{"id":3600,"date":"2010-02-05T12:40:44","date_gmt":"2010-02-05T11:40:44","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-02-05T12:40:44","modified_gmt":"2010-02-05T10:40:44","slug":"3600","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3600\/","title":{"rendered":"Cameroun : Coup de pub sur la guerre d&rsquo;ind\u00e9pendance"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Jeune Afrique publie un cahier publicitaire sur l&rsquo;histoire camerounaise marqu\u00e9e par la reconnaissance de Um Nyobe et une accusation port\u00e9e contre les \u00ab\u00a0hommes du Nord\u00a0\u00bb. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>C&rsquo;est un message publicitaire dont les lignes sont nimb&eacute;es d&rsquo;une aur&eacute;ole de &quot;fiert&eacute;&quot;. Il a paru dans l&rsquo;&eacute;dition de Jeune Afrique (n&deg;2560) en kiosque depuis lundi dernier pour vanter &quot;Le Cameroun, un pays &agrave; part &agrave; tous points de vue. Protectorat allemand, puis mandat de la Soci&eacute;t&eacute; des Nations, enfin pays sous tutelle de l&rsquo;Onu, il n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; une &quot;colonie&quot;. C&rsquo;est aussi sur son sol qu&rsquo;a eu lieu la premi&egrave;re &quot;guerre de lib&eacute;ration&quot; de l&rsquo;Afrique noire fran&ccedil;aise, peut-on lire &agrave; la page deux du cahier de huit que publie le magazine bas&eacute; &agrave; Paris. Pour dire combien ce bout de terre est original, qui &eacute;tait mieux plac&eacute;, du point de vue de cette publicit&eacute;, que Paul Biya, le chef de l&rsquo;Etat actuel du Cameroun ? Parole donc &agrave; l&rsquo;auteur de Pour le lib&eacute;ralisme communautaire dont un extrait est cit&eacute; en appui : &quot;L&rsquo;ind&eacute;pendance de notre pays fut arrach&eacute;e au colonisateur &agrave; travers des luttes acharn&eacute;es, men&eacute;es par toutes sortes de moyens et de strat&eacute;gies imagin&eacute;es alors par des combattants qui avaient tous pour d&eacute;nominateur commun la nationalit&eacute; camerounaise&quot;. <\/p>\n<p>La conclusion suivante coule alors de source: ce n&rsquo;est pas un hasard de l&rsquo;histoire si le Cameroun a acc&eacute;d&eacute; le premier parmi les pays africains sous domination fran&ccedil;aise &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance. <br \/>\nOn pourra penser que l&rsquo;enthousiasme du r&eacute;dacteur lui aura fait oublier qu&rsquo;avant le Cameroun, la Guin&eacute;e avait dit non au colonisateur fran&ccedil;ais en 1958. Et en dehors de l&rsquo;Afrique noire, Maroc et Tunisie s&rsquo;&eacute;taient d&eacute;j&agrave; d&eacute;barrass&eacute;s de la pr&eacute;sence oppressante. Mais c&rsquo;est un manquement dont on ne lui tiendra pas rigueur. Car, apr&egrave;s avoir relev&eacute;, fait in&eacute;dit pour la m&eacute;moire collective populaire, que les Camerounais comptent parmi les rares peuples qui ont chass&eacute; le colon les armes &agrave; la main, le message publi&eacute; dans Jeune Afrique r&eacute;serve une place de choix &agrave; Ruben Um Nyobe dans la liste tr&egrave;s exhaustive des personnalit&eacute;s (camerounaises uniquement) qui ont marqu&eacute; l&rsquo;histoire du Cameroun de 1956 &agrave; 1998. <\/p>\n<p><b>Franc-parler<\/b><br \/>\nC&rsquo;est l&rsquo;homme qui suscita une prise de conscience nationale &quot;provoquant la d&eacute;colonisation qui allait suivre en 1960&quot;. Cet homme-l&agrave;, caract&eacute;ris&eacute; par son &quot;franc-parler et ses nombreux &eacute;crits&quot; et tous les militants nationalistes durent pourtant gagner le maquis. Et pourquoi donc ? Motus et ligne muette. Finalement, il trouvera la mort le 13 septembre 1958, &quot;abattu dans la for&ecirc;t o&ugrave; il se cachait, apr&egrave;s que les troupes coloniales fran&ccedil;aises l&rsquo;eurent localis&eacute; gr&acirc;ce &agrave; des indiscr&eacute;tions de quelques &lsquo;ralli&eacute;s&rsquo;&quot;. <br \/>\nAinsi fut port&eacute; le premier coup &agrave; la lutte des nationalistes camerounais qui causa la mort de &quot;plusieurs milliers&quot; de nos compatriotes, reconna&icirc;t le r&eacute;sum&eacute; historique disponible dans J. A, qui est tout autant muet sur les raisons de l&rsquo;exclusion de la frange nationaliste de la classe politique et sur toute la violence subs&eacute;quente. Pareillement, l&rsquo;&eacute;loge &agrave; la nation camerounaise ainsi &eacute;crit &eacute;lude les combats livr&eacute;s contre l&rsquo;envahisseur colonial sur la c&ocirc;te camerounaise. &quot;Les premi&egrave;res manifestations du nationalisme camerounais furent la r&eacute;sistance des peuples de l&rsquo;int&eacute;rieur &agrave; la p&eacute;n&eacute;tration allemande [&hellip;]&quot;, dit la pub. Bien avant l&rsquo;hinterland pourtant, Lock Priso, roi de Bonab&eacute;ri, se refusa &agrave; adh&eacute;rer au trait&eacute; de protectorat germano-duala du 12 juillet 1884. Les Allemands ras&egrave;rent son palais et l&rsquo;&eacute;limin&egrave;rent. C&rsquo;est dire qu&rsquo;avant le martyr si bien signal&eacute; de Rudolf Douala Manga Bell, Madola Edande, Martin Paul Samba, etc., le souverain des Bele Bele avait trac&eacute; la route.<\/p>\n<p>En revanche, si le consensus semble s&rsquo;&eacute;tablir sur la lutte des nationalistes camerounais d&eacute;sormais reconnue, il est &agrave; craindre que le pass&eacute; r&eacute;cent divise davantage. En pr&eacute;sentant Paul Biya parmi les figures de l&rsquo;histoire, le message souligne en effet les difficult&eacute;s auxquelles fit face le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique aux premi&egrave;res heures de sa magistrature. A propos du coup d&rsquo;Etat qui &eacute;choua le 6 avril 1984, l&rsquo;on apprend qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une entreprise &quot;foment&eacute;e selon certains par Ahmadou Ahidjo r&eacute;fugi&eacute; en France&quot; et qui visait &quot;&agrave; assassiner Paul Biya&quot;. Plus inqui&eacute;tant : &quot;Les combats opposent l&rsquo;arm&eacute;e rest&eacute;e fid&egrave;le &agrave; la garde pr&eacute;sidentielle compos&eacute;e d&rsquo;hommes du Nord (Sic) pendant pr&egrave;s d&rsquo;une semaine. A la suite de ces &eacute;v&eacute;nements, Paul Biya change d&rsquo;orientation politique alors qu&rsquo;il est encore entour&eacute; des anciens caciques de l&rsquo;ex-pr&eacute;sident, souvent originaires du nord du pays.&quot; Une mise en cause des &quot;nordistes&quot; d&eacute;tonante pour qui se souvient du discours pr&eacute;sidentiel au lendemain du 6 Avril distinguant les mutins de leur communaut&eacute; d&rsquo;origine. <\/p>\n<p><b> Qui a organis&eacute; l&rsquo;attaque contre les &quot;Nordistes&quot; ? <\/b><br \/>\nSelon une source jointe &agrave; Paris au si&egrave;ge de Difcom, la r&eacute;gie publicitaire de Jeune Afrique, c&rsquo;est le gouvernement camerounais qui a command&eacute; les pages publicitaires sus-&eacute;voqu&eacute;es. Il s&rsquo;agit, pr&eacute;cis&eacute;ment, des services du Premier ministre. Qu&rsquo;est-ce qui explique cependant le revirement historique qu&rsquo;elles contiennent ? Pourquoi la p&eacute;riode Biya est-elle marqu&eacute;e par les &quot;hommes du Nord&quot;, au point de commander un changement d&rsquo;orientation dans la politique de l&rsquo;homme qui pr&ocirc;ne le Renouveau, comme le dit le message ? <br \/>\nCette charge feutr&eacute;e contre une partie de la communaut&eacute; nationale, mise en cause en raison de l&rsquo;action de quelques uns de ses membres, n&rsquo;a pas encore trouv&eacute; une explication aupr&egrave;s des autorit&eacute;s que Mutations a contact&eacute;es. Au minist&egrave;re de la Communication, le ministre Issa Tchiroma a expliqu&eacute; qu&rsquo;il n&rsquo;y a tout d&rsquo;abord aucune surprise &agrave; retrouver une c&eacute;l&eacute;bration des hommes comme Um Nyobe, au regard du discours de fin d&rsquo;ann&eacute;e du chef de l&rsquo;Etat qui avait soulign&eacute; la n&eacute;cessit&eacute; de rendre un hommage constant &agrave; ceux qui se sont battus pour l&rsquo;ind&eacute;pendance, parfois au prix de leurs vies.<\/p>\n<p>M. Tchiroma n&rsquo;a toutefois pas pu en dire plus. Le minist&egrave;re voisin, celui de la Culture, &eacute;tant en charge du dossier des manifestations du cinquantenaire, conform&eacute;ment &agrave; la volont&eacute; du chef de l&rsquo;Etat. A la cellule de communication du minist&egrave;re de la Culture cependant, l&rsquo;on n&rsquo;est point inform&eacute; de la publication du cahier d&rsquo;hommage historique dans J.A. &quot;Vous comprendrez qu&rsquo;il est difficile de r&eacute;agir dans ces conditions&quot;, a expliqu&eacute; un collaborateur du ministre tout en promettant d&rsquo;en informer la ministre Ama Tutu Muna. <br \/>\nQuoiqu&rsquo;il en soit, indique cependant un fonctionnaire du minist&egrave;re de la Communication, d&egrave;s lors que des faits historiques et politiques importants ont &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute;s, c&rsquo;est &agrave; la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique que l&rsquo;ordre a d&ucirc; &ecirc;tre donn&eacute;. D&rsquo;Etoudi d&rsquo;ailleurs, hier en fin de journ&eacute;e, est venue la nouvelle de la cr&eacute;ation d&rsquo;un comit&eacute; en charge des manifestations des cinquantenaires de l&rsquo;ind&eacute;pendance et de la r&eacute;unification du Cameroun. Un interlocuteur qui devrait pouvoir r&eacute;pondre plus ais&eacute;ment aux questions qui ont d&eacute;j&agrave; anim&eacute; le d&eacute;bat politique sur l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun, apr&egrave;s le discours pr&eacute;sidentiel de la Saint Sylvestre.<\/p>\n<p><i> Jean Baptiste Ketchateng <\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeune Afrique publie un cahier publicitaire sur l&rsquo;histoire camerounaise marqu\u00e9e par la reconnaissance de Um Nyobe et une accusation port\u00e9e contre les \u00ab\u00a0hommes du Nord\u00a0\u00bb. &#8211; &nbsp; C&rsquo;est un message publicitaire dont les lignes sont nimb&eacute;es d&rsquo;une aur&eacute;ole de &quot;fiert&eacute;&quot;. Il a paru dans l&rsquo;&eacute;dition de Jeune Afrique (n&deg;2560) en kiosque depuis lundi dernier pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3600","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3600"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3600\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3600"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}