{"id":4500,"date":"2012-04-19T20:54:58","date_gmt":"2012-04-19T18:54:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2012-04-19T20:54:58","modified_gmt":"2012-04-19T18:54:58","slug":"4500","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4500\/","title":{"rendered":"Florence Titty-Dimbeng : \u00ab La musique camerounaise est malade de son identit\u00e9 \u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Agent artistique et producteur de spectacle, Florence Titty-Dimbeng estime qu\u2019il faut repenser compl\u00e8tement l\u2019approche de la musique camerounaise, parce que c\u2019est du copiage de ceux qui l\u2019ont copi\u00e9e. &#8211; <\/p>\n<h1 class=\"entry_title\">&nbsp;<\/h1>\n<p><em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><strong>Qui est Florence Titty-Dimbeng ?<\/strong><br \/>\nJe suis une camerounaise de c&oelig;ur, de nationalit&eacute; fran&ccedil;aise et vivant au Gabon. Je suis surtout une passionn&eacute;e de musique.<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est ce que la musique pour vous ?<\/strong><br \/>\nC&rsquo;est la vie. Un cadeau de Dieu. Je ne saurais passer une journ&eacute;e sans en &eacute;couter.<\/p>\n<p><strong>Quand Florence Titty va &agrave; Paris c&rsquo;est pour des &eacute;tudes d&rsquo;avocat, comment fait-elle pour se retrouver dans la musique ?<\/strong><br \/>\nJe suis partie tr&egrave;s jeune du Cameroun, en fin d&rsquo;&eacute;cole primaire pour ma  scolarit&eacute;. Les &eacute;tudes de droit sont arriv&eacute;es des ann&eacute;es apr&egrave;s, presque  par accident. Car, au moment ou j&rsquo;ai eu mon bac, je ne savais pas encore  ce que j&rsquo;allais faire. En allant accompagner une amie s&rsquo;inscrire &agrave; la  fac, j&rsquo;ai pris un dossier d&rsquo;inscription mais la musique &eacute;tait d&eacute;j&agrave; l&agrave;  depuis le Cm2.<\/p>\n<p><strong>En 1985 on vous voit dans les ch&oelig;urs de l&rsquo;album Africa  electric de Manu Dibango avec Sissy Dipoko et Francis Mbappe. Comment  vous &ecirc;tes vous retrouv&eacute; dans cette &eacute;quipe ?<\/strong><br \/>\nLe droit n&rsquo;&eacute;tait pas ma voie. Au cours d&rsquo;un stage dans un grand cabinet  d&rsquo;audit &agrave; paris, j&rsquo;ai craqu&eacute; et j&rsquo;ai tout laiss&eacute; tomber. Je suis all&eacute;e  voir Manu Dibango (qui est aussi mon oncle) et lui ai racont&eacute; ce que je  venais de faire. Il m&rsquo;a alors dit qu&rsquo;avec le talent artistique que  j&rsquo;avais, pourquoi ne pas orient&eacute; vers cette voie ? Il savait bien  entendu que j&rsquo;avais &eacute;tudi&eacute; la musique et que je jouais au piano. Il m&rsquo;a  donc propos&eacute; de faire partir de son &eacute;quipe et j&rsquo;ai accept&eacute; la peur au  ventre car, mes parents n&rsquo;en savaient rien.<\/p>\n<p><strong>Neuf ans plus tard, vous r&eacute;apparaissez sur le l&eacute;gendaire &ldquo;Wakafrica&rdquo; de Manu Dibango. O&ugrave; &eacute;tiez-vous pass&eacute;e entretemps ?<\/strong><br \/>\nJ&rsquo;ai travaill&eacute; avec Manu Dibango de longues ann&eacute;es sans interruption.  J&rsquo;&eacute;tais peut-&ecirc;tre plus discr&egrave;te que d&rsquo;autres. Manu ne faisait pas des  albums tous les ans non plus. Du d&eacute;but des ann&eacute;es 80 jusqu&rsquo;a &laquo; wakafrica  &raquo;, j&rsquo;&eacute;tais avec Manu, en tourn&eacute;e &agrave; travers le monde, en Tv et bien s&ucirc;r  dans les albums.<\/p>\n<p><strong>Vos prestations avec Manu Dibango se font aupr&egrave;s de l&eacute;gendes de la musique. Quels souvenirs en gardez-vous ?<\/strong><br \/>\nDes souvenirs &eacute;mouvants. Se retrouver sur le m&ecirc;me plateau que Miles  Davis, &ccedil;a marque une vie. Parler &eacute;changer avec Nina Simone ne peut vous  laisser indiff&eacute;rent&hellip; il y en a eu tellement ! Mais aussi, ayant eu le  privil&egrave;ge de c&ocirc;toyer ces monuments mondiaux de la musique, j&rsquo;ai pu  appr&eacute;cier leur engagement presque maladif dans la musique et aussi leur  humilit&eacute;, car en musique on ne peut tricher.<\/p>\n<p><strong>Certains &agrave; l&rsquo;instar de Sissy Dipoko, Francis Mbappe et m&ecirc;me  Tom Yoms se sont lanc&eacute;s dans une carri&egrave;re solo. Ca ne vous int&eacute;ressait  pas d&rsquo;y aller ?<\/strong><br \/>\nNon ! Une carri&egrave;re solo ne m&rsquo;a jamais tent&eacute;e, pourtant j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; souvent  sollicit&eacute;e ! A commencer par Manu, sans oublier Lokua Kanza qui lui  m&rsquo;avait m&ecirc;me &eacute;crit tout un album. Devant mon refus, il a finalement  donn&eacute; certains de ces titres &agrave; Papa Wemba.<\/p>\n<p><strong>Apr&egrave;s les ch&oelig;urs on vous revoit aupr&egrave;s de Manu Dibango comme agent artistique. Que s&rsquo;est-il pass&eacute; ?<\/strong><br \/>\nJe n&rsquo;avais pas pour vocation d&rsquo;&ecirc;tre choriste ad vitam aeternam. Je  savais qu&rsquo;il me faudrait passer &agrave; autre chose. Ne d&eacute;sirant pas faire de  carri&egrave;re solo, une id&eacute;e faisait son chemin dans ma t&ecirc;te. Nous les  africains voulons tous &ecirc;tre au devant de la sc&egrave;ne, alors pourquoi ne pas  &ecirc;tre derri&egrave;re et &ecirc;tre un chef d&rsquo;orchestre invisible ? C&rsquo;est ainsi que  ma carri&egrave;re d&rsquo;agent a commenc&eacute; avec Manu Dibango. A cette &eacute;poque j&rsquo;&eacute;tais  encore sur sc&egrave;ne. Je cumulais les postes : agent, manager et choriste.  Ce fut tr&egrave;s enrichissant de pouvoir ainsi balayer en une fois ces trois  aspects des m&eacute;tiers de la musique.<\/p>\n<p><strong>Apr&egrave;s agent artistique vous devenez producteur de spectacle et vous ouvrez &laquo; La vari&eacute;t&eacute; &raquo;. Pour quel but ?<\/strong><br \/>\nApr&egrave;s ces ann&eacute;es avec Manu Dibango et d&rsquo;autres artistes, il &eacute;tait temps  pour moi de capitaliser ce que j&rsquo;avais appris. Mais je voulais surtout  &ecirc;tre au service de ma communaut&eacute;. C&rsquo;est tout naturellement que j&rsquo;ai  ouvert ma soci&eacute;t&eacute; de production de spectacle que j&rsquo;ai nomm&eacute; &laquo; La vari&eacute;t&eacute;  &raquo; comme un pied de nez a la sc&egrave;ne de musique de vari&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise. Le  premier artiste que j&rsquo;ai eu &agrave; produire fut un humoriste fran&ccedil;ais : Guy  Montagn&eacute;, puis Angelique Kidjo, Lokua Kanza, Sally Nyolo, Richard Bona  avec leurs premiers albums. J&rsquo;ai pris plaisir &agrave; d&eacute;velopper des carri&egrave;res  sachant qu&rsquo;une fois sur les rails, ces artistes me seraient souffles  par des agents plus importants. C&rsquo;est la &laquo; loi &raquo; de ce m&eacute;tier&hellip;<\/p>\n<p><strong>On vous retrouve plus dans l&rsquo;organisation des spectacles que  la musique. C&rsquo;est aussi passionnant que chanter ? &ndash; Avez-vous des  pr&eacute;f&eacute;rences particuli&egrave;res ?<\/strong><br \/>\nRire ! Avant je chantais, maintenant je fais chanter les autres&hellip; (Rire).  Je n&rsquo;ai pas de pr&eacute;f&eacute;rence. Je chante tous les jours, chez moi, dans ma  voiture. Chaque moment est tout &agrave; la fois ind&eacute;pendant et li&eacute; &agrave; l&rsquo;autre.  Et puis, organiser des spectacles de musique c&rsquo;est toujours de la  musique non ?<\/p>\n<p><strong>Vous avez &eacute;t&eacute; directrice artistique du Massao. Que pensez-vous des performances musicales des chanteuses camerounaises ?<\/strong><br \/>\nEn tant que directrice artistique du Massao, j&rsquo;ai eu la chance de voir  &eacute;merger une nouvelle sc&egrave;ne camerounaise. Des jeunes filles pleines de  talents mais qui manquent malheureusement un encadrement solide. Je les  admire pour ce qu&rsquo;elles arrivent &agrave; faire malgr&eacute; ce manque. Mais, je les  plains aussi car, leurs vies ne sont pas faciles. Un pays comme le  Cameroun qui a tant de potentiel artistique, n&rsquo;a m&ecirc;me pas un  conservatoire ! Quelle honte ! Alors que le monde nous envie, nos  musiciens avec. Bref, pour en revenir aux performances musicales des  chanteuses camerounaises, je leur dis aussi qu&rsquo;elles doivent travailler  avec acharnement et conviction. &Ecirc;tre chanteuse ce n&rsquo;est pas seulement  pousser de la voix devant tel ou tel public, mais c&rsquo;est aussi une le&ccedil;on  permanente de vie. Ce sont des mod&egrave;les qu&rsquo;elles le veuillent ou pas,  malgr&eacute; elles. Alors elles se doivent d&rsquo;&ecirc;tre des exemples pour les  autres. Seul le travail paye ! Beaucoup confondent chanter et star. Je  n&rsquo;en dirais pas plus.<\/p>\n<p><strong>Que pensez-vous de la jeune g&eacute;n&eacute;ration actuelle ? Lady Ponce, Kareyce Fotso, Corry&hellip;<\/strong><br \/>\nExactement ce que je viens de dire plus haut. Chacune dans son style.<\/p>\n<p><strong>Vous avez &eacute;t&eacute; directrice artistique des Kora Awards pendant10  ans aupr&egrave;s d&rsquo;Ernest Adjovi. Que gardez vous comme souvenirs de cette  exp&eacute;rience ?<\/strong><br \/>\nLa rigueur, mais aussi le d&eacute;sir d&rsquo;un homme de porter tr&egrave;s haut le  potentiel musical africain. Son d&eacute;sir d&rsquo;&eacute;l&eacute;vation de cette musique et  &eacute;galement produire un spectacle aux normes internationales.<\/p>\n<p><strong>On vous voit aujourd&rsquo;hui aux c&ocirc;t&eacute;s du comit&eacute; d&rsquo;organisation  des Balafon-Gabon Music Awards. Comment vous &ecirc;tes vous retrouv&eacute; dans ce  projet ? Quel est exactement votre r&ocirc;le ?<\/strong><br \/>\nCe sont les Balafon-Gabon Music Awards qui m&rsquo;ont amen&eacute; au Gabon. Je suis  venue ici pour les cr&eacute;er et les mettre en place, suite &agrave; mon passage  aux Kora o&ugrave; j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; remarqu&eacute;e. J&rsquo;en suis la productrice ex&eacute;cutive et la  coordinatrice g&eacute;n&eacute;rale.<\/p>\n<p><strong>Que pensez-vous de la musique camerounaise ?<\/strong><br \/>\nElle est malade de son identit&eacute;. Elle ne ressemble &agrave; rien. C&rsquo;est du  copiage de ceux qui l&rsquo;ont copi&eacute;e. Elle ne donne pas envie, m&ecirc;me de  danser.<\/p>\n<p><strong>Entre la musique que vous faisiez et celle que vous &eacute;coutez  maintenant, quel commentaire vous faites ? Qu&rsquo;est ce qui fait probl&egrave;me ?  Comment voyez-vous l&rsquo;avenir de la musique camerounaise ?<\/strong><br \/>\nCela rejoint ce que j&rsquo;ai dis dans le paragraphe pr&eacute;c&eacute;dent. Il faut  repenser compl&egrave;tement notre approche de la musique. Repartir aux sources  pour mieux l&rsquo;appr&eacute;hender. Si on construit une maison sans fondations,  elle s&rsquo;&eacute;croulera t&ocirc;t ou tard. Il en est ainsi de notre musique.<\/p>\n<p><strong>Les combats dans la musique et des musiciens aujourd&rsquo;hui,  sont-ils les m&ecirc;mes pour les artistes camerounais du pays et ceux de la  diaspora ?<\/strong><br \/>\nJe suis trop d&eacute;tach&eacute;e &agrave; pr&eacute;sent de la diaspora et puis je ne connais pas tr&egrave;s bien les musiciens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi ce sont g&eacute;n&eacute;ralement les chansons de pi&egrave;tre qualit&eacute; artistique qui sont appr&eacute;ci&eacute;es du public ?<\/strong><br \/>\nParce que plus c&rsquo;est idiot plus le public a le sentiment de comprendre.  Il a l&rsquo;impression que l&rsquo;artiste est &agrave; sa port&eacute;e, car celui-ci utilise  des expressions communes dont il est s&ucirc;r qu&rsquo;elles vont frapper les  esprits. Il ne s&rsquo;agit plus la de musique.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il un probl&egrave;me avec le public camerounais ?<\/strong><br \/>\nQu&rsquo;il soit Camerounais ou Roumain, le public est le m&ecirc;me partout. Il a  besoin de musique, par forcement dans son aspect le plus abstrait, mais  de belles m&eacute;lodies et des textes forts. Si on lui donne n&rsquo;importe quoi  il va avaler car il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre &agrave; manger.<\/p>\n<p>Armelle Nina Sitchoma | April 15, 2012 | Armelle Sitchoma |cameroonwebnews.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Agent artistique et producteur de spectacle, Florence Titty-Dimbeng estime qu\u2019il faut repenser compl\u00e8tement l\u2019approche de la musique camerounaise, parce que c\u2019est du copiage de ceux qui l\u2019ont copi\u00e9e. &#8211; &nbsp; Qui est Florence Titty-Dimbeng ? Je suis une camerounaise de c&oelig;ur, de nationalit&eacute; fran&ccedil;aise et vivant au Gabon. Je suis surtout une passionn&eacute;e de musique. 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