{"id":3635,"date":"2010-03-03T13:36:58","date_gmt":"2010-03-03T12:36:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-03-03T13:36:58","modified_gmt":"2010-03-03T11:36:58","slug":"3635","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3635\/","title":{"rendered":"Libert\u00e9 de la presse : Le retour de la torture et des intimidations"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Les hommes de m\u00e9dias font de plus en plus face \u00e0 des proc\u00e8s et s\u00e9vices du fait de leurs sources documentaires. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"><br \/>\nL&rsquo;affaire a fait couler  beaucoup d&rsquo;encre dans la presse nationale et internationale. Le 5  f&eacute;vrier dernier, deux journalistes camerounais, Simon Herv&eacute; Nko&rsquo;o de  l&rsquo;hebdomadaire Bebela et Jean Sabouang du bimensuel La Nation, sont  arr&ecirc;t&eacute;s par des agents de la Direction g&eacute;n&eacute;rale de la recherche  ext&eacute;rieure (Dgre). Selon l&rsquo;Agence France Presse (Afp), ces deux  journalistes poss&eacute;daient &quot;des documents compromettants pour des  personnalit&eacute;s&quot;. Parmi celles-ci figurait Laurent Esso, ministre d&rsquo;Etat,  secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. A l&rsquo;&eacute;poque des  faits, l&rsquo;Afp parlait aussi de deux directeurs de publication qui  auraient &eacute;t&eacute; interpell&eacute;s le m&ecirc;me jour : Bibi Ngota de Cameroun Express  et Robert Mintsa du journal Le Devoir. Ils auraient &eacute;t&eacute; interrog&eacute;s puis  rel&acirc;ch&eacute;s dans le cadre de la m&ecirc;me affaire. <\/p>\n<p>Dat&eacute; du 20 juin 2008,  le document querell&eacute; est une instruction donn&eacute;e par M. Esso &agrave;  l&rsquo;administrateur directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Soci&eacute;t&eacute; nationale des  hydrocarbures (Snh), Adolphe Moudiki, de payer une commission globale de  1 milliard et 342 millions de Fcfa &agrave; MM. Dooh Collins, Antoine Bikoro  Alo&rsquo;o et Dayas Mounoun&eacute;, respectivement consultant, directeurs g&eacute;n&eacute;raux  du Chantier naval et du Port autonome de Douala. A sa sortie de ce  cachot le 10 f&eacute;vrier dernier, Simon Herv&eacute; Nko&rsquo;o, selon la directrice de  publication de Bebela, a affirm&eacute; avoir &eacute;t&eacute; soumis &agrave; &quot;des actes barbares  de tortures indignes d&rsquo;un Etat de droit&quot;, et pr&eacute;sentait &quot;de graves  troubles psychologiques et des signes physiques de traumatisme&quot;. Pour  tous ces s&eacute;vices, la Dp de Bebela, Henriette Ekw&egrave;, vient d&rsquo;annoncer des  poursuites judiciaires contre les responsables de la Dgre, qu&rsquo;elle  accuse d&rsquo;avoir enlev&eacute; et tortur&eacute; deux journalistes.<\/p>\n<p><b>R&eacute;pression<\/b><br \/>\nSur  un tout autre dossier, quatre journalistes camerounais (Anani Rabier  Bindzi, Thierry Ngogang, Alex Gustave Az&eacute;baz&eacute; et Aboya Manass&eacute; Endong),  accus&eacute;s de violation du secret de l&rsquo;instruction dans l&rsquo;affaire Albatros,  sont en proc&egrave;s depuis quelques mois &agrave; Douala. Les faits remontent au  1er juin 2008. Les journalistes cit&eacute;s &agrave; compara&icirc;tre ont pris part &agrave; un  d&eacute;bat t&eacute;l&eacute;vis&eacute; dans l&rsquo;&eacute;mission &quot;Cartes sur table&quot;, diffus&eacute;e sur la  cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision Stv2 et anim&eacute;e par Thierry Ngogang. Le d&eacute;bat  portait entre autres sujets, sur &quot;l&rsquo;Op&eacute;ration Epervier&quot; et &quot;l&rsquo;affaire  Albatros&quot;, du nom de l&rsquo;avion achet&eacute; au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique en  2004 et qui s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; &ecirc;tre un investissement foireux. Lors de cette  &eacute;mission, Anani Rabier Bindzi avait brandi le proc&egrave;s-verbal d&rsquo;audition  de Yves Michel Fotso. D&rsquo;o&ugrave; les poursuites judiciaires intent&eacute;es par le  minist&egrave;re public.<\/p>\n<p>Dans les deux affaires, la d&eacute;marche des  journalistes autant que celles de la police et de la justice est sujette  &agrave; diverses interpr&eacute;tations. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, l&rsquo;on accuse le Pouvoir de  r&eacute;primer la presse, de l&rsquo;autre, l&rsquo;on indique qu&rsquo;il s&rsquo;agit des  cons&eacute;quences des violations des r&egrave;gles &eacute;thiques et d&eacute;ontologiques du  journalisme. &quot;Ce n&rsquo;est pas un probl&egrave;me de d&eacute;tention des documents. C&rsquo;est  l&rsquo;exploitation qu&rsquo;on en fait. Le journaliste peut disposer de documents  confidentiels et traiter l&rsquo;information sans montrer qu&rsquo;il dispose de  ces documents-l&agrave;. S&rsquo;agissant de l&rsquo;op&eacute;ration Epervier par exemple, le  probl&egrave;me n&rsquo;est pas qu&rsquo;on parle de cette op&eacute;ration, c&rsquo;est ce qui est dit  sur elle qui fait tr&egrave;s souvent probl&egrave;me. Il y a quelques temps, le  pr&eacute;sident du parquet de Yaound&eacute; a fait une sortie pour mettre les  journalistes en garde par rapport &agrave; la violation du secret de  l&rsquo;instruction. L&rsquo;Ujc avait pris position en disant qu&rsquo;entre l&rsquo;enqu&ecirc;teur  et l&rsquo;enqu&ecirc;t&eacute;, le journaliste n&rsquo;est pas pr&eacute;sent. <\/p>\n<p>D&egrave;s lors,  comment le proc&egrave;s-verbal d&rsquo;une enqu&ecirc;te peut-il se retrouver entre les  mains d&rsquo;un journaliste ? On peut s&rsquo;en prendre au journaliste parce qu&rsquo;il  est peut &ecirc;tre le maillon faible, mais ce dernier doit savoir que  lorsqu&rsquo;il est possession d&rsquo;un tel document, il doit en faire une  exploitation intelligente&quot;, soutient Nta &agrave; Bitang, vice-pr&eacute;sident de  l&rsquo;Union des journalistes du Cameroun (Ujc), charg&eacute; des questions  d&rsquo;&eacute;thique et de d&eacute;ontologie.<br \/>\nPour Christophe Bobiokono, secr&eacute;taire  g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Ujc, &quot;les journalistes ne sauraient fonder une r&eacute;publique  enti&egrave;rement &agrave; part. ils sont r&eacute;gis par les m&ecirc;mes lois que les autres  citoyens et ils doivent les observer&quot;. Pour le Sg de l&rsquo;Ujc, il revient  aux syndicats des journalistes et au Conseil camerounais des m&eacute;dias de  prendre officiellement position par rapport aux atteintes &agrave; la libert&eacute;  de la presse. &quot;Ce n&rsquo;est pas la vocation de l&rsquo;Ujc, m&ecirc;me si, &agrave; l&rsquo;occasion  des r&eacute;unions du bureau ex&eacute;cutif, il nous est d&eacute;j&agrave; arriv&eacute; de prendre  position sur tel ou tel probl&egrave;me&quot;, confie t-il.<\/p>\n<p><b>Avis<\/b><br \/>\nLes  rapports que les journalistes entretiennent avec leurs sources  d&rsquo;information sont &eacute;galement mis en cause. Certains hommes de m&eacute;dias se  feraient ainsi manipul&eacute;s pour des desseins inavou&eacute;s. Un enseignant de  journalisme &agrave; l&rsquo;Ecole sup&eacute;rieure des sciences et techniques de  l&rsquo;information et de la communication (Esstic) fait ainsi savoir que  &quot;pour r&eacute;gler le compte &agrave; des adversaires politiques, des personnalit&eacute;s  utilisent les journalistes en leur filant des documents compromettants  contre ces derniers. Le journaliste proc&egrave;de tr&egrave;s souvent par chantage  aupr&egrave;s de la personne cibl&eacute;e pour lui extorquer soit de l&rsquo;argent, soit  d&rsquo;autres avantages. Sinon comment comprendre qu&rsquo;on puisse &ecirc;tre enlev&eacute; et  ensuite tortur&eacute; parce qu&rsquo;on d&eacute;tient par devers soi un document qui n&rsquo;a  pas publi&eacute;&quot;. <\/p>\n<p>Selon Albert Mbida, inspecteur g&eacute;n&eacute;ral au minist&egrave;re  de la Communication la situation v&eacute;cue actuellement dans le paysage  m&eacute;diatique &quot;ne rel&egrave;ve nullement de la r&eacute;pression. Il est tout &agrave; fait  dans l&rsquo;esprit et la lettre du nouveau code de proc&eacute;dure p&eacute;nale que les  journalistes qui se rendent complices ou coupables de violation du  secret de l&rsquo;instruction puissent &ecirc;tre sanctionn&eacute;s. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il y a  aussi un article qui dispose que l&rsquo;acc&egrave;s aux documents est libre, mais  il y a des conditions particuli&egrave;res o&ugrave; cela n&rsquo;est pas permis. S&rsquo;agissant  des journalistes de Bebela, s&rsquo;il a &eacute;t&eacute; &eacute;tabli qu&rsquo;ils &eacute;taient en  possession de documents administratifs, ils peuvent &ecirc;tre accus&eacute;s de faux  et tentative d&rsquo;usage de faux&quot;.<\/p>\n<p>Quant &agrave; Henriette Ekw&eacute;,  directrice de publication de Bebela, elle d&eacute;nonce &quot;le retour &agrave; la  r&eacute;pression. Des proc&egrave;s sont intent&eacute;s &agrave; certains, d&rsquo;autres sont tortur&eacute;s  ou empoisonn&eacute;s. S&rsquo;agissant des documents qu&rsquo;on dit compromettants, la  pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique aurait pu faire un communiqu&eacute; pour dire  qu&rsquo;il y a un document en circulation qui n&rsquo;est pas imputable au Sgpr au  lieu d&rsquo;initier des d&eacute;tentions illicites. C&rsquo;est un recul, 20 ans apr&egrave;s  les lois instaurant la d&eacute;mocratie au Cameroun. De toutes fa&ccedil;ons, je  maintiens les poursuites judiciaires contre les responsables de la  Dgre&quot;.<\/p>\n<p><i>Georges Alain Boyomo<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les hommes de m\u00e9dias font de plus en plus face \u00e0 des proc\u00e8s et s\u00e9vices du fait de leurs sources documentaires. &#8211; L&rsquo;affaire a fait couler beaucoup d&rsquo;encre dans la presse nationale et internationale. 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