{"id":4519,"date":"2012-07-12T16:58:04","date_gmt":"2012-07-12T14:58:04","guid":{"rendered":""},"modified":"2012-07-12T16:58:04","modified_gmt":"2012-07-12T14:58:04","slug":"4519","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4519\/","title":{"rendered":"Sandra Nkak\u00e9: militante musicale"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\nChanteuse multi-styles, Sandra Nkak\u00e9 a grandi entre Yaound\u00e9 et Paris. Artiste spontan\u00e9e et d\u00e9termin\u00e9e, elle vient de sortir un second album, intitul\u00e9 Nothing For Granted, qui sonne comme un cri de libert\u00e9. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est une tornade de couleurs qui d&eacute;barque dans un bar du quartier de Pigalle. Lunettes rouge vif sur le nez, veste en cuir bordeaux et grosses boucles d&rsquo;oreilles bleu, Sandra Nkak&eacute; voit la vie en multicolore. Elle pousse m&ecirc;me le souci du d&eacute;tail jusqu&rsquo;&agrave; peindre ses ongles en vert p&eacute;tant.<\/p>\n<p>Exub&eacute;rante et d&eacute;complex&eacute;e, au quotidien comme sur sc&egrave;ne. Large sourire aux l&egrave;vres, elle s&rsquo;excuse pour son retard avant de commander un caf&eacute;. Prise dans un tourbillon, elle encha&icirc;ne les rendez-vous avec les journalistes. Son deuxi&egrave;me album <em>Nothing For Granted<\/em> vient &agrave; peine de sortir et il fait d&eacute;j&agrave; les gros titres de la presse culturelle. Mais pas question de succomber &agrave; la pression: &laquo;<em>On peut &ecirc;tre stress&eacute; quand on n&rsquo;est pas s&ucirc;r de ce qu&rsquo;on d&eacute;fend, moi j&rsquo;en suis s&ucirc;re, j&rsquo;aime mes chansons et j&rsquo;ai une &eacute;quipe incroyable en concert<\/em>&raquo;.<\/p>\n<h3><em>&laquo;Animal social&raquo;<\/em><\/h3>\n<p>Sandra a de quoi avoir de l&rsquo;assurance. Son nouveau disque est un concentr&eacute; du meilleur de la musique actuelle. Avec justesse, elle explore le rock, la pop, le jazz, le groove ou encore le funk. Un m&eacute;lange explosif de styles, mais aussi un opus contestataire.<\/p>\n<blockquote>\n<p>&laquo;<em>Ce qu&rsquo;on propose, ce n&rsquo;est pas juste une suite de chansons, on essaye de proposer un spectacle, en tout cas un voyage &agrave; travers pas mal d&rsquo;&eacute;motions. Il y a des chansons qui parlent de cette &eacute;nergie des collectifs, pour une autre mani&egrave;re de regarder le monde, pour plus de libert&eacute;s et pour une utilisation de notre libre-arbitre pour essayer de casser les codes raciaux, sociaux, ethniques ou religieux.&raquo;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Derri&egrave;re cette mordue de mode aux fringues bariol&eacute;es, se cache en effet une militante musicale. Sandra ne m&acirc;che pas ses mots. Elle parle avec pr&eacute;cision, appuie sur certaines id&eacute;es, comme si elle proposait un v&eacute;ritable programme politique. <em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p><em>&laquo;Je me sens vraiment &agrave; la fois artisan et animal social. Ma place dans la soci&eacute;t&eacute; n&rsquo;est pas plus importante que celle du boucher ou de l&rsquo;instituteur, mais en tant qu&rsquo;animal social, j&rsquo;utilise mon artisanat pour proposer ma vision de la soci&eacute;t&eacute; et d&rsquo;un mieux-vivre ensemble<\/em>&raquo;, explique la chanteuse d&rsquo;une voix forte et d&eacute;termin&eacute;e.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une volont&eacute; qu&rsquo;elle tire sans aucun doute de son enfance. Ballot&eacute;e entre deux pays et deux cultures, Sandra a d&ucirc; se construire plus vite que les autres. <br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<h3>A la maison, Brassens &agrave; bonne r&eacute;putation<\/h3>\n<p>Con&ccedil;ue &agrave; Paris, elle est n&eacute;e &agrave; Yaound&eacute; d&rsquo;une m&egrave;re franco-camerounaise et d&rsquo;un p&egrave;re camerounais. Ses parents finissent par se s&eacute;parer: <em>&laquo;J&rsquo;ai pass&eacute; deux ans &agrave; faire des zigzags et des allers retours&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p>Sa m&egrave;re travaille &agrave; l&rsquo;Unesco, &agrave; M&eacute;decins du monde ou pour d&rsquo;autres ONG. Entre deux missions, elle laisse ses enfants chez leurs grands-parents africains ou chez les Bretons &agrave; Fouesnant: <em>&laquo;J&rsquo;ai eu une vie assez instable, en tout cas au niveau scolaire, mais en m&ecirc;me temps cela ma donn&eacute; cette force d&rsquo;avoir l&rsquo;impression que mon chez moi il &eacute;tait en moi&raquo;.<\/em><\/p>\n<p>Une jeunesse nomade qui lui permet aussi de s&rsquo;impr&eacute;gner de diff&eacute;rentes influences: <em>&laquo;Il y avait beaucoup de Manu Dibango &agrave; la maison, de Miriam Makeba, de Bela Belo, mais il y avait aussi Ferr&eacute;, Brassens, Nina Simone. Ma m&egrave;re &eacute;coutait beaucoup de musique folk aussi comme Joan Baez, Leonard Cohen, Cat Stevens<strong>&raquo;<\/strong><\/em><strong>.<\/strong><\/p>\n<h3>Le th&eacute;&acirc;tre, c&rsquo;est pas sorcier<\/h3>\n<p>Arriv&eacute;e &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte, Sandra se fixe finalement &agrave; Paris. Inscrite &agrave; la Sorbonne, elle se r&ecirc;ve en journaliste ou en professeur d&rsquo;anglais. Mais les hasards de la vie vont la pousser vers la lumi&egrave;re et la sc&egrave;ne.<\/p>\n<p>En 1994, elle se fait d&eacute;j&agrave; remarquer par une grosse col&egrave;re. Elle assiste &agrave; une pi&egrave;ce de l&rsquo;une de ses amies, <em>Les Sorci&egrave;res de Salem<\/em>. Le r&ocirc;le de l&rsquo;esclave noire est jou&eacute;e par une com&eacute;dienne blanche avec du cirage sur le visage.<\/p>\n<blockquote>\n<p><em>&laquo;On m&rsquo;a pr&eacute;sent&eacute; le metteur de sc&egrave;ne, il m&rsquo;a demand&eacute; ce que j&rsquo;en pensais, j&rsquo;ai dit que le spectacle &eacute;tait superbe mais qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas &eacute;norm&eacute;ment de r&ocirc;le pour les acteurs noirs dans les pi&egrave;ces am&eacute;ricaines, cherchez des acteurs noirs&nbsp;! C&rsquo;&eacute;tait juste insupportable!&raquo;, raconte-t-elle avec encore beaucoup de rage. <\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une franchise payante, on lui propose de rejoindre la troupe. Pendant deux ans, elle monte sur les planches, avant que de nouvelles rencontres ne la pousse derri&egrave;re un micro: &laquo;<em>Un moment donn&eacute; on ne peut pas tout faire. Je pense que j&rsquo;avais plus l&rsquo;impression de m&rsquo;exprimer dans la musique. En racontant des choses personnelles, je sentais que cela me faisait du bien ainsi qu&rsquo;aux autres<\/em>&raquo;. <\/p>\n<p>.<\/p>\n<p>Une prise de parole qui lui permet aussi de d&eacute;fendre les causes qui lui tiennent &agrave; c&oelig;ur:<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p><em>&laquo;J&rsquo;ai constat&eacute; que ce que j&rsquo;aimais dans la musique, ce n&rsquo;&eacute;tait pas tellement le style, mais plut&ocirc;t l&rsquo;implication de l&rsquo;artiste dans l&rsquo;expression de sa musique et de sa personnalit&eacute;. Miram Makeba, Tom Waits, Nina Simone ou Bob Marley, ce sont des personnes qui revendiquent une personnalit&eacute; tr&egrave;s forte et qui surtout utilisent la musique comme moyen de parler.&raquo;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Deux albums plus tard (<em>Mansaadi<\/em> est paru en 2008), l&rsquo;artiste a un emploi du temps bien rempli. &Agrave; 39 ans, cette m&egrave;re de quatre enfants porte les casquettes d&rsquo;auteur-compositeur- productrice, mais aussi de chroniqueuse musicale pour l&rsquo;&eacute;mission Plus d&rsquo;Afrique sur Canal+.<\/p>\n<h3>Entretenir la flamme<em>!<\/em><\/h3>\n<p>Le continent de ses anc&ecirc;tres tient toujours une grande place dans sa vie. &laquo;<em>Qu&rsquo;est-ce que &ecirc;tre Africaine? Si ce n&rsquo;est faire ce que je fais, &agrave; la fois porter le Cameroun en moi ainsi qu&rsquo;une certaine forme de f&eacute;minit&eacute; qui s&rsquo;affirme. Ce n&rsquo;est pas si &eacute;vident aujourd&rsquo;hui d&rsquo;&ecirc;tre une femme entrepreneur, m&egrave;re de famille et d&rsquo;affirmer ses convictions&nbsp;!&nbsp;<\/em>&raquo;, constate Sandra.<\/p>\n<p>Malgr&eacute; le succ&egrave;s, cette chanteuse lumineuse n&rsquo;est pas pr&ecirc;te de se faire encha&icirc;ner. Elle promet de continuer &agrave; concocter tranquillement ses morceaux &agrave; la maison et sans contrainte&nbsp;&laquo;<em>jusqu&rsquo;&agrave; ce que mon corps me l&acirc;che, j&rsquo;esp&egrave;re que ce sera dans longtemps!&raquo;<\/em><strong> <\/strong>R&eacute;sistante &agrave; sa mani&egrave;re, elle est la preuve vivante que la libert&eacute; existe encore dans la musique:<\/p>\n<blockquote>\n<p><em>&laquo;L&rsquo;id&eacute;e, ce n&rsquo;est pas que cela r&eacute;ussisse ou que cela foire. On s&rsquo;en fiche&nbsp;! L&rsquo;id&eacute;e, c&rsquo;est de se dire &quot;mais si on essayait&nbsp;?&quot;. De toujours avoir cette flamme!&raquo;<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><em><strong>St&eacute;phanie Trouillard<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Les prochaines dates de la tourn&eacute;e de Sandra Nkak&eacute; sont &agrave; retrouver sur <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.sandrankake.com\/nfg\/accueil\">son site<\/a>.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"comment_top\">mise &agrave; jour 30\/05\/2012<br \/>\nSlateafrique.com<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chanteuse multi-styles, Sandra Nkak\u00e9 a grandi entre Yaound\u00e9 et Paris. Artiste spontan\u00e9e et d\u00e9termin\u00e9e, elle vient de sortir un second album, intitul\u00e9 Nothing For Granted, qui sonne comme un cri de libert\u00e9. &#8211; &nbsp; C&rsquo;est une tornade de couleurs qui d&eacute;barque dans un bar du quartier de Pigalle. 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