{"id":3762,"date":"2010-05-06T09:04:58","date_gmt":"2010-05-06T07:04:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-05-06T09:04:58","modified_gmt":"2010-05-06T07:04:58","slug":"3762","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3762\/","title":{"rendered":"Livre du jour : Voyage au c\u0153ur des traditions bangangt\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Dans un style romanc\u00e9, Thomas Tchatchoua, l\u2019ancien maire, raconte l\u2019histoire de sa ville. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\">&nbsp;En cette &egrave;re de  mondialisation o&ugrave; on assiste &agrave; la destruction de l&rsquo;&eacute;quipement  axiologique ancestral, l&rsquo;ouvrage de Thomas Tchatchoua conserve son  actualit&eacute;, m&ecirc;me si on peut, a priori, s&rsquo;interroger sur la pertinence de la th&eacute;matique dans cette  Afrique gouvern&eacute;e par des r&eacute;publiques. Doit-on encore &eacute;voquer des termes  tels que &laquo; rois &raquo; et &laquo; royaumes &raquo; dans le Cameroun d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ? Le  pr&eacute;sent ouvrage garde toute son importance si on s&rsquo;en tient au contexte  historique. L&rsquo;Afrique a &eacute;t&eacute; arbitrairement balkanis&eacute;e en r&eacute;publiques en  1885 &agrave; la Conf&eacute;rence de Berlin. La colonisation &laquo; a compromis de mani&egrave;re  irr&eacute;versible le processus endog&egrave;ne de d&eacute;veloppement du continent,  privant du coup l&rsquo;humanit&eacute; d&rsquo;autres exp&eacute;riences, d&rsquo;autres mod&egrave;les de  civilisation &raquo;, &eacute;crit-il. On peut, certes, reprocher le romantisme ou la  nostalgie de Thomas Tchatchoua, mais son ouvrage est une &eacute;tude  historique d&rsquo;un royaume africain, et, particuli&egrave;rement, des  ressortissants de Bangangt&eacute;, petite ville de r&eacute;gion situ&eacute;e sur le  plateau bamil&eacute;k&eacute;, &agrave; l&rsquo;ouest du Cameroun. <\/p>\n<p>Dans un style vif et  assez romanc&eacute;, Thomas Tchatchoua nous permet de revisiter les m&eacute;andres  du pouvoir traditionnel dans une Afrique pourtant partie pour les  r&eacute;publiques, voici bient&ocirc;t une cinquantaine d&rsquo;ann&eacute;es. A travers sa  plume, il nous prom&egrave;ne dans les arcanes compliqu&eacute;es de nos traditions et  coutumes. C&rsquo;est sans doute pour lutter contre la dilution de notre  identit&eacute; culturelle dans l&rsquo;universel qu&rsquo;il &eacute;crit que &laquo;l&rsquo;Afrique des  royaumes existe toujours, en marge des r&eacute;publiques nouvelles avec  lesquelles, heureusement, elle a fait jusqu&rsquo;ici assez bon m&eacute;nage &raquo;. Pour  lui, l&rsquo;appellation &laquo;village&raquo; est une injurieuse impropri&eacute;t&eacute;, car nos  Etats d&rsquo;avant l&rsquo;&eacute;poque coloniale sont des &laquo; royaumes &raquo;. Il parcourt le  royaume des Bagangt&eacute;, qui est un exemple assez vivant de ces anciennes  organisations. Dans la nouvelle classification des chefferies  traditionnelles du Cameroun, Bangangt&eacute; est une chefferie de premier  degr&eacute;. Il s&rsquo;agit de remonter sur 400 ans d&rsquo;une civilisation de tradition  orale, dont les vestiges ont &eacute;t&eacute; saccag&eacute;s par les religions &laquo;  intol&eacute;rantes &raquo; et la colonisation &laquo; barbare &raquo;.<\/p>\n<p>Deux &eacute;v&eacute;nements  majeurs permettent de relater l&rsquo;histoire de Bangangt&eacute; : la naissance,  &oelig;uvre de Ngami, et le retour aux sources, celle du roi S&eacute;idou, qui r&egrave;gne  actuellement sur ce royaume. Le peuple bangangt&eacute;, reconnu pour &laquo; faire  du bruit dans le vide &raquo;, &ecirc;tre &laquo; noble &raquo; et jaloux de son autonomie,  descend du roi de Banka. La naissance de ce royaume remonte au XVIIe  si&egrave;cle et fut l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;un prince Banka nomm&eacute; Ngami, Ngameni dans la  langue Banka. Il quitta le royaume &agrave; sa naissance pour une chasse  lointaine, d&rsquo;o&ugrave; les batailles acharn&eacute;es avec le peuple bamoun.<\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage  qui comporte quatorze chapitres est enrichi de photos impressionnantes.  Il nous livre l&rsquo;articulation des consonnes, la g&eacute;ographie sommaire du  royaume de Bangangt&eacute;, les valeurs cardinales auxquelles le Bangangt&eacute; est  attach&eacute;, le sens de la vie et de la mort, de redoutables s&eacute;ances  d&rsquo;ordalie (pp.97-98) lorsqu&rsquo;une femme est pr&eacute;sum&eacute;e responsable de la  mort de son mari. Il insiste &eacute;galement sur la m&eacute;decine traditionnelle,  le respect de la politesse, la mort du roi Njike Fran&ccedil;ois et ses&nbsp;  rapports tumultueux avec son &eacute;pouse Claude Njike-Bergeret, dit la Reine  Blanche. Il revient aussi sur la g&eacute;n&eacute;alogie des rois bangangt&eacute;,  l&rsquo;univers du palais et son organisation sacr&eacute;e, les conqu&eacute;rants de la  troisi&egrave;me vague, les r&egrave;gnes de l&rsquo;apr&egrave;s ind&eacute;pendance et les vifs  accrochages entre Claude Njike-Bergeret et l&rsquo;actuel locataire du royaume  Bangangt&eacute;, Sa Majest&eacute; Nji Monluh S&eacute;idou Pokam.<br \/>\nCe premier ouvrage de  Thomas Tchatchoua est un v&eacute;ritable legs pour chaque Bangangt&eacute;.  Enseignant et homme politique, il aura servi comme maire de sa ville  natale de 1996 &agrave; 2002.<\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><em>Thomas Tchatchoua<br \/>\nLes Bangangt&eacute;  de l&rsquo;Ouest-Cameroun : histoire et ethnologie d&rsquo;un royaume africain<br \/>\nL&rsquo;Harmattan,  2009, 416 p<br \/>\nPrix : 15 000 Fcfa<\/em><\/div>\n<\/div>\n<p><span class=\"small\">Jean-Philippe Nguemeta \t\t<\/span> \t\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un style romanc\u00e9, Thomas Tchatchoua, l\u2019ancien maire, raconte l\u2019histoire de sa ville. &#8211; &nbsp; &nbsp;En cette &egrave;re de mondialisation o&ugrave; on assiste &agrave; la destruction de l&rsquo;&eacute;quipement axiologique ancestral, l&rsquo;ouvrage de Thomas Tchatchoua conserve son actualit&eacute;, m&ecirc;me si on peut, a priori, s&rsquo;interroger sur la pertinence de la th&eacute;matique dans cette Afrique gouvern&eacute;e par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3762","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3762","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3762"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3762\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3762"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3762"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3762"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3762"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}