{"id":4172,"date":"2011-02-08T13:16:59","date_gmt":"2011-02-08T12:16:59","guid":{"rendered":""},"modified":"2011-02-08T13:16:59","modified_gmt":"2011-02-08T11:16:59","slug":"4172","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4172\/","title":{"rendered":"Jacques Douglas Mbida : \u00a0\u00bb Il y a eu des incompatibilit\u00e9s chez les Kassav\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Son cr\u00e2ne ras\u00e9 pr\u00e9sente quelques bouts de cheveux grisonnants, mais son visage d\u2019\u00e9ternel adolescent semble d\u00e9fier le temps. Douglas Mbida, malgr\u00e9 des d\u00e9cennies pass\u00e9es dans le monde bouillant de la musique et des studios, est un grand timide \u2013 m\u00eame s\u2019il s\u2019en d\u00e9fend\u2026 timidement. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les Camerounais d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ration relativement r&eacute;cente ne l&rsquo;ont d&eacute;couvert  qu&rsquo;au sein du mythique groupe Kassav des beaux jours. Il apprend  quelques rudiments de guitare aupr&egrave;s du regrett&eacute; Jean Akoa dit &laquo;Django&raquo;,  l&rsquo;un des m&eacute;tronomes de la d&eacute;fense du grand Canon de Yaound&eacute;. Ekambi  Brillant contribuera &agrave; mettre de l&rsquo;ordre dans ces pr&eacute; requis. En France  o&ugrave; il s&rsquo;installe par la suite, Douglas Mbida est d&eacute;j&agrave; un pianiste  reconnu. En 1977, il s&rsquo;allie &agrave; Jacob Devarieux, qu&rsquo;il retrouvera plus  tard au sein des Kassav, mais aussi Jimmy Mvondo Mvele ou encore Mekongo  Pr&eacute;sident, pour cr&eacute;er le groupe Ozila qui fera un album. Le clavi&eacute;riste  et le guitariste Devarieux, qui conna&icirc;t d&eacute;j&agrave; bien le milieu de la  chanson camerounaise en Hexagone, mettent sur pied le Zoulou Gang qui  dispara&icirc;tra lui aussi au terme d&rsquo;un album. Entre-temps, l&rsquo;homme est  devenu un instrumentiste fort demand&eacute; sur la place parisienne. Il fait  un bout de chemin en 1983 avec le Gabonais Pierre Akendengue. A titre  personnel, il revendique les albums &laquo;Mot mfop&raquo; (1981), &laquo;Ma vie &agrave; moi&raquo;  (1984), &laquo;Cameroon&raquo; (1987) et &laquo;Za me yen&raquo; (1992). Le sommet de sa  carri&egrave;re intervient avec son int&eacute;gration dans les Kassav, 1983. Il y  &eacute;voluera pendant 13 ans avant que le vent de l&rsquo;intrigue ne s&rsquo;installe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est ici que beaucoup d&rsquo;admirateurs perdent sa trace, avant de  retrouver son voici environ 4 ans dans le g&eacute;n&eacute;rique de l&rsquo;&eacute;quipe  technique de la cha&icirc;ne 3A T&eacute;l&eacute; Sud. Aujourd&rsquo;hui Sound Designer &agrave; Africa  24, Douglas Mbida s&rsquo;est quelque peu &eacute;loign&eacute; des studios de musique mais  est rest&eacute;, comme son titre l&rsquo;indique, dans le son. En vacances au pays,  il a &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute; le 31 janvier 2011 &agrave; Yaound&eacute; par la communaut&eacute; mvele,  son ethnie. C&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re fois que les siens l&rsquo;accueillaient en si  grand nombre et de mani&egrave;re aussi solennelle. Il en garde un souvenir  fort &eacute;mu. En attendant, sans doute, un titre de notabilit&eacute; en  reconnaissance pour son talent et ses &eacute;tats de service.<br \/>\nFCEB<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui explique votre pr&eacute;sence au Cameroun en ce moment ?<\/strong><br \/>\nJe  suis en vacances. J&rsquo;essaye de venir au moins tous les deux ans, vivre  les r&eacute;alit&eacute;s du pays et rencontrer les membres de ma famille. C&rsquo;est la  premi&egrave;re fois qu&rsquo;au cours d&rsquo;une visite au pays, la communaut&eacute; mvele  m&rsquo;invite. Je suis d&rsquo;abord membre de cette communaut&eacute; avant d&rsquo;&ecirc;tre  artiste. Et celle de Yaound&eacute; a estim&eacute; que je restais souvent &agrave; l&rsquo;&eacute;cart.<\/p>\n<p><strong>Votre communaut&eacute; vous a-t-elle attribu&eacute; un titre de notabilit&eacute; ?<\/strong><br \/>\nEn  fait, la communaut&eacute; mvele a organis&eacute; une petite c&eacute;r&eacute;monie pour me  souhaiter la bienvenue. En ce qui concerne le titre de notabilit&eacute;, je ne  sais pas ce que les membres de la communaut&eacute; me r&eacute;servent. Peut-&ecirc;tre  que &ccedil;a viendra.<\/p>\n<p>Le nom de Douglas Mbida appara&icirc;t de plus en plus dans les g&eacute;n&eacute;riques de T&eacute;l&eacute; Sud. Vous faites quoi l&agrave;-bas concr&egrave;tement ?&nbsp; <br \/>\nJe  fais partie de l&rsquo;&eacute;quipe qui a cr&eacute;&eacute; 3A T&eacute;l&eacute; Sud, mais j&rsquo;ai quitt&eacute; ce  groupe pour rejoindre Africa 24 : ce sont les anciens de T&eacute;l&eacute; Sud qui  ont cr&eacute;&eacute; Africa 24. Du fait de quelques distensions au niveau de T&eacute;l&eacute;  Sud, j&rsquo;ai rejoint Africa 24.<\/p>\n<p><strong>Vous avez donc mis la musique entre parenth&egrave;ses ?<\/strong><br \/>\nPas  du tout ! Quand on est musicien, on l&rsquo;est &agrave; vie. Il peut arriver qu&rsquo;on  soit indisponible pour continuer avec la musique, du fait de nouvelles  activit&eacute;s. Mais je reste un artiste et je continue le travail  individuel. Quand je le peux, je participe &agrave; des albums. C&rsquo;est vrai que  ce n&rsquo;est plus fr&eacute;quent, et que les productions des ann&eacute;es 80 ne sont  plus les m&ecirc;mes aujourd&rsquo;hui. Beaucoup de choses ont &eacute;volu&eacute;, et beaucoup  de producteurs, qui utilisaient les musiciens ont &eacute;galement disparu.  Toutefois, la composition continue.<\/p>\n<p>Pouvez-vous nous donner aujourd&rsquo;hui les raisons qui vous ont fait  partir du groupe Kassav ? On a &eacute;voqu&eacute; un probl&egrave;me de x&eacute;nophobie&hellip;<br \/>\nD&eacute;j&agrave;,  il n&rsquo;y a pas eu de racisme : il ne peut pas y avoir de racisme entre  Noirs. Etant l&rsquo;Africain du groupe, je n&rsquo;ai pas senti qu&rsquo;on me mettait de  c&ocirc;t&eacute; parce que tout le reste du groupe &eacute;tait antillais. Il faut que  vous sachiez que, le jour o&ugrave; je suis parti, sept autres personnes m&rsquo;ont  suivi. C&rsquo;est donc huit personnes qui, en m&ecirc;me temps, ont quitt&eacute; les  Kassav. Un groupe est comme une famille. Il y a des moments o&ugrave; il y a  une bonne entente et d&rsquo;autres o&ugrave; &ccedil;a ne marche pas. Pour qu&rsquo;un groupe  survive, il faut qu&rsquo;il d&eacute;passe tout cela au nom de la musique.<\/p>\n<p>Je vous donne un exemple : les Rolling Stones, un tr&egrave;s vieux groupe  des ann&eacute;es 60. Ils sont toujours ensemble, tout simplement parce qu&rsquo;ils  ont r&eacute;ussi &agrave; mettre la musique au centre. Tous les deux ans, ils sortent  un nouvel album, l&rsquo;ann&eacute;e suivante ils font des tourn&eacute;es mondiales et  chacun va de son c&ocirc;t&eacute;. Dans le groupe Kassav, il y a eu des  incompatibilit&eacute;s d&rsquo;humeur li&eacute;es au fait &ndash; ce sont des petites choses qui  arrivent &ndash; qu&rsquo;un groupuscule de cinq personnes, qu&rsquo;on appelait &laquo;les  t&ecirc;tes d&rsquo;affiche des Kassav&raquo;, commen&ccedil;ait &agrave; cr&eacute;er des sous-groupes. Et  tout passait par eux. J&rsquo;avais vu cela venir. C&rsquo;est ce qui casse les  groupes.<br \/>\nIl faut dire que Kassav avait march&eacute; pendant plus de dix ans  sans probl&egrave;me. Il &eacute;tait &eacute;vident qu&rsquo;on allait se disloquer, vu que la  maison de disques commen&ccedil;ait elle aussi &agrave; encourager cela en disant que  le groupe, c&rsquo;est cinq personnes. C&rsquo;&eacute;tait l&agrave; une fa&ccedil;on &eacute;l&eacute;gante de dire &agrave;  ceux qui n&rsquo;&eacute;taient pas contents d&rsquo;aller voir ailleurs.<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que vous revendiquez &agrave; Kassav &agrave; titre personnel ?<\/strong><br \/>\nJ&rsquo;ai  v&eacute;cu Kassav d&egrave;s le d&eacute;but. Je suis arriv&eacute; pour le troisi&egrave;me album, le  premier &agrave; avoir march&eacute; et qui a contribu&eacute; &agrave; faire la premi&egrave;re tourn&eacute;e  des Kassav. Ce que les gens ne savent pas, c&rsquo;est que Kassav c&rsquo;est  d&rsquo;abord deux fr&egrave;res, les fr&egrave;res D&eacute;cimus qui avaient des disques, des  studios d&rsquo;enregistrement, mais il n&rsquo;y avait pas encore un groupe  vraiment constitu&eacute;. C&rsquo;est apr&egrave;s le troisi&egrave;me album, qui est un succ&egrave;s  aux Antilles, qu&rsquo;on se retrouve pour les deux premi&egrave;res tourn&eacute;es de  l&rsquo;histoire du groupe. J&rsquo;ai suivi &eacute;tape par &eacute;tape l&rsquo;histoire des Kassav.  Et, &agrave; chaque fois que les gars constataient que le groupe avait du  succ&egrave;s en Afrique, ils me demandaient de leur apporter le c&ocirc;t&eacute; africain  qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient plus. Je participais aux chansons avec Jacob  Desvarieux, Georges D&eacute;cimus ; j&rsquo;apportais ce c&ocirc;t&eacute; africain. C&rsquo;est le cas  dans la chanson &laquo;Gor&eacute;e&raquo;, o&ugrave; j&rsquo;ai chant&eacute; un couplet en &eacute;wondo.<\/p>\n<p><strong>Aujourd&rsquo;hui, quel est le regard que vous portez sur ce groupe ?<\/strong><br \/>\nEn  2009, Kassav a f&ecirc;t&eacute; ses 30 ans d&rsquo;existence &agrave; Paris. Ce qui veut dire  qu&rsquo;il continue de vivre m&ecirc;me si le succ&egrave;s n&rsquo;est plus pareil. D&rsquo;ailleurs,  le succ&egrave;s est g&eacute;n&eacute;ralement cyclique. Kassav d&rsquo;hier n&rsquo;est plus celui  d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. On dirait que le public a &eacute;t&eacute; touch&eacute; par cette division  puisque, apr&egrave;s cela, il y a eu trois albums sur le march&eacute;. Mais les  ventes n&rsquo;ont pas suivi. Par contre, les concerts se passent bien.<\/p>\n<p>Quand on dit Jacques Douglas Mbida, on pense d&rsquo;abord &agrave; la musique. Vous n&rsquo;allez pas donner de spectacles au Cameroun ?<br \/>\nPas  cette fois, car un spectacle ne s&rsquo;improvise pas. Surtout qu&rsquo;on n&rsquo;a pas  beaucoup de structures pour cela au Cameroun. Mais pourquoi pas dans les  ann&eacute;es &agrave; venir !<\/p>\n<p><strong>En 2002, on vous a aper&ccedil;u au palais des Congr&egrave;s aux c&ocirc;t&eacute;s de  Manu Dibango, lors de la renaissance des droits d&rsquo;auteurs. Quelle est  votre implication dans la musique camerounaise, tant sur le plan  technique que manag&eacute;rial ?<\/strong><br \/>\nVous faites allusion &agrave; l&rsquo;histoire  de la Cmc (Cameroon Music Corporation, Ndlr)), o&ugrave; j&rsquo;&eacute;tais  administrateur dans l&rsquo;&eacute;quipe de Manu Dibango. Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai pris du  recul. Nous avons &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;s. Ce qui m&rsquo;a un peu d&eacute;&ccedil;u, c&rsquo;est le fait que  des musiciens, entre eux, se faisaient la guerre. C&rsquo;est nous qui avons  commenc&eacute; l&rsquo;histoire de la Cmc &agrave; Paris, avec l&rsquo;association des Musiciens  camerounais de la diaspora (Mdc). On &eacute;tait en fin de cycle de la  Socinada, et il &eacute;tait question de cr&eacute;er une nouvelle soci&eacute;t&eacute;. Il y avait  deux tendances, la Socim de Sam Mbend&eacute; et la Socadrom d&rsquo;Ekambi  Brillant. Nous avons jug&eacute; qu&rsquo;au lieu de fonctionner en rangs dispers&eacute;s,  il &eacute;tait opportun de f&eacute;d&eacute;rer pour avoir une seule soci&eacute;t&eacute; afin de  prot&eacute;ger les droits d&rsquo;auteurs. Le projet a &eacute;t&eacute; recevable au minist&egrave;re de  la Culture.<br \/>\nPour tout dire, j&rsquo;ai particip&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de la Cmc.  Mais, apr&egrave;s, c&rsquo;est parti dans tous les sens parce que certains artistes  &eacute;taient plus int&eacute;ress&eacute;s &agrave; ce que &ccedil;a pouvait rapporter. La dissolution  par la suite de la Cmc ne m&rsquo;a pas beaucoup surpris. A pr&eacute;sent, pour  r&eacute;gler le probl&egrave;me des droits d&rsquo;auteurs au Cameroun, les artistes  doivent vraiment vivre de leur art. Dommage, tel n&rsquo;est pas encore le  cas. Les&nbsp; artistes sortent des disques, mais il y a la piraterie qui  reste un probl&egrave;me r&eacute;el. M&ecirc;me si on ne peut pas l&rsquo;arr&ecirc;ter compl&egrave;tement,  on pourrait au moins faire en sorte qu&rsquo;elle diminue.<\/p>\n<p><strong>En faisant quoi, par exemple ?<\/strong><br \/>\nLa r&eacute;pression ! A  l&rsquo;&eacute;poque, la Socinada se faisait accompagner par la gendarmerie pour  identifier les pirates et les saisir. Ils sont l&agrave;, on les conna&icirc;t.  Certains vont m&ecirc;me vendre leurs CD pirat&eacute;s devant le minist&egrave;re de la  Culture, je les rencontre souvent l&agrave;-bas.<\/p>\n<p>Des enqu&ecirc;tes ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; que, derri&egrave;re ces petits vendeurs, se cachent  des gros bonnets qui d&eacute;tiennent ces industries de piraterie. Est-ce que  vous ne faites pas fausse route en pensant qu&rsquo;il faut saisir les petits  revendeurs ?&nbsp;&nbsp; <br \/>\nPour mettre fin &agrave; la piraterie, il faut une volont&eacute;  politique. Les artistes, sont tr&egrave;s petits pour r&eacute;agir, ils ont besoin de  l&rsquo;assistance des hommes politiques. Tout ce qu&rsquo;on peut faire, c&rsquo;est  intenter des proc&egrave;s aux pirates identifi&eacute;s. Et cela n&rsquo;a toujours pas des  chances d&rsquo;aboutir. A mon avis c&rsquo;est pour ces raisons que la piraterie  ne finit pas au Cameroun.<\/p>\n<p><strong>Mais pourquoi &ccedil;a ne se fait pas au niveau politique ?<\/strong><br \/>\nNous-m&ecirc;mes,  artistes, avons montr&eacute; le plus mauvais exemple en nous faisant la  guerre. C&rsquo;est un argument valable pour les hommes politiques pour ne pas  nous aider. Comment travailler avec des gens qui ne peuvent pas  s&rsquo;entendre ? Il y a d&rsquo;abord eu la Socinada, qui a &eacute;t&eacute; dissoute, puis la  Cmc. Elle aussi est partie en rangs s&eacute;par&eacute;s pour cr&eacute;er la Socam, qui  selon des &eacute;chos est &eacute;galement contest&eacute;e. Certains politiciens, m&ecirc;me de  bonne volont&eacute;, vont sans doute se dire qu&rsquo;il y a probl&egrave;me de ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave;.  Ils refuseront de s&rsquo;impliquer.<\/p>\n<p><strong>En Europe, des musiciens camerounais qui ne s&rsquo;appellent pas  Manu Dibango, Richard Bona ou Douglas Mbida, n&rsquo;ont pas de succ&egrave;s dans  leurs spectacles. Comme pour dire que la musique camerounaise ne se vend  pas &agrave; l&rsquo;international&hellip;<\/strong><br \/>\nJe ne dirai pas que la musique  camerounaise ne se vend pas &agrave; l&rsquo;international. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il y a des  structures de distribution et des maisons de production qui ont disparu.  Celles-ci s&rsquo;occupaient de la promotion de la musique du pays. Avec les  progr&egrave;s de la technologie, en l&rsquo;occurrence Internet, il ne devrait plus y  avoir un probl&egrave;me de distribution. Des musiciens peuvent se faire  conna&icirc;tre &agrave; travers leur site Internet, puisqu&rsquo;il existe d&eacute;j&agrave; des  t&eacute;l&eacute;chargements l&eacute;gaux, et les ventes peuvent aussi se n&eacute;gocier. Il y a  des musiciens qui arrivent &agrave; vendre des centaines de milliers d&rsquo;albums,  rien que sur Internet. Mon conseil &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des jeunes artistes  camerounais, c&rsquo;est de se faire conna&icirc;tre &agrave; travers Internet, et si c&rsquo;est  possible diffuser des extraits de leurs chansons.<\/p>\n<p><strong>Les Camerounais ne se produisent pas au Z&eacute;nith &agrave; Paris&hellip;<\/strong><br \/>\nIl  y a eu une tentative qui date de trois ans : des musiciens venus du  Cameroun se sont associ&eacute;s &agrave; ceux de la diaspora, pour donner un  spectacle au Z&eacute;nith. Mais la promotion n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; prise au s&eacute;rieux. Le  Z&eacute;nith est une salle mythique, j&rsquo;en sais quelque chose parce que c&rsquo;est  l&agrave;-bas que Kassav a &eacute;clat&eacute; pour de bon. Pour faire un spectacle au  Z&eacute;nith, la publicit&eacute; ne se fait pas en trois semaines. Elle doit &ecirc;tre  faite en six semaines, dans les m&eacute;dias et par affichage, pour annoncer  l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement. L&agrave;, il y a espoir que le spectacle ait du succ&egrave;s. J&rsquo;&eacute;tais  au spectacle des mes compatriotes au Z&eacute;nith, il y a eu moins de mille  personnes et cela m&rsquo;a vraiment indign&eacute;. En fait, le promoteur n&rsquo;avait  pas pris conscience de ce qu&rsquo;est le Z&eacute;nith, &agrave; Paris.<br \/>\nDans de petites  salles de spectacles, certains artistes du Cameroun ont du succ&egrave;s. C&rsquo;est  le cas de Lady Ponce et d&rsquo;autres musiciens qui se d&eacute;marquent.<\/p>\n<p><strong>Avec l&rsquo;av&egrave;nement des boites &agrave; rythme, le m&eacute;tier d&rsquo;instrumentiste n&rsquo;est-il pas menac&eacute; ?<\/strong><br \/>\n&Ccedil;a  d&eacute;pend ! Dans les Kassav, nous utilisions des bo&icirc;tes &agrave; rythme et  c&rsquo;&eacute;tait des musiciens qui les faisaient. On composait beaucoup lors de  nos tourn&eacute;es. Il arrivait qu&rsquo;on compose dans une chambre d&rsquo;h&ocirc;tel. Le  batteur ne pouvait venir avec son mat&eacute;riel, c&rsquo;&eacute;tait plus les guitares et  les claviers qui &eacute;taient utilis&eacute;s. Mais c&rsquo;&eacute;tait le batteur qui  indiquait comment cela devait se jouer. Une fois dans les studios, c&rsquo;est  lui qui jouait. Aujourd&rsquo;hui, il y a des musiciens qui pr&eacute;f&egrave;rent la  facilit&eacute; en utilisant des sons d&eacute;j&agrave; compos&eacute;s. C&rsquo;est &agrave; ce niveau que le  m&eacute;tier d&rsquo;instrumentiste peut &ecirc;tre menac&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Vous &ecirc;tes timide ! Est-ce que ce n&rsquo;est pas incompatible avec votre m&eacute;tier ?<\/strong><br \/>\nTous  les artistes ne sautent pas et ne crient pas, comme vous le pensez.  J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; longtemps musicien, j&rsquo;ai accompagn&eacute; des gens. C&rsquo;est vrai que,  lors des spectacles, je reste &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re pour laisser celui qui chante  mieux s&rsquo;exprimer. Mais, dans certains spectacles que j&rsquo;ai donn&eacute;, les  gens ne m&rsquo;ont pas reconnu : j&rsquo;ai donn&eacute; tout ce que j&rsquo;avais comme  r&eacute;serves. Je reconnais quand m&ecirc;me qu&rsquo;avant, j&rsquo;&eacute;tais timide. C&rsquo;est une  fa&ccedil;on pour moi de mieux me concentrer.<\/p>\n<p><strong>Quelle est votre empreinte dans la musique camerounaise ?<\/strong><br \/>\nJ&rsquo;ai  &eacute;t&eacute; musicien de studio pendant beaucoup d&rsquo;ann&eacute;es. Cela m&rsquo;a permis de  rencontrer de grosses pointures de la musique, en l&rsquo;occurrence les  fr&egrave;res D&eacute;cimus. J&rsquo;ai accompagn&eacute; des artistes camerounais et particip&eacute; &agrave;  la r&eacute;alisation de certains albums dont je pr&eacute;f&egrave;re taire les noms. J&rsquo;ai  &eacute;galement accompagn&eacute; des jeunes qui sont souvent venus me rencontrer. Je  leur apportais mon aide sans probl&egrave;me, quand c&rsquo;&eacute;tait&nbsp; n&eacute;cessaire. &Ccedil;a  &eacute;t&eacute; le cas avec M. Fragile.<br \/>\n<strong>Entretien men&eacute; par F. C. Ebol&eacute; Bola, J. B. Akono et N. Vounsia<\/p>\n<p>Mutations<br \/>\n<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Son cr\u00e2ne ras\u00e9 pr\u00e9sente quelques bouts de cheveux grisonnants, mais son visage d\u2019\u00e9ternel adolescent semble d\u00e9fier le temps. Douglas Mbida, malgr\u00e9 des d\u00e9cennies pass\u00e9es dans le monde bouillant de la musique et des studios, est un grand timide \u2013 m\u00eame s\u2019il s\u2019en d\u00e9fend\u2026 timidement. &#8211; &nbsp; Les Camerounais d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ration relativement r&eacute;cente ne l&rsquo;ont d&eacute;couvert [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-4172","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4172"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4172\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4172"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=4172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}