{"id":3634,"date":"2010-03-03T13:26:21","date_gmt":"2010-03-03T12:26:21","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-03-03T13:26:21","modified_gmt":"2010-03-03T11:26:21","slug":"3634","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3634\/","title":{"rendered":"Livres : Le \u00ab\u00a0Black Bazar\u00a0\u00bb d&rsquo;Alain Mabanckou"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Dans le dernier livre d&rsquo;Alain Mabanckou, le h\u00e9ros est un parisien originaire de Congo Brazzaville, travailleur \u00e0 mi temps dans une imprimerie. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Le lieu central du roman est un bar, comme dans Verre  Cass&eacute; du m&ecirc;me auteur, paru en 2005. Notre h&eacute;ros, surnomm&eacute; le  Fessologue, y retrouve ses copains africains et &eacute;change, autour de  verres de bi&egrave;re, des propos, entre autres, sur la vie, la colonisation,  les relations hommes\/femmes, la politique africaine, l&rsquo;exil. Les  personnages portent des pr&eacute;noms cocasses, repr&eacute;sentatifs de l&rsquo;univers  d&rsquo;Alain Mabanckou : la compagne de notre h&eacute;ros, surnomm&eacute;e Couleur  d&rsquo;origine, le cousin baptis&eacute; l&rsquo;Hybride, et les potes, l&rsquo;Ivoirien tout  court, Vladimir le Camerounais aux cigares les plus longs de France et  de Navarre, Paul du grand Congo ou &quot; esprit sein &quot;, Pierrot le Blanc du  Petit Congo, le sp&eacute;cialiste du verbe qui ne cesse de r&eacute;p&eacute;ter qu&rsquo;&quot; au  commencement, il n&rsquo;y avait que le verbe, il y avait aussi le sujet et le  compl&eacute;ment d&rsquo;objet, et c&rsquo;est l&rsquo;homme qui a rajout&eacute; le compl&eacute;ment  d&rsquo;objet indirect car il en avait marre d&rsquo;adorer une divinit&eacute; qui ne se  faisait jamais voir. &quot;.<\/p>\n<p>Alain Mabanckou rel&egrave;ve, avec humour, les  pr&eacute;jug&eacute;s racistes et les clich&eacute;s. Il pr&eacute;sente la vie d&rsquo;Africains &agrave;  Paris, sans gommer les diff&eacute;rences qui existent entre eux. Mabanckou  n&rsquo;&eacute;pargne personne dans ce tableau : la responsabilit&eacute; des gouvernants  africains est d&eacute;nonc&eacute;e au m&ecirc;me titre que le racisme des Martiniquais,  personnifi&eacute; par le voisin de palier de notre h&eacute;ros, Monsieur Hippocrate.  Ce dernier se vit comme blanc et ne veut surtout pas &ecirc;tre pris pour un  Africain. L&rsquo;Arabe, l&rsquo;&eacute;picier du coin, s&rsquo;arrange avec l&rsquo;histoire : &quot;  C&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;il y a des cons qui rapportent qu&rsquo;autrefois les Arabes,  ils ont mis en esclavage leurs fr&egrave;res africains noirs ! Est-ce que tu  peux croire &agrave; des mensonges de ce genre ?&#8230; Moi, je dis aux Occidentaux  que l&rsquo;esclavage, c&rsquo;est une histoire de l&rsquo;Occident, pas de nous autres,  les Arabes.<br \/>\nMabanckou &eacute;reinte la b&ecirc;tise humaine de tous bords. Roger  le Franco-Ivoirien conteste &agrave; notre h&eacute;ros tout talent d&rsquo;&eacute;criture et se  targue de la clart&eacute; de sa couleur de peau qui lui octroierait des droits  : &quot; Nous, les N&egrave;gres, c&rsquo;est pas notre dada, l&rsquo;&eacute;criture. Les N&egrave;gres,  c&rsquo;est l&rsquo;oralit&eacute; des anc&ecirc;tres&hellip; Il faut avoir un v&eacute;cu pour &eacute;crire. Et toi,  qu&rsquo;est-ce que tu as comme v&eacute;cu, hein ? Rien ! Z&eacute;ro ! Moi par contre  j&rsquo;aurais des choses &agrave; dire et des choses &agrave; raconter parce que je suis  m&eacute;tis, je suis plus clair que toi, c&rsquo;est un avantage important. &quot;.<\/p>\n<p>Ce  rapport &agrave; la litt&eacute;rature est omnipr&eacute;sent, comme dans d&rsquo;autres livres de  Mabanckou, &eacute;crits dans cette veine, toujours imag&eacute;e et dr&ocirc;le. Le roman  est truff&eacute; d&rsquo;allusions &agrave; des titres de romans ou &agrave; des &oelig;uvres qu&rsquo;il  convient de trouver comme dans un puzzle. Ainsi, lit-on &quot; Est-ce qu&rsquo;il y  a au moins dans ton histoire un ivrogne qui va dans le pays des morts  pour retrouver son tireur de vin de palme, d&eacute;c&eacute;d&eacute; accidentellement au  pied d&rsquo;un palmier. &quot;, qui est une r&eacute;f&eacute;rence au roman d&rsquo;Amos Tutula &quot;  L&rsquo;ivrogne dans la brousse &quot;.<br \/>\nLe lecteur se trouve donc plong&eacute; dans le  v&eacute;cu de l&rsquo;exil d&rsquo;immigr&eacute;s africains, et le tout, sans commis&eacute;ration, ni  complaisance. Alain Mabanckou r&eacute;ussit &agrave; aborder des th&egrave;mes graves, en  nous faisant sourire, voire rire. C&rsquo;est cela le talent d&rsquo;un grand  &eacute;crivain. <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le dernier livre d&rsquo;Alain Mabanckou, le h\u00e9ros est un parisien originaire de Congo Brazzaville, travailleur \u00e0 mi temps dans une imprimerie. &#8211; &nbsp; Le lieu central du roman est un bar, comme dans Verre Cass&eacute; du m&ecirc;me auteur, paru en 2005. Notre h&eacute;ros, surnomm&eacute; le Fessologue, y retrouve ses copains africains et &eacute;change, autour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3634","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3634","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3634"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3634\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3634"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3634"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3634"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3634"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}