{"id":3855,"date":"2010-06-28T12:33:12","date_gmt":"2010-06-28T10:33:12","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-06-28T12:33:12","modified_gmt":"2010-06-28T10:33:12","slug":"3855","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3855\/","title":{"rendered":"Obs\u00e8ques: Le \u00ab vieux N\u00e8gre \u00bb dans l\u2019Au-del\u00e0"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le temps est lourd ce samedi 26 juin 2010 \u00e0 Ngoazip I. Il est 10 h 30. D\u2019\u00e9pais nuages \u00e9touffent le ciel. Le temps morose att\u00e9nue l\u2019\u00e9clat de la verdure habituellement flamboyante&#8230;. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"cap\" title=\"L\"><span>L<\/span><\/span>e temps est lourd ce  samedi 26 juin 2010 &agrave; Ngoazip I. Il est 10 h 30. D&rsquo;&eacute;pais nuages  &eacute;touffent le ciel. Le temps morose att&eacute;nue l&rsquo;&eacute;clat de la verdure  habituellement flamboyante. Entre fine pluie et brume s&egrave;che, la m&eacute;t&eacute;o  qui tente de s&rsquo;imposer dans cette localit&eacute; situ&eacute;e &agrave; une trentaine de  kilom&egrave;tres de Yaound&eacute; depuis une demi-heure, semble vouloir faire des  mis&egrave;res aux populations et autres invit&eacute;s qui convergent vers le domaine  o&ugrave; tr&ocirc;ne le somptueux ch&acirc;teau de L&eacute;opold Ferdinand Oyono qui surplombe  le grand rocher du quartier Mebo&rsquo;o tel une forteresse antique. C&rsquo;est  justement dans la vaste cour de ce domaine qu&rsquo;ont lieu les fun&eacute;railles  de l&rsquo;ex-ministre d&rsquo;Etat en charge de la Culture. Le ballet incessant des  limousines, des 4&times;4, des motards et l&rsquo;imposant dispositif policier et  militaire qui a &eacute;t&eacute; d&eacute;ploy&eacute; dans le village natal du &laquo;&nbsp;vieux N&egrave;gre&nbsp;&raquo;,  suffisent &agrave; convaincre le visiteur que la c&eacute;r&eacute;monie qui se pr&eacute;pare est  celle d&rsquo;un &laquo;&nbsp;grand homme&nbsp;&raquo;. En plus des palmes de raphia qui pavoisent  la route qui va de Ngoulemakong jusqu&rsquo;&agrave; Ebolowa, en passant par Ekoug,  Keeke et Ebolowa, il y a cette ambiance morose qui s&rsquo;est empar&eacute;e de la  capitale de la r&eacute;gion du Sud. Pas besoin donc d&rsquo;&ecirc;tre un devin pour se  rendre compte qu&rsquo;apparemment, c&rsquo;est le tout Ebolowa qui porte le deuil.  Le deuil d&rsquo;un &laquo;&nbsp;grand commis de l&rsquo;Etat, d&rsquo;un esth&egrave;te, d&rsquo;un h&eacute;raut de la  culture&nbsp;&raquo; et d&rsquo;un &laquo;&nbsp;patriarche&nbsp;&raquo;, pour reprendre les messages affich&eacute;s  sur des banderoles &ccedil;&agrave; et l&agrave;.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une v&eacute;ritable mar&eacute;e humaine qui va prendre d&rsquo;assaut le lieu de  la c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;au revoir. Autour d&rsquo;Amadou Ali, vice-Premier ministre,  ministre de la Justice, garde des sceaux, repr&eacute;sentant personnel du chef  de l&rsquo;Etat, on aper&ccedil;oit le directeur adjoint du cabinet civil de la  pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, le gouverneur de la r&eacute;gion du Sud  qu&rsquo;accompagne le pr&eacute;fet de la Mvila et le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du gouvernement aupr&egrave;s  de la Communaut&eacute; urbaine d&rsquo;Ebolowa. Dans la foul&eacute;e, des ministres  d&rsquo;Etat, des ministres, un parterre des membres du corps diplomatique,  des autorit&eacute;s administratives, des parlementaires des autorit&eacute;s  religieuses et des &eacute;lites int&eacute;rieures et ext&eacute;rieures de la Mvila. Des  responsables des soci&eacute;t&eacute;s de gestion de droit d&rsquo;auteurs, des artistes&hellip;  Bref, du beau monde venu faire ses adieux &agrave; celui l&agrave; qui a servi pendant  cinquante ans l&rsquo;Etat du Cameroun.<\/p>\n<p>Il y a aussi dans cette foule compacte, la famille du disparu.  Abattue, constern&eacute;e. Principalement C&eacute;cile Oyono, la veuve drap&eacute;e dans  un voile noir, t&ecirc;te baiss&eacute;e, pratiquement inconsolable dans sa douleur,  soutenue par ses enfants. L&rsquo;office religieux qui donne le ton &agrave; la  c&eacute;r&eacute;monie est conduit par Mgr Jean Mbarga, &eacute;v&ecirc;que du dioc&egrave;se d&rsquo;Ebolowa.  La Voix du c&eacute;nacle assure l&rsquo;animation musicale religieuse, puis&eacute;e dans  les r&eacute;pertoires &eacute;voquant la mort et l&rsquo;esp&eacute;rance. Dans son hom&eacute;lie,  l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que c&eacute;l&eacute;brant va d&rsquo;abord reconna&icirc;tre que L&eacute;opold Ferdinand Oyono  &eacute;tait un p&egrave;re, un fr&egrave;re, un &eacute;poux, un ami qui restera &agrave; jamais grav&eacute;  dans les m&eacute;moires de tous ceux qui l&rsquo;ont c&ocirc;toy&eacute;. Puis il va inviter la  famille &agrave; prendre courage et garder la foi car &laquo;&nbsp;pour toux ceux qui  croient en l&rsquo;amour de Dieu, la mort n&rsquo;est pas la fin de tout. Il y a  toujours de l&rsquo;esp&eacute;rance&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>La premi&egrave;re lecture est tir&eacute;e du livre de la sagesse&nbsp;; comme pour  montrer la dimension du disparu qui a toujours su &laquo;&nbsp;faire montre d&rsquo;une  sagesse humaine, m&ucirc;rie au fil des ans, fleurissant dans les relations  familiales, amicales et professionnelles. L&eacute;opold Ferdinand Oyono &eacute;tait  un sage. Un sage qui a su faire de son talent et de son charisme un art  de vivre, de servir et de fructifier ce qu&rsquo;il avait re&ccedil;u du tr&egrave;s haut&nbsp;&raquo;.  Et de conclure, &laquo;&nbsp;plus qu&rsquo;un d&eacute;c&egrave;s, c&rsquo;est d&rsquo;une apoth&eacute;ose qu&rsquo;il s&rsquo;agit.  Celle d&rsquo;un artiste chevronn&eacute;, d&rsquo;un administrateur ing&eacute;nieux et d&rsquo;un  fid&egrave;le d&rsquo;une foi christocentr&eacute;e&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p><strong> H&eacute;ritage<\/strong><\/p>\n<p>S&rsquo;en suivra apr&egrave;s la messe, le message de condol&eacute;ances du chef de  l&rsquo;Etat &agrave; la veuve. Lequel message sera lu par Pierre Marie Mba, pr&eacute;fet  de la Mvila.  &laquo; Un grand serviteur de l&rsquo;Etat, un grand &eacute;crivain, un fin  diplomate, un homme politique avis&eacute;&nbsp;&raquo;, dira Paul Biya de son ami dans  son texte. La s&eacute;rie des t&eacute;moignages qui suit va donner l&rsquo;occasion &agrave;  Pierre Zang Zang, repr&eacute;sentant des oncles maternels de L&eacute;opold Ferdinand  Oyono de dire adieu &agrave; celui l&agrave; qui &eacute;tait pour eux plus qu&rsquo;un ami. Cet  artisan de la paix, ce fils que tout le monde aimait. Charles Ayangma,  le fr&egrave;re cadet de la veuve qui intervient au nom de la belle famille,  garde de l&rsquo;illustre disparu l&rsquo;exemple d&rsquo;une vie conjugale r&eacute;unie, le  mod&egrave;le de la paix et de la r&eacute;conciliation au service de la famille.  C&rsquo;est aussi, ajoute-t-il, l&rsquo;incarnation de la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;, de l&rsquo;int&eacute;grit&eacute;  et du sens de l&rsquo;humour dont savait faire preuve celui qu&rsquo;il surnommait  affectueusement &laquo;&nbsp;Pap&rsquo;s&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Le vide qu&rsquo;il laisse est certes immense,  mais avec la force de Dieu, nous saurons poursuivre&nbsp;l&rsquo;&oelig;uvre qu&rsquo;il a si  bien commenc&eacute;e&raquo;, promet-il. Pour Vincent Oyono Epa, le repr&eacute;sentant de  la famille du d&eacute;funt, les mots ne suffiraient pas &agrave; traduire l&rsquo;immensit&eacute;  de l&rsquo;&oelig;uvre que laisse ce grand serviteur de l&rsquo;Etat. Car, c&rsquo;est un  monument qui vient de s&rsquo;&eacute;teindre. Oyono Etoa, le fr&egrave;re cadet du d&eacute;funt  parle d&rsquo;un homme qui aura aim&eacute; les siens, un ap&ocirc;tre de l&rsquo;union des c&oelig;urs  dans la Mvila, mais aussi un chantre du d&eacute;veloppement de son village.  Des qualit&eacute;s que va reconna&icirc;tre Mgr G&eacute;r&ocirc;me Owono Mimbo&eacute;, intervenant au  nom des patriarches de la Mvila. Pour l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que, L&eacute;opold Ferdinand Oyono  par son patriotisme appartenait au Cameroun tout entier. C&rsquo;&eacute;tait un  rassembleur, un coordonnateur, un guide. Un peu comme Mo&iuml;se. &laquo;&nbsp;Tu &eacute;tais  grand et beau comme ton p&egrave;re. Mais je te vois plus comme un grand  esprit. Va&nbsp;! Mais sache que c&rsquo;est maintenant que nous saurons qui tu  &eacute;tais vraiment&nbsp;&raquo;, l&acirc;che t-il.<\/p>\n<p><strong> Esth&egrave;te<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;motion va monter d&rsquo;un cran lorsque Jean Paul Oyono, le fils du  d&eacute;funt va prendre la parole. D&rsquo;une voix presque vacillante, ce dernier  va carr&eacute;ment d&eacute;clamer. &laquo;&nbsp;Un ex&eacute;g&egrave;te, un &ecirc;tre extraordinaire, passionn&eacute;.  Dans le tourbillon de la vie, haut &eacute;tait ton sourire. Tu aimais la vie  et elle te le rendait bien. Tu avais une pens&eacute;e et un amour collectifs.  M&ecirc;me bless&eacute;, tu continuais de servir ton pays.  Va, vers la lumi&egrave;re et  ne te retourne pas. Salut l&rsquo;artiste&nbsp;! Et laisse moi t&rsquo;applaudir pour une  derni&egrave;re fois&nbsp;&raquo;, souffle t-il. Des mots profonds qui vont effleurer la  sensibilit&eacute; des populations qui fondent en larmes.<\/p>\n<p>\n<span>christian.tchapmi<\/span><br \/>\nLe Messager<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le temps est lourd ce samedi 26 juin 2010 \u00e0 Ngoazip I. Il est 10 h 30. D\u2019\u00e9pais nuages \u00e9touffent le ciel. Le temps morose att\u00e9nue l\u2019\u00e9clat de la verdure habituellement flamboyante&#8230;. &#8211; Le temps est lourd ce samedi 26 juin 2010 &agrave; Ngoazip I. Il est 10 h 30. D&rsquo;&eacute;pais nuages &eacute;touffent le ciel. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3855","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3855","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3855"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3855\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3855"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3855"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3855"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3855"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}