{"id":3878,"date":"2010-07-07T02:40:51","date_gmt":"2010-07-07T00:40:51","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-07-07T02:40:51","modified_gmt":"2010-07-07T00:40:51","slug":"3878","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3878\/","title":{"rendered":"Arts plastiques : Le meilleur est chez Doual\u2019art"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Depuis vendredi dernier \u00e0 Douala, l\u2019exposition \u00ab Cameroonian Touch.2 \u00bb rassemble les travaux de dix artistes \u00ab seniors \u00bb. Que du plaisir. &#8211; <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est une joie qui ne sait comment s&rsquo;exprimer, un plaisir qui ne sait  comment s&rsquo;extasier, un bonheur qui ne sait comment exploser. Cameroonian  Touch.2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;exposition &eacute;trenn&eacute;e vendredi dernier chez Doual&rsquo;art, a quelque chose  de magique et donne la chair de poule. Camerounian Touch.2. Rien de  nouveau, pourtant. Le centre d&rsquo;art contemporain a mis ensemble quelques  travaux d&rsquo;une partie de la cr&egrave;me des arts plastiques au Cameroun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes ces &oelig;uvres, on les conna&icirc;t. On les a vues &ccedil;a et l&agrave; depuis  quelques ann&eacute;es, &agrave; la faveur d&rsquo;expositions individuelles de leurs  auteurs. Seulement, mises ensemble et dans une sc&eacute;nographie bien  &eacute;tudi&eacute;e&hellip; Oulala ! Pardon pour cette &eacute;motion qui ne nous quitte pas.  C&rsquo;est que le meilleur est vraiment l&agrave;, dans cette Cameroonian Touch.2.  La touche camerounaise, en effet. Une touche illustrative de ce que le  Cameroun est, &agrave; travers ses artistes plasticiens. N&rsquo;est-ce pas un peu,  d&rsquo;ailleurs, ce que le fameux Lionel Manga soutenait dans son livre &laquo;  L&rsquo;ivresse du papillon &raquo; (Artistafrica, 2008) ? Tous ces beaux, toutes  ces beaut&eacute;s, dans tr&egrave;s peu de m&egrave;tres carr&eacute;s, r&eacute;v&egrave;lent bien l&rsquo;&eacute;tat et les  &eacute;tats d&rsquo;esprit d&rsquo;un pays, de ses hommes et femmes. Mais aussi les  tendances d&rsquo;une cr&eacute;ation, dont la premi&egrave;re caract&eacute;ristique r&eacute;side au  moins dans sa diversit&eacute;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut bien se souvenir qu&rsquo;au Cameroun, il n&rsquo;y a jamais vraiment eu  d&rsquo;&eacute;cole de beaux arts. Chacun s&rsquo;est aussi fait comme &ccedil;a, dirait-on dans  l&rsquo;argot commun de nos villes. Du coup, il n&rsquo;est pas possible de  cataloguer notre cr&eacute;ation plastique, de la reconna&icirc;tre, de l&rsquo;&eacute;tiqueter.  Plurielle. Figurative. D&eacute;brouillarde. Multiforme. Eth&eacute;r&eacute;e. Eclectique.  Eclat&eacute;e. Ais&eacute;e. Abstraite. Industrieuse. Interrogative. Philosophique&hellip;  Impossible n&rsquo;est pas camerounais, il faut s&rsquo;en souvenir. Non, non, non,  rien &agrave; voir avec le foot. Et surtout pas par ces temps de &laquo; b&eacute;r&eacute;zina  vuvuzelique &raquo;.<\/p>\n<p>Cameroonian Touch.2. Les racines, &ccedil;a compte. Chacun vient de quelque  part, et Joseph-Francis Sumegne, g&eacute;n&eacute;ralement port&eacute; sur la grandeur  nature, ressort ses ind&eacute;modables &laquo; Neuf notables &raquo;. L&rsquo;ancrage dans les  traditions dont le sort explique tant de choses aujourd&rsquo;hui encore. Koko  Komegne ne d&eacute;mentirait pas, lui dont le travail, depuis toujours, est  au service de l&rsquo;homme. Anthropomorphe, comme il aime &agrave; dire. Ces vieux  de la vieille ouvrent les bras aux g&eacute;n&eacute;rations suivantes. Nzante Spee,  Jo&euml;l Mpah Dooh, Goddy Leye, Salifou Lindou, Pascale Marthine Tayou,  Malam, Herv&eacute; Yamguen, Achillek&agrave;. Ces g&eacute;n&eacute;rations-l&agrave; sont les plus  audacieuses, les plus ing&eacute;nieuses, les plus ouvertes. Celles qui ont  embrass&eacute; tous les supports et mati&egrave;res : peinture, sculpture,  performance, vid&eacute;o, photographie, installation, t&ocirc;les, bois, terre,  caoutchouc, etc. Celles qui ont cr&eacute;&eacute; avec ce qu&rsquo;il y avait dans un  environnement o&ugrave; il n&rsquo;y a rien. Celles-l&agrave; r&eacute;cup&egrave;rent, d&eacute;tournent,  recyclent. Mais il y a aussi celles qui refusent l&rsquo;excuse rebattue du &laquo;  on-va-faire-comment&raquo; et manipulent des mati&egrave;res quasi opulentes.  Plexiglas. Mais toutes r&ecirc;vent et nous entra&icirc;nent dans leur sommeil. &Ccedil;a  va durer jusqu&rsquo;au 18 septembre 2010. Et pour une fois, le r&eacute;veil ne sera  pas douloureux. Beaut&eacute; !<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les dix figures de l&rsquo;exposition<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Achillek&agrave; Komguem : Le cadet de l&rsquo;expo<\/strong><br \/>\nC&rsquo;est le plus jeune de l&rsquo;exposition. Repr&eacute;sent&eacute; &agrave; &laquo;Cameroonian Touch.2 &raquo;  &agrave; travers la vid&eacute;o sobrement appel&eacute;e &laquo; Sentier rid&eacute; &raquo;, s&eacute;lectionn&eacute;e en  2004 &agrave; la Biennale de Dakar. Pour avoir embrass&eacute; les arts visuels,  Achillek&agrave; Komguem est &agrave; l&rsquo;image m&ecirc;me de cette cuv&eacute;e d&rsquo;artistes qui ne  s&rsquo;enferment pas dans ce qu&rsquo;elle a appris. N&eacute; en 1973, cet artiste  plasticien est pass&eacute; par l&rsquo;atelier Kenfack. Titulaire d&rsquo;une ma&icirc;trise  d&rsquo;arts plastiques, Achillek&agrave; Komguem enseigne son art &agrave; Maroua, o&ugrave; il  vit. Membre du collectif Dreamers, il est aussi &eacute;diteur de la revue &laquo;  Diartgonale &raquo;.<\/p>\n<p><strong>Koko Komegne : Le philosophe de Batoufam<\/strong><br \/>\nLa c&eacute;l&eacute;bration de ses quarante ans de peinture est rest&eacute;e grav&eacute;e dans  les esprits &agrave; Douala, en particulier. Toute la famille des arts  plastiques tirait son chapeau &agrave; ce doyen de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art  contemporain au Cameroun. Koko, comme tout le monde l&rsquo;appelle, c&rsquo;est  l&rsquo;autodidacte type. Maintenant &acirc;g&eacute; de soixante ans, le bonhomme a mis le  pied &agrave; l&rsquo;&eacute;trier &agrave; bien des jeunes plasticiens. Il leur a appris un peu  de sa philosophie &agrave; lui. Peintures et sculptures, entre abstrait et  r&eacute;aliste, empruntant &agrave; l&rsquo;esth&eacute;tique venue tout droit de son Batoufam  natal. Quelques toiles de lui sont expos&eacute;es &agrave; Cameroonian Touch.2.<\/p>\n<p><strong>Goddy Leye : Ombres et lumi&egrave;res<\/strong><br \/>\nIl est toujours parti, Goddy Leye. Montrant &agrave; travers le monde le fruit  de cogitations et de cr&eacute;ations parties de Bonendal&egrave;, ce village  bucolique sur les bords du Wouri, pr&egrave;s de Douala. C&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;il vit, &agrave;  c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;artistes de plus en plus nombreux dans ce havre transform&eacute; en  r&eacute;sidence permanente. Fondateur du collectif Art Bakery, Goddy Leye a  comme jet&eacute; son d&eacute;volu sur la vid&eacute;o et l&rsquo;installation. L&rsquo;&eacute;nigmatique et  onirique installation &laquo; Dancing with the moon &raquo;, pr&eacute;sente &agrave; l&rsquo;exposition  de ces jours-ci &agrave; Doual&rsquo;art a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; montr&eacute;e partout. Avec son  ventilateur, ses miroirs, ses n&eacute;ons, ses ombres et lumi&egrave;res&hellip;<\/p>\n<p><strong>Salifou Lindou : Obs&eacute;d&eacute; par la t&ocirc;le<\/strong><br \/>\nOn pourrait l&rsquo;appeler &laquo; monsieur T&ocirc;le&raquo;. Salifou Lindou a en effet  beaucoup travaill&eacute; avec ce mat&eacute;riau. Tr&egrave;s rarement acquis en  quincaillerie. Vous voulez rire ? Bonjour la r&eacute;cup&eacute;ration. Fondateur,  avec quelques autres, du cercle Kapsiki, Salifou Lindou s&rsquo;est investi  sur les questions urbaines. Chez lui, la cr&eacute;ation n&rsquo;est jamais endormie  et le renouvellement est une vraie obsession. A Cameroonian Touch.2, le  plasticien, n&eacute; en 1965, est pr&eacute;sent avec quelques travaux dont deux  sculptures, &laquo; Dictature de la faim &raquo; 1 et 2.<\/p>\n<p><strong>Malam : Les &acirc;mes humaines mises &agrave; nu<\/strong><br \/>\nVoil&agrave; quelques ann&eacute;es maintenant que cet autodidacte, de son nom Isaac  Essoua Essoua, a d&eacute;pos&eacute; ses valises en France. O&ugrave; il a pr&eacute;sent&eacute; une  grande installation de sculptures sous le pont Alexandre III &agrave; Paris en  2009. Mais, le public rest&eacute; au Cameroun regrette cet artiste dont on  avait pu appr&eacute;cier le travail au cours d&rsquo;expositions &agrave; Doual&rsquo;art  notamment. L&rsquo;on en a justement gard&eacute; un souvenir &agrave; travers cette  sculpture illustrative de la d&eacute;marche de l&rsquo;homme, toujours &agrave; scruter le  tr&eacute;fonds et les desseins peu reluisants des &acirc;mes humaines.<\/p>\n<p><strong>Jo&euml;l Mpah Dooh : Leitmotiv : la condition humaine<\/strong><br \/>\nAvec Goddy Leye, Pascale Marthine Tayou et autres Barth&eacute;l&eacute;my Toguo,  c&rsquo;est l&rsquo;un de nos plasticiens les plus pr&eacute;sents sur la sc&egrave;ne  internationale. Afrique, Europe, Etats-Unis. Les choses avaient pourtant  commenc&eacute; le plus simplement du monde avec le dessin, puis la peinture.  Quelques interrogations existentielles aussi, il est vrai. R&eacute;sultat, la  condition humaine est devenue le leitmotiv de cet artiste majeur et  incontournable, explorateur d&rsquo;univers inattendus. Gravure et sculpture  sur plexiglas par exemple.<\/p>\n<p><strong>Joseph Francis Sumegne : Acclamez le fou !<\/strong><br \/>\nUn fou. Forc&eacute;ment. Imaginer et r&eacute;aliser &laquo; La Statue de la Nouvelle  Libert&eacute; &raquo;, symbole aujourd&rsquo;hui de la ville de Douala &agrave; travers le monde,  ce n&rsquo;&eacute;tait assur&eacute;ment pas &agrave; la port&eacute;e d&rsquo;un esprit rationnel et  cart&eacute;sien. Et la statue avait &eacute;t&eacute; vomie. Cela n&rsquo;a pas d&eacute;courag&eacute; le  p&eacute;p&egrave;re, cet autre autodidacte qui sait tout faire : sculpture, mise en  couleur, bijouterie, vannerie, tissage, etc. Y a qu&rsquo;&agrave; voir les &laquo; Neuf  notables&raquo; qui ouvrent Cameroonian Touch.2.<\/p>\n<p><strong>Nzante Spee : L&rsquo;art ne peut mourir<\/strong><br \/>\nVoil&agrave; cinq ans que Nzante Spee nous a quitt&eacute;s. C&rsquo;&eacute;tait aux Etats-Unis,  loin de ce Bamenda de ses d&eacute;buts, o&ugrave; il avait cr&eacute;&eacute; la Spee Academy of  Art. Nzante Spee, c&rsquo;&eacute;tait, comme on peut encore le voir dans &laquo; Boogie  Dancing &raquo;, cette rare et inestimable peinture &agrave; Cameroonian Touch.2, la  satire sociale. A travers des tranches de vie souvent baroques, toujours  pleines d&rsquo;humour et toujours criardes de v&eacute;rit&eacute;. A la mani&egrave;re d&rsquo;un  Chery Samba.<\/p>\n<p><strong>Pascale Marthine Tayou : Entre deux mondes<\/strong><br \/>\nEn voil&agrave; un qui surprend toujours. &laquo; L&rsquo;eau du Cameroun &raquo;, c&rsquo;est  simplement un flacon avec du &laquo; mendim &raquo; dedans. &laquo; Chieu &raquo;, &laquo; madiba &raquo;, &laquo;  malep &raquo;, &laquo; meneuh &raquo;. De l&rsquo;eau du Cameroun, dans quelques langues du  pays. C&rsquo;est l&rsquo;artiste de l&rsquo;entre plusieurs mondes, &agrave; cheval entre son  pays natal, l&rsquo;Europe o&ugrave; il vit et le reste de la terre. Une situation  qui lui inspire installations spectaculaires, sculptures surprenantes et  performances d&eacute;cal&eacute;es. La renomm&eacute;e de Pascale Marthine Tayou est  consid&eacute;rable et ce n&rsquo;est pas pr&ecirc;t de finir.<\/p>\n<p><strong>Herv&eacute; Yamguen : Le po&egrave;te de la bande<\/strong><br \/>\nCe n&rsquo;est pas l&rsquo;idiot du village. C&rsquo;est le po&egrave;te de la bande. Dans une  perspective &eacute;volutive, Herv&eacute; Yamguen touche &agrave; tout. Il peint, fait des  photos, dessine, &eacute;crit et, on l&rsquo;a dit, d&eacute;clame. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il cherche,  dirait-on. Il s&rsquo;interroge plus s&ucirc;rement sur la sensualit&eacute;, le corps, le  visage. On se souvient de ses fameux &laquo; N&eacute;ons d&rsquo;amour&raquo; montr&eacute;s au cours  du premier Salon urbain de Douala (Sud) et rallum&eacute;s ces jours-ci.<\/p>\n<p>\n<span class=\"createby\">St&eacute;phane Tchakam<\/p>\n<p>\n<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis vendredi dernier \u00e0 Douala, l\u2019exposition \u00ab Cameroonian Touch.2 \u00bb rassemble les travaux de dix artistes \u00ab seniors \u00bb. Que du plaisir. &#8211; C&rsquo;est une joie qui ne sait comment s&rsquo;exprimer, un plaisir qui ne sait comment s&rsquo;extasier, un bonheur qui ne sait comment exploser. Cameroonian Touch.2. 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