{"id":4627,"date":"2013-03-27T19:37:48","date_gmt":"2013-03-27T18:37:48","guid":{"rendered":""},"modified":"2013-03-27T19:37:48","modified_gmt":"2013-03-27T17:37:48","slug":"4627","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4627\/","title":{"rendered":"\u00ab Faire un film au Cameroun n\u2019est pas plus horrible que tourner \u00e0 Paris \u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\nJuste une question de temps et la charismatique jeune r\u00e9alisatrice pourra brandir son long m\u00e9trage fiction compl\u00e8tement achev\u00e9. Entre-temps, elle veut bien revenir sur le d\u00e9roulement du tournage, ce qui a motiv\u00e9 ses diff\u00e9rents choix\u2026 &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"col_insert\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" height=\"291\" width=\"560\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 560 291'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/clapnoir.org\/IMG\/arton988.jpg?1364374898\" alt=\"\" class=\"lazyload spip_logos\" \/><\/div>\n<div class=\"soustitre\">Entretien avec Fran&ccedil;oise Ellong<\/div>\n<div class=\"chapo\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"texte\">\n<p><strong>Tu es  en phase  post pro&shy;duc&shy;tion de ton film  W.A.K.A  tourn&eacute; au Cameroun, &agrave; quel niveau se trouve actuel&shy;le&shy;ment  le projet&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Nous tenons actuel&shy;le&shy;ment une pre&shy;mi&egrave;re ver&shy;sion du mon&shy;tage image.  Il ne s&rsquo;agit pas juste d&rsquo;un simple bout &agrave; bout des s&eacute;quen&shy;ces de mani&egrave;re  chro&shy;no&shy;lo&shy;gi&shy;que. Nous avons bel et bien mont&eacute;, avec le souci du  d&eacute;tail et en y pas&shy;sant des jour&shy;n&eacute;es enti&egrave;&shy;res. Les mixeurs sons,  l&rsquo;&eacute;talonneur et le com&shy;po&shy;si&shy;teur ont d&eacute;j&agrave; un export en main. Cependant,  &agrave; ce niveau de la post pro&shy;duc&shy;tion, on devra se conten&shy;ter d&rsquo;un bon  pr&eacute; mixage et d&rsquo;un bon pr&eacute; &eacute;talonnage, car pour fina&shy;li&shy;ser, il nous  faut davan&shy;tage niveau budget.<\/p>\n<p><strong>Il s&rsquo;agit de ton pre&shy;mier long m&eacute;trage et tu d&eacute;ci&shy;des de le tour&shy;ner au Cameroun, quel&shy;les ont &eacute;t&eacute; tes diver&shy;ses moti&shy;va&shy;tions&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;tape du long-m&eacute;trage en ce qui me concerne, est une &eacute;tape  impor&shy;tante et cru&shy;ciale dans la vie d&rsquo;un r&eacute;a&shy;li&shy;sa&shy;teur. Je suis d&rsquo;avis  qu&rsquo;on a encore la pos&shy;si&shy;bi&shy;lit&eacute; de faire un peu &laquo;&nbsp;ce qu&rsquo;on veut&nbsp;&raquo; et  les &acirc;mes qui se gref&shy;fent autour du projet sont l&agrave; avant tout par  pas&shy;sion du cin&eacute;ma, par amour de l&rsquo;his&shy;toire racont&eacute;e ensuite et puis il  y a aussi cet esprit de famille au sein d&rsquo;une bonne &eacute;quipe. Le Cameroun  est mon pre&shy;mier &laquo;&nbsp;chez-moi&nbsp;&raquo;. J&rsquo;ai voulu rendre hom&shy;mage &agrave; cette terre  qui m&rsquo;a vu na&icirc;tre, qu&rsquo;elle soit celle par laquelle je fran&shy;chie cette  fameuse &eacute;tape. Et puis, j&rsquo;&eacute;tais curieuse. J&rsquo;essaie d&rsquo;aller au Cameroun  tous les ans et avant &laquo;&nbsp;La Nuit du Court-m&eacute;trage de Douala&nbsp;&raquo;, je n&rsquo;avais  jamais essay&eacute; d&rsquo;appro&shy;cher le milieu du cin&eacute;ma came&shy;rou&shy;nais. Non pas  par d&eacute;sin&shy;t&eacute;&shy;r&ecirc;t, mais pour la simple et bonne raison que mes voya&shy;ges  au Cameroun me per&shy;met&shy;tent de me res&shy;sour&shy;cer et d&rsquo;&ecirc;tre en famille. Je  passe d&eacute;j&agrave; ma vie &agrave; exer&shy;cer ma pas&shy;sion en France, au Mboa (pays en  argot came&shy;rou&shy;nais Ndlr), j&rsquo;aspire davan&shy;tage &agrave; la s&eacute;r&eacute;&shy;nit&eacute; et  para&shy;doxa&shy;le&shy;ment, au calme.<\/p>\n<p><strong>Certains com&eacute;&shy;diens cast&eacute;s au d&eacute;part ont d&ucirc; &ecirc;tre rem&shy;pla&shy;c&eacute;s, quel&shy;les &eacute;taient les rai&shy;sons&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Des pro&shy;bl&egrave;&shy;mes de com&shy;mu&shy;ni&shy;ca&shy;tion je dirais. Quand on  com&shy;mu&shy;ni&shy;que mal, on en paye les frais que ce soit d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; comme de  l&rsquo;autre. Aussi, j&rsquo;ai un franc parl&eacute; qui d&eacute;range et je com&shy;prends bien  que &ccedil;a casse de temps en temps. Je ne suis pas blan&shy;che comme neige dans  cette mau&shy;vaise com&shy;mu&shy;ni&shy;ca&shy;tion, mais j&rsquo;assume tou&shy;jours les choses  quand elles arri&shy;vent et j&rsquo;assume aussi ma mani&egrave;re directe de parler.  Mais aujourd&rsquo;hui, quand j&rsquo;y regarde de pr&egrave;s, je me dis que les choses  n&rsquo;arri&shy;vent pas par hasard. Cela devait &ecirc;tre ainsi. Le chemin a juste  &eacute;t&eacute; un peu tor&shy;tueux pour y arri&shy;ver. Je n&rsquo;ai aucune col&egrave;re contre qui  que ce soit, ni de ran&shy;cu&shy;nes et pour ceux qui en ont, je leur offre  volon&shy;tiers un soda demain et on en parle entre adul&shy;tes. Je prends mes  res&shy;pon&shy;sa&shy;bi&shy;li&shy;t&eacute;s et j&rsquo;avance. &Ccedil;a ne me res&shy;sem&shy;ble pas de regar&shy;der  en arri&egrave;re. Ce sont les al&eacute;as du m&eacute;tier et c&rsquo;est le jeu.<\/p>\n<p><strong>Certains obser&shy;va&shy;teurs pen&shy;sent que c&rsquo;est un gros risque de  faire repo&shy;ser un film pareil sur une com&eacute;&shy;dienne qui n&rsquo;a pas encore  fait ses preu&shy;ves au cin&eacute;ma&hellip;<\/strong><\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai qu&rsquo;une seule chose &agrave; leur dire&nbsp;: je m&rsquo;ennuie&shy;rai beau&shy;coup  dans ma pas&shy;sion, si je ne pre&shy;nais aucun risque. Ce sont les ris&shy;ques  que je prends tous les jours, qui font que j&rsquo;avance. Le mot  &laquo;&nbsp;nor&shy;ma&shy;le&shy;ment&nbsp;&raquo; ne fait pas parti de mon dic&shy;tion&shy;naire. J&rsquo;apprends. A  chaque moment, &agrave; chaque film, &agrave; chaque ren&shy;contre. Et pour &ecirc;tre tout &agrave;  fait fran&shy;che, si les cin&eacute;as&shy;tes du monde devaient tous atten&shy;dre qu&rsquo;un  acteur fasse ces preu&shy;ves au cin&eacute;ma avant de lui confier un r&ocirc;le  prin&shy;ci&shy;pal, je pense qu&rsquo;on serait pass&eacute; &agrave; c&ocirc;t&eacute; de tr&egrave;s bons films. Mais  cela rejoint aussi le d&eacute;but de ma r&eacute;ponse concer&shy;nant mon choix de  tour&shy;ner au Cameroun. Mon film repose sur Patricia Bakalack. Si je  devais le refaire, il repo&shy;se&shy;rait &agrave; nou&shy;veau sur elle.<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a guid&eacute; dans le choix de tes acteurs prin&shy;ci&shy;paux&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Je fonc&shy;tionne beau&shy;coup &agrave; l&rsquo;ins&shy;tinct et au coup de c&oelig;ur. Les  pre&shy;miers acteurs que j&rsquo;ai ins&shy;crits dans ma wish-list, sont ceux qui  ins&shy;tinc&shy;ti&shy;ve&shy;ment, m&rsquo;ont &laquo;&nbsp;parl&eacute;&nbsp;&raquo;. Mais j&rsquo;ai manqu&eacute; un peu de  luci&shy;dit&eacute; sur cer&shy;tains choix, alors mes seconds choix ont &eacute;t&eacute; plus  pos&eacute;s. Quand j&rsquo;ai vu Patricia Bakalack pour la pre&shy;mi&egrave;re fois par  exem&shy;ple, je me suis dit &laquo;&nbsp;Wow c&rsquo;est elle&nbsp;!!&nbsp;&raquo;. Pourtant, elle n&rsquo;&eacute;tait  pas mon pre&shy;mier choix ins&shy;tinc&shy;tif dont je parle plus haut. Travailler  avec Bruno Henry (Max) ou Yoli Fuller (Adam Adulte) pour moi a coul&eacute; de  source. Ce sont deux tr&egrave;s bons com&eacute;&shy;diens avec qui je tra&shy;vaille  beau&shy;coup &agrave; Paris. Bruno ne connais&shy;sait pas du tout le Cameroun et Yoli  est de la dia&shy;spora. Le petit Frank Ateh (Adam 8 ans), je l&rsquo;ai  d&eacute;cou&shy;vert dans un court-m&eacute;trage durant &laquo;&nbsp;La Nuit du Court-m&eacute;trage de  Douala&nbsp;&raquo; et &ccedil;a &eacute;t&eacute; une vraie mis&shy;sion que j&rsquo;ai confi&eacute;e &agrave; mon direc&shy;teur  de cas&shy;ting Francis Kengne de le retrou&shy;ver co&ucirc;te que co&ucirc;te. Quant &agrave;  Alain Bomo (Luc), il est arriv&eacute; tard sur le film suite aux chan&shy;ge&shy;ments  de com&eacute;&shy;diens. Il m&rsquo;a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s jus&shy;te&shy;ment sug&shy;g&eacute;r&eacute; par mon  pro&shy;duc&shy;teur ex&eacute;&shy;cu&shy;tif et c&rsquo;est un choix que je salue &eacute;norm&eacute;ment  aujourd&rsquo;hui&nbsp;: Alain est par&shy;fait pour le r&ocirc;le. J&rsquo;ai &eacute;galement d&eacute;cou&shy;vert  de tr&egrave;s bons com&eacute;&shy;diens, issue de la s&eacute;lec&shy;tion faite par Francis et  Gervais Djim&eacute;li Lekpa, son assis&shy;tant. Je parle du tr&egrave;s bon Jacobin  Yarro et d&rsquo;Emilienne Ambassa par exem&shy;ple&nbsp;! Je ne peux ter&shy;mi&shy;ner ma  r&eacute;ponse sans parler de C&eacute;line Victoria Fotso, mon chal&shy;lenge per&shy;son&shy;nel  sur ce film. C&eacute;line n&rsquo;est pas du tout issue du milieu du cin&eacute;ma, mais  son cha&shy;risme et sa per&shy;son&shy;na&shy;lit&eacute; m&rsquo;ont suffit &agrave; songer &agrave; lui  pro&shy;po&shy;ser un second r&ocirc;le. Je vous l&rsquo;ai dit&nbsp;: pren&shy;dre des ris&shy;ques,  c&rsquo;est mon leit&shy;mo&shy;tiv.<\/p>\n<p><strong> La dis&shy;po&shy;ni&shy;bi&shy;lit&eacute; des fonds a-t-elle condi&shy;tionn&eacute; le cas&shy;ting&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Je dirai oui et non. Je dirai &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo; pour le choix de cer&shy;tains  per&shy;son&shy;na&shy;ges secondai&shy;res, mais fina&shy;le&shy;ment une petite partie. Rien  de dra&shy;ma&shy;ti&shy;que &agrave; mon sens ou quoi que ce soit pour me faire pani&shy;quer  en tout cas. Et puis je r&eacute;pon&shy;drai un &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; g&eacute;n&eacute;&shy;ral si la ques&shy;tion  ne se pose que pour les acteurs prin&shy;ci&shy;paux.<\/p>\n<p><strong>Vous avez tourn&eacute; pen&shy;dant un mois, de jour comme de nuit,  qu&rsquo;est-ce qui a &eacute;t&eacute; le plus dif&shy;fi&shy;cile &agrave; g&eacute;rer dans l&rsquo;orga&shy;ni&shy;sa&shy;tion  du tra&shy;vail&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Le temps nous a fait &eacute;norm&eacute;ment d&eacute;faut. Tout est un peu al&eacute;a&shy;toire,  car on ne sait jamais si lorsqu&rsquo;on va arri&shy;ver sur un d&eacute;cor, tout va se  passer comme pr&eacute;vu. Je pense que beau&shy;coup de gens au Cameroun n&rsquo;ont pas  cons&shy;cience de l&rsquo;enjeu que c&rsquo;est de faire un film. Alors vous arri&shy;vez  et dis&shy;cu&shy;tez avec le pro&shy;prio d&rsquo;un lieu. Il est heu&shy;reux, vous dit  &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;amen&nbsp;&raquo; &agrave; tout ce que vous dites. Vous allez jusqu&rsquo;&agrave; signer  une auto&shy;ri&shy;sa&shy;tion de tour&shy;nage avec lui pour que le jour J, il voit  d&eacute;bar&shy;quer toute l&rsquo;&eacute;quipe et prend peur. Il y a aussi ceux qui sont l&agrave;  clai&shy;re&shy;ment pour per&shy;tur&shy;ber le bon d&eacute;rou&shy;le&shy;ment du tour&shy;nage. La  ges&shy;tion du temps a &eacute;t&eacute; un vrai pro&shy;bl&egrave;me. Nous connais&shy;sions tou&shy;jours  l&rsquo;heure du PAT (Pr&ecirc;t &agrave; Tourner), mais jamais &agrave; quelle heure exac&shy;te&shy;ment  nous allions finir. C&rsquo;est &agrave; ce moment l&agrave; qu&rsquo;en tant que r&eacute;a&shy;li&shy;sa&shy;teur,  on apprend &agrave; conna&icirc;&shy;tre les per&shy;son&shy;nes avec les&shy;quel&shy;les on  tra&shy;vaille. L&rsquo;&eacute;quipe n&rsquo;a rien l&acirc;ch&eacute;. Nous avons &eacute;t&eacute; soud&eacute;s, nous n&rsquo;avons  form&eacute; qu&rsquo;un pen&shy;dant un mois entier et nous nous sommes serr&eacute;s les  coudes. Une vraie famille&nbsp;!<\/p>\n<p><strong>La pro&shy;duc&shy;tion s&rsquo;est faite avec un mat&eacute;&shy;riel de qua&shy;lit&eacute;, l&rsquo;avez-vous acquis faci&shy;le&shy;ment&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Facilement&nbsp;? Je ne sais pas si c&rsquo;est tel&shy;le&shy;ment la bonne ques&shy;tion.  Nous avons lou&eacute; le mat&eacute;&shy;riel et chaque loueur a &eacute;t&eacute;  assez arran&shy;geant  et com&shy;pr&eacute;&shy;hen&shy;sif au niveau des tarifs. Un des pro&shy;duc&shy;teurs asso&shy;ci&eacute;s  du film a mis tout son mat&eacute;&shy;riel &agrave; dis&shy;po&shy;si&shy;tion pour toute la dur&eacute;e du  tour&shy;nage&nbsp;! Concernant les loueurs, j&rsquo;y suis all&eacute;e vrai&shy;ment par  affi&shy;ni&shy;t&eacute;s. Je n&rsquo;oublie jamais une bo&icirc;te de loca&shy;tion qui m&rsquo;a permis de  faire un projet &agrave; un moment donn&eacute; pour un court-m&eacute;trage ou autre, alors  c&rsquo;est natu&shy;rel&shy;le&shy;ment que je me tourne vers lui. Ce n&rsquo;est pas  tou&shy;jours facile tous les jours, mais je vais tou&shy;jours jusqu&rsquo;au bout de  mes enga&shy;ge&shy;ments.<\/p>\n<p><strong> Quelles sont les dif&shy;fi&shy;cult&eacute;s majeu&shy;res que tu as  ren&shy;contr&eacute;es avant et pen&shy;dant le tour&shy;nage&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Avant le tour&shy;nage, je dirai cette sorte de crain&shy;tes de per&shy;son&shy;nes  qui n&rsquo;y connais&shy;sent rien &agrave; l&rsquo;Afrique et qui s&rsquo;ima&shy;gine que tour&shy;ner en  Afrique, signi&shy;fie tomber en plein dans une guerre civile. Et puis  pen&shy;dant le tour&shy;nage, je dirai que chaque jour a &eacute;t&eacute; un vrai  chal&shy;lenge, mais je n&rsquo;en garde pas de mau&shy;vais sou&shy;ve&shy;nirs, bien au  contraire&nbsp;!<\/p>\n<p><strong>Ton film est co-pro&shy;duit par deux mai&shy;sons de pro&shy;duc&shy;tion (fran&shy;&ccedil;aise et came&shy;rou&shy;naise), pour&shy;quoi cette option&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Mon film est co-pro&shy;duit par deux pro&shy;duc&shy;tions fran&shy;&ccedil;ai&shy;ses et dont  la pro&shy;duc&shy;tion ex&eacute;&shy;cu&shy;tive est Camerounaise. &laquo;&nbsp;W.A.K.A&nbsp;&raquo; est &agrave; 100% le  reflet de ma double culture et ce dans tous les sens du terme.<\/p>\n<p><strong>On note &eacute;galement ce mixage (franco-came&shy;rou&shy;nais) au niveau  des acteurs, c&rsquo;est un choix des pro&shy;duc&shy;teurs ou alors &ccedil;a n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute;  facile de retrou&shy;ver ces dif&shy;f&eacute;&shy;rents per&shy;son&shy;na&shy;ges au Cameroun&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est un choix de la r&eacute;a&shy;li&shy;sa&shy;trice. Quand j&rsquo;ai com&shy;menc&eacute; &agrave; penser  au cas&shy;ting de &laquo;&nbsp;W.A.K.A&nbsp;&raquo;, une fois de plus, mon id&eacute;e &eacute;tait  r&eacute;el&shy;le&shy;ment de faire de ce film un vrai m&eacute;tis&shy;sage Franco-Camerounais.  C&rsquo;est un hom&shy;mage &agrave; ma double culture, que j&rsquo;assume tota&shy;le&shy;ment peu  importe ce qu&rsquo;en pen&shy;sent les fri&shy;leux ou les grin&shy;cheux. Cette double  culture est une richesse pour moi, et l&rsquo;esprit qui r&egrave;gne autour du  projet est dans cette m&ecirc;me vision et lanc&eacute;e. &laquo;&nbsp;W.A.K.A&nbsp;&raquo; est une  pas&shy;se&shy;relle entre la France et le Cameroun et je sou&shy;hai&shy;tais mon&shy;trer  la com&shy;pa&shy;ti&shy;bi&shy;lit&eacute; de ce m&eacute;lange. Les acteurs came&shy;rou&shy;nais et les  acteurs fran&shy;&ccedil;ais ou issue de la dia&shy;spora s&rsquo;y don&shy;nent la r&eacute;pli&shy;que  ais&eacute;&shy;ment. Ils &eacute;taient tous atta&shy;ch&eacute;s &agrave; leur per&shy;son&shy;nage et &agrave;  l&rsquo;his&shy;toire qu&rsquo;ils allaient raconter. Le reste n&rsquo;avait que peu  d&rsquo;impor&shy;tance pour eux et c&rsquo;est tr&egrave;s bien&nbsp;!<\/p>\n<p><strong>Tu as, &agrave; un  moment donn&eacute;, lanc&eacute; un appel &agrave; finan&shy;ce&shy;ment de ton film sur Facebook, quel r&eacute;sul&shy;tat as-tu obtenu&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Oui. Cela s&rsquo;appelle du Crowdfunding. Je l&rsquo;ai fait via une  pla&shy;te&shy;forme qui a un nom bien rigolo que j&rsquo;aime bien &laquo;&nbsp;Kiss Kiss Bank  Bank&nbsp;&raquo; (rires). Eh bien le r&eacute;sul&shy;tat, c&rsquo;est que nous avons r&eacute;colt&eacute; plus  que nous l&rsquo;esp&eacute;&shy;rions. C&rsquo;&eacute;tait vrai&shy;ment magi&shy;que de voir toutes ces  per&shy;son&shy;nes pr&ecirc;tes &agrave; aider le film, en par&shy;ta&shy;geant le lien sur leurs  murs ou\/et en par&shy;ti&shy;ci&shy;pant finan&shy;ci&egrave;&shy;re&shy;ment &agrave; hau&shy;teur de leurs  moyens. Ce n&rsquo;est pas la somme qui &eacute;tait impor&shy;tante, mais le geste  effec&shy;tu&eacute; et pour cela, j&rsquo;ai une reconnais&shy;sance infi&shy;nie envers toutes  ces per&shy;son&shy;nes&nbsp;!<\/p>\n<p><strong>Avez-vous entre&shy;pris des d&eacute;mar&shy;ches pour un sou&shy;tien du minis&shy;t&egrave;re came&shy;rou&shy;nais des Arts et de la culture&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Bien entendu. Nous avons entre&shy;pris les d&eacute;mar&shy;ches avant m&ecirc;me  d&rsquo;atter&shy;rir au Cameroun et de com&shy;men&shy;cer &agrave; tour&shy;ner. Une fois au  Cameroun, je suis m&ecirc;me all&eacute;e pour la pre&shy;mi&egrave;re fois &agrave; Yaound&eacute;,  accom&shy;pa&shy;gn&eacute;e de mon pro&shy;duc&shy;teur ex&eacute;&shy;cu&shy;tif Cyrille Masso, de mon chef  op&eacute;&shy;ra&shy;teur Thomas Moren ainsi que d&rsquo;un r&eacute;gis&shy;seur du film. Aujourd&rsquo;hui,  nous ne savons tou&shy;jours pas concr&egrave;&shy;te&shy;ment ce que le minis&shy;t&egrave;re des  Arts et de la Culture est pr&ecirc;t &agrave; faire pour notre projet, mais nous  sommes per&shy;sua&shy;d&eacute;s qu&rsquo;il saura se posi&shy;tion&shy;ner comme il se doit sur ce  film. Quand on sait que le film est tourn&eacute; &agrave; 90% avec des Camerounais et  &agrave; 100% au Cameroun, il serait &agrave; mon avis tr&egrave;s sur&shy;pre&shy;nant que les  seules sub&shy;ven&shy;tions de ce projet soient uni&shy;que&shy;ment fran&shy;&ccedil;ai&shy;ses. Nous  tenons &agrave; saluer au pas&shy;sage la com&shy;pa&shy;gnie a&eacute;rienne Camair-Co, gr&acirc;ce &agrave;  qui ce film existe en grande partie. La com&shy;pa&shy;gnie a &eacute;t&eacute; un sou&shy;tien  remar&shy;qua&shy;ble pour le projet et est &agrave; ce jour le seul vrai sou&shy;tien qui  nous vient du Cameroun. Pourtant, un bon nombre de dos&shy;siers a &eacute;t&eacute;  d&eacute;po&shy;s&eacute;s aupr&egrave;s de plu&shy;sieurs entre&shy;pri&shy;ses et des rendez-vous ont m&ecirc;me  &eacute;t&eacute; faits sans aucune r&eacute;ponse appor&shy;t&eacute;e. Mais pour en reve&shy;nir au  minis&shy;t&egrave;re des Arts et de la Culture, un cour&shy;rier re&ccedil;u du Secr&eacute;taire  G&eacute;n&eacute;ral pen&shy;dant le tour&shy;nage, nous montre le d&eacute;sir du minis&shy;t&egrave;re  d&rsquo;appor&shy;ter sa pierre &agrave; l&rsquo;&eacute;difice de ce projet. Wait and see&hellip;<\/p>\n<p><strong>Tu vis en France depuis ton enfance, que savais-tu de  l&rsquo;uni&shy;vers cin&eacute;&shy;ma&shy;to&shy;gra&shy;phi&shy;que came&shy;rou&shy;nais en venant tour&shy;ner sur  place&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Pas grand chose, en fait. Ce serait mentir que dire que j&rsquo;avais au  pr&eacute;a&shy;la&shy;ble fait toute une ana&shy;lyse sur le cin&eacute;ma came&shy;rou&shy;nais avant  d&rsquo;atter&shy;rir au Cameroun. Le soir chez moi, &ccedil;a m&rsquo;arrive de fouiller le  web pour d&eacute;ni&shy;cher quel&shy;ques films ou s&eacute;ries came&shy;rou&shy;nai&shy;ses. Je me  sou&shy;viens de toute une p&eacute;riode o&ugrave; je cher&shy;chais <i>Quartier Mozart<\/i>  de Jean-Pierre Bekolo par&shy;tout et quand j&rsquo;ai fini par le trou&shy;ver,  j&rsquo;&eacute;tais vrai&shy;ment aux anges&nbsp;! Et puis de fil en aiguille, j&rsquo;ai &eacute;galement  trouv&eacute; <i>La Danse de la S&eacute;duction<\/i> de Daniel Kamwa et des s&eacute;ries  bien dr&ocirc;les &agrave; la Kamer&nbsp;! Je suis vrai&shy;ment partie &agrave; l&rsquo;aven&shy;ture et puis  j&rsquo;ai sur&shy;tout fait une confiance aveu&shy;gle &agrave; mon pro&shy;duc&shy;teur ex&eacute;&shy;cu&shy;tif  Cyrille Masso, sans qui pas mal de choses n&rsquo;auraient pas &eacute;t&eacute; pos&shy;si&shy;bles  pour mon projet. J&rsquo;ai une &eacute;norme reconnais&shy;sance pour ce grand  Monsieur.<\/p>\n<p><strong>Apr&egrave;s le tour&shy;nage, ton regard a-t-il chang&eacute;&nbsp;? Quelles sont les r&eacute;a&shy;li&shy;t&eacute;s aux&shy;quel&shy;les vous avez fait face&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Mon regard n&rsquo;a pas chang&eacute; sur quoi que ce soit. Faire un film, c&rsquo;est  tr&egrave;s dif&shy;fi&shy;cile. Que ce soit en France, en Angleterre, aux Etats-Unis  ou je ne sais o&ugrave; c&rsquo;est le m&ecirc;me combat. A des &eacute;chelles dif&shy;f&eacute;&shy;ren&shy;tes et &agrave;  des niveaux dif&shy;f&eacute;&shy;rents certes, mais si faire un film &eacute;tait facile, je  pense que &ccedil;a se sau&shy;rait. Nous avons bien gal&eacute;r&eacute; &agrave; faire ce film et des  anec&shy;do&shy;tes un peu effrayan&shy;tes, il y en a&nbsp;! N&rsquo;emp&ecirc;&shy;che que &ccedil;a reste  une fois de plus le jeu&nbsp;! Faire un film au Cameroun n&rsquo;est pas plus  hor&shy;ri&shy;ble que faire un film ici &agrave; Paris avec des mil&shy;liards d&rsquo;autres  dif&shy;fi&shy;cult&eacute;s. Alors si l&rsquo;oppor&shy;tu&shy;nit&eacute; se repr&eacute;&shy;sente &agrave; nou&shy;veau,  l&rsquo;&eacute;quipe et moi-m&ecirc;me sommes pr&ecirc;ts &agrave; atter&shy;rir de nou&shy;veau au &laquo;&nbsp;Mboa&nbsp;&raquo; et  taqui&shy;ner les rive&shy;rains avec nos &laquo;&nbsp;SILENCE&nbsp;!&nbsp;&raquo; (rires). Les  tech&shy;ni&shy;ciens fran&shy;&ccedil;ais ont ador&eacute; le Cameroun&nbsp;! Au bout d&rsquo;un moment, ils  s&rsquo;y sen&shy;taient comme chez eux et com&shy;men&shy;&ccedil;aient &agrave; avoir leurs peti&shy;tes  habi&shy;tu&shy;des. Les rues de Douala leur manque un peu je pense, l&rsquo;ambiance,  les gens et sur&shy;tout, les soyas&nbsp;! (rires).<\/p>\n<p><strong>Tu nour&shy;ris donc d&eacute;j&agrave; d&rsquo;autres pro&shy;jets au Cameroun&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;ai m&ecirc;me d&eacute;j&agrave; deux pro&shy;jets en t&ecirc;te que j&rsquo;ado&shy;re&shy;rai tour&shy;ner  l&agrave;-bas, mais &ccedil;a reste vague et pas du tout d&rsquo;actua&shy;lit&eacute;. On verra bien.  Si une boite de pro&shy;duc&shy;tion came&shy;rou&shy;naise me sol&shy;li&shy;cite pour un film  ou une s&eacute;rie, je suis pr&ecirc;te &agrave; des&shy;cen&shy;dre au Cameroun tour&shy;ner si c&rsquo;est  s&eacute;rieux et carr&eacute;. L&rsquo;&eacute;quipe &eacute;galement &hellip;<\/p>\n<p><strong>A l&rsquo;heure actuelle, quel est le calen&shy;drier des sor&shy;ties du film et quel par&shy;cours lui r&eacute;ser&shy;ves-tu&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Mon calen&shy;drier n&rsquo;est pas encore tota&shy;le&shy;ment pr&eacute;cis, mais on y  tra&shy;vaille tous les jours. Pour l&rsquo;ins&shy;tant, nous mar&shy;chons plus par  objec&shy;tifs. Depuis le d&eacute;but, le but a tou&shy;jours &eacute;t&eacute; de pou&shy;voir envoyer  une bonne pre&shy;mi&egrave;re ver&shy;sion au Festival de Cannes pro&shy;chain. On verra  bien ce que &ccedil;a donne. Mais les Festivals du monde sont list&eacute;s et c&rsquo;est  l&rsquo;ordre d&rsquo;envois qui va &ecirc;tre impor&shy;tant. Affaire &agrave; suivre&hellip;<\/p>\n<p><strong>A quel moment le film peut &ecirc;tre vu au Cameroun&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>On pr&eacute;&shy;voit cela apr&egrave;s la p&eacute;riode fes&shy;ti&shy;va&shy;li&egrave;re. Vous dire quand  exac&shy;te&shy;ment serait pr&eacute;&shy;ma&shy;tur&eacute;. Nous atten&shy;dons patiem&shy;ment que  cer&shy;tai&shy;nes choses avan&shy;cent. Une fois de plus, wait and see.<\/p>\n<p>Propos recueillis par P&eacute;lagie Ng&rsquo;onana<\/p>\n<p>Cr&eacute;dit photo&nbsp;: &copy; Rafoto<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juste une question de temps et la charismatique jeune r\u00e9alisatrice pourra brandir son long m\u00e9trage fiction compl\u00e8tement achev\u00e9. 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