{"id":4501,"date":"2012-05-16T14:32:53","date_gmt":"2012-05-16T12:32:53","guid":{"rendered":""},"modified":"2012-05-16T14:32:53","modified_gmt":"2012-05-16T12:32:53","slug":"4501","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4501\/","title":{"rendered":"Avant-sc\u00e8ne. Des artistes camerounais contre le concert de P. Square"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Ekambi Brillant. \u00ab &#8230;Je soutiens de tout c\u0153ur cette contestation. Il est inadmissible que des artistes \u00e9trangers viennent jouer chez nous pour des cachets de millions et que des artistes camerounais ne puissent b\u00e9n\u00e9ficier du m\u00eame traitement\u00bb &#8211; <\/p>\n<p><strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est une initiative du Syndicat camerounais des musiciens (Sycamu).<\/strong><\/p>\n<p>18 mai 2012. Des artistes musiciens camerounais, sous la houlette du  Syndicat camerounais des musiciens, entendent protester contre le  concert du groupe nig&eacute;rian P. Square. Ce duo est annonc&eacute; au Cameroun  pour deux spectacles. Notamment les 18 et 20 mai 2012, respectivement &agrave;  Yaound&eacute; et &agrave; Douala. Sur sc&egrave;ne, ils seront accompagn&eacute;s des artistes  locaux, tels Lady Ponce et Petit Pays. Lesdits spectacles sont organis&eacute;s  par la soci&eacute;t&eacute; de t&eacute;l&eacute;phonie mobile Mtn.<\/p>\n<p>Certains artistes camerounais entendent profiter de cette occasion, pour attirer l&rsquo;attention de la soci&eacute;t&eacute; Mtn sur les <strong><em>&laquo; t&eacute;l&eacute;chargements des &oelig;uvres musicales sans autorisation des producteurs,&nbsp; sans&nbsp; reversement des droits &raquo;<\/em><\/strong>, confie Rom&eacute;o Dika, pr&eacute;sident du Sycamu. Ce dernier souhaite que <em><strong>&laquo; Mtn cesse toute exploitation d&rsquo; &oelig;uvres musicales sur le sol camerounais &raquo;<\/strong><\/em>. Du c&ocirc;t&eacute; de Mtn, on reste tr&egrave;s serein. On ne se fait pas du mouron. Ces concerts auront sans doute lieu.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Int&eacute;r&ecirc;ts divergents<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Rom&eacute;o Dika, a fait l&rsquo;annonce de cette marche de protestation mardi 8  mai 2012 au palais des Congr&egrave;s de Yaound&eacute; lors d&rsquo;une r&eacute;union d&rsquo;&eacute;change  entre la <em>ministre des Arts et de la culture<\/em> (Minac), les  soci&eacute;t&eacute;s de gestion collective de droits d&rsquo;auteur et des syndicalistes.  Il &eacute;tait question &agrave; l&rsquo;issue de cette rencontre, de plancher sur le&nbsp;  piratage d&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;esprit, de la gestion du droit d&rsquo;auteur, des  droits voisins, du compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale et du fonds d&rsquo;aide  annuelle. Depuis lors, des r&eacute;actions fusent de partout suite &agrave; cette  annonce. Des passions se d&eacute;cha&icirc;nent. Et on se m&ecirc;le un peu les p&eacute;dales.  Si M. Dika, entend par ce mouvement d&rsquo;humeur, amener Mtn &agrave; payer les  droits issus de l&rsquo;utilisation des &oelig;uvres musicales, pour d&rsquo;autres  artistes qui comptent l&rsquo;accompagner, ce n&rsquo;est pas le cas.<\/p>\n<p>8 mai 2012 &agrave; la carri&egrave;re au quartier Akwa-nord &agrave; Douala. Il est un  peu plus de 17 heures quand le mentor Ekambi Brillant prend la parole  lors de la conf&eacute;rence de presse marquant le lancement des activit&eacute;s de  la c&eacute;l&eacute;bration des 15 ans de carri&egrave;re de Devi&rsquo;s Mambo, dont il est le  parrain. Il d&eacute;clare suite &agrave; l&rsquo;interrogation d&rsquo;un journaliste : <em><strong>&laquo;  Je n&rsquo;ai pas &eacute;t&eacute; personnellement contact&eacute; pour cette marche mais je  soutiens de tout c&oelig;ur cette contestation. Il est inadmissible que des  artistes &eacute;trangers viennent jouer chez nous pour des cachets de millions  et que des artistes camerounais ne puissent b&eacute;n&eacute;ficier du m&ecirc;me  traitement&raquo;<\/strong><\/em>. Il marque une pause et continue en ces termes : <em><strong>&laquo;Il  faut que prochainement quand un artiste &eacute;tranger vient jouer ici, qu&rsquo;il  ait le m&ecirc;me cachet que l&rsquo;artiste camerounais qui l&rsquo;accompagne ou qui  est sollicit&eacute; dans le m&ecirc;me cadre parce que c&rsquo;est l&rsquo;argent des  Camerounais qu&rsquo;on utilise &raquo;<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p>Des d&eacute;clarations salu&eacute;es par des salves d&rsquo;applaudissements d&rsquo;artistes  pr&eacute;sents. Un d&eacute;bat surgit entre confr&egrave;res de la presse. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, ceux  qui sont d&rsquo;avis avec Ekambi Brillant. Ils estiment qu&rsquo;il faut  promouvoir <em>&laquo; &agrave; tout prix &raquo; <\/em>les artistes locaux et encourager la  culture camerounaise surtout en ce moment, o&ugrave; elle va mal. Un v&oelig;u que  partage le camp d&rsquo;en face non sans &eacute;mettre des restrictions. Comme  argument majeur, la carence de professionnalisme de la part des artistes  camerounais qui ne savent pas se vendre. <strong><em>&laquo; G&eacute;n&eacute;ralement,  l&rsquo;artiste est &agrave; la fois le manager, le communicateur, le chor&eacute;graphe, le  maquilleur, l&rsquo;habilleur&hellip;et tout &agrave; la fois &raquo;<\/em><\/strong>, confie un  confr&egrave;re qui pense que ce cumul de fonction ne participe pas de  l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;aura de l&rsquo;artiste aupr&egrave;s des grosses structures qui <em>&laquo; les ach&egrave;tent tr&egrave;s souvent comme ils se vendent &raquo;<\/em>.  Fotemah Mbah, vice-pr&eacute;sident de Konvick music, la maison de production  d&rsquo;Akon, artiste musicien am&eacute;ricain qui a r&eacute;cemment jou&eacute; pour plusieurs  millions au Cameroun &agrave; l&rsquo;invitation du groupe Diageo, nous confiait que <em><strong>&laquo; plus d&rsquo;une centaine de personne travaille pour l&rsquo;image d&rsquo;Akon &raquo;<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p>Deux jours avant sa prestation &agrave; la place du gouvernement &agrave; Bonanjo  le 24 mars 2012, une &eacute;quipe de techniciens, l&rsquo;avait pr&eacute;c&eacute;d&eacute; pour  installer le mat&eacute;riel. C&rsquo;est aussi le cas pour des artistes camerounais  comme Etienne Mbappe ou Richard Bona qui sont tr&egrave;s exigeants quant &agrave; la  qualit&eacute; de leurs prestations. Aucune fausse note. Certains s&rsquo;abstiennent  de jouer quand le cachet et ou les conditions techniques ne sont pas &agrave;  la dimension de leur statut. A titre d&rsquo;exemple, Vincent Nguini. En  janvier 2012, il &eacute;tait annonc&eacute; pour l&rsquo;ouverture officielle des  programmes du Centre culturel fran&ccedil;ais qui devenait Institut fran&ccedil;ais.  Le concert n&rsquo;a plus eu lieu. Son manager au Cameroun, Ebeney Donald  Wesley nous avait confi&eacute; que <em><strong>&laquo; le cachet qu&rsquo;on proposait au chef d&rsquo;orchestre de Paul Simon &eacute;tait minable. C&rsquo;est pourquoi, il n&rsquo;a pas jou&eacute; &raquo;<\/strong><\/em>. Etienne Mbappe aussi. Invit&eacute; &agrave; la cl&ocirc;ture du Weedin&rsquo;art l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, il s&rsquo;est abstenu de jouer pour pr&eacute;server son image.<\/p>\n<p>Raison ? La capacit&eacute; du groupe &eacute;lectrog&egrave;ne pr&eacute;vu pour la circonstance  ne pouvait supporter son mat&eacute;riel. On le voit aussi aujourd&rsquo;hui avec le  groupe X-maleya qui est tr&egrave;s sollicit&eacute; autant sur la sc&egrave;ne nationale  qu&rsquo;internationale, pour des prestations de haute facture. Leur manager,  Pit Baccardi, se montre tr&egrave;s exigeant envers ceux qui les sollicitent.  Lors des derni&egrave;res causeries musicales &agrave; l&rsquo;Institut fran&ccedil;ais de Douala,  le 8 mai 2012, Ajajo Nkembe, manager-producteur, Michel Ndoh, secr&eacute;taire  g&eacute;n&eacute;ral du Conseil national de la musique et Julius Essoka, artiste  soutenaient tous, que pour s&rsquo;assurer une bonne carri&egrave;re, il faut en plus  du talent, s&rsquo;entourer des services d&rsquo;un bon manager qui <strong><em>&laquo;  doit n&eacute;gocier tous les contrats de l&rsquo;artiste, les publicit&eacute;s, revoir  toutes ses contraintes non artistiques. Bref, un qui pr&eacute;serve et  am&eacute;liore l&rsquo;image de l&rsquo;artiste au quotidien &raquo;.<\/em><\/strong> <\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Absence de politique culturelle<\/strong><\/span><\/p>\n<p>En marge de l&rsquo;absence de professionnalisme chez des artistes  camerounais, il faut quand m&ecirc;me reconnaitre que l&rsquo;environnement  camerounais n&rsquo;est pas tr&egrave;s favorable au professionnalisme. Le piratage  des &oelig;uvres musicales qui se fait au vue et au su de tous ne permet pas  aux artistes d&rsquo;&ecirc;tre ind&eacute;pendants. A c&ocirc;t&eacute;, il y&rsquo;a malhonn&ecirc;tet&eacute; des uns.  On a vu des entreprises arnaqu&eacute;es par des artistes pour qui ils  sponsorisaient pourtant des &eacute;v&eacute;nements. Dans tous les cas, le mal serait  plus profond. Le Cameroun ne dispose d&rsquo;aucune politique culturelle. Les  quotas de diffusion par exemple, ne sont pas du tout respect&eacute;s dans nos  cha&icirc;nes de radios et t&eacute;l&eacute;visions, qui font la part belle &agrave; des  productions &eacute;trang&egrave;res au d&eacute;triment des locales. Peut-&ecirc;tre qu&rsquo;au terme  de cette semaine de concertations initi&eacute;es par Ama Tutu Muna, ministre  des Arts et de la culture,&nbsp; les arts et la culture camerounaise en gros,  vont afficher un visage plus reluisant.<\/p>\n<p><strong>Adeline TCHOUAKAK<\/p>\n<p>Le messager Via <br \/>\nCameroonvoice.com<br \/>\n<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ekambi Brillant. \u00ab &#8230;Je soutiens de tout c\u0153ur cette contestation. 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