{"id":358,"date":"2007-05-25T05:09:51","date_gmt":"2007-05-25T03:09:51","guid":{"rendered":""},"modified":"2007-05-25T05:09:51","modified_gmt":"2007-05-25T03:09:51","slug":"358","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/358\/","title":{"rendered":"Les nouvelles voix du reggae"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Bon an mal an, ce rythme a su trouver \u00e0 la fois des adeptes et des pratiquants au Cameroun. <br \/>\nEug\u00e8ne Dipanda et Ga\u00eblle Moudio Ndedi  &#8211; <\/p>\n<hr size=\"1\" \/> <img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/reggae.gif\" align=\"left\" border=\"1\" \/> La comm\u00e9moration, le 11 mai dernier, du 26e anniversaire de la mort du c\u00e9l&egrave;bre chanteur Bob Marley a donn\u00e9 une nouvelle occasion aux inconditionnels fans, &agrave; travers le monde, de rendre hommage &agrave; celui qui, pour eux, demeurera l&rsquo;ic&ocirc;ne \u00e9ternelle du rythme reggae. Au Cameroun notamment, l&rsquo;hommage le plus marquant a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 par un jeune, Otou Bala Jah, qui a offert un spectacle live au centre culturel Le Petit Tam-tam de Yaound\u00e9. Une occasion de pr\u00e9senter &quot;Universal Love Arithmetics&quot;, son premier album, certes ; mais un moment idoine, surtout, pour parcourir le riche r\u00e9pertoire laiss\u00e9 &agrave; la post\u00e9rit\u00e9 par Bob Marley, celui dont les chansons continuent, malgr\u00e9 le temps qui passe, non seulement &agrave; faire danser jeunes et moins jeunes, mais aussi &agrave; inspirer nombre de musiciens et chanteurs.<\/p>\n<p>A travers son rythme, le &quot;Bantu Reggae&quot;, Otou Bala Jah a donc rendu hommage au &quot;ma&icirc;tre&quot;. De son r\u00e9pertoire, la chanson &quot;The World Father&quot; a \u00e9t\u00e9 la plus applaudie des spectateurs. C&rsquo;est, en effet, l&rsquo;unique titre de l&rsquo;album chant\u00e9 en langue \u00e9wondo, et o&ugrave; le jeune artiste met en relief l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9ducation d&rsquo;un enfant. &quot;Au-del&agrave; de la langue, qui me permet de m&rsquo;approprier cette musique, il y a aussi les onomatop\u00e9es africaines et la mani&egrave;re m&ecirc;me de parler le fran&ccedil;ais ou l&rsquo;anglais dans les chansons&quot;, expliquait-il dans les colonnes de Mutations. Otu Bala Jah incarne, pour ainsi dire, la nouvelle figure du reggae camerounais dans ce qu&rsquo;il a de plus tropical et roots. Sa musique est, en effet, un m\u00e9lange de guitares et cuivres reggae roots, avec des percussions d&rsquo;ici aux accents tr&egrave;s bikutsi, chant\u00e9 la plus part du temps en \u00e9wondo, avec des r\u00e9f\u00e9rences tout aussi imag\u00e9es.<br \/>Apr&egrave;s avoir lanc\u00e9 sa carri&egrave;re nationale et internationale &agrave; l&rsquo;occasion du r\u00e9cent anniversaire du d\u00e9c&egrave;s de Bob Marley, il compte bien mettre son premier album dans les bacs ces jours-ci.<\/p>\n<p>Et, malgr\u00e9 le fait qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas encore d&rsquo;album sur le march\u00e9, le jeune homme fait d\u00e9j&agrave; le tour du pays, et ne manque pas d&rsquo;&ecirc;tre invit\u00e9, soir\u00e9e reggae ou pas. On l&rsquo;a ainsi vu au c&ocirc;t\u00e9 d&rsquo;Ingrid Solange Amougou lors des \u00e9lections Miss Cameroun, pour aussi bien agr\u00e9menter la soir\u00e9e, que rendre hommage et la cr&egrave;me de la beaut\u00e9 camerounaise ainsi r\u00e9unie. Le reggae se cherche et cherche encore son porte-\u00e9tendard au Cameroun. Tout ceux qui s&rsquo;y sont essay\u00e9 se sont bris\u00e9s en chemin. Dans les ann\u00e9es 80 d\u00e9j&agrave;, les Mystic Jim et autre Ras Kamenski ont donn\u00e9 aux populations locales l&rsquo;espoir que nous aurions bient&ocirc;t, nous aussi, notre star internationale &agrave; la dimension des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s jama&iuml;caines de la trempe de Buju Banton et autre Chaggy. Ou alors, plus proche de nous, Alpha Blondy l&rsquo;Ivoirien et Lucky Dube le Sud africain. Mais, ces succ&egrave;s sont &agrave; chaque fois, malheureusement, rest\u00e9s tr&egrave;s parcellaires, s&rsquo;\u00e9teignant comme ils se sont enflamm\u00e9s. Ce qui n&#8217;emp&ecirc;che \u00e9videmment pas les Camerounais d&rsquo;&ecirc;tre connaisseurs et demandeurs de la chose. Il n&rsquo;est en effet pas rare de voir des personnes se r\u00e9unir par petits groupes de familles ou communaut\u00e9 de rastafari<\/p>\n<p><strong>Renaissance <\/strong><br \/><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/reggae2.gif\" align=\"left\" border=\"1\" \/>La crise de la musique au Cameroun aidant, les opus de reggae se sont r\u00e9duits sur le march\u00e9 comme peau de chagrin, laissant les &quot;reggaephiles&quot; sur leur soif, que seul n&rsquo;\u00e9tanche alors que les reggaemen \u00e9trangers, des CD tr&egrave;s souvent achet\u00e9s au coin de la rue, d\u00e9nich\u00e9s au petit bonheur la chance.<br \/>La travers\u00e9 du d\u00e9sert a dur\u00e9 de longues ann\u00e9es, avant que la jeune g\u00e9n\u00e9ration, celle qui se r\u00e9clame de ce courant aujourd&rsquo;hui, n&rsquo;arrive dans le circuit. Ga&euml;l Kimany, jeune homme originaire de la province de l&rsquo;Ouest est de ceux l&agrave;. C&rsquo;est en 2000 qu&rsquo;il sort son premier album intitul\u00e9 &quot;Save Africa&quot;. Album enti&egrave;rement emprunt de sonorit\u00e9s reggae, et saupoudr\u00e9 d&rsquo;un brin de Bakamba, un rythme d&rsquo;Afrique du sud. Les compatriotes de Mandela seront d&rsquo;ailleurs tr&egrave;s \u00e9mus par ce reggae venu du Cameroun et dont l&rsquo;initiateur se proclame fils spirituel de Lucky Dube. Ga&euml;l Kimany sera pr\u00e9sent\u00e9 aux yeux du monde par le journal Echos de l&rsquo;Ouest, comme le sauveur qui vient mettre fin &agrave; la travers\u00e9e du d\u00e9sert du reggae camerounais. L&agrave; encore, h\u00e9las, les fruits n&rsquo;ont pas tenu la promesse des fleurs. <\/p>\n<p>Toujours est-il que le reggae camerounais n&rsquo;est pas enterr\u00e9. Les jeunes amateurs de reggae n&rsquo;ont pas dit leur dernier mot. Et si le reggae, &agrave; l&rsquo;\u00e9chelle internationale, se transforme et se diversifie pour prendre des visages comme la ragga ou la dancehall, les jeunes d&rsquo;ici savent parfaitement se mettre &agrave; la page, et m&ecirc;me tropicaliser ce rythme pour lui donner des couleurs bien de chez nous. Ce, avec plut&ocirc;t beaucoup de bonheur. Ainsi sultan Oshimin, par exemple, a su emballer ses cong\u00e9n&egrave;res avec des chansons ragga tr&egrave;s enlev\u00e9es, qui ont fait l&rsquo;unanimit\u00e9. Ce petit bonhomme, avec ses th&egrave;mes tr&egrave;s engag\u00e9s, comme le sont les th&egrave;mes de la majorit\u00e9 des chansons de reggae, aborde notamment les questions de l&rsquo;\u00e9cole au Cameroun. Avec son album sorti en 2006, il a remport\u00e9 l&rsquo;Award du meilleur clip vid\u00e9o lors des Canal d&rsquo;or de cette ann\u00e9e-l&agrave; et particip\u00e9 &agrave; plusieurs caravanes internationales.<\/p>\n<p><strong>Convictions <\/strong><br \/><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/bob_marley.gif\" align=\"left\" border=\"1\" \/>Beaucoup d&rsquo;autres empruntent ce chemin, et toutes les tentatives plus ou moins heureuses de c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;anniversaire du d\u00e9c&egrave;s de la l\u00e9gende \u00e9ternelle Bob Marley, montrent bien l&rsquo;engouement que le reggae suscite au Cameroun. Sans oublier le festival de reggae que Boujeka Kamto tente maladroitement d&rsquo;organiser depuis quelques ann\u00e9es. Il l&rsquo;appelle le &quot;Zion Boat&quot;. Peut-&ecirc;tre, un jour, arrivera-t-il &agrave; mettre dans son embarcation, tous ensemble, les reggaemen du pays pour faire exploser d\u00e9finitivement une figure du reggae camerounais &agrave; la face du pays et du monde.<br \/>N\u00e9 &agrave; la fin des ann\u00e9es 60 en Jama&iuml;que, le reggae trouve ses racines dans la musique noire am\u00e9ricaine (le rhythm&rsquo;n blues plus particuli&egrave;rement), le ska et le rock steady, mais aussi dans les musiques traditionnelles du continent africain, ces derni&egrave;res ayant \u00e9t\u00e9 apport\u00e9es par les esclaves jusqu&rsquo;en Jama&iuml;que. &quot;La naissance du reggae co&iuml;ncide avec une p\u00e9riode durant laquelle la population noire am\u00e9ricaine, d\u00e9racin\u00e9e, \u00e9tait &agrave; la recherche de son identit\u00e9.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s les ann\u00e9es d&rsquo;humiliation contraintes par l&rsquo;esclavage, son abolition en 1834 (en Jama&iuml;que), bien qu&rsquo;elle offrit la libert\u00e9, \u00e9tait loin de r\u00e9gler les probl&egrave;mes li\u00e9s au racisme de la population blanche envers les Noirs. Pour des ann\u00e9es encore, l&rsquo;homme noir allait voir son image d\u00e9valoris\u00e9e, et sa population concentr\u00e9e dans les ghettos&quot;, lit-on dans la revue Time to reggae.<br \/>La p\u00e9riode d&rsquo;or du Reggae se situe dans les ann\u00e9es soixante-dix. Tout d&rsquo;abord par ce qu&rsquo;il avait un porte-drapeau internationalement reconnu (Bob Marley) mais aussi parce que le mouvement Rasta \u00e9tait encore &agrave; son apog\u00e9e. La mort de Bob Marley, &agrave; la suite d&rsquo;un cancer g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 en 1981, (&agrave; cause d&rsquo;une blessure mal soign\u00e9e a l&rsquo;orteil&#8230;), att\u00e9nuera cependant la dimension mondiale qu&rsquo;il avait su donner au Reggae. Bien que, de nos jours, il subsiste encore des groupes provenant de la &quot;premi&egrave;re vague&quot;, il semble que cette musique soit amen\u00e9e &agrave; \u00e9voluer vers un esprit moins revendicatif et, malheureusement, trop souvent commercial. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bon an mal an, ce rythme a su trouver \u00e0 la fois des adeptes et des pratiquants au Cameroun. 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