{"id":3829,"date":"2010-06-08T11:12:25","date_gmt":"2010-06-08T09:12:25","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-06-08T11:12:25","modified_gmt":"2010-06-08T09:12:25","slug":"3829","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3829\/","title":{"rendered":"Gabon : Oliver Ngoma est mort"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le monument de la musique gabonaise, Oliver Ngoma, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la nuit du 6 au 7 juin \u00e0 l\u2019H\u00f4pital d\u2019instruction des arm\u00e9es Omar Bongo Ondimba de Libreville. L\u2019artiste zouk de renomm\u00e9e internationale serait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une insuffisance r\u00e9nale. &#8211; <\/p>\n<p>La Nation gabonaise est &agrave; nouveau en deuil. Le digne fils de Mayumba,  Oliver Ngoma, qui avait brill&eacute; sous les projecteurs du monde entier, est  d&eacute;c&eacute;d&eacute; dans la nuit du 6 au 7 juin &agrave; <b>l&rsquo;H&ocirc;pital militaire de  Libreville. Il aurait succomb&eacute; &agrave; une insuffisance r&eacute;nale. <\/b> \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Oliver N&rsquo;Goma, de son vrai nom Olivier N&rsquo;Goma, ou bien encore Noli  pour les intimes, est n&eacute; &agrave; Mayumba, dans le sud-ouest du Gabon, le 23  mars 1959. Son p&egrave;re, enseignant, passe pour &ecirc;tre le meilleur joueur  d&rsquo;harmonium de la r&eacute;gion; il initie d&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de huit ans le jeune  Oliver.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>En 1971, la famille quitte Mayumba pour la capitale, Libreville.  Oliver y fait des &eacute;tudes de comptabilit&eacute; au lyc&eacute;e technique. Tr&egrave;s vite  il se lie &agrave; l&rsquo;orchestre du lyc&eacute;e, Capo Sound, dans lequel il devient  guitariste. De bals, en soir&eacute;es dansantes, Oliver se familiarise &agrave; la  sc&egrave;ne en reprenant avec le groupe des standards de la musique africaine  ou internationale.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Mais les &eacute;tudes pour devenir comptable ne l&rsquo;emballent gu&egrave;re,  Oliver pr&eacute;f&egrave;re se consacrer &agrave; ses deux passions: le cin&eacute;ma et la  musique. Il commence &agrave; collectionner des instruments de musique, se  bricole un petit home studio, et nourrit le secret espoir de devenir  musicien professionnel, mais c&rsquo;est du cot&eacute; de sa deuxi&egrave;me passion, la  cam&eacute;ra, que le destin se pr&eacute;cise: il est engag&eacute; comme cam&eacute;raman &agrave; la  deuxi&egrave;me cha&icirc;ne de la TV gabonaise, et part en stage &agrave; Paris, en 1988.  Pendant un long hiver pass&eacute; &agrave; Paris, il peaufine les maquettes r&eacute;alis&eacute;es  &agrave; la maison.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Dans la capitale parisienne, il rencontre Manu Lima, l&rsquo;un des  meilleurs r&eacute;alisateurs\/producteurs de la sc&egrave;ne africaine parisienne, ex  leader de Cabo Verde Show, et qui a relanc&eacute; la carri&egrave;re de nombreux  grands artistes africains, de Monique S&eacute;ka &agrave; P&eacute;p&eacute; Kall&eacute;. Manu est  int&eacute;ress&eacute; par les m&eacute;lodies que lui apporte Oliver, il se charge de la  direction artistique du premier disque d&rsquo;Oliver. \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>L&rsquo;album incluant la chanson BANE sort enfin en provoquant d&rsquo;abord  un petit succ&egrave;s d&rsquo;estime. Mais gr&acirc;ce notamment &agrave; la radio Africa N&deg;1, &agrave;  Gilles Obringer sur R.F.I, puis aux discoth&egrave;ques en France, comme en  Afrique, BANE devient un tube colossal en 1990 dans toute l&rsquo;Afrique, en  France, jusqu&rsquo;aux Antilles, o&ugrave; m&ecirc;me encore aujourd&rsquo;hui il n&rsquo;existe pas  une &laquo;soir&eacute;e&raquo; digne de ce nom, sans que l&rsquo;on ne passe sur les platines  BANE.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>La chanson BANE fait partie des plus grands hits de la musique  africaine moderne &agrave; l&rsquo;&eacute;gal du MARIO de Franco, du BRIGADIER SABARI  d&rsquo;Alpha Blondy, d&rsquo;ANCIEN COMBATTANT de Zao, ou encore du KWASSA KWASSA  de Kanda Bongo Man. Manu Lima a su trouver pour ce titre l&rsquo;&eacute;quilibre  entre la richesse m&eacute;lodique africaine, et une rythmique &laquo;zoukante&raquo; tr&egrave;s  efficace pour la danse.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Un deuxi&egrave;me titre extrait de l&rsquo;album, ICOLE, conna&icirc;tra aussi un  &eacute;norme succ&egrave;s. BANE, l&rsquo;album, devient l&rsquo;une des plus grosses ventes de  l&rsquo;histoire de la musique africaine, Oliver d&eacute;couvre les grandes  capitales africaines o&ugrave; il est re&ccedil;u comme un chef d&rsquo;&eacute;tat pour  interpr&eacute;ter son titre. Depuis 1990 aucun autre titre n&rsquo;a r&eacute;ussi &agrave; faire  d&rsquo;ombre &agrave; BANE, dans les hit-parades comme dans le coeur du public.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Fort de cet immense succ&egrave;s, Oliver ne se laisse pas griser, et  d&eacute;cide de faire face &agrave; son nouveau statut. Il se remet calmement au  travail, sachant qu&rsquo;il est attendu au tournant pour la sortie de son  deuxi&egrave;me album. Oliver reconduit sa collaboration avec Manu Lima, et  tous deux commencent l&rsquo;enregistrement &agrave; la fin de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1995. L&rsquo;album  ADIA voit le jour mi-d&eacute;cembre 1995. Mariant sophistication et  foisonnement rythmique, ADIA prouve qu&rsquo;Oliver n&rsquo;&eacute;tait pas l&rsquo;homme d&rsquo;un  seul tube. Apr&egrave;s S&Eacute;VA, en 2001, r&eacute;alis&eacute; sans Manu Lima, Oliver publie  SAGA en mai 2006. A cette occasion, il renoue avec le producteur  franco-capverdien qui avait tant imprim&eacute; son savoir faire sur les 2  premiers albums d&rsquo;Oliver.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Cette marque de fabrique impr&egrave;gne avec bonheur SAGA qui est avant  tout un disque de danse pour zouker &agrave; l&rsquo;Africaine. Hormis SAGA, le  morceau titre de l&rsquo;album, le disque contient quelques excellentes  chansons comme NOLI, une sorte de rumba zouk avec ses animations et ses  guitares congolaises, ainsi qu&rsquo;une collaboration avec le MC parisien  Kevin Sauron sur le titre LUBUGE. SAGA sera certainement l&rsquo;un des albums  de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2006.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Un peu en retrait depuis 2006, Oliver Ngoma s&rsquo;&eacute;tait attel&eacute; &agrave;  revisiter son &oelig;uvre et &agrave; r&eacute;aliser de nouvelles vid&eacute;os pour en faire une  compilation imag&eacute;e et r&eacute;&eacute;tudi&eacute;e. Ironie du sort, c&rsquo;est le samedi 5 juin  qu&rsquo;est officiellement sorti, &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision gabonaise, le film  documentaire &laquo;Oliver Ngoma le crooner&raquo; du cin&eacute;aste Ren&eacute; Paul Sousatte,  et le livre &laquo;Oliver Ngoma, artiste sentimental et moraliste&raquo; du docteur  Sylvain Nzamba.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Ses proches confient &eacute;galement que depuis quelques temps, Oliver  Ngoma s&rsquo;&eacute;tait consacr&eacute; davantage &agrave; la religion et jouait du piano dans  une &eacute;glise de Libreville.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>C&rsquo;est une perte des plus douloureuses pour la Nation gabonaise qui  perd l&agrave; un monument de la culture musicale nationale. Un d&eacute;c&egrave;s qui  arrive brutalement deux semaines apr&egrave;s celui d&rsquo;un autre pilier de la  musique gabonaise, Pierre Claver Zeng.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" width=\"266\" height=\"400\" alt=\"\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 266 400'%2F%3E\" data-src=\"\/fr\/artpublic\/bibliotheque\/Image\/olivier_ngoma.jpg\" \/><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<div id=\"intertitre_2\" class=\"intertitre\" style=\"margin-bottom: 10px;\">\n<h3 class=\"access\">Hommage &agrave; l&rsquo;artiste<\/h3>\n<\/div>\n<div class=\"texte\">\n<div class=\"access firstletter\">C&rsquo;est un deuxi&egrave;me coup dure qui frappe de plein fouet le monde  musical gabonais en moins de deux mois, apr&egrave;s la perte r&eacute;cente et encore  pesante de l&rsquo;une des ic&ocirc;nes, le chanteur et politique Pierre Claver  Nzeng Ebome. \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Oliver Ngoma de son vrai nom, a succomb&eacute; dans la nuit de dimanche &agrave;  lundi &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital des instructions des arm&eacute;es &agrave; Libreville, &agrave; plusieurs  mois d&rsquo;insuffisance r&eacute;nale, un mal qui avait r&eacute;ussi a affecter son  quotidien, au point qu&rsquo;en d&eacute;pit de ses efforts visant &agrave; &eacute;touffer sa  douleur, le masque restait perceptible sur le visage de celui qui &eacute;tait  affectueusement appel&eacute; Noli, une maladie qui avait m&ecirc;me entam&eacute; la  constance dans sa profession qu&rsquo;il aimait bien, et pour laquelle il  vouait le culte du travail bien fait. \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>La perte d&rsquo;Oliver est davantage durement accueillie, puisqu&rsquo;elle  intervient au lendemain de la pr&eacute;sentation officielle de la biographie  de l&rsquo;artiste, dont la vie a &eacute;t&eacute; bri&egrave;vement retrac&eacute;e dans un livre et un  film documentaire, qui ont &eacute;t&eacute; d&eacute;dicac&eacute;s par lui-m&ecirc;me, quelques 24  heures plus t&ocirc;t, c&rsquo;&eacute;tait &agrave; la faveur d&rsquo;une c&eacute;r&eacute;monie solennelle de  d&eacute;dicace &agrave; laquelle il avait personnellement particip&eacute;. \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>Noli pour les fans, c&rsquo;&eacute;tait et c&rsquo;est encore &agrave; travers la m&eacute;moire  sonore, une histoire d&rsquo;amour, entretenue par les m&eacute;lodies distill&eacute;es &agrave;  travers ses musiques, dont la port&eacute;e internationale avait r&eacute;ussi &agrave;  s&eacute;duire les &acirc;mes, m&ecirc;me hors des cieux gabonais. L&rsquo;une de ses derni&egrave;re  sortie internationale, reste sa participation &agrave; un festival  international de la musique organis&eacute; au Rwanda, un d&eacute;placement qui lui  avait permis de notamment avoir des entretiens personnalis&eacute;s avec madame  Kagam&eacute;, qui avait mis la main &agrave; la patte, pour la r&eacute;ussite de ce rendez  culturel de Kigali, qui avait regroup&eacute; plusieurs artistes, personnalit&eacute;  du monde de la culture et scientifiques venus de plusieurs coins du  monde.  \t\t\t\t\t <\/p>\n<p>L&rsquo;artiste laisse une v&eacute;ritable banque de donn&eacute;es musicale, dont  les titres les plus c&eacute;l&egrave;bres sont Ban&eacute;, Icole, Dia, pour ne citer que  ceux l&agrave;. Les derniers instants de la vie d&rsquo;Oliver, ont &eacute;t&eacute; marqu&eacute;s par <b>un  engagement sans pareil dans le christianisme, principalement au sein  des &eacute;glises dites de r&eacute;veil<\/b>. \t\t\t\t\t \n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"date\" class=\"date\">\n<div class=\"access\">Lundi 7 Juin 2010<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"auteur\">\n<div class=\"access\">Source : Gaboneco<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le monument de la musique gabonaise, Oliver Ngoma, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la nuit du 6 au 7 juin \u00e0 l\u2019H\u00f4pital d\u2019instruction des arm\u00e9es Omar Bongo Ondimba de Libreville. L\u2019artiste zouk de renomm\u00e9e internationale serait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une insuffisance r\u00e9nale. &#8211; La Nation gabonaise est &agrave; nouveau en deuil. 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