{"id":3758,"date":"2010-05-04T12:37:01","date_gmt":"2010-05-04T10:37:01","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-05-04T12:37:01","modified_gmt":"2010-05-04T10:37:01","slug":"3758","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3758\/","title":{"rendered":"Femme camerounaise : Le scanner instructif de Marie-Rose Abomo-Maurin"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9crivaine revient en librairie avec une \u0153uvre qui ressort la difficile condition du \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me sexe\u00a0\u00bb. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>C&rsquo;est par la po&eacute;sie que Marie-Rose  Abomo Maurin s&rsquo;est signal&eacute; aux lecteurs de son pays natal. C&rsquo;&eacute;tait il y  a quelques ann&eacute;es &agrave; travers le recueil Mikul mi nem qui re&ccedil;ut un bon  accueil de la part de la critique. Pour sa deuxi&egrave;me sortie &eacute;ditoriale,  celle qui enseigne les lettres fran&ccedil;aises en France tout en y effectuant  des recherches sur le langage et les langues et cultures d&rsquo;Afrique  noire a surpris son lectorat. En s&rsquo;essayant &agrave; la prose, elle a sans  doute fait montre de ce que l&rsquo;&eacute;crivain peut &agrave; volont&eacute; user des  diff&eacute;rentes cordes qui constituent son arc.<\/p>\n<p>Et pour une cr&eacute;ation  litt&eacute;raire, elle a fait mieux qu&rsquo;une premi&egrave;re. Dans cette oeuvre  finalement difficile &agrave; classer, elle a pos&eacute;, du moins dans  l&rsquo;environnement litt&eacute;raire national, les jalons du roman post-moderne.  C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle a abandonn&eacute; les fameux principes romanesques du  h&eacute;ros victorieux, de la th&eacute;matique unique ou encore de l&rsquo;objectif &agrave;  atteindre malgr&eacute; les obstacles pour mettre en exergue la difficile  condition de la femme camerounaise. Et cela bien qu&rsquo;elle se garde de  nommer les contr&eacute;es de son pays que le lecteur n&rsquo;a cependant aucun mal &agrave;  reconna&icirc;tre sous sa plume.<br \/>\nUne plume qui se veut simple, sans &ecirc;tre  simplet. Et qui peint avec une &eacute;criture d&eacute;pouill&eacute;e et directe les vies  multiples du &quot;deuxi&egrave;me sexe&quot; qui a encore du mal &agrave; bien se sentir dans  sa peau.<\/p>\n<p>Et dans cet exercice qui s&rsquo;apparente finalement &agrave; une  analyse sans complaisance de la soci&eacute;t&eacute; dans son ensemble, elle offre en  m&ecirc;me temps &agrave; voir les pesanteurs qui travaillent le quotidien de celle  dont le cours de la vie a du mal &agrave; se muer malgr&eacute; les progr&egrave;s de la  soci&eacute;t&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral.<br \/>\nDans la foul&eacute;e, sa description de cette vie de  chien frise parfois le surr&eacute;aliste sans pourtant l&rsquo;&ecirc;tre tant il suffit  de regarder autour de soi pour s&rsquo;apercevoir des souffrances dans  lesquelles est englu&eacute;e la femme camerounaise. Et qui confine parfois &agrave;  l&rsquo;absurde si ce n&rsquo;est au drame. Avec en arri&egrave;re plan le rejet des  valeurs qui sont au fondement m&ecirc;me de toute vie humaine. Bien s&ucirc;r que  l&rsquo;homme est souvent &agrave; la source des malaises de la femme. Mais cette  derni&egrave;re elle-m&ecirc;me n&rsquo;est pas en reste. Se r&eacute;v&eacute;lant m&ecirc;me plus redoutable  comme on le voit &agrave; travers Marilou qui est forc&eacute;e &agrave; la prostitution par  sa propre s&oelig;ur, l&rsquo;obligeant ainsi &agrave; abandonner sa scolarit&eacute;. <\/p>\n<p>Les  six histoires racont&eacute;es ici ne sont pas sans rappeler ceux qui ont  particip&eacute; &agrave; construire l&rsquo;image romanesque d&rsquo;un S&eacute;verin C&eacute;cile Abega.  Notamment avec ces Bimanes dont l&rsquo;actualit&eacute; a r&eacute;sist&eacute; au temps. Et si  l&rsquo;&eacute;diteur a voulu, et on le comprend, classer cette &oelig;uvre dans  l&rsquo;escarcelle des nouvelles, il reste que lecteur camerounais, voire  africain, y trouve nombre de rudiments qui en font des contes  contemporains. Mais la bagarre de genres ne saurait effacer la force  qu&rsquo;exhale cette &oelig;uvre d&eacute;finitivement inclassable. <br \/>\nUne &oelig;uvre dont la  port&eacute;e exhale un parfum de fatalisme tant les personnages ont du mal &agrave;  s&rsquo;extirper d&rsquo;une situation &agrave; eux impos&eacute;e et qui ne leur donne aucun  espoir d&rsquo;en sortir malgr&eacute; leur bonne volont&eacute;. D&rsquo;aucuns pourraient y  trouver une critique d&rsquo;un environnement tr&egrave;s masochiste o&ugrave; la classe  dirigeante ne laisse aucune chance &agrave; ceux des citoyens qui se veulent  vertueux et qui finissent par tomber dans le vice de l&rsquo;enrichissement  dont les contraintes sont au-del&agrave; de toute morale.<\/p>\n<p><i>Parfait  Tabapsi<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9crivaine revient en librairie avec une \u0153uvre qui ressort la difficile condition du \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me sexe\u00a0\u00bb. &#8211; &nbsp; C&rsquo;est par la po&eacute;sie que Marie-Rose Abomo Maurin s&rsquo;est signal&eacute; aux lecteurs de son pays natal. 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