{"id":36,"date":"2006-06-05T18:47:17","date_gmt":"2006-06-05T16:47:17","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-06-05T18:47:17","modified_gmt":"2006-06-05T16:47:17","slug":"36","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/36\/","title":{"rendered":"Interview de Bachot MUNA : Il faut que le Cameroun et les Camerounais essayent d\u2019avoir leur dignit\u00e9."},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Bachot MUNA est un pianiste autodidacte, chanteur, auteur-compositeur camerounais, qui s&rsquo;inspire de genres musicaux tr\u00e8s vari\u00e9s, Jazz-Funk, Reggae et Soul Makossa pour cr\u00e9er une musique m\u00e9tiss\u00e9e originale de type Pop-World. Aujourd\u2019hui, cet artiste vient de mettre sur le March\u00e9 international un nouvel album intitul\u00e9 \u2018\u2018Ashiko Go\u2019\u2019. Il a accept\u00e9 de nous recevoir afin de nous d\u00e9voiler le secret de sa notori\u00e9t\u00e9 sur la sc\u00e8ne internationale. &#8211; <strong>Bonjour Bachot MUNA. Pour ceux qui ne vous connaissent pas ou qui ne vous connaisse que tr&egrave;s peu, qui peut qui est Bachot MUNA&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Bonjour &agrave; vous, et je vous remercie de l&rsquo;attention que vous porter en mon \u00e9gard. Pour r\u00e9pondre &agrave; votre question, je suis camerounais d&rsquo;origine, chanteur, auteur-compositeur, pianiste et arrangeur de musique. Je suis un professionnel dans le sens propre du terme. Je vis de mon Art depuis des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Quel est votre parcours musical&nbsp;? <br \/><\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;ai commenc\u00e9 par la chorale ou j&rsquo;accompagnais ma m&egrave;re. Au coll&egrave;ge j&rsquo;ai mont\u00e9 avec des copains, diff\u00e9rentes formations avec lesquelles on a fait beaucoup de tourn\u00e9e dans l&rsquo;Ouest du Cameroun, et dans plusieurs villes (Mbanga, Loum, Penja, Nkonsamba, Manjo, Nkumba). Apr&egrave;s quelques mois, certains membres du groupe ont du nous quitter pour des raisons personnelles. Lorsque je suis all\u00e9 m&rsquo;installer &agrave; Kumba pour des raisons professionnelles, Guy BILONG qui tra&icirc;nait beaucoup avec nous &agrave; Loum et qui avait appris &agrave; jouer &agrave; la batterie, est venu me rejoindre et nous avons jou\u00e9 &agrave; Tiko, Douala, Moutenguene et au Nord du Cameroun. Apr&egrave;s cela, j&rsquo;ai quitt\u00e9 le Cameroun, et je suis all\u00e9 au Nigeria ou j&rsquo;ai jou\u00e9 avec plusieurs Orchestres, et j&rsquo;y ai fait de nombreux programmes de t\u00e9l\u00e9visions pour douze \u00e9tats du Nigeria. Suite aux probl&egrave;mes politiques qui ont suivi, j&rsquo;ai du quitter le pays pour le B\u00e9nin. Ensuite, je me suis rendu au Niger, au Togo, et au Burkina-Faso, o&ugrave; j&rsquo;ai jou\u00e9 pendant 9 mois. Juste apr&egrave;s je me suis install\u00e9 en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, qui est le pays ou ma carri&egrave;re a vraiment commenc\u00e9 et o&ugrave; je jouais dans les cabarets et les h&ocirc;tels.&nbsp; Tous les \u00e9crits qui ont suivi ma carri&egrave;re sont partis de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire C&rsquo;est \u00e9galement de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire qu&rsquo;est partie des albums tels que <strong><em>&lsquo;&lsquo;Inch&rsquo;allah&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong>, <strong><em>&lsquo;&lsquo;C&rsquo;est le pauvre qui a tord&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong>. Apr&egrave;s un bref passage en France, je suis retourn\u00e9 en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire ou j&rsquo;ai sorti l&rsquo;album <strong><em>&lsquo;&lsquo;Les histoires de ma Vie&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong>, dont j&rsquo;avais confi\u00e9 la production &agrave; A. TOURE qui en a fait une propri\u00e9t\u00e9 personnelle et dont je n&rsquo;ai jamais per&ccedil;u un seul radis venant de lui. Apr&egrave;s je suis venue m&rsquo;installer en Belgique ou j&rsquo;ai sorti en 1998 l&rsquo;Album <strong><em>&lsquo;&lsquo;Africa Sa&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong> dont la chanson &quot;Loh Yonme&quot; m&rsquo;a valut le titre de meilleur chanteur de l&rsquo;ann\u00e9e 1999 au Cameroun. Actuellement, je continue &agrave; travailler dans les casinos et les palaces comme je l&rsquo;ai toujours fait. Je fais \u00e9galement des concerts de temps en temps. Aujourd&rsquo;hui je viens de sortir mon tout nouvel album intitul\u00e9 <strong><em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>&nbsp;<br \/>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pour un Artiste camerounais n&rsquo;ayant presque pas \u00e9volu\u00e9 sur la sc&egrave;ne nationale (au Cameroun) comment expliquez-vous le fait que l&rsquo;une des chansons votre album <em>&lsquo;&lsquo;Africa Sa&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong> <strong>vous est valut le titre de Meilleur Chanteur camerounais en 1999? <\/strong>.<\/p>\n<p>Je pense que c&rsquo;est le retour &agrave; la source, avec un autre apport, une conception diff\u00e9rente. Parce que c&rsquo;est vrai qu&rsquo;\u00e9tant pianiste, j&rsquo;aborde cette musique diff\u00e9remment, et je suis ravi que le public camerounais \u00e9tant sur place ait appr\u00e9ci\u00e9 le travail qui a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Aujourd&rsquo;hui, vous venez de mettre sur le march\u00e9 un nouvel album intitul\u00e9 <em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo;<\/em>. Si vous nous en parliez?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est une autre approche \u00e9galement et c&rsquo;est vrai que dans l&rsquo;intervalle qui a suivi la sortie de <strong><em>&lsquo;&lsquo;Africa Sa&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong> et <strong><em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong>, j&rsquo;ai fait d&rsquo;autres productions qui ciblaient plus le public europ\u00e9en. <strong><em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo; <\/em><\/strong>est un challenge que je me suis lanc\u00e9, afin d&rsquo;apporter une ouverture internationale que je n&rsquo;ai pas pu donner &agrave; <strong><em>&lsquo;&lsquo;Africa Sa&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong>. J&rsquo;ai travaill\u00e9 dans cet esprit sur le plan sonorit\u00e9, et j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de m&rsquo;exprimer de mani&egrave;re un peu plus ouverte en montrant que notre musique a une possibilit\u00e9 de s&rsquo;exporter et de plaire au niveau international. Actuellement, c&rsquo;est un album appr\u00e9ci\u00e9 tant en France ou j&rsquo;ai encore eu des \u00e9chos de mon agent qu&rsquo;ici en Belgique.&nbsp; Tous ceux qui l&rsquo;\u00e9coute o&ugrave; l&rsquo;ach&egrave;te l&rsquo;appr\u00e9cient &agrave; sa juste valeur. J&rsquo;esp&egrave;re que mes fr&egrave;res rest\u00e9s au Pays vont \u00e9galement avoir cette m&ecirc;me appr\u00e9ciation. Je pense qu&rsquo;ils doivent &ecirc;tre le support m&ecirc;me de notre produit, de notre travail, nous qui sommes ici et travaillons en pensant &agrave; eux, en essayant de porter les couleurs du pays &agrave; l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Parlons justement de la diversit\u00e9 de votre album <em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo;<\/em>, on retrouve des diversit\u00e9s, Cr\u00e9oles, Funk, Makossa, Balades sentimentales, un m\u00e9lange Afrika-soul, pensez-vous que le public camerounais se reconna&icirc;tra dans ce produit&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Chacun &agrave; sa mani&egrave;re d&rsquo;analyser et de voir le travail. Si on prend la chanson Ashiko go, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;on a tendance &agrave; dire qu&rsquo;il y a un peu de cr\u00e9ole. Mais, je ne pense pas qu&rsquo;il y ait vraiment une diff\u00e9rence entre les cr\u00e9oles et les africains. Parce que, aussi paradoxalement que cela peut para&icirc;tre, lorsque je travaillais mon album <strong><em>&lsquo;&lsquo;Les histoires de ma Vie&rsquo;&rsquo;<\/em><\/strong>, il y a une danseuse br\u00e9silienne qui a \u00e9cout\u00e9 mon produit et qui m&rsquo;a dit&nbsp;; On dirait les rythmes de chez nous. Il y a quelque chose que l&rsquo;on ne doit pas oublier, ce sont des africains qui sont partis de l&rsquo;Afrique, et pourquoi pas du Cameroun pour s&rsquo;installer l&agrave;-bas. Donc si nos musiques se retrouvent quelque part, je pense quand m&ecirc;me qu&rsquo;il y a de fortes connotations ancestrales.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Quels sont les sujets auxquels vous faites allusions dans votre album&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Je parle beaucoup d&rsquo;Amour (Ashiko Go, Lilly), des probl&egrave;mes sociaux (Say Wasso, Wema) de d\u00e9ception (O timbi Wenguissan&egrave;). Si vous avez un ami qui change du jour au lendemain, vous devez vous poser des questions. Car je pense que ce qui fait la force de l&rsquo;amiti\u00e9, c&rsquo;est la relation de confiance. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas cette confiance, on ne peut pas &ecirc;tre ami avec quelqu&rsquo;un. Il y a tout un ensemble dans cet album.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Peut-on dire que cet album <em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo; <\/em>est un hymne &agrave; l&rsquo;Amour&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est vrai que j&rsquo;aborde beaucoup de probl&egrave;mes d&rsquo;Amour, mais cela d\u00e9pend de comment tout un chacun con&ccedil;oit le travail qui a \u00e9t\u00e9 fait.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pourquoi <em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo;<\/em>?<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est une tr&egrave;s bonne question, parce que cela revient &agrave; d\u00e9finir la rythmique m&ecirc;me de cet album. Je ne pense pas comme vous le dites, que cela soit du cr\u00e9ole, mais je pense qu&rsquo;il y ait un peu plus d&rsquo;Assiko, car c&rsquo;est le terme Assiko, que j&rsquo;ai voulu rendre un peu plus exotique et je l&rsquo;ai nomm\u00e9 Ashiko Go. Pour moi, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un support de notre rythme Assiko, que j&rsquo;ai rendu moins surcharg\u00e9 pour le rendre fluide.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Dans cet album, vous avez jou\u00e9 la majorit\u00e9 des instruments et avez tr&egrave;s peu fait appels &agrave; d&rsquo;autres musiciens. Vous affirmez-vous comme un artiste confirm\u00e9&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Je n&rsquo;aime pas trop ce terme d&rsquo;Artiste confirm\u00e9. Il est vrai que j&rsquo;ai une capacit\u00e9 de jouer de beaucoup d&rsquo;instruments, mais dans cet album, j&rsquo;ai fait appel &agrave; beaucoup plus de musiciens que dans mes pr\u00e9c\u00e9dents albums. On y retrouve d&rsquo;ailleurs des artistes tels que Claude DIBONGUE, Alain MAKABA, Didier LIKENG, Jean-Jacques JACOMOT, Guy BILONG et D\u00e9sir\u00e9, pour ne citer que cela. Ce que je trouve d&rsquo;ailleurs extraordinaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Que devient le groupe Vibration que vous avez mont\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es avec Didier LIKENG et Guy BILONG&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Le groupe existe toujours, et il continue de tourner beaucoup plus en Europe, car le gros probl&egrave;me avec l&rsquo;Afrique o&ugrave; on est \u00e9galement beaucoup sollicit\u00e9, c&rsquo;est que les budgets qui nous sont allou\u00e9s ou propos\u00e9s pour des spectacles ne sont pas assez cons\u00e9quents pour d\u00e9placer le groupe.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Pour vous qui avez beaucoup voyag\u00e9 &agrave; travers l&rsquo;Afrique, que pensez-vous de la musique africaine sur le plan international&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Je tiens tout d&rsquo;abord &agrave; pr\u00e9ciser que ceci, n&rsquo;est que mon analyse personnelle. Cette musique essaye d&rsquo;\u00e9voluer. Il est vrai que dans les bo&icirc;tes africaines en Europe, on passe beaucoup de musique venant de l&rsquo;Afrique, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, mais, je pense que l&rsquo;on peut faire mieux, et arriver &agrave; faire \u00e9couter nos musiques dans les radios europ\u00e9ennes. Pour y arriver, nous devons essayer d&rsquo;\u00e9lever notre musique dans les normes internationales, car les Europ\u00e9ens aiment le tambour quand c&rsquo;est du pur tambour, mais je pense qu&rsquo;ils aiment \u00e9galement de la musique m\u00e9lodieuse. Il y a encore du chemin &agrave; faire, et je crois qu&rsquo;il faut encore que l&rsquo;on travaille dans ce sens l&agrave;. Il ne faut plus que seuls les Africains ach&egrave;tent cette musique. Il faut qu&rsquo;on arrive &agrave; d\u00e9passer cette fronti&egrave;re l&agrave;, et je pense qu&rsquo;on ne peut y arriver qu&rsquo;en travaillant.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Par rapport &agrave; la musique camerounaise, que pensez-vous des probl&egrave;mes qui minent la culture camerounaise&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>La piraterie est un v\u00e9ritable fl\u00e9au dont le combat, n&rsquo;implique pas que la soci\u00e9t\u00e9, mais \u00e9galement le gouvernement qui doit apporter son support au niveau judiciaire. Des lois doivent sanctionner les pirates, car ils ne volent pas que les artistes, mais \u00e9galement l&rsquo;Etat, car ils ne payent pas les imp&ocirc;ts. Il est clair que les dirigeants de la soci\u00e9t\u00e9 des droits d&rsquo;auteurs doivent avoir la possibilit\u00e9 d&rsquo;agir avec fermet\u00e9 avec le concours de la douane, de la police et de la population. La population doit aider &agrave; lutter contre ce fl\u00e9au en \u00e9vitant d&rsquo;acheter des &oelig;uvres pirat\u00e9es. Pour cela elle doit &ecirc;tre inform\u00e9e afin que les choses changent, sinon, elle-m&ecirc;me est consid\u00e9r\u00e9e comme receleur. Je pense qu&rsquo;il faut beaucoup de travail d&rsquo;informations aupr&egrave;s des consommateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>A chaque fois que l&rsquo;on parle de piraterie le gouvernement et les pirates sont toujours mis au devant de la sc&egrave;ne, alors que nous savons \u00e9galement que certains artistes copient leurs propres albums au dos de leurs producteurs pour les revendre.<br \/><\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est une nouvelle que vous m&rsquo;apprenez l&agrave;. Si franchement il y a des artistes qui agissent ainsi, je pense qu&rsquo;il y a l&agrave; un probl&egrave;me d&rsquo;\u00e9tique, de moralit\u00e9. Honn&ecirc;tement cela est d\u00e9cevant et d\u00e9nigrant, et cela prouve une fois de plus que dans ce m\u00e9tier, il y a beaucoup d&rsquo;aventuriers qui viennent pour salir notre r\u00e9putation et ils doivent &ecirc;tre punis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ne pensez-vous pas \u00e9galement que ces agissements soient dus &agrave; la mauvaise volont\u00e9 et r\u00e9putation des producteurs qui n&rsquo;h\u00e9sitent pas &agrave; ne pas honorer leurs contrats avec les artistes&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Comme je l&rsquo;ai dit, tous cela va de pair. Honn&ecirc;tement j&rsquo;ai la chance de faire mes productions, je trouve cela lamentable, et tr&egrave;s honteux. Je pense qu&rsquo;il y a d\u00e9j&agrave; un probl&egrave;me de r&egrave;gles avec les artistes qui veulent &ecirc;tre produit et qu&rsquo;il faudrait qu&rsquo;il signe des contrats en bonne et due forme entre artistes et producteurs, et que la justice puisse &ecirc;tre appliqu\u00e9e s&rsquo;il y a violation du contrat. Le Cameroun est un \u00e9tat de droit, et il faudrait que l&rsquo;on puisse appliquer ce droit, afin que l&rsquo;on ne se retrouve pas dans un cafouillage.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Depuis une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es Monsieur Sam MBENDE, a lutt\u00e9 pour la reconnaissance des droits d&rsquo;auteurs au Cameroun et la lutte contre la piraterie. Aujourd&rsquo;hui, il est le Pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration de la CMC (Cameroon Music Corporation) qui est la gestion des droits d&rsquo;auteurs au Cameroun. Que pensez-vous de ce monsieur&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Avant qu&rsquo;il ne soit PCA, nous sommes d&rsquo;abord des amis. Avant qu&rsquo;il n&rsquo;aille au Cameroun, il est venu me voir, nous en avons discut\u00e9, sign\u00e9 des p\u00e9titions. Aujourd&rsquo;hui, si les choses changent, je ne peux qu&rsquo;appr\u00e9cier les efforts qui sont fournis. Mais je dis toujours une chose, il ne faut pas tomber dans le m&ecirc;me pi&egrave;ge que ceux qui ont g\u00e9r\u00e9, parce qu&rsquo;au Cameroun, on a eu des gestionnaires de la soci\u00e9t\u00e9 des droits d&rsquo;auteurs qui sont arriv\u00e9s et ont cru que c&rsquo;\u00e9tait une propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Il faut qu&rsquo;il prouve par des r\u00e9sultats les efforts de son travail et de celui de son \u00e9quipe. Il doit \u00e9galement avoir le soutient des artistes afin d&rsquo;\u00e9voluer. Et seul la fin jugera du bon travail fait ou pas.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>En tant qu&rsquo;artiste camerounais install\u00e9 en Europe, quelle est votre participation &agrave; la lutte contre la mauvaise gestion des droits d&rsquo;auteurs au Cameroun&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Je ne suis ni un homme politique, ni un juge, mais mon plus grand apport se sont les solutions que j&rsquo;apporte dans mes interviews. Mais je crois que les personnes sur le terrain ont besoins de nos conseils, car il n&rsquo;est pas facile d&rsquo;&ecirc;tre sur le terrain, et d&rsquo;avoir les solutions ad\u00e9quates. C&rsquo;est pour cela que nous qui sommes &agrave; l&rsquo;ext\u00e9rieur, essayons de les leurs donner en esp\u00e9rant qu&rsquo;elles soient prises en compte. Tout en essayant \u00e9galement de conscientiser la population sur les m\u00e9faits de la piraterie sur la soci\u00e9t\u00e9 enti&egrave;re.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Quelles sont vos relations avec les autres artistes camerounais&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;ai de bons rapports avec ceux qui m&rsquo;abordent ou sollicitent mon travail. Je me suis toujours rendu disponible &agrave; chaque fois que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Vous &ecirc;tes aujourd&rsquo;hui install\u00e9 en Europe et plus pr\u00e9cis\u00e9ment &agrave; Bruxelles. Pourquoi avoir choisit de vous installer en Belgique, alors que vos pairs artistes consid&egrave;rent que ce pays n&rsquo;est pas encore assez conquis par le public camerounais&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Chacun &agrave; des motivations personnelles par rapport &agrave; sa domiciliation. Moi, j&rsquo;ai choisi la Belgique parce que j&rsquo;aime ce pays, et il ne faut pas oublier que c&rsquo;est le centre de l&rsquo;Europe. De la Belgique, je peux aller en France, Hollande,&nbsp; Allemagne Angleterre, sans le moindre effort.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Revenons &agrave; l&rsquo;album <em>&lsquo;&lsquo;Ashiko Go&rsquo;&rsquo;<\/em>, quelle promotion avez-vous mis en place par rapport au peuple camerounais&nbsp;? <br \/><\/strong><\/p>\n<p>Il y a une personne qui s&rsquo;occupe de la promotion de l&rsquo;album au Cameroun, et d&egrave;s le mois de f\u00e9vrier, l&rsquo;album sera disponible au Cameroun. Moi de mon c&ocirc;t\u00e9, je suis entrain de travailler sur les synopsis des diff\u00e9rents clips qui suivront en Et\u00e9. Je ne change pas mes m\u00e9thodes de travail, et je pense qu&rsquo;apr&egrave;s le clip, je me rendrais au Cameroun.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Et sur le plan International&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Pour l&rsquo;instant nous sommes en train de pr\u00e9parer, le Festival de SPA de la francophonie, qui est un tr&egrave;s grand \u00e9v&egrave;nement. Tous les efforts y sont ax\u00e9s, et en Belgique, certains spectacles sont pr\u00e9vus. En France, l&rsquo;accent est d&rsquo;abord focalis\u00e9 sur la promotion m\u00e9diatique, et le reste suivra.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Vous &ecirc;tes le producteur de votre album. Est-ce une mani&egrave;re de ne pas retomber dans cet engrenage entre producteurs et artistes, mauvaise gestion ou distribution de l&rsquo;album&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Je ne vois pas ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;\u00e9trange, de faire de l&rsquo;auto-production. Les am\u00e9ricains le font, certains fran&ccedil;ais \u00e9galement. Je pense que les artistes africains devraient &agrave; un certain moment de leurs carri&egrave;res franchir cette \u00e9tape. Il ne suffit pas seulement de s&rsquo;arr&ecirc;ter au fait d&rsquo;&ecirc;tre produit, mais il faut \u00e9galement voir la r\u00e9alit\u00e9 du terrain et voir les difficult\u00e9s auxquels les producteurs sont confront\u00e9s. Je ne sais pas si &agrave; la longue je serais le producteur d&rsquo;autres artistes, mais je pense que c&rsquo;est tr&egrave;s important pour moi, afin de savoir comment le m\u00e9canisme fonctionne, et d&rsquo;apprendre les rouages du m\u00e9tier.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Malgr\u00e9 le fait que le Cameroun soit l&rsquo;un des pays d&rsquo;Afrique &agrave; poss\u00e9der de talentueux artistes et musiciens, on se rend malheureusement compte que nous ne sommes pas assez repr\u00e9sent\u00e9 sur la sc&egrave;ne internationale lors des diff\u00e9rentes distinctions et remises de prix. En quoi cela est-il d&ucirc;&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Au Cameroun, il y a une question de manque de structures, ce qui est tr&egrave;s dommage. Comme vous l&rsquo;avez dit, nous avons de tr&egrave;s grands musiciens qui jouent sur la sc&egrave;ne internationale avec de tr&egrave;s grosses vedettes dans le monde. Mais on manque de structures. Si on prend le cas de la C&ocirc;te d&rsquo;ivoire, si vous comptez le nombre de structures de productions qui existent, c&rsquo;est incomparable. Quelque part, on doit encourager l&rsquo;industrie musicale au Cameroun. Donc il faut sortir de l&rsquo;anarchie et cr\u00e9er des structures, des maisons de productions qui doivent essayer de couvrir le territoire national, mais \u00e9galement d&rsquo;avoir des contacts aupr&egrave;s des pays frontaliers. Sinon le travail restera au niveau archa&iuml;que et c&rsquo;est tr&egrave;s dommage.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Personnellement, que ressentez-vous en sachant que vous &ecirc;tes parmi le peu d&rsquo;artistes camerounais &agrave; faire partir du cercle restreint des artistes &agrave; &ecirc;tre appr\u00e9ci\u00e9 par le public international, tant africain qu&rsquo;europ\u00e9en&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Je suis ravie, si cela se confirme. C&rsquo;est vrai que cela apporte une certaine satisfaction, car je passe des nuits sans dormir &agrave; travailler, car c&rsquo;est une continuit\u00e9, un travail sans fin. Et quand il y a une reconnaissance, honn&ecirc;tement cela fait plaisir, cela encourage &agrave; continuer &agrave; travailler. C&rsquo;est vrai, cela fait tr&egrave;s chaud au C&oelig;ur.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Quels sont vos projets en cours et futurs au courant de cette nouvelle ann\u00e9e qui commence&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Si le Bon Dieu me donne la vie et la sant\u00e9, c&rsquo;est le plus important. Ce ne sont pas les projets qui manquent, mais je n&rsquo;aime pas annoncer la victoire avant la guerre. Il y a des projets, et si Dieu me donne la vie et la sant\u00e9, on y arrivera.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Quel message aimeriez-vous faire passer aux Internautes qui liront votre interview&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Je ne peux que les remercier, et les invit\u00e9s &agrave; d\u00e9couvrir le travail que je fais, car la principale r\u00e9compense d&rsquo;un artiste, c&rsquo;est quand le public appr\u00e9cie son travail. Il faut savoir que je suis le genre de personne qui passe beaucoup de temps &agrave; travailler dans le but de faire plaisir &agrave; ceux qui vont d\u00e9couvrir ce travail. J&rsquo;aimerais bien qu&rsquo;il me donne leurs impressions s&rsquo;ils ont d\u00e9couvert ce travail, afin que dans le futur, je puisse, am\u00e9liorer mon travail. A ceux qui vont d\u00e9couvrir ce travail et qui ne me connaisse pas encore, je vous remercie d&rsquo;avance pour votre attention.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/><strong>Le mot de la fin de Bachot MUNA&nbsp;?<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Le Cameroun \u00e9tant un pays qui regorge de tr&egrave;s grands artistes, et d&rsquo;une richesse incontestable de diversit\u00e9 culturelle, je pense que les autorit\u00e9s doivent faire beaucoup plus d&rsquo;efforts qu&rsquo;actuellement afin que le Cameroun sorte de cet \u00e9tat d&rsquo;anonymat, qu&rsquo;il essaye de briller. On sait bien qu&rsquo;au Cameroun, le sport et la musique sont les deux grands facteurs, les portes flambeaux d&rsquo;une Nation. Je crois qu&rsquo;il est important que les autorit\u00e9s le comprennent, et que des moyens soient mis en placent afin de d\u00e9velopper, l&rsquo;industrie culturelle &agrave; travers, des infrastructures, des lois appliqu\u00e9es. Quelque chose m&rsquo;a attrist\u00e9 en 2000, pour v&oelig;ux de bonne ann\u00e9e, j&rsquo;ai re&ccedil;u un mail pr\u00e9sentant le Cameroun comme le pays le plus corrompu du monde. Honn&ecirc;tement, j&rsquo;ai pris cela comme un coup de poing dans la gueule, et cela m&rsquo;a vraiment assomm\u00e9. Il faut qu&rsquo;il y ait un petit peu de nettoyage, que l&rsquo;on essaye de redorer le blason de l&rsquo;image du Cameroun, et que le camerounais qui est &agrave; l&rsquo;ext\u00e9rieur n&rsquo;ait pas honte de se pr\u00e9senter quelque part comme \u00e9tant un camerounais. Il faut que l&rsquo;on essaye de nettoyer le pays car ce n&rsquo;est pas encourageant pour le camerounais de l&rsquo;ext\u00e9rieur. On est m&ecirc;me pas en coupe du Monde l&agrave;. Au moins, c&rsquo;est le foot-ball qui nous restait avec ce qui ce passe dans le milieu artistique. Il faut que les footballeurs aient leur d&ucirc; comme tout le monde. Si m&ecirc;me le foot-ball on a plus, je ne sais pas si on entendra parler encore du Cameroun un jour. A cet effet, je supplie les autorit\u00e9s de prendre conscience de cette situation et qu&rsquo;ils essayent de faire quelque chose parce que c&rsquo;est inconcevable. Il faut que le Cameroun et les Camerounais essayent d&rsquo;avoir leur dignit\u00e9. Moi c&rsquo;est mon mot de la fin, et j&rsquo;ose croire que je serai entendu par tous, et dans les mois &agrave; venir les choses vont changer.<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>&nbsp;<br \/><strong>Merci de nous avoir ouvert vos portes, et votre c&oelig;ur.<br \/><\/strong><strong>&nbsp;<br \/><\/strong><strong>Propos recueillis par Erick BWAMBI<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/users.skynet.be\/bachot-muna\/\" target=\"_blank\">Site de l&rsquo;artiste<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Bachot MUNA est un pianiste autodidacte, chanteur, auteur-compositeur camerounais, qui s&rsquo;inspire de genres musicaux tr\u00e8s vari\u00e9s, Jazz-Funk, Reggae et Soul Makossa pour cr\u00e9er une musique m\u00e9tiss\u00e9e originale de type Pop-World. Aujourd\u2019hui, cet artiste vient de mettre sur le March\u00e9 international un nouvel album intitul\u00e9 \u2018\u2018Ashiko Go\u2019\u2019. 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