{"id":3683,"date":"2010-03-29T16:58:20","date_gmt":"2010-03-29T14:58:20","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-03-29T16:58:20","modified_gmt":"2010-03-29T14:58:20","slug":"3683","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3683\/","title":{"rendered":"Le pouvoir met les chefs traditionnels sous contr\u00f4le"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le premier forum des chefs traditionnels du Cameroun, organis\u00e9 sous la tutelle du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a eu lieu le week-end dernier&#8230;. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"cap\" title=\"I\"><span>I<\/span><\/span>ls &eacute;taient environ 2  000 chefs traditionnels, venus des quatre coins du Cameroun qui ont pris  part les samedi 27 et dimanche 28 mars 2010 au Palais des congr&egrave;s de  Yaound&eacute;, au premier forum des chefs traditionnels du Cameroun. La  manifestation pr&eacute;sid&eacute;e par le pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, Cavaye  Yegui&eacute; Djibril, par ailleurs lamido de Mada dans la r&eacute;gion de  l&rsquo;Extr&ecirc;me-Nord, et pr&eacute;sident d&rsquo;honneur de l&rsquo;association nationale des  chefs traditionnels du Cameroun,  a vu la participation des notabilit&eacute;s  traditionnelles les plus en vue au pays de Paul Biya. Le th&egrave;me retenu de  par sa connotation politique traduisait bien la main mise du pouvoir en  place sur les d&eacute;tenteurs du pouvoir traditionnel au Cameroun : &laquo;  premier forum des chefs traditionnels du Cameroun pour le d&eacute;veloppement  aupr&egrave;s du chef de l&rsquo;Etat, Son Excellence Paul Biya&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Au cours de la c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;ouverture qui a eu lieu samedi 27 mars  2010, deux interventions majeures ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;es. La premi&egrave;re  &eacute;tait celle de Sa Majest&eacute; Ndzomo, pr&eacute;sident de l&rsquo;association des chefs  traditionnels de la r&eacute;gion du Centre, et l&rsquo;un des grands initiateurs du  forum. Le pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, Cavaye Yegui&eacute; Djibril qui,  par la suite &agrave; pris la parole, a longuement expliqu&eacute; la gen&egrave;se de ces  assisses&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je voudrais vous dire toute ma satisfaction quant aux  assises qui nous r&eacute;unissent ce jour. Le r&ecirc;ve est devenu aujourd&rsquo;hui  r&eacute;alit&eacute;. En effet, pendant des ann&eacute;es, les chefs traditionnels de notre  pays ont toujours manifest&eacute; leur d&eacute;sir d&rsquo;organiser un forum national.  Mais toutes les d&eacute;marches initi&eacute;es dans ce sens, depuis l&rsquo;&eacute;poque  coloniale, n&rsquo;avaient jamais abouti jusqu&rsquo;&agrave; ce jour.&nbsp;&raquo; Et de  continuer&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Aussi me permettez-vous de m&rsquo;acquitter d&rsquo;un imp&eacute;rieux et  agr&eacute;able devoir&nbsp;: celui d&rsquo;exprimer la profonde gratitude des chefs  traditionnels du Cameroun &agrave; l&rsquo;endroit du Chef de l&rsquo;Etat, le pr&eacute;sident de  la R&eacute;publique, Son Excellence Monsieur Paul Biya, qui a bien voulu  autoriser la tenue de ces assises&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>La pr&eacute;cision ainsi faite, Cavaye Yegui&eacute; Djibril a indiqu&eacute; que &laquo;&nbsp;bien  avant l&rsquo;arriv&eacute;e et l&rsquo;installation du premier colon allemand au Cameroun,  les assembl&eacute;es coutumi&egrave;res existaient d&eacute;j&agrave; et proc&eacute;daient &agrave; la  d&eacute;signation de leurs chefs, qui avaient &agrave; charge d&rsquo;organiser la  communaut&eacute;. Ainsi, avant d&rsquo;&ecirc;tre rassembl&eacute;s dans une seule entit&eacute;  territoriale par le colonisateur allemand, les peuples du Cameroun  avaient eu &agrave; d&eacute;velopper des syst&egrave;mes de gouvernement qui permettaient  d&rsquo;assurer la vie communautaire au sein de chaque groupe&nbsp;&raquo;. On apprendra  aussi de la bouche du pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale un rappel  historique connu de tous. A savoir la signature, le 12 juillet 1884 du  trait&eacute; qui allait &ecirc;tre le pr&eacute;lude &agrave; la naissance du Kamerun, entre les  colons allemands et deux chefs traditionnels de la communaut&eacute; Douala,  qui &eacute;tait alors la seule porte d&rsquo;entr&eacute;e au Cameroun. &laquo;&nbsp;L&rsquo;institution  chefferie traditionnelle va conna&icirc;tre d&egrave;s cet instant plusieurs formes  d&rsquo;organisation&nbsp;&raquo;, va pr&eacute;ciser le PAN. Il cite ainsi la circulaire du  gouverneur imp&eacute;rial allemand Seitz sign&eacute;e en 1909, accordant des  traitements de faveur &agrave; certains chefs des communaut&eacute;s dites au pouvoir  centralis&eacute; afin d&rsquo;affaiblir ceux des autres communaut&eacute;s au pouvoir  diffus, l&rsquo;Arr&ecirc;t&eacute; n&deg;244 du 04 f&eacute;vrier 1933 fixant le statut des chefs  indig&egrave;nes et ses modalit&eacute;s subs&eacute;quentes, la loi n&deg;7\/SC du 10 d&eacute;cembre  1960 sur la reconnaissance des chefferies du territoire camerounais, et  enfin, le d&eacute;cret n&deg;77\/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des  chefferies traditionnelles et ses modificatifs subs&eacute;quents.<\/p>\n<p><strong> Conseil national des chefs traditionnels<\/strong><\/p>\n<p>Pour Cavaye Yegui&eacute; Djibril, &laquo;&nbsp;l&rsquo;institution chefferie traditionnelle  ainsi que ceux qui incarnent l&rsquo;autorit&eacute; traditionnelle ont ainsi connu  de tous temps des fortunes diverses selon qu&rsquo;ils appartiennent &agrave; telle  ou telle r&eacute;gion. Au demeurant, c&rsquo;est tout l&rsquo;&eacute;difice chefferie  traditionnelle &agrave; travers le territoire national qui est fortement  &eacute;branl&eacute; &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980. Certaines voix se sont m&ecirc;me &eacute;lev&eacute;es  pour demander purement et simplement la dissolution de cette  institution. Il aura fallu attendre l&rsquo;arriv&eacute;e &agrave; la magistrature supr&ecirc;me  du pr&eacute;sident Paul Biya en 1982, son p&eacute;riple &agrave; travers les provinces  d&rsquo;alors du Cameroun, et surtout l&rsquo;accueil qu&rsquo;il aura re&ccedil;u dans les lieux  sacr&eacute;s de nos chefferies traditionnelles pour que celles-ci recouvrent  progressivement une partie de leur consid&eacute;ration d&rsquo;antan&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Ainsi, le forum qui s&rsquo;est achev&eacute; hier, dimanche 29 mars 2010 &agrave;  Yaound&eacute;, visait la mise en place du Conseil national des chefs  traditionnels du Cameroun. Avec comme objectifs, rassembler tous les  chefs traditionnels du Cameroun, consolider leur esprit de solidarit&eacute;,  revaloriser l&rsquo;institution chefferie traditionnelle, promouvoir les  droits de l&rsquo;Homme, de la femme et de l&rsquo;enfant. De m&ecirc;me que ce Conseil  devrait &oelig;uvrer pour assurer le bien &ecirc;tre des chefs traditionnels et des  populations, promouvoir la protection de nos traditions et cultures, et  contribuer &agrave; rendre plus visibles aupr&egrave;s des populations, les programmes  de d&eacute;veloppement des pouvoirs publics. &laquo;&nbsp;Bref, faire de la chefferie  traditionnelle un partenaire efficace pour le d&eacute;veloppement culturel,  &eacute;conomique et social du Cameroun&nbsp;&raquo; a indiqu&eacute; le Pan qui a pr&eacute;cis&eacute; que  &laquo;&nbsp;cette instance ne saurait &ecirc;tre ni un regroupement politique, ni une  institution parall&egrave;le &agrave; celles de la R&eacute;publique encore moins un Etat  dans un Etat&nbsp;&raquo;. Au final, il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une instance o&ugrave; le pouvoir va  pouvoir (mieux)  contr&ocirc;ler les chefs traditionnels du Cameroun dont on  sait que certains parmi eux on une influence r&eacute;elle sur les populations.<\/p>\n<p>Par <span>jean.francois.channon<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le premier forum des chefs traditionnels du Cameroun, organis\u00e9 sous la tutelle du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a eu lieu le week-end dernier&#8230;. &#8211; Ils &eacute;taient environ 2 000 chefs traditionnels, venus des quatre coins du Cameroun qui ont pris part les samedi 27 et dimanche 28 mars 2010 au Palais des congr&egrave;s de Yaound&eacute;, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3683","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3683","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3683"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3683\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3683"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3683"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3683"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3683"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}