{"id":3756,"date":"2010-05-04T12:14:25","date_gmt":"2010-05-04T10:14:25","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-05-04T12:14:25","modified_gmt":"2010-05-04T10:14:25","slug":"3756","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3756\/","title":{"rendered":"Sotigui Kouyat\u00e9 : Le cin\u00e9ma a perdu son griot"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le com\u00e9dien burkinab\u00e8 est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 17 avril dernier et l&rsquo;association Ecrans noirs a d\u00e9cid\u00e9 de lui rendre hommage. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>C&rsquo;est samedi 17 avril dernier que Sotigui Kouyat&eacute;, cet  acteur et com&eacute;dien burkinab&egrave; install&eacute; &agrave; Paris et en Suisse, est d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave;  l&rsquo;h&ocirc;pital Georges Pompidou, des suites d&rsquo;une maladie des poumons. Il  avait 74 ans mais paraissait sans &acirc;ge. Le milieu artistique est en  deuil, mais l&rsquo;hommage rendu &agrave; celui qui se faisait appel&eacute; le &quot;griot aux  milles visages &quot;  est all&eacute; bien au-del&agrave; de la sph&egrave;re culturelle.  Personnalit&eacute;s politiques, proches, sportifs, s&rsquo;ajoutent aux com&eacute;diens,  acteurs et metteurs en sc&egrave;ne qui ont crois&eacute; sa route.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en  effet un grand com&eacute;dien s&rsquo;est &eacute;teint. Avec sa longue et noble silhouette  et son visage de sage, Sotigui Kouyat&eacute; a jou&eacute; plusieurs r&ocirc;les dans la  vie comme &agrave; l&rsquo;&eacute;cran et a marqu&eacute; plus d&rsquo;un. . Initialement griot, il  entame une carri&egrave;re de footballeur professionnel dans l&rsquo;&eacute;quipe nationale  burkinab&egrave;, avant de se reconvertir en enseignant. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1966  qu&rsquo;il connait ses premiers &eacute;mois sur les planches et qu&rsquo;il prend go&ucirc;t &agrave;  l&rsquo;art dramatique en jouant de petits r&ocirc;les dans les pi&egrave;ces de son ami  Boubacar Dicko. Tr&egrave;s vite, il monte sa propre compagnie de th&eacute;&acirc;tre  populaire. Il apparait ensuite rapidement au cin&eacute;ma dans un film de Jean  David, Protection des r&eacute;coltes, tourn&eacute; en 1968. C&rsquo;est le d&eacute;but d&rsquo;une  longue carri&egrave;re.<\/p>\n<p>Acteur f&eacute;tiche et poulain de Peter Brook,  metteur en sc&egrave;ne, sc&eacute;nariste et r&eacute;alisateur, il se fait connaitre en  interpr&eacute;tant l&rsquo;un des premiers r&ocirc;les dans Mahabharata, une pi&egrave;ce de  th&eacute;&acirc;tre retra&ccedil;ant une grande &eacute;pop&eacute;e indienne. Mais l&agrave; o&ugrave; il fait mouche,  c&rsquo;est en incarnant le premier Prospero noir, h&eacute;ros de La temp&ecirc;te, une  pi&egrave;ce de William Shakespeare, mise en sc&egrave;ne par son mentor. C&rsquo;est  ensuite sa collaboration avec Rachid Bouchareb qui le place en haut de  l&rsquo;affiche et le fait connaitre du grand public avec les films Little  S&eacute;n&eacute;gal, dans lequel il incarne un r&ocirc;le qui lui ressemble, celui d&rsquo;un  homme en qu&ecirc;te de ses racines, et London River. Ce dernier lui vaudra un  ours d&rsquo;argent, r&eacute;compensant le meilleur acteur, au festival de Berlin  en 2009.<\/p>\n<p><b>Un griot avant tout<\/b><br \/>\nSa disparition est &quot;une  grande perte pour le cin&eacute;ma et le th&eacute;&acirc;tre dans le monde, en Afrique et  au Burkina Faso&quot;, d&eacute;plore le ministre de la Culture du Burkina Faso  Filippe Sawadogo. Il &eacute;tait l&rsquo;un des plus grands promoteurs du cin&eacute;ma  malien et burkinab&eacute;. &quot;C&rsquo;est l&rsquo;un des hommes qui ont magnifi&eacute; la culture  et le cin&eacute;ma africains &quot; a d&eacute;clar&eacute; le pr&eacute;sident du Burkina Faso, Blaise  Compaore, lors des hommages qui lui ont &eacute;t&eacute; faits, samedi. Cet homme &agrave;  la silhouette fr&ecirc;le mais aux &eacute;paules solides va manquer. Ce qu&rsquo;il laisse  derri&egrave;re lui ? Une filmographie impressionnante, certes, mais aussi et  surtout un espoir pour tous les jeunes africains d&eacute;sirant faire carri&egrave;re  &agrave; l&rsquo;&eacute;cran. Cet homme au parcours riche et atypique a quitt&eacute; le Burkina  pour la France et a r&eacute;ussi &agrave; s&rsquo;y faire une place dans le milieu tr&egrave;s  ferm&eacute; des com&eacute;diens. Mais l&rsquo;avenir des jeunes, c&rsquo;est en Afrique qu&rsquo;il le  voyait. En 1997, il fonde le Mand&eacute;ka Th&eacute;&acirc;tre &agrave; Bamako avec l&rsquo;aide de  Jean-Louis Sagot-Duvauroux, Habib Demb&eacute;l&eacute; et Alioune Ifra Ndiaye. <\/p>\n<p>&quot;  J&rsquo;ai cr&eacute;e le Mand&eacute;ka Th&eacute;&acirc;tre pour emp&ecirc;cher les jeunes de fuir le Mali  &quot;, explique-t-il. Une volont&eacute; de redonner &agrave; l&rsquo;Afrique les capacit&eacute;s de  r&eacute;aliser ses propres films, avec ses propres com&eacute;diens, form&eacute;s sur  place, et une dynamique artistique de la confrontation culturelle. &quot;  Pour montrer &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur ce dont on est capables &quot;, dit-il dans une  interview accord&eacute;e aux Courriers de l&rsquo;Unesco. Amateur de contrastes  forts, il met en sc&egrave;ne une adaptation d&rsquo;Antigone jou&eacute;e uniquement par  des com&eacute;diens africains. &quot; C&rsquo;est dans les diff&eacute;rences que l&rsquo;on trouve  les voies de la compl&eacute;mentarit&eacute; &quot;, argumente-t-il.<br \/>\nCelui qui se  disait griot avant tout, se battait avec la parole. A la fois conteur,  historien, g&eacute;n&eacute;alogiste et conseiller, ce personnage devenu partie  int&eacute;grante de la culture d&rsquo;Afrique de l&rsquo;ouest, invite le monde &agrave; mieux  connaitre l&rsquo;Afrique. Ce que Sotigui Kouyat&eacute; s&rsquo;est toujours efforc&eacute; de  faire en restant fid&egrave;le &agrave; ses convictions en toutes circonstances.<\/p>\n<p><i>Dorine  Ekw&egrave;, source : afrik.com<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le com\u00e9dien burkinab\u00e8 est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 17 avril dernier et l&rsquo;association Ecrans noirs a d\u00e9cid\u00e9 de lui rendre hommage. &#8211; &nbsp; C&rsquo;est samedi 17 avril dernier que Sotigui Kouyat&eacute;, cet acteur et com&eacute;dien burkinab&egrave; install&eacute; &agrave; Paris et en Suisse, est d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Georges Pompidou, des suites d&rsquo;une maladie des poumons. 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