{"id":355,"date":"2007-05-25T05:06:21","date_gmt":"2007-05-25T03:06:21","guid":{"rendered":""},"modified":"2007-05-25T05:06:21","modified_gmt":"2007-05-25T03:06:21","slug":"355","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/355\/","title":{"rendered":"Espace livres : Tribulations \u00e0 Arusha"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Comment le Tpir a failli \u00e0 sa mission.<br \/>\nRoger A. Taakam  &#8211; Il fallait un &oelig;il de journaliste pour raconter avec autant de simplicit\u00e9 l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e du tribunal charg\u00e9 de juger les auteurs du g\u00e9nocide rwandais. Il fallait surtout une &acirc;me de reporter pour faire revivre, avec autant de d\u00e9tails et d&rsquo;anecdotes, les p\u00e9rip\u00e9ties d&rsquo;une justice qui ne su jamais rendre justice. Car l&rsquo;histoire du Tribunal P\u00e9nal international pour le Rwanda est unique. Avec des tranches de vies surr\u00e9alistes, des coups de th\u00e9&acirc;tre renversants, des parodies lamentables et m&ecirc;me des d\u00e9nis de justice, aussi dramatiques et insondables que le fut le g\u00e9nocide rwandais. <br \/>C&rsquo;est certainement le paradoxe de cette justice, incapable de rendre justice, qui est &agrave; l&rsquo;origine du r\u00e9cit de l&rsquo;auteur. Un regard &agrave; premi&egrave;re vue neutre, mais qui ne manque pas d&rsquo;avoir du piquant dans le concert m\u00e9lodramatique des maux qui ont hant\u00e9 et continue de hanter le Rwanda depuis le 6 avril 1994. <\/p>\n<p>Ce jour-l&agrave;, l&rsquo;avion du pr\u00e9sident Juv\u00e9nal Habyarimana est abattu au dessus de l&rsquo;a\u00e9roport international de Kigali. Dans les heures qui suivent, des centaines de milliers de civils Tutsis, mais \u00e9galement des Hutus dits mod\u00e9r\u00e9s sont massacr\u00e9s. On parle de g\u00e9nocide. <br \/>Entre audace et impertinence, Andr\u00e9 Michel Essoungou prom&egrave;ne son regard. Revisitant l&rsquo;histoire, \u00e9corchant des personnages, d\u00e9rangeant quelques dogmes convenus, pour rendre compte, simplement, d&rsquo;un triste constat : l&rsquo;\u00e9chec du Tpir, ce tribunal mis sur pied pour juger les auteurs du g\u00e9nocide. T&acirc;che titanesque s&rsquo;il en est pour cette juridiction qui ne pu jamais &ecirc;tre &agrave; la hauteurs des grands espoirs que les victimes du g\u00e9nocide avaient plac\u00e9 en lui. Et le livre d\u00e9montre fort bien combien cet \u00e9chec \u00e9tait pr\u00e9visible, voire in\u00e9luctable&hellip; <\/p>\n<p>&quot; Trois mois se sont \u00e9coul\u00e9s avant le choix du pays qui doit abriter l&rsquo;institution. Un choix, on l&rsquo;a vu, politiquement d\u00e9licat et qui va surtout s&rsquo;av\u00e9rer catastrophique sur le plan logistique. Une fois la ville tanzannienne d&rsquo;Arusha choisie et quelques-uns des fonctionnaires du tribunal nomm\u00e9s, tout se passe comme si le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et le Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Onu ont choisi d&rsquo;oublier ce tribunal qui, &agrave; certains \u00e9gards, n&rsquo;est pas fait pour plaire &agrave; tous &quot;, s&rsquo;indigne l&rsquo;auteur. Et de remarquer plus loin que par rapport au Tribunal p\u00e9nal international pour l&rsquo;ex-Yougalvie (Tpiy) dont il est le pendant, le Tribunal p\u00e9nal international pour le Rwanda (Tpir) est plut&ocirc;t mal loti : &quot; les conditions d&#8217;embauches sont en effet moins attrayantes que dans les missions de maintien de la paix de l&rsquo;Onu notamment. A travail \u00e9gal, on est mieux pay\u00e9 au Tpiy &quot;. N&rsquo;est-ce pas l&agrave; une preuve suffisante de peu de consid\u00e9ration que ses g\u00e9niteurs accordent &agrave; ce tribunal, dont on ne comprendra jamais pourquoi l&rsquo;Onu a choisi de l&rsquo;implanter &agrave; Arusha, plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; Kigali. <\/p>\n<p>Loin de la neutralit\u00e9 recherch\u00e9e, cette man&oelig;uvre a eu surtout le m\u00e9rite d&rsquo;\u00e9loigner la justice du justiciable. On conna&icirc;t le r\u00e9sultat&hellip; &quot; plus d&rsquo;une d\u00e9cennie apr&egrave;s sa cr\u00e9ation et &agrave; deux ans de sa fermeture annonc\u00e9e (2008, Ndlr), le Tpir -qui aura co&ucirc;t\u00e9 pas loin d&rsquo;un milliard de dollars de budget &agrave; la communaut\u00e9 internationale- n&rsquo;a que tr&egrave;s laborieusement accompli une mince partie de sa mission. A peine une vingtaine de responsables du g\u00e9nocide rwandais ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s, souvent dees acteurs de second plan. Faute de visibilit\u00e9 au Rwanda, il n&rsquo;a presque pas d&rsquo;impact parmi les populations dont il est cens\u00e9 aider la r\u00e9conciliation &quot;, s&rsquo;indigne l&rsquo;auteur.<br \/>Avec ses rappels historiques, le r\u00e9cit poignant de ce g\u00e9nocide que tant d&rsquo;autres plumes ont explor\u00e9 avant lui, Le livre d&rsquo;Andr\u00e9 Michel Essoungou est une contribution importante dans la compr\u00e9hension de ce que fut le g\u00e9nocide rwandais. Ici, l&rsquo;auteur saisit le drame par l&rsquo;autre bout : la justice, dont il est loisible aujourd&rsquo;hui de constater quelle n&rsquo;a jamais rendu justice que tr&egrave;s chichement. Aussi d\u00e9nonce t-il &quot; l&rsquo;encadrement politique &quot; dont est l&rsquo;objet cette justice qui, d&egrave;s sa cr\u00e9ation, portait d\u00e9j&agrave; les germes de l&rsquo;\u00e9chec. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment le Tpir a failli \u00e0 sa mission. Roger A. 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