{"id":3653,"date":"2010-03-09T16:22:13","date_gmt":"2010-03-09T15:22:13","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-03-09T16:22:13","modified_gmt":"2010-03-09T14:22:13","slug":"3653","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3653\/","title":{"rendered":"Mannequinat : Ombres et lumi\u00e8res d&rsquo;un m\u00e9tier qui cherche ses marques"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Alors que les jeunes se disent attir\u00e9s par le strass et les paillettes, ce m\u00e9tier est loin d&rsquo;\u00eatre un chemin tranquille. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\">C&rsquo;est du 1er au  10 f&eacute;vrier 2010 que la ville de la Douala a accueilli la 6&egrave;me &eacute;dition du  festival Africollection. Festival que d&rsquo;aucuns pr&eacute;sentent comme &eacute;tant  le grand rendez-vous de la mode en Afrique centrale. Cette &eacute;dition,  comme les pr&eacute;c&eacute;dentes, a permis de se faire une id&eacute;e de l&rsquo;&eacute;volution de  la mode en Afrique de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, et dans la sous-r&eacute;gion Afrique  centrale en particulier. Ainsi, pour ce qui est des 12 stylistes  camerounais, sur les 18 candidats de d&eacute;part, la jeune Nakuin Kouidou a  rafl&eacute; le second prix du concours des jeunes stylistes du festival. Haby  Dialo du Mali et Stella Atal d&rsquo;Ouganda, ont respectivement remport&eacute; le  premier et le troisi&egrave;me prix du festival.<\/p>\n<p>Si de jeunes louves ont  pu &ecirc;tre r&eacute;v&eacute;l&eacute;es lors de cette &eacute;dition, l&rsquo;on a pu s&rsquo;interroger sur le  destin des mannequins du pays et leur statut. Bien qu&rsquo;omnipr&eacute;sents sur  les podiums, leur pr&eacute;sence sur la sc&egrave;ne reste cependant fugace. Parmi  ces mannequins dont les ambitions sont affirm&eacute;es, Jo&euml;l Minou&eacute;, 29 ans,  &eacute;tudiant dans une &eacute;cole de commerce, parall&egrave;lement &agrave; ses activit&eacute;s  professionnelles dans une soci&eacute;t&eacute; de recouvrement. <br \/>\nMannequin depuis  2005, lorsque l&rsquo;on lui parle du statut du m&eacute;tier qu&rsquo;il exerce, c&rsquo;est un  sourire en coin qu&rsquo;il &eacute;bauche. &quot;Parler de statut renvoie &agrave; quelque chose  de bien pr&eacute;cis. Chez nous, &ccedil;a ne renvoie &agrave; rien du tout justement.  Lorsque les gens nous voient sur les plateaux, ils se disent que nous  avons perdu nos vies. Les promoteurs des festivals et les stylistes nous  proposent des sommes d&eacute;risoires pendant les d&eacute;fil&eacute;s, c&rsquo;est dire combien  on nous prend au s&eacute;rieux&quot;, lance-t-il<\/p>\n<p><b>Formation<\/b><br \/>\nOmb&eacute;d&eacute;  Ndongo, enseignant &agrave; l&rsquo;&eacute;cole sup&eacute;rieure de design et de mode de Yaound&eacute;  sis au quartier Nkolbisson, partage cet avis. Pour lui, l&rsquo;ouverture  d&rsquo;unit&eacute;s de formation pour des mannequins pourrait contribuer &agrave;  revaloriser leur potentiel. &quot;On ne peut parler de mode dans un pays sans  mannequins. &Ccedil;a n&rsquo;a pas de sens. La mode &eacute;volue parce qu&rsquo;il existe des  &eacute;coles de stylisme et de design. Si au sein de nos &eacute;coles on introduit  des formations pour mannequins, &ccedil;a leur donnerait beaucoup plus de  poids&quot;, pense-t-il. Cette ouverture permettrait ainsi aux mod&egrave;les de  mieux n&eacute;gocier leurs contrats. &quot;Le m&eacute;tier n&rsquo;&eacute;tant pas structur&eacute;. Nous  recrutons les filles de fa&ccedil;on &eacute;pisodique, c&rsquo;est-&agrave;-dire lorsqu&rsquo;il y a des  d&eacute;fil&eacute;s au cours desquels nous devons pr&eacute;senter les travaux de nos  &eacute;l&egrave;ves. Ainsi, les models sont pay&eacute;s de fa&ccedil;on &eacute;pisodique et &agrave; la  prestation. Je ne peux avancer de chiffres mais je reconnais que ce  n&rsquo;est pas grand-chose&quot;.<\/p>\n<p>Certains organisateurs de concours de top  models d&eacute;noncent la n&eacute;gligence dont souffrent les agences de  mannequinat. Pour  Renel Kok, &quot;une bonne agence ne forme que des  mannequins, pour qu&rsquo;ils soient pr&ecirc;ts &agrave; d&rsquo;&eacute;ventuels castings des  stylistes, des soci&eacute;t&eacute;s de pub qui sont nos clients. Sans eux, les  mannequins n&rsquo;ont pas de travail. Combien de stylistes organisent des  d&eacute;fil&eacute;s et proposent des cachets dignes de ce nom aux models? A  l&rsquo;exception des gens comme Blaz Design qui ont le souci de savoir qu&rsquo;un  mannequin a eu un cachet, ils ne courent pas les rues. De l&rsquo;autre cot&eacute;,  les soci&eacute;t&eacute;s de la place prennent tr&egrave;s souvent pour les besoins de  publicit&eacute;, des filles venant d&rsquo;autres Pays d&rsquo;Afrique ou d&rsquo;Am&eacute;rique, hors  nous avons de belles filles talentueuses ici.&quot;, lance-t-il courrouc&eacute;.  Du coup, les filles et gar&ccedil;ons qui ont d&eacute;cid&eacute; de faire carri&egrave;re dans cet  univers sont appel&eacute;s &agrave; avoir une &quot;t&ecirc;te bien faite et bien pleine&quot;.<\/p>\n<p><b>Mannequins<\/b><br \/>\nGr&eacute;goire  Piwel&eacute;, organisateur de l&rsquo;Annual Show pense que le manque de c&ocirc;te des  mannequins camerounais, tire son origine dans le fait que : &quot;Au  Cameroun, il y a beaucoup d&rsquo;ingratitude. Pour les filles, je pense  qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas compris ce qu&rsquo;on attend d&rsquo;un mannequin. Figurez-vous  qu&rsquo;on rep&egrave;re une fille, on investit des sommes &eacute;normes sur elle en se  disant qu&rsquo;on pourra la pousser le plus loin possible. Malheureusement,  soit elle tombe amoureuse d&rsquo;un homme qui lui interdit de nous  fr&eacute;quenter, soit elle tombe enceinte et tout est perdu&quot;. Un avis que  Marina Alima conteste : &quot;Avant d&rsquo;&eacute;mettre le moindre jugement, il faut  savoir que le m&eacute;tier de mannequin au Cameroun est consid&eacute;r&eacute; comme un  sous m&eacute;tier. Beaucoup l&rsquo;assimilent &agrave; la prostitution, et consid&egrave;rent les  mannequins comme des filles faciles. Les promoteurs culturels et  agences publicitaires exploitent notre image, et nous payent tr&egrave;s mal.  Ailleurs, en Afrique de l&rsquo;Ouest par exemple, les mannequins sont mieux  pay&eacute;s et bien trait&eacute;s. C&rsquo;est &ccedil;a la r&eacute;alit&eacute; chez nous&quot;.<\/p>\n<p>Et alors  que chacun s&rsquo;&eacute;vertue ostensiblement &agrave; taire les prix, D&eacute;sir&eacute; Loumou,  sp&eacute;cialiste du design, tente une explication. &quot;G&eacute;n&eacute;ralement, lorsque  nous appelons les filles, les prix ne vont pas en de&ccedil;&agrave; de 2000Fcfa. Mais  le plus souvent, lorsque nous avons un d&eacute;fil&eacute;, nous pr&eacute;f&eacute;rons payer un  forfait au designer qui nous les emm&egrave;ne. Le forfait comprend le prix de  la prestation du designer et celui du passage des filles. Mais ce qui  est clair, c&rsquo;est que les forfaits ne sont pas souvent tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s. Et  lorsque l&rsquo;on le dit, il faut int&eacute;grer le fait que les d&eacute;fil&eacute;s ne courent  pas les rues non plus. C&rsquo;est important &agrave; prendre en compte&quot;. Tout en  pr&eacute;cisant que le meilleur mannequin n&rsquo;est pas celui que l&rsquo;on voit tous  les jours sur les plateaux, R&eacute;nel Kok pense qu&rsquo;un mannequin moyen  devrait gagner 50.000Fcfa par d&eacute;fil&eacute; et le Top model 100 &agrave; 150.000Fcfa.  Ce qui, pour plusieurs models reste tr&egrave;s lointain.<\/p>\n<p><i>Dorine Ekw&egrave;<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que les jeunes se disent attir\u00e9s par le strass et les paillettes, ce m\u00e9tier est loin d&rsquo;\u00eatre un chemin tranquille. &#8211; C&rsquo;est du 1er au 10 f&eacute;vrier 2010 que la ville de la Douala a accueilli la 6&egrave;me &eacute;dition du festival Africollection. 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