","modified_gmt":"2009-12-15T13:15:37","slug":"3525","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3525\/","title":{"rendered":"Controverse autour de l\u2019hymne national du Cameroun"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\u00ab L\u2019hymne national du Cameroun, Un po\u00e8me-chant \u00e0 d\u00e9colonialiser et \u00e0 r\u00e9\u00e9crire \u00bb. Tel est le titre de l\u2019ouvrage que vient de publier Thomas Th\u00e9ophile Nug Bissohong, enseignant chercheur \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres et sciences humaines \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Douala, sp\u00e9cialiste de la critique de la litt\u00e9rature africaine. &#8211; D&egrave;s les premi&egrave;res lignes, le Pr. Jacques Fame Ndongo, qui signe la pr&eacute;face, dit de l&rsquo;auteur qu&rsquo;il d&eacute;crypte non seulement l&rsquo;armature interne du chant po&egrave;me, mais aussi la vision du monde inh&eacute;rente &agrave; cette &oelig;uvre de cr&eacute;ation et d&rsquo;imagination qui sert de socle embl&eacute;matique au patriotisme camerounais. &laquo;&nbsp;<em>Dans tous les cas, il se trouve qu&rsquo;au Cameroun coexistent aujourd&rsquo;hui, en r&eacute;alit&eacute;, deux hymnes nationaux&nbsp;: celui principalement &eacute;tudi&eacute; ici, d&rsquo;essence francophone, et qui est le chant de ralliement compos&eacute; en 1928 par les &eacute;l&egrave;ves de Fulassi puis adopt&eacute; bien avant la proclamation de l&rsquo;ind&eacute;pendance en 1960 et l&eacute;g&egrave;rement modifi&eacute; le 20 mai 1970, pour en expurger les d&eacute;notations colonialistes tendant &agrave; consolider la barbarie et la sauvagerie&nbsp; des n&egrave;gres&nbsp;; l&rsquo;autre texte de l&rsquo;hymne national, &eacute;crit par Bernard Fonlon au moment de la R&eacute;unification en 1961 et officiellement reconnu le 12 juillet 1978, est d&rsquo;inspiration anglophone, avec une immersion g&eacute;opolitique dans le Cameroun profond&nbsp;&raquo;<\/em> &eacute;crit le pr&eacute;facier.<\/p>\n<p class=\"first-child\"><span class=\"cap\" title=\"D\"><span>D<\/span><\/span>&rsquo;un bout &agrave; l&rsquo;autre des 94 pages qui composent le texte, l&rsquo;auteur analyse les deux hymnes avec des grilles de lecture diff&eacute;rentes. Il montre qu&rsquo;au Cameroun, il existe deux hymnes juxtapos&eacute;s en anglais et en fran&ccedil;ais qui n&rsquo;ont en commun qu&rsquo;un seul ver. En plus d&rsquo;une introduction b&acirc;tie sur des <em>&laquo;&nbsp;faits litt&eacute;raires &agrave; interpr&eacute;ter&nbsp;&raquo;<\/em>, le livre comporte quatre arguments&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dans le giron d&rsquo;un nationalisme en tutelle&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;A la mani&egrave;re d&rsquo;Anatole France&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Une &eacute;criture &eacute;trangement idol&acirc;trique&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;La st&eacute;rilit&eacute; de l&rsquo;intertexte id&eacute;ologique et critique&nbsp;&raquo;. En guise de conclusion, l&rsquo;auteur propose &agrave; lire <em>&laquo;&nbsp;un patrimoine exclusif des lettr&eacute;s francophones&nbsp;&raquo;<\/em>. Pour mieux &eacute;tayer sa pens&eacute;e, Thomas Th&eacute;ophile Nug Bissohong publie en annexes, une s&eacute;rie de plusieurs traductions des deux hymnes en des versions diff&eacute;rentes. Tout en &eacute;tant un tissu de n&oelig;uds paralysant qu&rsquo;il faut d&eacute;faire, le livre montre bien que les Camerounais vivent un malaise depuis 1957, date de la signature du d&eacute;cret faisant du chant des &eacute;l&egrave;ves de Fulassi, l&rsquo;hymne national du Cameroun.<\/p>\n<p><strong>Devoir de conscience <\/strong><\/p>\n<p>La pertinence de la th&eacute;matique et son caract&egrave;re poignant suscitent une s&eacute;rie de questions&nbsp;: un d&eacute;cret peut-il conf&eacute;rer le sacr&eacute; &agrave; un texte&nbsp;? Le Cameroun qui n&rsquo;&eacute;tait pas ind&eacute;pendant &agrave; 1957 avait-il en urgence l&rsquo;obligation de disposer de symboles de souverainet&eacute;&nbsp;? Lorsqu&rsquo;on a demand&eacute; &agrave; Bernard Fonlon de traduire l&rsquo;hymne du Cameroun, pourquoi a-t-il &eacute;crit un autre texte&nbsp;? Comment peut-on s&rsquo;amuser ou laisser prosp&eacute;rer l&rsquo;illusion d&rsquo;un chant patriotique national, alors qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien? A travers sa d&eacute;marche, l&rsquo;auteur d&eacute;montre l&agrave; que nous sommes dans une cacophonie d&rsquo;incantation qui interpelle la conscience collective. Il suscite une remise en cause des fondements de la nation camerounaise, de m&ecirc;me qu&rsquo;il explore le risque le plus grave qui est celui de la banalisation du socle de notre patriotisme. En le lisant entre les lignes, on comprend que nous avons &eacute;t&eacute; des victimes <em>&laquo;&nbsp;consentantes&nbsp;&raquo;<\/em> qui doivent prendre conscience qu&rsquo;en mati&egrave;re d&rsquo;hymne, le Cameroun n&rsquo;en a pas. L&rsquo;auteur propose une relecture syst&eacute;mique de l&rsquo;histoire du Cameroun. Celle-ci doit prendre, int&eacute;grer les r&eacute;alit&eacute;s camerounaises et essayer de les conceptualiser. Au-del&agrave; de cette relecture critique, la recherche des perspectives sugg&egrave;re une r&eacute;flexion sur la grammaire de l&rsquo;hymne national du Cameroun comportant des &eacute;l&eacute;ments d&rsquo;identification communs et invariants. Nous vivons dans le faux et le mensonge.<\/p>\n<p><em>Thomas Th&eacute;ophile Nug Bissohong, &laquo;&nbsp;L&rsquo;hymne national du Cameroun, Un po&egrave;me-chant &agrave; d&eacute;colonialiser et &agrave; r&eacute;&eacute;crire&nbsp;&raquo;, Editions Cl&eacute;, 2009, 94 pages. Prix&nbsp;: 2500Fcfa <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab L\u2019hymne national du Cameroun, Un po\u00e8me-chant \u00e0 d\u00e9colonialiser et \u00e0 r\u00e9\u00e9crire \u00bb. 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