{"id":4621,"date":"2013-03-13T09:18:07","date_gmt":"2013-03-13T08:18:07","guid":{"rendered":""},"modified":"2013-03-13T09:18:07","modified_gmt":"2013-03-13T07:18:07","slug":"4621","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4621\/","title":{"rendered":"Long\u00e9vit\u00e9 au pouvoir de Paul Biya: Un film de Jean Pierre Bekolo cr\u00e9e la panique \u00e0 Etoudi &#8211; Le Cabinet civil adresse une demande d\u2019explications \u00e0 Ama Tutu Muna"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\nLa sortie du film qui fustige entre autres la long\u00e9vit\u00e9 au pouvoir de certains dirigeants africains, semble avoir irrit\u00e9 les tenants du pouvoir au Cameroun. Le directeur du cabinet civil de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique vient de demander \u00e0 madame la ministre Ama Tutu de s\u2019expliquer. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"display:none\" id=\"dc_vk_code\">&nbsp;<\/div>\n<p>La sortie du film qui fustige entre autres la long&eacute;vit&eacute; au pouvoir de  certains dirigeants africains, semble avoir irrit&eacute; les tenants du  pouvoir au Cameroun. Le directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence de  la R&eacute;publique vient de demander &agrave; madame la ministre Ama Tutu de  s&rsquo;expliquer. En cause, une petite aide financi&egrave;re accord&eacute;e au cin&eacute;aste  camerounais par l&rsquo;Etat pour r&eacute;aliser une &oelig;uvre qui fustige le pr&eacute;sident  octog&eacute;naire au pouvoir depuis plus de 30 ans. <\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a plus de doute. Jean Pierre Bekolo est certainement le  cin&eacute;aste camerounais le plus engag&eacute; de ces 30 derni&egrave;res ann&eacute;es. Apr&egrave;s de  brillantes r&eacute;alisations cin&eacute;matographiques tels que : &laquo; Quartier Mozart  &raquo; et &laquo; les saignantes &raquo;, qui ont respectivement trait&eacute;s des probl&egrave;mes  de la jeunesse et des crimes rituels en soci&eacute;t&eacute;s africaines  postcoloniales, le talentueux r&eacute;alisateur &agrave; l&rsquo;&eacute;criture cin&eacute;matographique  alerte, vient d&rsquo;achever une autre &oelig;uvre que l&rsquo;on peut consid&eacute;rer &agrave;  juste titre, comme une satire sociopolitique. Le titre du nouveau film  de Jean Pierre Bekolo qui sortira dans les salles europ&eacute;ennes (France et  Belgique) dans les prochaines semaines est assez symptomatique : &laquo; Le  Pr&eacute;sident ! Comment sait-on qu&rsquo;il est temps de partir ? &raquo;. Il s&rsquo;agit &agrave;  la fois d&rsquo;une fiction m&ecirc;l&eacute;e au documentaire en long m&eacute;trage pour une  dur&eacute;e d&rsquo;une heure 5 minutes. Comme l&rsquo;a majestueusement dit l&rsquo;artiste  franco-nig&eacute;rien Mamane, il y a une semaine de cela sur les antennes de  Radio France Internationale, dans sa fameuse chronique sur la &laquo;  R&eacute;publique tr&egrave;s, tr&egrave;s d&eacute;mocratique du Gondouana &raquo;, ce film met en sc&egrave;ne  un pr&eacute;sident vieillissant, apr&egrave;s plusieurs d&eacute;cennies de pouvoir, et qui  voit son pouvoir s&rsquo;effriter et lui &eacute;chapper inexorablement par le simple  fait qu&rsquo;il est devenu pratiquement inop&eacute;rant. L&rsquo;&eacute;criture  cin&eacute;matographique adopt&eacute;e par Jean Pierre Bekolo dans sa nouvelle  cr&eacute;ation artistique veut s&rsquo;inscrire dans la m&eacute;moire collective de  plusieurs pays du continent africain dont les mutations vers des  soci&eacute;t&eacute;s plus d&eacute;mocratiques se trouvent aujourd&rsquo;hui, plus de vingt ans  apr&egrave;s, &eacute;trangl&eacute;es. <\/p>\n<p>Dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;auteur, le sc&eacute;nario de ce film qui, il faut le  dire, est d&rsquo;abord une &oelig;uvre de fiction, a effray&eacute; plusieurs acteurs,  camerounais notamment. Beaucoup ont d&eacute;clin&eacute; l&rsquo;offre de travail de Jean  Pierre Bekolo, estimant ne pas vouloir se mettre en danger, &laquo; face au  caract&egrave;re violent du syst&egrave;me dominant au Cameroun &raquo;. Il faut dire que  certains ont vite fait de faire un rapprochement avec la dynamique  sociopolitique ambiante.  <\/p>\n<p>\n<b>Une &oelig;uvre courageuse<\/b> <\/p>\n<p>Heureusement pour l&rsquo;amour du cin&eacute;ma, il s&rsquo;est quand m&ecirc;me trouv&eacute; des  acteurs courageux qui ont accept&eacute; d&rsquo;entrer dans des personnages et  traduire &agrave; ceux qui croient &agrave; la magie du 7&egrave; art sur le progr&egrave;s de notre  soci&eacute;t&eacute;, la v&eacute;rit&eacute; qui peut g&ecirc;ner tous ceux-l&agrave;, qui vivent dans les  hautes sph&egrave;res du syst&egrave;me, et qui auraient dans leurs subconscient  pleins de monstres tragiquement despotiques.  <\/p>\n<p>G&eacute;rard Essomba, disons plut&ocirc;t, &laquo;le Grand G&eacute;rard Essomba&raquo;, l&rsquo;immense  acteur dont le talent est inoxydable, a accept&eacute; de jouer le r&ocirc;le du  Pr&eacute;sident &laquo; qui ne sait pas qu&rsquo;il est temps de partir &raquo;. A ses c&ocirc;t&eacute;s, le  rappeur Vals&eacute;ro, a choisi d&rsquo;&ecirc;tre bien dans son r&ocirc;le de tribun de la  jeunesse qui  sans cesse, &eacute;crit au pr&eacute;sident pour lui traduire les  questions que se posent les jeunes. Tout comme l&rsquo;humoriste Valery Ndongo  dans le personnage d&rsquo;un journaliste ind&eacute;pendant. Ce dernier essaye au  quotidien de jouer les chiens de garde de la d&eacute;mocratie. Mathias Eric  Owona, le juriste &agrave; l&rsquo;analyse pointue, est &eacute;galement dans le film, dans  un r&ocirc;le d&rsquo;intellectuel qui &eacute;duque, informe et sensibilise le petit  peuple sur la v&eacute;rit&eacute; des vertus de l&rsquo;alternance d&eacute;mocratique. Le tout  forme donc un cocktail cin&eacute;matographique bien dos&eacute;, que les cin&eacute;philes  d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs (surtout ceux qui font partie du petit peuple  marginalis&eacute; en Afrique) auront bien du plaisir &agrave; d&eacute;guster.  <\/p>\n<p>\n<b>Panique &agrave; Etoudi ?<\/b> <\/p>\n<p>Officiellement, le film n&rsquo;est pas encore sorti. Il a juste &eacute;t&eacute;  projet&eacute; dans les coulisses du dernier Festival panafricain du cin&eacute;ma  (Fespaco) &agrave; Ouagadougou, au &laquo;pays des hommes int&egrave;gres&raquo;. Quelques espions  du chef de l&rsquo;Etat Burkinab&eacute;, Blaise Compaor&eacute; (tiens ! celui-l&agrave;, comme  bien d&rsquo;autres pr&eacute;sidents africains qui ont plus de 20 ans de pouvoir,  doit certainement avoir bien de choses &agrave; se reprocher hein !), sont  venus visionner cette &oelig;uvre dont la th&eacute;matique pourrait bien s&rsquo;adresser &agrave;  leur champion. Au Cameroun, le seul &eacute;cho de la sortie prochaine de ce  film a cr&eacute;&eacute; une f&eacute;brilit&eacute; impressionnante en haut lieu. Selon des  sources bien introduites, sur instruction de la Haute hi&eacute;rarchie, le  directeur du cabinet civil de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique a envoy&eacute; il  y a quelques jours, une demande d&rsquo;explication &agrave; madame le ministre des  Arts et de la culture, Ama Tutu Muna, sur les conditions de r&eacute;alisation  de ce film consid&eacute;r&eacute; dans le landerneau politique comme une &laquo;  provocation &raquo;. Compl&egrave;tement paniqu&eacute;e et largu&eacute;e par cette demande  d&rsquo;explication qui vient d&rsquo;Etoudi, Ama Tutu Muna qui n&rsquo;&eacute;tait pas au  r&eacute;cent Fespaco, a demand&eacute; d&rsquo;urgence &agrave; son collaborateur, le directeur de  la cin&eacute;matographie au minist&egrave;re des Arts et de la culture,  l&rsquo;administrateur civil principal Joseph Lobe, qui lui, a pris part au  nom du gouvernement camerounais au dernier Fespaco, de vite trouver les  mots justes, susceptibles de l&rsquo;aider dans sa d&eacute;fense. La r&eacute;ponse de  madame la ministre des Arts et de la culture &agrave; la demande d&rsquo;explication  venue du Cabinet civil de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique serait selon  nos sources, encore en pr&eacute;paration. Mais dans les coulisses de ce  d&eacute;partement minist&eacute;riel, on se mord les doigts, puis on s&rsquo;accuse  mutuellement. Et surtout on pointe d&rsquo;un doigt accusateur, ceux qui ont  parrain&eacute; le dossier de financement pr&eacute;sent&eacute; par le cin&eacute;aste Jean Pierre  Bekolo pour ce qui est notamment de l&rsquo;aide &agrave; l&rsquo;&eacute;criture d&rsquo;un montant de  deux millions de Fcfa. Contact&eacute; par Le Messager pour avoir une r&eacute;action  de madame le ministre des Arts et de la culture sur cette affaire, et  surtout pour comprendre les fondements de cette col&egrave;re de la haute  hi&eacute;rarchie qui a inflig&eacute; une demande d&rsquo;explication au chef du  d&eacute;partement de la culture,  une source tr&egrave;s proche de madame la ministre  des Arts et de la culture s&rsquo;est d&rsquo;abord &eacute;mue et &eacute;tonn&eacute;e d&rsquo;apprendre  qu&rsquo;il y a eu une demande d&rsquo;explication venant du Cabinet civil et qui  soit adress&eacute;e au chef du d&eacute;partement de la culture. Se ravisant, ce  collaborateur de madame Ama Tutu Muna indique que &laquo; une correspondance  envoy&eacute; par la Haute hi&eacute;rarchie &agrave; madame le ministre ne saurait faire  l&rsquo;objet d&rsquo;un quelconque commentaire dans les m&eacute;dias. C&rsquo;est la position  de madame le ministre&hellip; &raquo; M&ecirc;me le directeur de la cin&eacute;matographie, Joseph  Lobe a refus&eacute; de se prononcer sur cette affaire qui est pourtant sur  toutes les l&egrave;vres dans les coulisses du Minist&egrave;re des Arts et de la  culture. Une affaire &agrave; suivre de tr&egrave;s pr&egrave;s.                                 <\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial; font-size: 9pt; color: #CC3300;\">Jean Fran&ccedil;ois CHANNON<\/span> | <span style=\"font-family: arial; font-size: 9pt; color: #000000;\">Le Messager<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sortie du film qui fustige entre autres la long\u00e9vit\u00e9 au pouvoir de certains dirigeants africains, semble avoir irrit\u00e9 les tenants du pouvoir au Cameroun. 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