{"id":3795,"date":"2010-05-22T12:37:03","date_gmt":"2010-05-22T10:37:03","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-05-22T12:37:03","modified_gmt":"2010-05-22T10:37:03","slug":"3795","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3795\/","title":{"rendered":"Cinquantenaire Ind\u00e9pendance : Portraits de quelques h\u00e9ros oubli\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Andr\u00e9 Marie Mbida, Ruben Um Nyobe, Ernest Ouandi\u00e9, Ossende Afana: Les h\u00e9ros oubli\u00e9s de l&rsquo;histoire du Cameroun&#8230;&#8230; &#8211; <\/p>\n<p><strong><span class=\"cap\" title=\"A\"><span>A<\/span><\/span>ndr&eacute; Marie  Mbida<br \/>\nEcart&eacute; du fauteuil pr&eacute;sidentiel par Ramadier et Ahidjo<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;Andr&eacute; Marie Mbida a lui-m&ecirc;me creus&eacute; sa propre tombe par ses prises  de position tr&egrave;s tranch&eacute;es et brutales.&nbsp;&raquo; Telles sont les explications  donn&eacute;es par Ananie Rabier Bindji, pr&eacute;sentateur de l&rsquo;&eacute;mission &agrave; succ&egrave;s La  Tribune de l&rsquo;Histoire, diffus&eacute;e sur la cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision priv&eacute;e  Canal 2 International, pour faciliter la compr&eacute;hension de la chute  vertigineuse de l&rsquo;homme d&rsquo;Etat camerounais Andr&eacute; Marie Mbida dont  l&rsquo;ascension fut fulgurante dans les ann&eacute;es 50, lors du processus ayant  abouti &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun le 1er janvier 1960. N&eacute; le  1er&nbsp;janvier&nbsp;1917 &agrave; Endinding (Cameroun), Andr&eacute; Marie Mbida, issu de la  r&eacute;gion de Nyong et Sanaga (actuellement scind&eacute;e en Sanaga Maritime et  Nyong et Kell&eacute;) au Cameroun, a fr&eacute;quent&eacute; l&rsquo;&eacute;cole primaire d&rsquo;&Eacute;fok  (d&eacute;partement de la Leki&eacute;), le petit s&eacute;minaire d&rsquo;Akono de 1929 &agrave; 1935 o&ugrave;  il exercera par la suite comme professeur de math&eacute;matiques et de latin,  puis le grand s&eacute;minaire de Mvoly&eacute; de 1935 &agrave; 1943.<br \/>\nPremier camerounais natif &agrave; &ecirc;tre &eacute;lu d&eacute;put&eacute; &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale  fran&ccedil;aise en 1952, Premier ministre du Cameroun, deuxi&egrave;me Premier  ministre africain natif dans le continent noir, premier chef d&rsquo;&Eacute;tat du  Cameroun autonome d&rsquo;expression fran&ccedil;aise du 12&nbsp;mai&nbsp;1957 au  16&nbsp;f&eacute;vrier&nbsp;1958 et premier prisonnier politique du Cameroun ind&eacute;pendant,  du 29&nbsp;juin&nbsp;1962 au 29&nbsp;juin&nbsp;1965, cet homme politique qui a par ailleurs  re&ccedil;u une formation de juriste apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; directeur de l&rsquo;&eacute;cole  rurale de Balessing apr&egrave;s son d&eacute;part du grand s&eacute;minaire en 1943, &eacute;tait  comp&eacute;tent dans plusieurs domaines. En marge de ses activit&eacute;s politiques  au sein du Bloc d&eacute;mocratique camerounais (Bdc) dont il &eacute;tait un des  militants de premier plan, il exer&ccedil;a la fonction d&rsquo;agent du Tr&eacute;sor &agrave;  Yaound&eacute; en 1945, durant une ann&eacute;e, avant de devenir agent d&rsquo;affaires &agrave;  Ebolowa et Yaound&eacute;, jusqu&rsquo;en 1954. Comme agent d&rsquo;affaires, ses revenus  mensuels varient entre 500 000, 800 000 Fcfa et un million Fcfa []!<br \/>\nAu Cameroun, la belle carri&egrave;re politique d&rsquo;Andr&eacute; Marie Mbida tourne au  vinaigre le 16 f&eacute;vrier 1958, &agrave; la suite d&rsquo;un coup de force orchestr&eacute; par  le haut-commissaire Jean Ramadier qui suscite le d&eacute;p&ocirc;t de motions de  censure contre le gouvernement Mbida, refuse d&rsquo;ent&eacute;riner le remaniement  gouvernemental de Mbida apr&egrave;s la d&eacute;mission d&rsquo;Ahidjo de la coalition  parlementaire &agrave; l&rsquo;Alcam, abuse de ses pr&eacute;rogatives de haut-commissaire  malgr&eacute; les textes, fait des dons de 200 000 Fcfa &agrave; []tous les  parlementaires camerounais qui se ligueront contre Mbida. Mis en  minorit&eacute;, Andr&eacute; Marie Mbida d&eacute;missionne. Il est remplac&eacute;, le 18 f&eacute;vrier  1958, par Ahmadou Ahidjo qui sera par la suite pr&eacute;sident de la  R&eacute;publique de 1960 &agrave; 1982. Ahidjo qui &eacute;tait au d&eacute;but son ami (et ex  vice-Premier ministre de son gouvernement) a voulu l&rsquo;int&eacute;grer dans son  premier gouvernement, mais, comme il &eacute;tait en d&eacute;saccord avec la  politique extr&ecirc;mement pro-fran&ccedil;aise d&rsquo;Ahidjo, il refusa et s&rsquo;exila.<br \/>\nLe 16&nbsp;septembre&nbsp;1958, alors qu&rsquo;il est de passage &agrave; Paris, Andr&eacute;-Marie  Mbida se prononce pour l&rsquo;ind&eacute;pendance imm&eacute;diate[]. Le 3&nbsp;octobre&nbsp;1958,  son parti politique, par voix de communiqu&eacute; presse, demande  &laquo;&nbsp;l&rsquo;ind&eacute;pendance imm&eacute;diate du Cameroun &ndash; l&rsquo;amnistie totale &ndash; la lev&eacute;e de  tutelle&nbsp;&raquo;[]. Sa formation politique, le Parti des d&eacute;mocrates  camerounais (Pdc), demandera m&ecirc;me une ind&eacute;pendance au 1er&nbsp;janvier&nbsp;1959.  Au cours des ann&eacute;es 1961-1962, la vague de ralliements, de dissolutions  et de fusions des autres partis avec l&rsquo;Union camerounaise (Uc) d&rsquo;Ahidjo  affaiblit consid&eacute;rablement le Pdc qui ne comptait plus que quatre si&egrave;ges  &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale en 1962. Apr&egrave;s l&rsquo;appel du 27&nbsp;avril&nbsp;1962, suite &agrave;  la dispersion des up&eacute;cistes &agrave; leur premier congr&egrave;s (en janvier 1962)  depuis leur r&eacute;habilitation, Andr&eacute;-Marie Mbida et d&rsquo;autres leaders de  l&rsquo;opposition comme Bebey-Eyidi (s&eacute;cr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Parti travailliste  Camerounais), Okala Charles R&eacute;n&eacute; Guy (s&eacute;cr&eacute;taire du Parti socialiste  camerounais) et Th&eacute;odore Mayi-Matip (Union des populations du cameroun)  sont arr&ecirc;t&eacute;s et incarc&eacute;r&eacute;s dans le Nord-Cameroun.<br \/>\nCette d&eacute;tention provoque une d&eacute;gradation physique importante chez  Mbida&nbsp;: il tombe malade et devient pratiquement aveugle. &Agrave; sa sortie de  prison en 1965, il est plac&eacute; en r&eacute;sidence surveill&eacute;e. Il se rend en  France se faire soigner &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital des Quinze-Vingts en 1966. De retour  au Cameroun deux ans plus tard, il est de nouveau mis en r&eacute;sidence  surveill&eacute;e &agrave; Yaound&eacute; du 3&nbsp; ao&ucirc;t&nbsp;1968 au 30&nbsp;mai&nbsp;1972. Les derniers  moments de sa vie furent quelque peu p&eacute;nibles car faits de solitude. En  1980, cet homme d&rsquo;Etat qui s&rsquo;&eacute;tait mari&eacute; &agrave; Marguerite Embolo le 14 ao&ucirc;t  1946 conna&icirc;t une nouvelle &eacute;vacuation sanitaire, mais d&eacute;c&egrave;de, aveugle, &agrave;  63 ans des suites de tous ces s&eacute;vices, &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de la  Piti&eacute;-Salp&ecirc;tri&egrave;re le 2&nbsp;mai&nbsp;1980 o&ugrave; il avait &eacute;t&eacute; admis deux semaines  auparavant. En laissant six enfants (quatre fils et deux filles) dont  l&rsquo;actuel pr&eacute;sident du Parti des d&eacute;mocrates camerounais, Louis-Tobie  Mbida et Simon Pierre Omgba Mbida, diplomate camerounais.<\/p>\n<p><strong>Ruben Um Nyobe<br \/>\nUn nationaliste trahi par un de siens<\/strong><\/p>\n<p>Leader nationaliste camerounais et pr&eacute;curseur des ind&eacute;pendances en  Afrique francophone n&eacute; en 1913 &agrave; Eog Makon non-loin de Boumny&eacute;bel, ville  du Cameroun, situ&eacute;e dans l&rsquo;arrondissement d&rsquo;Es&eacute;ka, &agrave; environ 70 km de  Yaound&eacute;, Ruben Um Nyobe est l&rsquo;une des figures embl&eacute;matiques de la lutte  pour l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun, comme F&eacute;lix-Roland Moumi&eacute; et Ernest  Ouandi&eacute;, avec qui il partage la m&ecirc;me fin dramatique. Issu de l&rsquo;union de  Nyob&eacute; Nsounga et de Ngo Um Nonos, tous deux paysans bassa, Um Nyobe qui  fit ses &eacute;tudes primaires dans les &eacute;coles presbyt&eacute;riennes locales,  n&rsquo;avait pas particip&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de l&rsquo;Union des populations du  Cameroun (Upc) dans la nuit du 10&nbsp;avril&nbsp;1948 dans un caf&eacute;-bar de  Douala-Bassa d&eacute;nomm&eacute; &laquo;&nbsp;Chez Sierra&nbsp;&raquo;[]. Bien qu&rsquo;il f&ucirc;t absent cette  nuit-l&agrave;, Chez Sierra, Ruben Um Nyobe fut inform&eacute;. Une suggestion de la  majorit&eacute; des pr&eacute;sents, membres fondateurs de l&rsquo;Upc qui sont aussi  membres du bureau directeur de l&rsquo;Uscc dont Ruben Um Nyob&egrave; en est le  secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral. Suite au laxisme du premier secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de ce  parti nationaliste, Ruben Um Nyob&egrave; connu pour sa v&eacute;h&eacute;mence est propuls&eacute;  &agrave; la t&ecirc;te du parti au mois de novembre 1948. Il s&rsquo;y caract&eacute;risera par  son franc-parler et ses nombreux &eacute;crits. Il s&rsquo;opposera au pouvoir  colonial fran&ccedil;ais et r&eacute;clamera selon ses termes &laquo;&nbsp;une ind&eacute;pendance  totale&nbsp;&raquo; suscitant alors une prise de conscience nationale et provoquant  la d&eacute;colonisation qui allait suivre en 1960, apr&egrave;s lui. V&eacute;ritable  tribun, il se rendra deux fois aux Nations-Unies gr&acirc;ce aux cotisations  de pauvres paysans camerounais afin de plaider la cause du Cameroun.<br \/>\nA en croire Ananie Rabier Bindji qui a effectu&eacute; de nombreuses recherches  sur le nationalisme camerounais et m&ecirc;me dans certains autres pays  africains, Ruben Um Nyobe qui travailla &agrave; la M&eacute;t&eacute;o fut g&eacute;om&egrave;tre et m&ecirc;me  greffier, est le tout premier nationaliste camerounais &agrave; avoir accept&eacute;  de se sacrifier dans le cadre de la lutte pour l&rsquo;accession &agrave;  l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun. &laquo;&nbsp;Les vrais malheurs de Ruben Um Nyobe ont  atteint leur point culminant en avril 1956 quand l&rsquo;administration  coloniale s&rsquo;est rendue compte que, sur le manifeste portant les noms des  passagers d&rsquo;un avion qui s&rsquo;est &eacute;cras&eacute; en pays bassa&rsquo;a, se trouve le nom  du Mpodol qui, heureusement pour lui, n&rsquo;&eacute;tait pas entr&eacute; dans l&rsquo;avion &agrave;  Yaound&eacute;, en partance pour Douala. Suspect&eacute; donc par les Fran&ccedil;ais qui  pensaient que Ruben Um Nyobe savait quelque chose de ce crash, le leader  nationaliste de l&rsquo;Union des populations du Cameroun (Upc) va prendre le  chemin du maquis et sera par la suite pourchass&eacute; et tu&eacute; le 13 septembre  1958 pr&egrave;s de la grotte Libel Lingo&iuml; par Boumnyebel, &agrave; la suite de la  trahison d&rsquo;un de ses acolytes, Th&eacute;odore Mayi Matip&nbsp;&raquo;, explique le  journaliste-chercheur qui, par ailleurs, soutient que Ruben Um Nyobe  &eacute;tait un strat&egrave;ge qui s&rsquo;opposait au pouvoir colonial fran&ccedil;ais et  exigeait une unification imm&eacute;diate et l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun.<br \/>\nOn se souvient d&rsquo;ailleurs que, dans son discours devant la 4e Commission  de tutelle de l&rsquo;Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;Organisation des nations unies  (Onu) le 7 d&eacute;cembre 1952, Ruben Um Nyobe avait pr&eacute;cis&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il est  question de demander &agrave; l&rsquo;Organisation des Nations-Unies de trouver de  v&eacute;ritables solutions qui permettront aux Camerounais d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; leur  ind&eacute;pendance dans un avenir raisonnable c&rsquo;est- &agrave;-dire le plus proche  possible. Et nous sommes mod&eacute;r&eacute;s dans notre action. Nous ne demandons  pas d&rsquo;ind&eacute;pendance imm&eacute;diate. Nous demandons l&rsquo;unification imm&eacute;diate de  notre pays et la fixation d&rsquo;un d&eacute;lai pour l&rsquo;ind&eacute;pendance.&nbsp;&raquo;[]  Ruben Um  Nyob&egrave; pla&ccedil;ait donc la r&eacute;unification en dehors de l&rsquo;ind&eacute;pendance. Il  estimait que celle-ci &eacute;tait m&ecirc;me un pr&eacute;alable &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance. C&rsquo;est  ainsi qu&rsquo;il proposa &agrave; l&rsquo;Onu &laquo;&nbsp;(&hellip;) un programme-&eacute;cole, c&rsquo;est-&agrave;-dire, un  programme dont l&rsquo;ex&eacute;cution permettrait aux Camerounais de recevoir une  formation ad&eacute;quate, pour pouvoir assumer les charges d&rsquo;Etat d&eacute;coulant du  recouvrement de notre souverainet&eacute;&nbsp;&raquo;[]. D&rsquo;apr&egrave;s son allocution, c&rsquo;&eacute;tait  &laquo;&nbsp;(&hellip;) pour permettre aux citoyens de notre pays d&rsquo;apprendre, pendant un  laps de temps, &agrave; diriger, sous l&rsquo;&eacute;gide d&rsquo;un haut-commissaire de l&rsquo;Onu,  le gouvernement de leur pays&nbsp;&raquo;. [] Quand &agrave; la dur&eacute;e du programme-&eacute;cole,  il proposa une p&eacute;riode &laquo; (&hellip;) de dix ans pr&eacute;paratoire &agrave;  l&rsquo;ind&eacute;pendance&nbsp;&raquo;.[]<br \/>\nAu lendemain des &eacute;lections du 23&nbsp;d&eacute;cembre&nbsp;1956 ayant port&eacute; Andr&eacute; Marie  Mbida &agrave; la fonction de chef de l&rsquo;Etat du Cameroun, Pierre Messmer alors  Haut commissaire, sugg&egrave;re l&rsquo;organisation d&rsquo;une &eacute;lection partielle, tout  sp&eacute;cialement pour Ruben Um Nyob&egrave;, afin de l&rsquo;int&eacute;grer &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e  l&eacute;gislative du Cameroun. []Il envoie de ce fait l&rsquo;archev&ecirc;que de Douala,  Monseigneur Thomas Mongo, &agrave; la rencontre de Um Nyob&egrave; pour des  pourparlers. Celui-ci d&eacute;clare que &laquo;&nbsp;les institutions mises en place sont  fantoches car l&rsquo;Upc n&rsquo;en a pas le contr&ocirc;le&nbsp;&raquo; []et exige d&rsquo;&ecirc;tre  &laquo;&nbsp;d&eacute;sign&eacute; Premier ministre&nbsp;&raquo;, &agrave; la place d&rsquo;Andr&eacute;-Marie Mbida&nbsp;[]. Il  demande &laquo;&nbsp;que Pierre Messmer accepte une rencontre publique avec lui&nbsp;&raquo;  [] et &laquo;&nbsp;que l&rsquo;Upc forme un gouvernement d&rsquo;union nationale&nbsp;&raquo;[]. Lors de  la deuxi&egrave;me rencontre avec le pr&eacute;lat, &laquo;&nbsp;il lui fait savoir que le Comit&eacute;  central de l&rsquo;Upc a si&eacute;g&eacute;, et qu&rsquo;il a conclu que Ruben Um Nyob&egrave; ne peut  accepter qu&rsquo;une seule et unique chose&nbsp;: le poste de Premier ministre et  rien d&rsquo;autre&nbsp;&raquo;.[] Or, c&rsquo;est la coalition parlementaire Paysans  ind&eacute;pendants, Union camerounaise (Uc) et D&eacute;mocrates camerounais (Dc) qui  gouverne. De plus, ces groupes parlementaires forment &agrave; eux seuls la  quasi totalit&eacute; des d&eacute;put&eacute;s &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e l&eacute;gislative. Une &eacute;lection dans  la r&eacute;gion de Ruben Um Nyob&egrave; ne changera pas le rapport de force. De  plus, le Haut Commissaire Pierre Messmer ne peut pas juridiquement  r&eacute;voquer le Premier ministre Andr&eacute;-Marie Mbida. En effet, d&rsquo;apr&egrave;s les  statuts de l&rsquo;Etat autonome du Cameroun, un Haut-commissaire ne peut en  aucun cas d&eacute;mettre un Premier ministre de ses fonctions[].<br \/>\nUm Nyob&eacute; sera finalement abattu par l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise le 13 septembre  1958 apr&egrave;s de longs mois de traque infernale et fort meurtri&egrave;re contre  tous ses partisans, tous tu&eacute;s ou captur&eacute;s les uns apr&egrave;s les autres.  C&rsquo;est que son campement fut localis&eacute; en d&eacute;but septembre 1958 par le  capitaine Agostini, officier des renseignements et par M. Conan,  inspecteur de la s&ucirc;ret&eacute;. Apr&egrave;s l&rsquo;avoir tu&eacute;, les militaires tra&icirc;n&egrave;rent  son cadavre dans la boue, jusqu&rsquo;au village Liyong. Cela le d&eacute;figura, sa  peau, sa t&ecirc;te et son visage &eacute;tant profond&eacute;ment d&eacute;chir&eacute;s. La force  coloniale voulut par ce fait &laquo;&nbsp;d&eacute;truire l&rsquo;individualit&eacute; de son corps et  le ramener &agrave; la masse informe et m&eacute;connaissable&nbsp;&raquo;, affirme J.-A. Mbembe.  C&rsquo;est dans le m&ecirc;me esprit, poursuit-il, qu&rsquo; &laquo;&nbsp;on ne lui accorda qu&rsquo;une  tombe mis&eacute;rable et anonyme. Aucune &eacute;pitaphe, aucun signalement  particulier n&rsquo;y furent inscrits. Puisqu&rsquo;il fallait nier tout ce dont sa  vie t&eacute;moignait, en faisant un mort sans visage, rien ne devait subsister  qui f&icirc;t briller sur ce cadavre un dernier reflet de sa vie. Les  autorit&eacute;s coloniales le firent enterrer sans c&eacute;r&eacute;monie, immerg&eacute; dans un  bloc massif de b&eacute;ton.&nbsp;&raquo; Ruben Um Nyobe est officiellement proclam&eacute; h&eacute;ros  national par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale du Cameroun le 27 juin 1991.<\/p>\n<p><strong>Ernest Ouandi&eacute;<br \/>\nLe dernier vrai cauchemar d&rsquo;Ahmadou Ahidjo<\/strong><\/p>\n<p>N&eacute; en 1924 &agrave; Ndumba (arrondissement de Bana) dans le d&eacute;partement du  Haut-Nkam, Ernest Ouandi&eacute; qui, d&rsquo;apr&egrave;s de nombreux t&eacute;moignages, serait  originaire de Bangou dans le d&eacute;partement des Hauts-Plateaux, est le 5&egrave;  enfant d&rsquo;une fratrie de 7 personnes (Ngako, Yemdo, Mboutchak, Djieumo,  Ouandi&eacute;, Djoma et Kamdem) issues de la m&ecirc;me m&egrave;re dans un foyer  polygamique. En effet, outre la m&egrave;re (Kapsu) du nationaliste Ernest  Ouandi&eacute;, le p&egrave;re (Djemo) de celui-ci avait deux autres &eacute;pouses. De 1933 &agrave;  1936, Ernest Ouandi&eacute; fait ses &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;&eacute;cole publique de Bafoussam  (quartier Famla), en compagnie d&rsquo;autres personnes qui, comme lui,  marqueront l&rsquo;histoire du Cameroun&nbsp;: docteur Tagny Mathieu, pr&eacute;sident de  la section du Nyong et Sanaga&nbsp;&nbsp; de l&rsquo;Upc, Feyou de Happy, futur  collaborateur de Kodock, le redoutable Kame Samuel, futur proche  collaborateur d&rsquo;Ahidjo pour les affaires politiques et de s&eacute;curit&eacute;. En  1937, il est inscrit au cours moyen 1&egrave;re ann&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;cole r&eacute;gionale de  Dschang et est, en 1940, re&ccedil;u au Cepe et &agrave; l&rsquo;examen d&rsquo;entr&eacute;e &agrave; l&rsquo;Ecole  primaire sup&eacute;rieure de Yaound&eacute;, section enseignement o&ugrave; il &eacute;tudie gr&acirc;ce &agrave;  une bourse jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;obtention du dipl&ocirc;me des moniteurs indig&egrave;nes (Dmi)  en novembre 1943.<br \/>\nEnseignant dans le secteur public, Ernest Ouandi&eacute; s&rsquo;illustre par son  engagement syndical et ses activit&eacute;s politiques partout o&ugrave; il est en  fonction. Des engagements qui sont &agrave; l&rsquo;origine de ses multiples  affectations dites disciplinaires. Bref, de 1944 &agrave; 1955, il m&egrave;nera, dans  la l&eacute;galit&eacute;, de nombreuses activit&eacute;s professionnelle, syndicale et  politique. 1944-1948, il enseigne &agrave; Ed&eacute;a et milite dans l&rsquo;Union des  syndicats conf&eacute;d&eacute;r&eacute;s du Cameroun (Uscc). De 1948&nbsp; au 15 janvier 1971,  militant, puis dirigeant de l&rsquo;Union des populations du Cameroun (Upc). 7  octobre 1948, il est affect&eacute; &agrave; Dschang. Le 6 novembre 1948, un mois  apr&egrave;s, il est affect&eacute; &agrave; Douala comme directeur de l&rsquo;&eacute;cole publique du  quartier New-Bell Bamil&eacute;k&eacute;. En septembre 1952, il est &eacute;lu vice-pr&eacute;sident  de l&rsquo;Upc charg&eacute; de l&rsquo;organisation et directeur de la Voix du Cameroun  au 2&egrave;me congr&egrave;s &agrave; Es&eacute;ka. En 1953, affectation &agrave; Doum&eacute;, puis &agrave; Yoko ; il  implante l&rsquo;Upc dans le Mbam. Du 29 juillet au 12 septembre 1954, il  effectue un voyage en Chine o&ugrave; il assiste du 9 au 15 ao&ucirc;t 1954, au  Congr&egrave;s mondial de la jeunesse d&eacute;mocratique, puis &agrave; Paris et&nbsp;&agrave; Moscou.  Le 29 janvier 1955, il est &agrave; nouveau affect&eacute; &agrave; Douala o&ugrave; le Haut  commissaire Roland Pr&eacute; entreprend de rassembler tous les dirigeants de  l&rsquo;Upc pour les tenir en permanence &agrave; sa port&eacute;e.<br \/>\nAu cours d&rsquo;une grande rencontre &agrave; la salle des f&ecirc;tes d&rsquo;Akwa en d&eacute;but  d&rsquo;ann&eacute;e 1955, Ernest Ouandi&eacute; s&rsquo;attire beaucoup de sympathie par ses  prises de position contre L&eacute;opold S&eacute;dar Senghor qui tentait, &agrave;  l&rsquo;instigation de l&rsquo;administration coloniale et du haut de son agr&eacute;gation  en grammaire,&nbsp;de convaincre les Camerounais d&rsquo;abandonner la  revendication de l&rsquo;ind&eacute;pendance nationale. Apr&egrave;s l&rsquo;interdiction de l&rsquo;Upc  et les massacres perp&eacute;tr&eacute;s par l&rsquo;administration coloniale contre les  militants au mois de mai de cette ann&eacute;e 1955, Ernest Ouandi&eacute; et les  autres cadres de l&rsquo;Upc, de la Jdc, de l&rsquo;Udefec, de la Cgkt dont F&eacute;lix  Roland Moumi&eacute; et Abel Kingue qui ont pu &eacute;chapper aux arrestations, se  r&eacute;fugient &agrave; Kumba, dans le Cameroun sous administration britannique. Le 3  juin 1957, l&rsquo;Upc est interdite au Cameroun britannique &agrave; la demande des  autorit&eacute;s fran&ccedil;aises. Cons&eacute;quence, Ernest Ouandi&eacute; est, le 7 juillet  1957, d&eacute;port&eacute; par l&rsquo;administration britannique &agrave; Khartoum avec une  douzaine d&rsquo;autres dirigeants et cadres de l&rsquo;Upc, puis au Caire, &agrave;  Conakry et &agrave; Accra. Partout o&ugrave; il passe, Ernest Ouandie travaille &agrave;  populariser la lutte de l&rsquo;Upc, &agrave; susciter des soutiens, trouver des  moyens mat&eacute;riels et financiers pour poursuivre la lutte, renforcer  l&rsquo;organisation, la formation des cadres, etc. C&rsquo;est, &agrave; la suite du d&eacute;c&egrave;s  de F&eacute;lix Roland Moumi&eacute; &agrave; Gen&egrave;ve le 3 novembre 1960, que Ernest Ouandi&eacute;,  avec l&rsquo;accord de Abel Kingu&eacute; malade, prend la direction de l&rsquo;Upc et  pr&ecirc;te serment de continuer la lutte jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;atteinte des objectifs  nationaux et populaires de cette formation politique.<br \/>\nErnest Ouandi&eacute; retourne au Cameroun dans la clandestinit&eacute; le 21 juillet  1961, pour diriger la lutte sur le terrain. Ce retour, sous le nom de  &laquo;&nbsp;Camarade Emile&nbsp;&raquo;, a lieu sous la conduite du commandant Etienne Mobil,  dans le maquis du Moungo, au Mont Koup&eacute;, campement Kribi. Ernest  Ouandi&eacute; prend effectivement le commandement de l&rsquo;Alnk et remet de  l&rsquo;ordre dans les rangs. Il se rend dans le Nyong et K&eacute;ll&eacute; pour  rencontrer les dirigeants et cadres encore fid&egrave;les &agrave; l&rsquo;Upc dans la  r&eacute;gion. Le 13 septembre 1962 et le 25 avril 1963, il pr&eacute;side deux  Assembl&eacute;es populaires sous maquis qui d&eacute;cident de la cr&eacute;ation d&rsquo;un  Comit&eacute; r&eacute;volutionnaire et d&rsquo;un &eacute;tat-major de l&rsquo;Alnk ; il enseigne l&rsquo;art  de la guerre, ouvre une &eacute;cole des cadres politiques et construit des  centres de soins. Sous les coups de boutoir de l&rsquo;ennemi, il se replie  progressivement &agrave; Melong (fin 1962), puis du c&ocirc;t&eacute; de Dschang, de Bafang,  de la r&eacute;gion de Moya dans le Nd&eacute;, puis Batcha dans le Haut &ndash; Nkam. Il  r&eacute;siste pratiquement seul, compl&egrave;tement coup&eacute; de ses bases arri&egrave;res et  sans ravitaillement en armes, munitions, v&ecirc;tements, chaussures,  m&eacute;dicaments, nourriture, pendant 9 ans contre des forces militaires  infiniment plus grandes et tr&egrave;s largement approvisionn&eacute;es, dans un  espace &agrave; peine plus grand qu&rsquo;un mouchoir de poche, lorsque, l&acirc;ch&eacute; par  les uns et trahi par les autres, et, sous pr&eacute;texte de tentative  d&rsquo;exfiltration, il est amen&eacute; par l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que Albert Ndogmo &agrave; se rendre. Il  se rend lui-m&ecirc;me &agrave; la gendarmerie de Mbanga le 19 ao&ucirc;t 1970. &laquo; Je suis  Ernest Ouandi&eacute; &raquo;, se pr&eacute;sente-t-il au gendarme de garde. Il se laisse  passer les menottes sans opposer de r&eacute;sistance. Transf&eacute;r&eacute; &agrave; la Brigade  mixte mobile (Bmm) de Yaound&eacute;, il est tortur&eacute; et gard&eacute; au secret pendant  six mois sans pouvoir rencontrer une seule fois un seul de ses avocats.  Ses deux avocats fran&ccedil;ais constitu&eacute;s par les up&eacute;cistes, Ma&icirc;tre  Jean-Jacques de F&eacute;lice et Ma&icirc;tre Jacques Verg&egrave;s, sont emp&ecirc;ch&eacute;s de se  rendre au Cameroun malgr&eacute; une convention franco-camerounaise qui pr&eacute;voit  express&eacute;ment la possibilit&eacute; pour un avocat fran&ccedil;ais d&rsquo;exercer au  Cameroun, pour peu qu&rsquo;il soit domicili&eacute; au cabinet d&rsquo;un avocat inscrit  au barreau camerounais.<br \/>\nJug&eacute; par le tribunal militaire de Yaound&eacute; &agrave; partir du 21 d&eacute;cembre 1970  dans un proc&egrave;s de pure forme dit &laquo; le proc&egrave;s de la r&eacute;bellion &raquo;, Ernest  Ouandi&eacute; est condamn&eacute; &agrave; mort le 5 janvier 1971. Mur&eacute; dans un silence  presque hautain, fid&egrave;le &agrave; son image de militant ferme et courageux, il  &eacute;coute, impassible, le verdict de condamnation &agrave; la peine capitale,&nbsp;avec  Mathieu Njassep alias Ben Bella (encore vivant) son fid&egrave;le secr&eacute;taire,  et Rapha&euml;l Fotsing. Malgr&eacute; un mouvement de protestation contre les  conditions in&eacute;quitables de son jugement men&eacute; notamment par un Comit&eacute;  international dirig&eacute; par le Professeur Jacques Monod, le 15 janvier  1971, il est extrait t&ocirc;t de la cellule o&ugrave; il est rest&eacute; encha&icirc;n&eacute; pendant  six mois &agrave; la Bmm de Yaound&eacute;, transport&eacute; par avion militaire jusqu&rsquo;&agrave;  Bafoussam, au quartier Famla, et ex&eacute;cut&eacute; publiquement, sur la place qui  deviendra la place des Martyrs, en compagnie de Gabriel Tabeu (Wambo Le  Courant) et de Rapha&euml;l Fotsing. Au moment du supplice, il refuse de se  faire bander les yeux. Avant d&rsquo;&ecirc;tre cribl&eacute; de balles, il proclame  simplement la certitude qu&rsquo;apr&egrave;s lui, d&rsquo;autres continueront le m&ecirc;me  combat jusqu&rsquo;&agrave; la victoire. Ernest Ouandi&eacute; qui a &eacute;t&eacute; inhum&eacute; au cimeti&egrave;re  de l&rsquo;&eacute;glise protestante de Bafoussam s&rsquo;&eacute;tait mari&eacute; &agrave; Marthe Eding (s&oelig;ur  de feu Bernard Eding) en secondes noces (il avait d&rsquo;abord &eacute;pous&eacute; Njila  avec qui il e&ucirc;t un enfant d&eacute;c&eacute;d&eacute; en bas &acirc;ge, avant leur divorce) et eu  avec elle cinq enfants&nbsp;: Philippe Ouandi&eacute;, Mireille, Ir&egrave;ne, Monique,  Ruben Um Ouandi&eacute;. Hors mariage, il aura eu au moins 3 autres enfants  dont Ernestine.<br \/>\n21 ans apr&egrave;s qu&rsquo;il ait &eacute;t&eacute; l&acirc;chement assassin&eacute;, Ernest Ouandi&eacute; est  r&eacute;habilit&eacute; par la loi n&deg; 91\/022 du 16 d&eacute;cembre 1991 et proclam&eacute; h&eacute;ros  national par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale du Cameroun le 27 juin 1991. Chiche&nbsp;!<\/p>\n<p><strong>Ossende Afana<br \/>\nL&rsquo;intello abattu en pleine ascension<\/strong><\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;Castor Osende Afana a &eacute;t&eacute; tu&eacute; sur le pont de la Boumba et Ngoko le  15 mars 1966. Il s&rsquo;&eacute;tait retir&eacute; au Congo. Son compagnon de lutte Woungly  Massaga &eacute;tait &eacute;tabli &agrave; Djoum. A l&rsquo;Ouest, la r&eacute;sistance &eacute;tait men&eacute;e par  Ernest Ouandi&eacute;. Osende Afana, brillant &eacute;conomiste, a eu des probl&egrave;mes  avec le Congolais qui l&rsquo;h&eacute;bergeait. Celui-ci a obtenu de sa hi&eacute;rarchie  qu&rsquo;il soit renvoy&eacute; chez lui. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il se retrouve &agrave; l&rsquo;Est  Cameroun, est rep&eacute;r&eacute; et tu&eacute;. &raquo; Ossend&eacute; Afana &eacute;tait une des t&ecirc;tes  pensantes du nationalisme camerounais dans les ann&eacute;es 50 et 60. N&eacute; en  1930 &agrave; Ngoksa, pr&egrave;s de Sa&rsquo;a, dans la r&eacute;gion du Centre du Cameroun,  Osende Afana qui a &eacute;t&eacute; tu&eacute; le 15 mars1966 &agrave; Nd&eacute;l&eacute;l&eacute;, non loin de la  fronti&egrave;re entre le Cameroun et le Congo, est consid&eacute;r&eacute; par plusieurs  Camerounais comme un h&eacute;ros national. Moins connu que ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs &agrave;  la t&ecirc;te de l&rsquo;Upc &ndash; Ruben Um Nyob&eacute; et F&eacute;lix-Roland Moumi&eacute; &ndash;, et m&ecirc;me que  son alter ego sur le front de l&rsquo;Ouest, Ernest Ouandi&eacute;, il a pourtant  fini assassin&eacute; comme eux. Tout comme ces trois, il a pay&eacute; le prix fort  en luttant pour lib&eacute;rer le Cameroun et, l&rsquo;Afrique du colonialisme et  n&eacute;ocolonialisme.<\/p>\n<p>Exclu du grand s&eacute;minaire &agrave; cause de ses id&eacute;es jug&eacute;es subversives au  d&eacute;but des ann&eacute;es 50, il fr&eacute;quente le lyc&eacute;e g&eacute;n&eacute;ral Leclerc de Yaound&eacute; en  1952. Il obtient son baccalaur&eacute;at et, la m&ecirc;me ann&eacute;e, fait partie des  meneurs d&rsquo;une gr&egrave;ve organis&eacute;e par les &eacute;l&egrave;ves Black qui revendiquaient de  meilleures conditions de vie &agrave; l&rsquo;internat. Osende Afana est d&eacute;j&agrave; connu  par l&rsquo;administration coloniale comme un &eacute;l&eacute;ment anti-colonial. Son  esprit frondeur&nbsp;&nbsp; et ses &eacute;lans&nbsp; r&eacute;volutionnaires pr&eacute;coces vont  s&rsquo;accentuer &agrave; Toulouse (ville fran&ccedil;aise) o&ugrave; il poursuit ses &eacute;tudes  sup&eacute;rieures en &eacute;conomie politique sanctionn&eacute;es par un doctorat. En 1954,  il repr&eacute;sente l&rsquo;Association des &eacute;tudiants camerounais (Aec) &agrave; la  commission d&rsquo;attribution, &agrave; la f&eacute;d&eacute;ration des &eacute;tudiants d&rsquo;Afrique noire  en&nbsp; France (Feanf). Il en devient le vice-pr&eacute;sident et, en 1957, le  tr&eacute;sorier g&eacute;n&eacute;ral, puis s&rsquo;installe &agrave; Paris. En 1958, il quitte  clandestinement la France pour l&rsquo;Egypte o&ugrave; il rejoint la direction de  l&rsquo;Upc en exil. Il devient apr&egrave;s l&rsquo;assassinat de Ruben Un Nyobe le 13  septembre 1958, un collaborateur important de F&eacute;lix Roland Moumie,  Ernest Ouandie et Abel Kingue. Nomm&eacute; repr&eacute;sentant de l&rsquo;Upc au  secr&eacute;tariat permanent Afro-asiatique au Caire, Osende Afana apporte son  savoir-faire pour faire avancer la cause nationaliste. Il a fait partie  de la d&eacute;l&eacute;gation qui allait d&eacute;fendre aux Nations-Unies l&rsquo;id&eacute;e de  l&rsquo;Ind&eacute;pendance du Cameroun.<br \/>\nLa mort tragique du pr&eacute;sident Moumi&eacute;, le 3 novembre 1960 &agrave; Gen&egrave;ve de  suite d&rsquo;un empoisonnement au thallium entra&icirc;na la constitution d&rsquo;un  comit&eacute; r&eacute;volutionnaire des sept personnes : Ernest Ouandi&eacute;, Abel Kingue,  Osende Afana, Nicanor Njawe, Ndongo Diye, Michel Ndoh et Woungly  Massaga. Deux des sept membres de ce comit&eacute; vont choisir de retourner  aux maquis : Ernest Ouandi&eacute; et Osende Afana. L&rsquo;un et l&rsquo;autre prennent  respectivement la direction du front de l&rsquo;Ouest et du front de l&rsquo;Est.  Mal pr&eacute;par&eacute; et, sans doute, trahi, Osende Afana est rep&eacute;r&eacute;, pourchass&eacute;  et abattu avec ses compagnons de lutte du deuxi&egrave;me front, aux fronti&egrave;res  du Cameroun avec le Congo. Il &eacute;tait &acirc;g&eacute; de 36 ans lorsqu&rsquo;il fut  assassin&eacute; &agrave; Nd&eacute;l&eacute;l&eacute; par les forces de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;arm&eacute;e coloniale au  service du&nbsp; feu pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo. Ce 16 Mars 1966, que s&rsquo;est-il  pass&eacute; ? Les archives sur cet &eacute;pisode sont jalousement gard&eacute;es par le  pouvoir&hellip;<\/p>\n<p><strong>Synth&egrave;se de Honore Foimoukom<\/strong><\/p>\n<p><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Andr\u00e9 Marie Mbida, Ruben Um Nyobe, Ernest Ouandi\u00e9, Ossende Afana: Les h\u00e9ros oubli\u00e9s de l&rsquo;histoire du Cameroun&#8230;&#8230; &#8211; Andr&eacute; Marie Mbida Ecart&eacute; du fauteuil pr&eacute;sidentiel par Ramadier et Ahidjo &laquo;&nbsp;Andr&eacute; Marie Mbida a lui-m&ecirc;me creus&eacute; sa propre tombe par ses prises de position tr&egrave;s tranch&eacute;es et brutales.&nbsp;&raquo; Telles sont les explications donn&eacute;es par Ananie Rabier [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3795","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3795","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3795"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3795\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3795"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3795"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3795"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3795"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}