{"id":377,"date":"2007-06-19T23:31:03","date_gmt":"2007-06-19T21:31:03","guid":{"rendered":""},"modified":"2007-06-19T23:31:03","modified_gmt":"2007-06-19T21:31:03","slug":"377","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/377\/","title":{"rendered":"Formation : L\u2019universit\u00e9 fait son cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Grandeurs et mis\u00e8res de la section Arts du spectacle cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Yaound\u00e9 I depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es.<br \/>\nJules Romuald Nkonlak  &#8211; Deux jeunes gens ont pr\u00e9sent\u00e9 les soir\u00e9es d&rsquo;ouverture et de cl&ocirc;ture de la 11e \u00e9dition du festival Ecrans Noirs. Josiane Ayuk et Thierry Ntamack, qui ont choisi de se lancer sur le chemin du cin\u00e9ma, qui semble encore bien broussailleux au Cameroun. Le second, que l&rsquo;on a aper&ccedil;u dans certaines productions locales et notamment &agrave; l&rsquo;affiche du dernier film de Cyrille Masso, Confidences, appara&icirc;t m&ecirc;me comme l&rsquo;un des espoirs du cin\u00e9ma local. Ce que l&rsquo;on consid&egrave;re avec beaucoup de fiert\u00e9 au niveau de la section Arts du spectacle de l&rsquo;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I.<br \/>&quot;Il y a des a&icirc;n\u00e9s comme Zigoto Tchaya et Thierry Ntamack qui sont pass\u00e9s par ici&quot;, indique Armel Oyono, \u00e9tudiant en deuxi&egrave;me ann\u00e9e. Tout &agrave; c&ocirc;t\u00e9 de l&rsquo;entr\u00e9e principale de la biblioth&egrave;que centrale de l&rsquo;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, il y a une entr\u00e9e qui m&egrave;ne au sous-sol du m&ecirc;me b&acirc;timent. Un espace &agrave; l&rsquo;air vieillot, qui d\u00e9bouche sur le hall de l&rsquo;amphi 300 et qui n&rsquo;a pas l&rsquo;air particuli&egrave;rement fr\u00e9quent\u00e9. Ceux qui fr\u00e9quentent le campus de Ngoa Ekell\u00e9 ou qui l&rsquo;ont fr\u00e9quent\u00e9 &agrave; une certaine p\u00e9riode gardent l&rsquo;image de quelques personnes accoud\u00e9es &agrave; la rampe &agrave; la gauche de la biblioth&egrave;que, mais surtout le son de ces chants que l&rsquo;on peut percevoir parfois, lorsque l&rsquo;on passe derri&egrave;re le b&acirc;timent.<\/p>\n<p>Ce 12 juin 2007, d&rsquo;ailleurs, le m&ecirc;me spectacle est offert. Quelques \u00e9tudiants en Arts du spectacle discutent &agrave; l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;espace qui accueille leur section. Des salles de classe de fortune, cr\u00e9\u00e9es dans un vaste espace &agrave; l&rsquo;aide de cloisons en bois. En bas, un groupe de personnes r\u00e9p&egrave;tent ce qui semble &ecirc;tre une pi&egrave;ce de th\u00e9&acirc;tre. Dans la bonne humeur, en chantant et en dansant. Le regard et l&rsquo;esprit tourn\u00e9 vers leurs r&ecirc;ves de stars. Beaucoup, pourtant, avant leur arriv\u00e9e &agrave; l&rsquo;universit\u00e9, ne songeaient pas &agrave; des \u00e9tudes de th\u00e9&acirc;tre ou de cin\u00e9ma, dont on fait bien peu de publicit\u00e9 et qui compte actuellement pr&egrave;s de 150 \u00e9tudiants (de la 1&egrave;re &agrave; la 3e ann\u00e9e).<br \/>&quot;Je n&rsquo;avais jamais entendu parler de la section Arts du spectacle et je ne savais pas qu&rsquo;elle existait &agrave; l&rsquo;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I. On nous en a parl\u00e9 pendant l&rsquo;orientation lorsque nous sommes arriv\u00e9s &agrave; l&rsquo;universit\u00e9. J&rsquo;ai d\u00e9couvert ce que l&rsquo;on y faisait et je me suis rendu compte qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de ce dont j&rsquo;avais toujours r&ecirc;v\u00e9 &quot;, d\u00e9clare Armel Oyono.<\/p>\n<p>Tchogmo Meyada, plus connu sous le nom de Bikarata, que les t\u00e9l\u00e9spectateurs ont vu aux c&ocirc;t\u00e9s d&rsquo;Edoudoua pendant plusieurs mois sur les antennes de Canal 2 International, a un peu quitt\u00e9 les \u00e9crans pour les bancs. Il est actuellement en troisi&egrave;me ann\u00e9e, option cin\u00e9ma, &agrave; la section Arts du spectacle. &quot;Il y a des choses que je ne savais pas et que j&rsquo;ai apprises lorsque je suis arriv\u00e9 ici. Je peux d\u00e9sormais r\u00e9aliser des films, faire de la mise en sc&egrave;ne, des prises de vue, l&rsquo;\u00e9criture de sc\u00e9nario. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j&agrave; dans le milieu, mais il fallait me professionnaliser&quot;, pr\u00e9cise-t-il.<br \/>La section Arts du spectacle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e au sein du d\u00e9partement d&rsquo;art et d&rsquo;arch\u00e9ologie de la Facult\u00e9 des arts, lettres et sciences humaines de l&rsquo;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, &agrave; la faveur de la r\u00e9forme universitaire de 1993. A c&ocirc;t\u00e9 des sections Arts plastiques et Histoire de l&rsquo;art, elles font partie du projet de professionnalisation des enseignements dans les universit\u00e9s d&rsquo;Etat au Cameroun. &quot;Nous formons les \u00e9tudiants dans trois domaines : le th\u00e9&acirc;tre, le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision, mais avec beaucoup plus d&rsquo;accent sur le th\u00e9&acirc;tre et le cin\u00e9ma&quot;, indique Donatus Fai Tanghem, enseignant dans cette section. Il fait partie des cinq permanents qui y dispensent des cours, sous la houlette de Bole Butak\u00e9, le chef du d\u00e9partement. Ces enseignants permanents re&ccedil;oivent l&rsquo;appui, de temps &agrave; autre, de quelques enseignants vacataires.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9forme<\/strong><br \/>Simon Pierre Bell (Bilim Bi Jam) et Guy Ren\u00e9 Kenmegne (Larmes d&rsquo;espoir), anciens de la section Arts du spectacle, ont pr\u00e9sent\u00e9 des films lors de la derni&egrave;re \u00e9dition du festival Ecrans Noirs. Donatus Fai Tanghem se r\u00e9jouit \u00e9galement de ce que plusieurs de ses anciens \u00e9tudiants travaillent aujourd&rsquo;hui avec des m\u00e9dias de la place. &quot;Beaucoup veulent &ecirc;tre cin\u00e9astes, producteurs, mais ils peuvent \u00e9galement devenir enseignants. On essaie de leur donner une perspective globale, mais on privil\u00e9gie le c&ocirc;t\u00e9 professionnel.&quot;<br \/>Ce propos de l&rsquo;enseignant n&rsquo;est pourtant pas partag\u00e9 par tout le monde dans la section. Armel Oyono avoue que les enseignements de th\u00e9&acirc;tre et de cin\u00e9ma re&ccedil;us depuis son arriv\u00e9e dans cette section le confortent dans son r&ecirc;ve. Mais il indique bien que ce serait plus int\u00e9ressant de se frotter &agrave; l&rsquo;ext\u00e9rieur, au monde professionnel. Et verrait d&rsquo;un bon &oelig;il un stage dans un cadre, tel que Les films Terre africaine, par exemple.<\/p>\n<p><strong>Difficult\u00e9s<\/strong><br \/>Pour Tchogmo Meyada, les difficult\u00e9s sont diverses : &quot;On manque de mat\u00e9riel. Il n&rsquo;y a pas de banc de montage. On vient &agrave; peine d&rsquo;acqu\u00e9rir une cam\u00e9ra. Il nous faut plus d&rsquo;enseignants qualifi\u00e9s&quot;. A c&ocirc;t\u00e9 des difficult\u00e9s, &quot;Bikarata&quot;, comme pour confirmer les propos de son enseignant, Donatus Fai, appr\u00e9cie le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une fili&egrave;re professionnelle, ce qui permet aux \u00e9tudiants de pouvoir s&rsquo;auto-employer &agrave; la fin de leurs \u00e9tudes et m&ecirc;me avant. &quot;D&egrave;s le niveau 1, tu peux d\u00e9j&agrave; travailler, car on monte des courts m\u00e9trages &agrave; la fin de la premi&egrave;re ann\u00e9e. On nous appelle d&rsquo;ailleurs les &quot;gombistes&quot;&quot;.<br \/>La nouvelle vie du cin\u00e9ma camerounais, avec les nombreux courts m\u00e9trages r\u00e9alis\u00e9s au cours de ces derni&egrave;res ann\u00e9es par des jeunes Camerounais n&rsquo;est pas sans lien avec la fili&egrave;re cr\u00e9\u00e9e &agrave; l&rsquo;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I. Apr&egrave;s le cycle de licence, toutefois, certains poursuivent leurs \u00e9tudes en ma&icirc;trise dans la m&ecirc;me universit\u00e9, ou se rendent au Centre de formation professionnelle en audiovisuel (Cfpa) d&rsquo;Ekounou, pour se perfectionner dans la r\u00e9alisation.<br \/>Dans le premier cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9tudiants plus port\u00e9s vers l&rsquo;enseignement ou la critique. <\/p>\n<p>Or, pour Thierry Ntamack, &quot;on a plus besoin de praticiens que de th\u00e9oriciens&quot;. Le com\u00e9dien et d\u00e9sormais r\u00e9alisateur (apr&egrave;s un passage au Cfpa), d\u00e9plore le fait que les enseignements &agrave; la section Arts du spectacle soient trop th\u00e9oriques. &quot;On forme plus de critiques que de praticiens. Or que va-t-on critiquer s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de films ? Je d\u00e9plore le fait qu&rsquo;on n&rsquo;associe pas la formation th\u00e9orique &agrave; des ateliers pratiques. Les professeurs ne font pas r&ecirc;ver, car ils n&rsquo;ont pas une exp\u00e9rience sur le terrain. La seule v\u00e9ritable opportunit\u00e9 c&rsquo;est l&rsquo;enseignement&quot;, se plaint-il. Tout en reconnaissant que le fait de cr\u00e9er cette fili&egrave;re constituait d\u00e9j&agrave; un pas en avant, le jeune homme n&rsquo;est pas loin d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien appris : &quot;Les secrets de ma r\u00e9ussite sont li\u00e9s au fait que j&rsquo;ai d&rsquo;autres arguments et que je travaille avec d&rsquo;autres personnes&quot;.<br \/>Les jeunes gens qui, au m\u00e9pris de la chaleur de cette mi-journ\u00e9e de juin, chantent et dansent au sous-sol sont plus positifs. Men\u00e9s peut-&ecirc;tre &agrave; cela par les quelques succ&egrave;s de troupes de th\u00e9&acirc;tre ou d&rsquo;acteurs pass\u00e9s par l&agrave;, qui ont particip\u00e9 &agrave; plusieurs festivals de th\u00e9&acirc;tre &agrave; l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grandeurs et mis\u00e8res de la section Arts du spectacle cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Yaound\u00e9 I depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. Jules Romuald Nkonlak &#8211; Deux jeunes gens ont pr\u00e9sent\u00e9 les soir\u00e9es d&rsquo;ouverture et de cl&ocirc;ture de la 11e \u00e9dition du festival Ecrans Noirs. 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