{"id":3900,"date":"2010-07-15T10:39:07","date_gmt":"2010-07-15T08:39:07","guid":{"rendered":""},"modified":"2010-07-15T10:39:07","modified_gmt":"2010-07-15T08:39:07","slug":"3900","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3900\/","title":{"rendered":"Pius N. Njaw\u00e9 : le destin cruel d\u2019un itin\u00e9raire exceptionnel \u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le Pr\u00e9sident du Free media group, soci\u00e9t\u00e9 \u00e9ditrice du quotidien trentenaire Le Messager dont il \u00e9tait \u00e9galement le directeur de publication, est mort finalement&#8230; &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"cap\" title=\"A\"><span>A<\/span><\/span>lors qu&rsquo;il avait la  possibilit&eacute; de faire un voyage d&rsquo;agr&eacute;ment en Afrique du Sud pour vivre  la finale de la coupe du monde -une premi&egrave;re sur le continent noir- tous  frais pay&eacute;s, Pius N. Njaw&eacute; a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; plut&ocirc;t aller participer au forum  de la Cameroon diaspora for change (CAMDIAC) sur les strat&eacute;gies &agrave; mettre  en &oelig;uvre pour contribuer &agrave; une alternance d&eacute;mocratique &agrave; la t&ecirc;te du  pays en 2011, lors de la prochaine &eacute;lection pr&eacute;sidentielle. Une fois de  plus, une fois de trop (&nbsp;?), Pius N. Njaw&eacute; a rel&eacute;gu&eacute; au second plan, son  plaisir personnel au profit de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t collectif. C&rsquo;est l&agrave;, dans cet  autre champ de bataille qu&rsquo;il est tomb&eacute;, pratiquement les armes &agrave; la  main. Il &eacute;tait comme &ccedil;a, Pius. Toujours prompt &agrave; voler au secours des  causes qu&rsquo;il croyait justes, m&ecirc;me au p&eacute;ril de sa vie. C&rsquo;est que, toute  son existence a &eacute;t&eacute; une vie de combats men&eacute;s sur plusieurs fronts &agrave; la  fois (voir articles&hellip;)<\/p>\n<p>Le premier combat de sa vie, Pius N. Njaw&eacute; le m&egrave;ne contre la nature.  N&eacute; le 4 mars 1957 &agrave; Babouantou dans le d&eacute;partement du Haut-Nkam, r&eacute;gion  de l&rsquo;Ouest, il doit faire face tr&egrave;s t&ocirc;t &agrave; l&rsquo;adversit&eacute;. Forc&eacute; &agrave; un &laquo;&nbsp;exil  int&eacute;rieur&nbsp;&raquo;  suite aux troubles sociopolitiques li&eacute;s &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance,  son p&egrave;re d&eacute;laisse l&rsquo;&eacute;ducation du jeune Njaw&eacute; appel&eacute; d&eacute;sormais &agrave; compter  que sur lui-m&ecirc;me. En 1968, Pius N. Njaw&eacute; obtient son Certificat  d&rsquo;&eacute;tudes. Inscrit la m&ecirc;me ann&eacute;e en sixi&egrave;me, il est contraint  d&rsquo;abandonner l&rsquo;&eacute;cole quatre ans plus tard, faute de soutien financier  pour chercher sa voie dans la vie active. Il atterrit en 1972 comme  &laquo;&nbsp;gar&ccedil;on de courses&nbsp;&raquo; au journal Semences africaines dont l&rsquo;&eacute;crivain  camerounais, Ren&eacute; Philombe, qui deviendra plus tard son &laquo;&nbsp;p&egrave;re  spirituel&nbsp;&raquo;, est le co-directeur.<\/p>\n<p>Lorsque S&eacute;mences africaines dispara&icirc;t des kiosques en 1974, Pius  Njaw&eacute; devient vendeur &agrave; la cri&eacute;e &agrave; Yaound&eacute;. Plus tard, de passage &agrave;  Douala, un ami le met en contact avec les promoteurs d&rsquo;un nouvel  hebdomadaire&nbsp;: La Gazette. Recrut&eacute; &agrave; titre b&eacute;n&eacute;vole comme &laquo;&nbsp;localier&nbsp;&raquo;,  le jeune apprenti-journaliste se fait tr&egrave;s vite la main &agrave; force de  volont&eacute; et d&rsquo;abn&eacute;gation et devient c&eacute;l&egrave;bre par la qualit&eacute; de ses  reportages. C&rsquo;est en qualit&eacute; de chef des informations int&eacute;rieures qu&rsquo;il  d&eacute;cide de quitter, en 1979 La Gazette pour aller cr&eacute;er Le Messager.  Self-made man, Pius N. Njaw&eacute; s&rsquo;est donc form&eacute; sur le tas. Aid&eacute; dans sa  qu&ecirc;te de l&rsquo;excellence au m&eacute;tier de journaliste par de nombreux stages et  voyages d&rsquo;&eacute;tudes au Canada, en France, aux Etats-Unis, en Allemagne,  etc., il est devenu, au Cameroun, et au-del&agrave;, plus qu&rsquo;une ic&ocirc;ne, un  v&eacute;ritable symbole.<\/p>\n<p>Le deuxi&egrave;me combat du jeune promoteur de 22 ans (!) sera d&rsquo;une part,  de triompher de la censure et des saisies administratives et plus  globalement de conqu&eacute;rir de nouveaux espaces de libert&eacute; d&rsquo;expression et  de la presse, d&rsquo;autre part, de positionner Le Messager comme une  r&eacute;f&eacute;rence en mati&egrave;re de presse priv&eacute;e ind&eacute;pendante au Cameroun. D&rsquo;o&ugrave; le  ton libre que le journal adopte fi&eacute;rement. L&rsquo;ambition ne fait pas  plaisir &agrave; l&rsquo;establishment qui n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; recourir &agrave; l&rsquo;intimidation,  aux interpellations, arrestations, d&eacute;tentions&hellip; Pas influenc&eacute; pour un  sou, le jeune t&eacute;m&eacute;raire se permet m&ecirc;me de traduire l&rsquo;Etat du Cameroun  devant la Cour supr&ecirc;me en 1985. Comme on pouvait s&rsquo;y attendre, le  demandeur est d&eacute;bout&eacute;. Mais qu&rsquo;importe, le message est pass&eacute;&nbsp;: rien ne  sera plus jamais comme avant. L&rsquo;&eacute;tau se resserre. 1991, Njaw&eacute; est  condamn&eacute; &agrave; six mois d&rsquo;emprisonnement avec sursis pendant trois ans et &agrave;  300&nbsp;000 Fcfa chacun. Suite &agrave; une lettre ouverte au chef de l&rsquo;Etat  intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;La d&eacute;mocratie truqu&eacute;e&nbsp;&raquo; parue dans Le Messager n&deg; 209 du 27  d&eacute;cembre 1990, les deux sont accus&eacute;s d&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;outrage au pr&eacute;sident de la  R&eacute;publique, outrage aux membres de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, outrage aux  cours et tribunaux&nbsp;&raquo;. Ce proc&egrave;s aura le m&eacute;rite d&rsquo;ouvrir le d&eacute;bat sur la  libert&eacute; de la presse. Il constituera m&ecirc;me le d&eacute;tonateur de  revendications populaires qui continuent de secouer, aujourd&rsquo;hui encore,  le Cameroun. Les arrestations se multiplient.<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;Nous avons sem&eacute; une graine&nbsp;&raquo;, dira le concern&eacute; &agrave; la faveur de la  c&eacute;l&eacute;bration en novembre dernier, des trente ans de Le Messager, le plus  vieux journal priv&eacute; ind&eacute;pendant du Cameroun. Une long&eacute;vit&eacute;  exceptionnelle qui fait l&rsquo;admiration ici et au-del&agrave;. Jean Baptiste Sipa,  vieux compagnon de l&rsquo;illustre disparu, la larme &agrave; l&rsquo;&oelig;il, est  inconsolable. &laquo;&nbsp;Me demander de r&eacute;agir en pareille circonstance, c&rsquo;est me  dire de commenter une trag&eacute;die qui me plonge dans une tristesse  infinie&nbsp;&raquo;, r&eacute;pond-il &agrave; la question de savoir quels souvenirs il garde de  Pius N. Njaw&eacute;. &laquo;&nbsp;Le d&eacute;c&egrave;s subit de Njaw&eacute; sur la cinquantaine et encore &agrave;  l&rsquo;&eacute;tranger est un vrai g&acirc;chis pour l&rsquo;entreprise Le Messager et pour le  Cameroun &agrave; qui, j&rsquo;ai la conviction, il n&rsquo;avait pas encore, &agrave; cet &acirc;ge l&agrave;,  donn&eacute; l&rsquo;essentiel de ce qu&rsquo;il devait &agrave; sa patrie bien aim&eacute;e, explique  le chroniqueur, membre du conseil &eacute;ditorial de Le Messager. Pius N.  Njaw&eacute;, d&eacute;j&agrave; frapp&eacute; par un malheur similaire en 2002 &agrave; travers sa  premi&egrave;re &eacute;pouse, laisse une nombreuse prog&eacute;niture dont beaucoup sont  mineurs&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>N&eacute;anmoins, Jean Baptiste Sipa consent &agrave; l&acirc;cher quelques bribes sur  son ami. &laquo;&nbsp;Pius N. Njaw&eacute; &eacute;tait un homme ambitieux pour lui-m&ecirc;me et pour  son pays. Il &eacute;tait courageux &agrave; la limite de la t&eacute;m&eacute;rit&eacute; et il &eacute;tait  entier. Tout cela faisait de lui un homme d&rsquo;action contest&eacute; par les  puissances de l&rsquo;ordre &eacute;tabli et aim&eacute; des plus faibles qui le  consid&eacute;raient comme un bouclier. Ce sont ces caract&eacute;ristiques qui ont,  bon gr&eacute; pour certains, mal gr&eacute; pour d&rsquo;autres, fait de lui une figure  embl&eacute;matique pour la presse camerounaise et la libert&eacute; de la presse&nbsp;&raquo;,  analyse-t-il.<\/p>\n<p>Ironie du destin, Pius N. Njaw&eacute; a &eacute;t&eacute; tu&eacute;&hellip; dans un accident de la  circulation. Un fl&eacute;au qu&rsquo;il tentait, sous les auspices de la Fondation  Jane and Justice qu&rsquo;il a cr&eacute;&eacute;e en m&eacute;moire de sa premi&egrave;re &eacute;pouse elle  aussi d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 2002 &agrave; la suite d&rsquo;un accident de la circulation, de  juguler en promouvant la s&eacute;curit&eacute; routi&egrave;re. Son d&eacute;c&egrave;s brutal fait ainsi  ressortir toute l&rsquo;importance de ce qui aura &eacute;t&eacute;, ces derni&egrave;res ann&eacute;es,  l&rsquo;un de ses combats acharn&eacute;s. &laquo;&nbsp;Le d&eacute;c&egrave;s tragique de Pius N. Njaw&eacute; cr&eacute;e  des ondes fr&eacute;missantes dans le pays et va faire pleurer beaucoup de  personnes au Cameroun, en Afrique et dans le monde. Mais, pleurer Pius,  c&rsquo;est faire qu&rsquo;il ne soit pas mort [&hellip;] La meilleure mani&egrave;re de pleurer  un homme comme celui l&agrave; n&rsquo;est pas de verser des larmes m&ecirc;me si cela  console de la douleur, mais de faire tout ce qu&rsquo;on peut pour qu&rsquo;il  continue de vivre &agrave; travers la p&eacute;rennit&eacute; de ses &oelig;uvres. C&rsquo;est, ce que,  pour ma part, je m&rsquo;engage &agrave; faire afin de rester fid&egrave;le &agrave; moi-m&ecirc;me&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n<span>frederic.boungou<\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Pr\u00e9sident du Free media group, soci\u00e9t\u00e9 \u00e9ditrice du quotidien trentenaire Le Messager dont il \u00e9tait \u00e9galement le directeur de publication, est mort finalement&#8230; &#8211; Alors qu&rsquo;il avait la possibilit&eacute; de faire un voyage d&rsquo;agr&eacute;ment en Afrique du Sud pour vivre la finale de la coupe du monde -une premi&egrave;re sur le continent noir- tous [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3900","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3900"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3900\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3900"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3900"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}