{"id":4425,"date":"2011-11-16T16:50:56","date_gmt":"2011-11-16T15:50:56","guid":{"rendered":""},"modified":"2011-11-16T16:50:56","modified_gmt":"2011-11-16T14:50:56","slug":"4425","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4425\/","title":{"rendered":"D\u00e9rangeant J. R\u00e9my Ngono"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\nConsid\u00e9r\u00e9 comme faisant partie du mauvais grain de la presse camerounaise lorsqu\u2019il \u00e9tait le chef de cha\u00eene de Radio Tiemeni Siantou \u00e0 Yaound\u00e9, le pol\u00e9miste de 43 ans a pris sa revanche \u00e0 Paris, o\u00f9 il est chroniqueur pour les radios fran\u00e7aises Rtl et Rfi. Il envisage de rentrer au Cameroun pour mener la r\u00e9volution. &#8211; <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&laquo; Il vaut mieux &ecirc;tre d&eacute;fricheur que profiteur &raquo;. Confortablement  install&eacute; dans son salon cossu, deux t&eacute;l&eacute;phones portables en main, J.  (lisez J point) R&eacute;my Ngono ass&egrave;ne cette maxime, devenue pour lui une  devise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre le champagne, le whisky et le vin rouge, il s&rsquo;est r&eacute;solu &agrave; se  servir un verre de jus de fruit. Et l&rsquo;odeur orang&eacute;e qui enveloppe  l&rsquo;espace n&rsquo;arrive pas &agrave; dissiper le parfum muscl&eacute; qu&rsquo;il s&rsquo;est asperg&eacute;.  R&eacute;my Ngono est ce qu&rsquo;on appelle, dans le jargon journalistique, un &laquo; bon  client &raquo;. Il parle sans chercher ses mots ; anticipe les questions pour  donner des r&eacute;ponses. Difficile pourtant de lui faire parler du pass&eacute; ou  du futur, il pr&eacute;f&egrave;re le pr&eacute;sent. Entre deux explications, il se l&egrave;ve,  gronde l&rsquo;un de ses trois enfants qui jouent dans la pi&egrave;ce voisine. En  passant, il caresse la t&ecirc;te de son Labrador.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au salon, le t&eacute;l&eacute;viseur &eacute;cran plasma est branch&eacute; sur Equipe Tv, qui  diffuse en continu des informations sportives. Depuis 2006, R&eacute;my Ngono  est chroniqueur sportif &agrave; l&rsquo;&eacute;mission &laquo; On refait le match &raquo;, aux c&ocirc;t&eacute;s  d&rsquo;Eug&egrave;ne Saccomano et Christophe Pecaud, sur la radio fran&ccedil;aise Rtl. &laquo;  Avec contrat &agrave; dur&eacute;e ind&eacute;termin&eacute;e &raquo;, pr&eacute;cise-t-il avec fiert&eacute;. En  France, le J. de son nom, qu&rsquo;il refuse d&rsquo;expliquer, a disparu, pour  laisser la place &agrave; R&eacute;my Ngono. En parall&egrave;le, R&eacute;my Ngono donc, fait  r&eacute;guli&egrave;rement, depuis 2010, des chroniques sur Rfi avec Xavier Barr&eacute;. Il  y travaille comme pigiste depuis que le programme &laquo; M&eacute;dias d&rsquo;Afrique &raquo;,  par lequel il a fait son entr&eacute;e &agrave; Radio France international en 2007, a  &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Mauvais gar&ccedil;on<\/strong><br \/>\n&laquo; Je gagne tr&egrave;s bien ma vie &raquo;, dit R&eacute;my Ngono, en montrant de la main  sa maison, un pavillon &agrave; un &eacute;tage &agrave; Roissy-en-brie (d&eacute;partement  Seine-et-marne, r&eacute;gion Ile-de-France) et son v&eacute;hicule gar&eacute; dans son  jardin. A la tomb&eacute;e de la nuit, sa montre sertie d&rsquo;or jure avec son  modeste dizainier. R&eacute;fugi&eacute; politique en France depuis 2004, J. R&eacute;my  Ngono a pu se faire une place au soleil dans la presse fran&ccedil;aise. Un  exploit que seule une dizaine de journalistes, sur les 270 r&eacute;fugi&eacute;s  politiques pass&eacute;s par la Maison des journalistes, a r&eacute;ussi en France,  d&rsquo;apr&egrave;s Darline Cothi&egrave;re, la directrice de cette association qui  accueille les journalistes r&eacute;fugi&eacute;s en France. Sa recette ? Une pinc&eacute;e  de bravoure, un brin d&rsquo;insolence, beaucoup d&rsquo;ambition et de la culture  g&eacute;n&eacute;rale &agrave; volont&eacute;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a quelques ann&eacute;es, alors qu&rsquo;il &eacute;tait le tout-puissant chef de  cha&icirc;ne de Radio Tiemeni Siantou (Rts) &agrave; Yaound&eacute;, R&eacute;my Ngono &eacute;tait  pr&eacute;sent&eacute; par nombre d&rsquo;enseignants en journalisme comme le contre-exemple  &agrave; ne surtout pas suivre. Plusieurs journalistes ont secr&egrave;tement  applaudi lorsqu&rsquo;en 2003, il a &eacute;t&eacute; jet&eacute; en prison pour diffamation. Ils  lui reprochaient de confondre trop souvent la d&eacute;nonciation et l&rsquo;insulte  dans son &eacute;mission &laquo;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Kondr&egrave; chaud &raquo;. Sa chronique, &laquo; Coup franc &raquo;,  &eacute;tait l&rsquo;occasion de d&eacute;noncer les tares sociales et de distribuer les  bons et les mauvais points aux dirigeants. &laquo; Face, tu es mort ; pile, je  te tue. Dieu pardonne, moi pas &raquo;, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il introduisait ses  &eacute;missions. Car, pour lui, &laquo; les coups de lance blessent, mais les coups  de langue tuent &raquo;. Le programme quotidien diffus&eacute; en prime time, de 10h &agrave;  12h, &eacute;tait l&rsquo;un des plus &eacute;cout&eacute;s de la ville. Plus que ses coups de  gueule, les proverbes et les citations dont il garnissait ses chroniques  plaisaient, de m&ecirc;me que son humour d&eacute;cal&eacute;.<\/p>\n<p><strong>La descente aux enfers<\/strong><br \/>\nAu premier trimestre de l&rsquo;ann&eacute;e 2003, J. est d&eacute;mis de ses fonctions de  chef de cha&icirc;ne de Rts. &laquo; Apr&egrave;s avoir re&ccedil;u des menaces, Siantou [Lucien  Wantou Siantou, fondateur de Rts, ndlr] a &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de me laisser  tomber ; il a br&ucirc;l&eacute; la barbe pour sauver la t&ecirc;te &raquo;, reconna&icirc;t R&eacute;my  Ngono. Le 5 ao&ucirc;t, J. est arr&ecirc;t&eacute; et jet&eacute; &agrave; la prison centrale de Yaound&eacute;,  &agrave; Kondengui. Il avait &eacute;t&eacute; condamn&eacute; quelques mois plus t&ocirc;t par d&eacute;faut &agrave;  six mois d&#8217;emprisonnement ferme pour diffamation. Deux mois apr&egrave;s, R&eacute;my  Ngono profite de sa libert&eacute; provisoire pour se glisser hors du Cameroun.  Avec l&rsquo;aide de l&rsquo;ambassadeur d&rsquo;Italie de l&rsquo;&eacute;poque, il se retrouve &agrave;  Rome. Mais face &agrave; la barri&egrave;re de la langue, J. d&eacute;cide de migrer en  France, o&ugrave; il arrive en plein hiver et sans manteau. Pendant quelques  semaines, il squatte chez une parente &agrave; Paris. Puis, passe six mois &agrave; La  Maison des journalistes. Avec l&rsquo;aide de cette association, ainsi que de  Reporters sans fronti&egrave;re et Terre d&rsquo;asile, il finira par obtenir un  titre de s&eacute;jour en d&eacute;cembre 2004, comme r&eacute;fugi&eacute; politique.<\/p>\n<p><strong>La renaissance<\/strong><br \/>\nLa chance lui sourit &agrave; nouveau le 3 mai 2006, &agrave; l&rsquo;occasion de la  Journ&eacute;e mondiale de la libert&eacute; de la presse. R&eacute;my Ngono est contact&eacute; par  le biais de la Maison des journalistes pour un d&eacute;bat sur I-t&eacute;l&eacute;. Puis,  il est retenu pour &ecirc;tre l&rsquo;un des pan&eacute;listes de &laquo; N&rsquo;ayons pas peur des  mots &raquo; sur la m&ecirc;me cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision. La Coupe du monde 2006 arrive,  et &laquo; N&rsquo;ayons pas peur des mots &raquo; devient &laquo; N&rsquo;ayons pas peur du foot &raquo;.  R&eacute;my Ngono est, une fois de plus, sollicit&eacute; pour des d&eacute;bats. &laquo; Je  n&rsquo;avais jamais parl&eacute; du foot, je n&rsquo;y connaissais rien, avoue-t-il. Mais  je me suis recycl&eacute; car, c&rsquo;est le travail personnel qui compte &raquo;,  explique-t-il. Jusqu&rsquo;en 2010, J. flirte avec Radio t&eacute;l&eacute;vision Luxembourg  (Rtl), Radio Monte-Carlo (Rmc), Radio France international (Rfi) et les  t&eacute;l&eacute;visions La cha&icirc;ne info (Lci), Canal + et Direct 8. Il finira par  s&rsquo;&eacute;tablir sur Rtl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&laquo; Aujourd&rsquo;hui, ma culture sportive est tr&egrave;s grande. J&rsquo;ai beaucoup lu et  j&rsquo;ai c&ocirc;toy&eacute; de grands chroniqueurs sportifs. Je me suis vite adapt&eacute; en  France parce que j&rsquo;ai continu&eacute; &agrave; apprendre. C&rsquo;est une question de  volont&eacute; et d&rsquo;organisation. Rien n&rsquo;est sup&eacute;rieur &agrave; la lecture. Notre  malheur &agrave; nous, les Africains, est qu&rsquo;on se contente de lire pour  obtenir les dipl&ocirc;mes&raquo;, explique celui qui dit avoir le dipl&ocirc;me en  horreur. Alors qu&rsquo;au Cameroun, un adage bien connu dit que &laquo; l&rsquo;homme  n&rsquo;est rien sans son bord &raquo;, lui, il dit : &laquo; l&rsquo;homme n&rsquo;est rien sans sa  volont&eacute; &raquo;. Un de ses passe-temps favoris est d&rsquo;ailleurs de d&eacute;former des  adages populaires pour les rendre conformes &agrave; sa pens&eacute;e. Depuis 2010, il  est l&rsquo;auteur du livre &laquo;&nbsp;&nbsp; Comme le dit un proverbe africain&nbsp;&nbsp; &raquo;, paru  aux &eacute;ditions Prolongations en France.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Seul dipl&ocirc;me : la carte de bapt&ecirc;me<\/strong><br \/>\nR&eacute;my Ngono aime dire qu&rsquo;il n&rsquo;a pour seul dipl&ocirc;me que sa carte de  bapt&ecirc;me. Mais &agrave; force de questions, au d&eacute;tour des mots, il laisse  entendre qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; l&rsquo;&eacute;cole au moins jusqu&rsquo;en classe de terminale C. &laquo;  C&rsquo;est du fumier que naissent les plus belles plantes &raquo;, lance-t-il, pour  souligner le chemin parcouru. &laquo; C&rsquo;est une insulte &agrave; mes d&eacute;tracteurs &raquo;,  ajoute-t-il en brandissant sa carte de presse fran&ccedil;aise, avec un air de  revanche. &laquo; Ici, c&rsquo;est la culture du r&eacute;sultat. Je viens de nulle part,  je n&rsquo;ai pas de parrain en France. Seul mon talent a pr&eacute;valu. Si j&rsquo;avais  &eacute;chou&eacute; ici, cela allait &ecirc;tre l&rsquo;&eacute;chec de la r&eacute;volution journalistique au  Cameroun &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, le chroniqueur estime avoir r&eacute;volutionn&eacute; le m&eacute;tier, &agrave; tout le  moins, dans les radios. &laquo; Avant moi, il n&rsquo;y avait jamais eu une &eacute;mission  aussi critique dans une radio ; apr&egrave;s moi, il y a eu une &eacute;closion &raquo;,  analyse-t-il. J. estime aussi avoir invent&eacute; une nouvelle forme de  journalisme. Loin des comptes rendus, reportages, portraits et autres  enqu&ecirc;tes, il consiste en des chroniques agr&eacute;ment&eacute;es de proverbes et de  citations. Peu respectueux des r&egrave;gles, le pol&eacute;miste cr&eacute;e des mots &agrave;  l&rsquo;envi. Comme des tr&eacute;sors, il collectionne des proverbes au fur et &agrave;  mesure de ses lectures, aid&eacute; en cela par une bonne m&eacute;moire. &laquo; La plupart  des choses que je dis sont improvis&eacute;es. Et pour que l&rsquo;inspiration ne  tarisse jamais, je jardine ma culture g&eacute;n&eacute;rale &raquo;, explique-t-il. Sa  devise du journalisme&nbsp; ? &laquo;&nbsp; Souvent combattu, quelquefois battu, mais  jamais abattu&nbsp; &raquo;. Comme le roseau, il plie mais ne rompt pas.<\/p>\n<p><strong>Touche-&agrave;-tout<\/strong><br \/>\nAvant d&rsquo;arriver au journalisme, J. R&eacute;my Ngono a touch&eacute; &agrave; tout : barman &agrave;  Mvog-Ada, directeur du cabaret Le Caroussel &agrave; Kondengui, directeur  artistique des &eacute;ditions Odessa et directeur d&rsquo;Escalier bar &agrave; Mvog-Ada.  Il a aussi fait des caricatures pour Cameroun Tribune, dans les ann&eacute;es  94. Gr&acirc;ce &agrave; Adolphe Papy Ndoumb&egrave; qui le trouvait &eacute;loquent, R&eacute;my Ngono  entre &agrave; la Crtv, via l&rsquo;&eacute;mission &laquo; Sacr&eacute; mercredi &raquo; au Poste national,  comme collaborateur ext&eacute;rieur. En 1995, il devient le charg&eacute; de la  communication de l&rsquo;Institut Siantou secondaire, puis, du Complexe  scolaire et universitaire Siantou. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1999, il pilote de  bout en bout le projet de cr&eacute;ation de la radio Siantou, la deuxi&egrave;me  radio priv&eacute;e de Yaound&eacute;, apr&egrave;s Radio Samba. &laquo; Siantou est mon p&egrave;re et sa  femme est ma m&egrave;re. M&ecirc;me discr&egrave;tement, ils interviennent toujours pour  me soutenir&raquo;, t&eacute;moigne-t-il.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La rage de vaincre, J. R&eacute;my Ngono, n&eacute; le 1er octobre 1968 &agrave; Yaound&eacute;, la  tient de sa m&egrave;re. &laquo;C&rsquo;est elle qui m&rsquo;a donn&eacute; une culture de  l&rsquo;engagement, elle &eacute;tait tr&egrave;s dynamique. Mon p&egrave;re, lui, &eacute;tait plut&ocirc;t  &eacute;loquent &raquo;, r&eacute;v&egrave;le-t-il. C&rsquo;est avec nostalgie qu&rsquo;il raconte que son  p&egrave;re, un homme d&rsquo;Akono, dans la r&eacute;gion du Centre, a rencontr&eacute; sa m&egrave;re &laquo;  au fin fond d&rsquo;une brousse &agrave; l&rsquo;Est &raquo; alors qu&rsquo;il y allait pour acheter du  cacao. Son &oelig;il reste sec lorsqu&rsquo;il annonce que son p&egrave;re est mort le 5  juillet 2011 et que, r&eacute;fugi&eacute; en France, il n&rsquo;a pas pu assister &agrave; ses  obs&egrave;ques. &laquo; On ne fait rien de grand sans de grands sacrifices &raquo;,  ass&egrave;ne-t-il.<br \/>\nIl a des petites phrases pour tout. On lui reproche d&rsquo;&ecirc;tre vantard ? Il  r&eacute;pond : &laquo; J&rsquo;ai v&eacute;cu dans le mar&eacute;cage &agrave; Etam-Bafia, j&rsquo;ai dormi sur un  matelas derri&egrave;re le comptoir d&rsquo;un bar. Je refuse la modestie &raquo;. On lui  reproche son go&ucirc;t pour le luxe ? Il r&eacute;torque : &laquo; Dieu lui-m&ecirc;me n&rsquo;est pas  pauvre, pourquoi moi, je le serais ? Un peuple qui vit bas pense bas &raquo;.  On l&rsquo;interroge sur ses projets ? Il affirme : &laquo; Mon seul projet est  d&rsquo;avoir toujours des projets. Je ne parle que de mes r&eacute;alisations parce  que c&rsquo;est concret &raquo;. Au premier abord, R&eacute;my Ngono se montre distant,  presque repoussant. Il explique&nbsp;&nbsp; : &laquo; Je me suis fabriqu&eacute; une carapace.  Je suis renferm&eacute; et j&rsquo;ai peu d&rsquo;amis. Mais, &agrave; la maison, je suis un papa  poule. Tr&egrave;s rigoureux tout de m&ecirc;me&nbsp;&nbsp; &raquo;.<\/p>\n<p><strong>Le retour au pays<\/strong><br \/>\nMalgr&eacute; les petits sillons que le temps a creus&eacute; sur son visage, et que  ses cheveux d&eacute;fris&eacute;s et boucl&eacute;s n&rsquo;arrivent pas &agrave; cacher, R&eacute;my Ngono a  gard&eacute; son esprit critique. C&rsquo;est avec beaucoup d&rsquo;amertume qu&rsquo;il &eacute;voque  le Cameroun : &laquo;Nous avons les dirigeants les plus dipl&ocirc;m&eacute;s de la terre  qui sont, paradoxalement, les plus nuls. Ce sont des analphab&egrave;tes des  temps modernes, une bande d&rsquo;ignorantissimes (sic)&raquo;. La fum&eacute;e lui sort du  nez lorsqu&rsquo;il parle de Paul Biya, 78 ans, qui entame un sixi&egrave;me mandat  de sept ans au pouvoir au Cameroun : &laquo; Biya a saccag&eacute; le pays. Quand,  apr&egrave;s 29 ans de pouvoir, il parle de grandes r&eacute;alisations alors qu&rsquo;il  est au pr&eacute;-cimeti&egrave;re de sa vie, c&rsquo;est une moquerie &raquo;. Sur le sujet, R&eacute;my  Ngono est intarissable : &laquo; Biya n&rsquo;a pas construit sur la continuit&eacute;  mais sur le \u00a0\u00bb apr&egrave;s moi, le d&eacute;luge\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas lui qui fait  probl&egrave;me, mais le syst&egrave;me qu&rsquo;il a mis en place. Descartes disait qu&rsquo;il  n&rsquo;existe pas de tyran dangereux, mais un ensemble de tyranots (sic) qui  prennent des d&eacute;cisions &agrave; sa place &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parce qu&rsquo;&laquo; on ne peut arracher un pays du c&oelig;ur d&rsquo;un homme &raquo;, R&eacute;my Ngono  envisage de rentrer au Cameroun. S&rsquo;il n&rsquo;avance pas de d&eacute;lai, son plan  d&rsquo;action est cependant clair : mener la r&eacute;volution pour sortir le pays  de sa l&eacute;thargie. Il n&rsquo;a pas peur d&rsquo;&eacute;ventuelles repr&eacute;sailles. &laquo; Quand je  partais, j&rsquo;&eacute;tais un poussin ; maintenant, je suis un coq&nbsp; &raquo;,  pavane-t-il. Sa r&eacute;volution &agrave; lui ne se fera pas par les armes. Il &eacute;carte  aussi la voie de la r&eacute;volution par la contestation, pour privil&eacute;gier  celle qui arrive naturellement, par la mort. Mais, pr&eacute;vient-il, &laquo; on ne  peut pas se contenter de la vie d&rsquo;un homme, c&rsquo;est le syst&egrave;me qui fait  probl&egrave;me &raquo;. Loin d&rsquo;&ecirc;tre un cavalier solitaire, il esp&egrave;re rassembler  autour de lui des personnes qui ont les m&ecirc;mes id&eacute;es, mais pas  l&rsquo;opposition politique qui, elle, est &laquo; surann&eacute;e et vieillotte &raquo;. Et de  conclure&nbsp;&nbsp; : &laquo;&nbsp;&nbsp; On ne peut pas faire la r&eacute;volution avec de vieilles  outres&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il veut le changement, il dit cependant ne pas vouloir le pouvoir : &laquo;  J&rsquo;aime trop la v&eacute;rit&eacute; pour diriger un pays&nbsp;&nbsp; &raquo;. J. R&eacute;my Ngono n&rsquo;a pas  non plus l&rsquo;intention de se taire. Jamais. Et il est pr&ecirc;t &agrave; assumer les  cons&eacute;quences : &laquo; Je n&rsquo;ai jamais peur de me lancer parce que je me suis  toujours consid&eacute;r&eacute; comme un cadavre. Et puis, la seule place d&rsquo;un homme  vraiment libre se trouve en prison &raquo;, dit-il en citant Jean-Paul Sartre.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>St&eacute;phanie Dongmo,<br \/>\n&agrave; Paris <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Consid\u00e9r\u00e9 comme faisant partie du mauvais grain de la presse camerounaise lorsqu\u2019il \u00e9tait le chef de cha\u00eene de Radio Tiemeni Siantou \u00e0 Yaound\u00e9, le pol\u00e9miste de 43 ans a pris sa revanche \u00e0 Paris, o\u00f9 il est chroniqueur pour les radios fran\u00e7aises Rtl et Rfi. Il envisage de rentrer au Cameroun pour mener la r\u00e9volution. 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