{"id":3646,"date":"2010-03-09T16:05:33","date_gmt":"2010-03-09T15:05:33","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-03-09T16:05:33","modified_gmt":"2010-03-09T14:05:33","slug":"3646","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3646\/","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tre : Le show d&rsquo;un \u00ab\u00a0kanibal\u00a0\u00bb civilis\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le com\u00e9dien Fran\u00e7ois Oloa-Biloa dit kanibal s&rsquo;est produit vendredi dernier au Centre culturel Francis Bebey sis mont\u00e9e du Parc \u00e0 Yaound\u00e9. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Il  aurait fallu &ecirc;tre suffisamment attrist&eacute; pour ne pas se tordre de rire  lors du spectacle que ce sexag&eacute;naire a donn&eacute; au Centre culturel Francis  Bebey vendredi dernier. C&rsquo;est avec une virtuosit&eacute; dont lui seul d&eacute;tient  les secrets, qu&rsquo;il a croqu&eacute; &agrave; pleines dents, toutes les sc&egrave;nes cocasses  de la vie des immigr&eacute;s africains au pays de Moli&egrave;re.<br \/>\nSe fondant dans  la peau du personnage Ahmadou, il raconte les p&eacute;rip&eacute;ties d&rsquo;un jeune  immigr&eacute; ayant quitt&eacute; son Afrique natale pour s&rsquo;installer chez son cousin  Konat&eacute; vivant en France depuis de longues ann&eacute;es. De l&rsquo;&eacute;mancipation  f&eacute;minine -la cause du d&eacute;part d&rsquo;Ahmadou pour l&rsquo;hexagone, car s&rsquo;&eacute;tant  s&eacute;par&eacute; de son &eacute;pouse suite &agrave; la violation des droits de cette derni&egrave;re-,  &agrave; l&rsquo;acculturation, en passant par le sempiternel clich&eacute; d&rsquo;homme  &quot;sauvage&quot; qui colle &agrave; la peau de nouveaux expatri&eacute;s noirs dans les pays  occidentaux d&rsquo;o&ugrave; le titre du sketch &quot;le cannibale civilis&eacute;&quot;, Fran&ccedil;ois  Oloa-Biloa &eacute;voque tous ces th&egrave;mes d&rsquo;une actualit&eacute; certaine avec un ton  fortement prononc&eacute; s&rsquo;apparentant &agrave; celui des populations des r&eacute;gions du  Sud et du Centre Cameroun. Pourtant avant de monter sur sc&egrave;ne, sa belle  diction emprunt d&rsquo;un accent parisien ne trahit pas ses origines &quot;Eton&quot;  de la localit&eacute; de Sa&rsquo;a, dans la r&eacute;gion du Centre. Et m&ecirc;me si il y a pr&egrave;s  de 40 ans, qu&rsquo;il a quitt&eacute; le berceau de ses anc&ecirc;tres le Cameroun pour  vivre sa passion -le th&eacute;&acirc;tre-, il n&rsquo;a pas perdu les coutumes  traditionnelles des grands conteurs de chez nous qui veulent qu&rsquo;apr&egrave;s  une belle histoire, la soir&eacute;e soit agr&eacute;ment&eacute;e de beaux interm&egrave;des  musicaux.<br \/>\nQuittant un moment son costume de com&eacute;dien, Kanibal va  faire d&eacute;couvrir au public ses talents cach&eacute;s de musicien, de chansonnier  et m&ecirc;me de danseur. <\/p>\n<p>Et le public a visiblement bien appr&eacute;ci&eacute;  l&rsquo;interpr&eacute;tation en playback, du titre &quot;Caprices ch&eacute;ris&quot;, tir&eacute; de son  premier album musical &quot;100 papiers&quot;, paru dans les ann&eacute;es 1990. Une  chanson qui porte d&rsquo;ailleurs bien son nom, car elle raconte les caprices  d&rsquo;une femme ayant conduit son &eacute;poux, &agrave; se d&eacute;nuder en public rien que  pour lui faire plaisir. Et pour illustrer cette sc&egrave;ne, ce p&egrave;re de huit  enfants ne craindra pas de faire usage d&rsquo;un humour noir pouvant heurter  la sensibilit&eacute;. De fait, le personnage se d&eacute;shabille au fur et &agrave; mesure  que ses cadeaux sont refus&eacute;s par sa dulcin&eacute;e. Attentif et m&ecirc;me quelque  peu &eacute;tonn&eacute;, le public regarde en se demandant si le com&eacute;dien se mettra  effectivement nu devant lui. Une fois le pantalon tomb&eacute;, c&rsquo;est dans un  &eacute;clat de rire g&eacute;n&eacute;ral que tous les spectateurs d&eacute;couvriront le short au  bout duquel se balance une chaussette de couleur marron en guise de  sexe. A cet effet, il soutient &quot;le r&ocirc;le du com&eacute;dien c&rsquo;est justement de  montrer se genre de travers, pour mieux changer les m&oelig;urs. On n&rsquo;a pas  besoin d&rsquo;attendre la permission des gens pour leur montrer leurs d&eacute;fauts  afin de mieux les changer&quot;. D&rsquo;ailleurs, &quot;les heurts des m&oelig;urs,  l&rsquo;autod&eacute;rision, etc. sont des th&egrave;mes que j&rsquo;aime bien aborder&quot; va-t-il  ajouter.<\/p>\n<p>Et s&rsquo;agissant de l&rsquo;autod&eacute;rision, le sketch intitul&eacute; &quot;le  cur&eacute; d&rsquo;antan&quot; montrera &agrave; quel point les ouailles africains ont &eacute;t&eacute;  difficiles &agrave; &eacute;duquer spirituellement par les missionnaires blancs. En  effet ces derniers, avaient d&ucirc; apprendre les langues maternelles de  leurs fid&egrave;les. Ainsi, lors des pr&ocirc;nes, les pr&ecirc;tres faisant un savant  m&eacute;lange de latin et de langue maternelle qui donnait au final des  phrases d&eacute;natur&eacute;es de tout sens. Autant de sujets hilarants dont se sont  d&eacute;lect&eacute;s les mordus de  com&eacute;dies.<br \/>\nJean Claude Awono, le directeur du  Centre culturel Francis Bebey, n&rsquo;a pas manqu&eacute; de remercier Kanibal pour  &quot;le grand geste qu&rsquo;il  a accord&eacute; &agrave; cet espace si modeste&quot;. Et surtout  pour l&rsquo;hommage qu&rsquo;il a tenu &agrave; rendre &agrave; ce grand artiste que fut  Francis  Bebey.<\/p>\n<p><i>A. Ntonga (Stagiaire)<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le com\u00e9dien Fran\u00e7ois Oloa-Biloa dit kanibal s&rsquo;est produit vendredi dernier au Centre culturel Francis Bebey sis mont\u00e9e du Parc \u00e0 Yaound\u00e9. &#8211; &nbsp; Il aurait fallu &ecirc;tre suffisamment attrist&eacute; pour ne pas se tordre de rire lors du spectacle que ce sexag&eacute;naire a donn&eacute; au Centre culturel Francis Bebey vendredi dernier. C&rsquo;est avec une virtuosit&eacute; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3646","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3646","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3646"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3646\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3646"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3646"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3646"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3646"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}