{"id":4632,"date":"2013-04-11T17:32:17","date_gmt":"2013-04-11T15:32:17","guid":{"rendered":""},"modified":"2013-04-11T17:32:17","modified_gmt":"2013-04-11T15:32:17","slug":"4632","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4632\/","title":{"rendered":"L\u2019autre face de la d\u00e9mocratie en chansons : les bikut-si du Cameroun \u00e0 l\u2019\u00e8re Biya \u00a0\u00bb As-tu les yeux pour ne pas voir ? je te le demande, ah Paul Biya\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\nLe pr\u00e9sident h\u00e9ritait, en 1982, d\u2018un pays \u00e9conomiquement fort. Malgr\u00e9 les avertissements de la communaut\u00e9 financi\u00e8re internationale, les Camerounais, jusqu\u2019en 1992, ne se sentaient pas concern\u00e9s par la crise \u00e9conomique. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"display:none\" id=\"dc_vk_code\">&nbsp;<\/div>\n<p><span class=\"FullArticleTexte\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le  pr&eacute;sident h&eacute;ritait, en 1982, d&lsquo;un pays &eacute;conomiquement fort. Malgr&eacute; les  avertissements de la communaut&eacute; financi&egrave;re internationale, les  Camerounais, jusqu&rsquo;en 1992, ne se sentaient pas concern&eacute;s par la crise  &eacute;conomique. Puis, les paysans furent durement frapp&eacute;s, le cacao se  vendant tr&egrave;s mal. L&rsquo;argent disparut. Biya en fut tenu responsable. Dans  une m&eacute;lodie fun&egrave;bre et lugubre, les femmes de Nkol-Afeme se d&eacute;solent et  explosent : Se brade le manioc alors que la viande de boeuf est  intouchable La banane se vend mal, la ville de Yaound&eacute; est ch&egrave;re Paul  Biya o&ugrave; est l&rsquo;argent ? Mais o&ugrave; donc s&rsquo;en est all&eacute; l&lsquo;argent ? Qu&rsquo;as-tu  donc fait de l&lsquo;argent? Un autre groupe, Espoir du Renouveau: Papa Paul  Biya, pourquoi abandonnes-tu Espoir de Renouveau ? II nous faut vivre  d&eacute;cemment papa Paul- Pourquoi donc papa nous laisses-tu &agrave; la tra&icirc;ne?  Plus subtil, peu agressif, et ironique, le groupe de Nkol-Bikok incite  le peuple &agrave; aller chez Paul au moindre d&eacute;sir,Paul est all&eacute; en courant  dans son palais, pour nous observer, nous, mourant&#8230; Soit pour nous  emp&ecirc;cher de mourir, soit pour nous laisser mourir. P. Biya, pr&eacute;voyant la  crise,&nbsp; r&eacute;fugia (se pr&eacute;c;Pita) &agrave; &Eacute;toudi, [croyant que nous mourrons  Alors, si tu as quelque peine, rends-toi chez ton p&egrave;re, il te sauvera Si  le sel venait &agrave; te manquer, ma soeur, pourquoi pleurer ? Le groupe  Espoir du renouveau exhorte Biya &agrave; gouverner franchement, &agrave; veiller &agrave; la  construction du pays et &agrave; punir les destructeurs. Pourquoi regardes-tu  le pays se d&eacute;truire As-tu les yeux pour ne pas voir ? je te le demande,  ah Paul Biya.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n&nbsp;<br \/>\nL e Cameroun s&rsquo;est rendu  c&eacute;l&egrave;bre ces derni&egrave;res ann&eacute;es par ses multiples transgressions des droits  de l&rsquo;homme. Depuis l&rsquo;ind&eacute;- pendance en 1960, nombreux sont les  Camerounais emprisonn&eacute;s pour d&eacute;lit d&rsquo;opinion. On a parl&eacute; de b&acirc;illonnage  entre 1960 et 1982, car personne n&rsquo;osait ouvertement contredire le  pouvoir. Une loi de 1962, abrog&eacute;e en&#8230; 1994, punissait s&eacute;v&egrave;rement  quiconque se rendait coupable de subversion. Malgr&eacute; la r&eacute;pression, les  artistes ont pu, &agrave; travers la musique et la chanson, exprimer leur  opinion et prendre position contre le pouvoir. Je m&rsquo;interroge sur cette  libert&eacute; et sur l&rsquo;&eacute;volution de la libre expression musicale depuis les  bourrasques d&eacute;mocratiques de 1991. Je m&rsquo;int&eacute;resse surtout &agrave; la chanson  traditionnelle et populaire pour montrer que l&rsquo;artiste du village a  toujours b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d&rsquo;une totale libert&eacute; d&rsquo;expression dans notre soci&eacute;t&eacute;.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<strong>Fonctions sociales et expression d6mocratique de la chanson <\/strong><strong>traditionnelle : le cas du bikut-si<\/strong><br \/>\n<strong>&nbsp;<\/strong><br \/>\n&nbsp;<br \/>\nChez  les Beti du Cameroun, la musique et le chant repr&eacute;sentent un moyen  d&rsquo;expression naturel, convivial et privil&eacute;gi&eacute;. Ils servent d&rsquo;exutoire  pour louer et c&eacute;l&eacute;brer, admonester et taquiner, railler et humilier,  bercer et &eacute;duquer, contester et vider les rancoeurs. Les hommes chantent  la victoire sur l&rsquo;ennemi, l&rsquo;insertion dans la vie sociale et la vie  apr&egrave;s la mort. Les femmes s&rsquo;adonnent aux berceuses mais surtout au  bikut-si, genre musical typiquement beti. Le bikut-si est le vecteur des  messages acerbes destin&eacute;s aux rivales, des mots doux ou aigres adress&eacute;s  aux partenaires. I1 v&eacute;hicule des louanges aux h&eacute;ros, des tirades  paillardes ou des complaintes conciliatrices aux amants, des conseils et  des voeux aux enfants, des critiques pointues aux a&icirc;n&eacute;s ou aux  dignitaires. Mbarga (1) et Ngumu (2) ont pr&eacute;sent&eacute; la typologie de ces  genres. Les femmes beti, priv&eacute;es de pouvoir dans la gestion sociale,  hors du foyer, s&rsquo;expriment pr&eacute;f&eacute;rentiellement au moyen des bikut-si qui  allient cr&eacute;ativit&eacute; ou po&eacute;sie musicalement d&eacute;clam&eacute;e et gestuelle rythm&eacute;e.  Par les claquements des mains ou les castagnettes, renforc&eacute;s par de  longues sir&egrave;nes vocales, on approuve le texte d&eacute;bit&eacute; par celle qui g&egrave;re  son (( tour de cercle n. Les femmes composent spontan&eacute;ment des textes et  y consignent leur pens&eacute;e avec une exceptionnelle ma&icirc;trise. A tour de  r&ocirc;le et au milieu du cercle, elles dansent et rivalisent d&lsquo;&eacute;loges, de  taquineries ou de r&eacute;pliques. De l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement d&rsquo;actualit&eacute;, elles prennent  pr&eacute;texte pour aborder tous les sujets et se font acclamer selon la  richesse et la justesse de l&rsquo;inspiration, et l&rsquo;alignement des mots  prononc&eacute;s. Nama (3) et Mbarga analysent la stylistique et les formes  po&eacute;tiques des bikut-si, danse sp&eacute;cifiquement f&eacute;minine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nDiverses interpr&eacute;tations d&eacute;finissent  cette danse. Elle se con&ccedil;oit comme un rigodon dont l&rsquo;action  _essentielle consiste &agrave; marteler rythmiquement le sol de ses pieds.  Etymologiquement, le mot bikutsi constitue une synapse compos&eacute;e, non de  trois comme le disent Nama, ou Nkili que reprend Mbia (4), mais de deux  termes. La deuxi&egrave;me unit&eacute;, si, signifie (( le sol )) ; elle est pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e  d&rsquo;un nom verbal dont le radical kud ou kut nomme l&rsquo;acte de taper,  frapper, cogner, battre ou marteler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nSubstantiv&eacute;e, la base verbale kud  est pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e du pr&eacute;fze (bi) qui signale la classe et le genre du mot  dans la langue. Bikut-si est donc un terme au pluriel. Son singulier,  rare, est ekut-si. Le pluriel s&rsquo;impose par l&rsquo;it&eacute;ration de l&rsquo;acte de  marteler le sol. Sur la foi de ses informateurs, Nama &eacute;crit qu&rsquo;on  martelait ainsi le sol pour &eacute;loigner les b&ecirc;tes f&eacute;roces, pour manifester  sa col&egrave;re, ou enfin pour montrer la vigueur des Beti.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nLe terme d&eacute;signe la danse, la  musique et le texte. Les textes varient selon le th&egrave;me choisi ou surtout  le genre ex&eacute;cut&eacute;. Abega(5) distingue trois types de bikut-si. Le  premier est cr&eacute;ation, po&eacute;sie et chant ; le deuxi&egrave;me, plus narratif,  raconte les exploits des h&eacute;ros du clan et s&rsquo;assimile &agrave; la nouvelle ou au  roman. Le troisi&egrave;me, enfin, est c&eacute;l&eacute;bration d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement ponctuel. I1  est le mode le plus r&eacute;pandu et celui qui court jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui.  Autrefois affaire des seules femmes, les bikut-si aujourd&lsquo;hui sont  chant&eacute;s aussi bien par les femmes que par les hommes. Les messages et  les th&egrave;mes sont les m&ecirc;mes. Mais le choix des ex&eacute;cutions artistiques des  femmes se justifie pour deux raisons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Traditionnellement, les femmes ont  toujours eu droit &agrave; la libre expression dans notre soci&eacute;t&eacute;. Aujourd&rsquo;hui,  elles s&rsquo;adressent directement au pouvoir, non plus par allusion, mais  de mani&egrave;re claire. Elles revendiquent leurs droits, disent leurs  d&eacute;ceptions pour sauver l&rsquo;avenir de leurs enfants et changer une soci&eacute;t&eacute;  corrompue. La chanson est le code d&rsquo;expression publique (6). Outre  l&rsquo;&eacute;vidente fonction ludique et distractive de la danse, la population  brave publiquement et impun&eacute;ment l&rsquo;autorit&eacute; &eacute;tablie, consacrant ainsi le  caract&egrave;re d&eacute;mocratique de la soci&eacute;t&eacute;. J&rsquo;ai pu, dans les villages,  recueillir soixante-quinze pi&egrave;ces. Certaines correspondent &agrave; celles de  Nama, de Nkomo (7), de Mbia ou de Mbarga. J&rsquo;ai obtenu de la radio, par  enregistrement direct, trente-deux (( morceaux )) livr&eacute;s au public tous  les samedis matin, ou lors des &eacute;missions sp&eacute;cialis&eacute;es. J&rsquo;analyserai ces  textes en vue de d&eacute;gager les diff&eacute;rentes fonctions du bikut-si.  Socialement, la chanson traditionnelle assume, chez les Beti, plusieurs  fonctions. Outre la revendication, la dithyrambe, la moralisation et  l&rsquo;&eacute;ducation participent &agrave; la th&eacute;matique fonctionnelle des bilmt-si.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La fonction laudative<\/strong><br \/>\nLa  fonction &eacute;logieuse est essentielle, car 25 9&rsquo;0 des bikut-si diffus&eacute;s  sont dithyrambiques. Les femmes louent leur mari ou le h&eacute;ros, exaltent  leur beaut&eacute;, vantent leur force physique ou leur virilit&eacute;. En politique,  l&rsquo;&eacute;loge des femmes magnifie le pouvoir et celui qui l&rsquo;incarne. Pour  Modo (8), qui date cette pratique &agrave; 1966, (&lt; la chanson politique,  notamment la chanson de louange, s&rsquo;est v&eacute;ritablement d&eacute;velopp&eacute;e apr&egrave;s  l&rsquo;ind&eacute;pendance, et surtout apr&egrave;s l&rsquo;instauration en 1966 par Ahidjo du  parti unique D.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle sert de propagande au pouvoir. Les  pr&eacute;sidents Ahidjo.et Biya ont eu droit aux bikut-si c&eacute;l&eacute;brant leur  action et leurs missions. Biya est m&ecirc;me l&rsquo;&eacute;lu et l&rsquo;envoy&eacute; de Dieu, qui  m&eacute;rite, selon la chanson, respect et v&eacute;n&eacute;ration. c Papa Paul, assume ta  t&acirc;che, c&rsquo;est Dieu lui-m&ecirc;me qui te l&rsquo;a confi&eacute;e. )) A travers la chanson  politique, se r&eacute;v&egrave;lent le fid&egrave;le engagement et I&rsquo;indqectible attachement  au p&egrave;re de la Nation, membre du clan. Elle marque l&rsquo;adh&eacute;sion tribale &agrave;  l&rsquo;id&eacute;ologie et &agrave; la politique du chef de 1&rsquo;Etat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong> Voici trois extraits<\/strong><br \/>\n<strong>significatifs<\/strong> :<br \/>\nTu iras toujours en avant<br \/>\nToujours, Paul Biya, nous te suivrons<br \/>\nLa voie que tu as choisie est celle que nous emprunterons<br \/>\nDieu t&rsquo;a choisi pour nous guider Papa Paul oh, qui donc nous d&eacute;tournera de ta voie?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous, nous exultons, car un des n&ocirc;tres  gouverne le pays. Papa Paul Biya, que crains-tu? Nous les femmes, nous  sommes derri&egrave;re toi<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d&eacute;tracteurs ne peuvent rien te faire puisque nous te soutenons Continue ta mission, nous sommes avec toi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n&nbsp;<br \/>\n<strong>La fonction cathartique<\/strong><br \/>\nS&rsquo;ils  louent leurs chefs, les Beti refusent l&rsquo;idol&acirc;trie et la torture. Comme  code de la soci&eacute;t&eacute;, la chanson lib&egrave;re les refoulements et vide les  rancoeurs. On danse fr&eacute;n&eacute;tiquement au rythme des claquements, se cassant  le dos et les reins sous le mart&egrave;lement du sol, pour accuser haut et  fort. Parfois, la r&eacute;plique de la cible est imm&eacute;diate. Puis revient  l&rsquo;ordre souhait&eacute;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi les belles-familles  engageaient-elles des joutes, pour exalter les qualit&eacute;s de la mari&eacute;e, ou  pour d&eacute;plorer Ia peste qui arrive avec les comm&eacute;rages, la paresse et  les pires dqauts. On utilise ici des m&eacute;taphores pour nommer la cible.  Mongo Beti en donne un exemple<br \/>\ndans Mission Termin&eacute;e :<br \/>\nDites-mo&igrave; ch&egrave;res soeurs qui m &rsquo;&eacute;coutez,<br \/>\nDites,  mes soeurs, comment nomme notre langue Ces femmes, salamandres aux  gryfes crochues, Femmes qui, bien que r&eacute;pudi&eacute;es, expuls&eacute;es, honnies  S&rsquo;obstinent &agrave; rester, servir, supplier, Dites-mo&igrave; si &#8230; ces femmes, ne  sont pas appel&eacute;es la colle Comme ce nom leur sied.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAujourd&rsquo;hui, la radio diffise les  revendications et la satire que lancent les villageois qui ont int&eacute;gr&eacute;  la notion de d&eacute;mocratie, c&rsquo;est&agrave;- dire la possibilit&eacute; de parler sans  avoir peur. Alors se d&eacute;brident l&rsquo;inspiration et la parole. Fort de la  tradition et de la nouvelle forme de parole, on interpelle le pouvoir  pour d&eacute;noncer vivement et nomm&eacute;ment les tares sociales et leurs auteurs ;  toujours clairement, jamais plus allusivement, mais courtoisement et  directement. D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;absence des m&eacute;taphores et la clart&eacute; des messages  dans les bikutsi actuels. C&rsquo;est l&agrave;, me semble-t-il, la principale  originalit&eacute; des chansons populaires de nos jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Divers sujets de contestation  fleurissent des pi&egrave;ces recueillies &agrave; la radio. Les plus r&eacute;currents sont  la crise &eacute;conomique (21 Yo) et la d&eacute;nonciation crue de l&rsquo;injustice  sociale (40 Yo), la croissance du pays (15 Yo), la l&eacute;thargie ou la  complicit&eacute; du pouvoir devant les malversations (8 Yo). Ces th&egrave;mes se  chevauchent, et une m&ecirc;me pi&egrave;ce peut en contenir plusieurs. Aucune  ambiguit&eacute; lexicale, sauf cas rare, n&rsquo;autorise de lecture floue de ces  chants aujourd&rsquo;hui pris&eacute;s par les auditeurs et les populations. Ces  th&egrave;mes &eacute;talent sur la place publique les critiques des Be i &agrave; leur  pr&eacute;sident. Le territoire o&ugrave; se chante le bikut-si couvre la zone  politique qui soutient le pr&eacute;sident Biya. En d&eacute;but ou en cours de chant,  le groupe d&eacute;cline son identit&eacute; d&eacute;partementale et provinciale. Je rel&egrave;ve  que les d&eacute;ceptions viennent du Dja et Lobo (Province du Sud 20 Yo), de  la L&eacute;ki&eacute;, de la grande Mefou, du Nyong et Mfoumou et du Mfoundi  (Province du Centre 60 Yo).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les populations sans acc&egrave;s &agrave; la parole  publique exorcisent les d&eacute;ceptions engrang&eacute;es depuis les promesses  faites par P. Biya le 11 juin 1983, boulevard du 20-Mai. Ce jour-l&agrave;, le.  pr&eacute;sident avait jur&eacute; de satisfaire les voeux exprim&eacute;s. Auparavant, le  d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du gouvernement de Yaound&eacute; assurait Biya du soutien de la grande  province d&rsquo;alors : (( Si certains vous roulent, nous, nous roulons pour  vous&#8230; Nous les gens du centre-sud, nous sommes les hommes de parole,  nous n&rsquo;avons qu&rsquo;une parole, nous vous donnons notre parole. )&gt;<br \/>\nParole  tenue, pas celle du pr&eacute;sident. D&rsquo;oh leur amertume &agrave; mesure que  s&rsquo;&eacute;grainent les ann&eacute;es. Ce sont ces d&eacute;ceptions qui sont pr&eacute;sent&eacute;es ici.  Le pr&eacute;sident h&eacute;ritait, en 1982, d&lsquo;un pays &eacute;conomiquement fort. Malgr&eacute;  les avertissements de la communaut&eacute; financi&egrave;re internationale, les  Camerounais, jusqu&rsquo;en 1992, ne se sentaient pas concern&eacute;s par la crise  &eacute;conomique. Puis, les paysans furent durement frapp&eacute;s, le cacao se  vendant tr&egrave;s mal. L&rsquo;argent disparut. Les enfants des paysans d&eacute;sert&egrave;rent  l&rsquo;&eacute;cole, le ventre vide. On en vint &agrave; regretter Ahidjo sous le r&egrave;gne de  qui l&rsquo;argent coulait &agrave; flot. Biya en fut tenu responsable. Dans une  m&eacute;lodie fun&egrave;bre et lugubre, les femmes de Nkol-Afeme se d&eacute;solent et  explosent : Se brade le manioc alors que la viande de boeuf est  intouchable<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La banane se vend mal, la ville de Yaound&eacute; est ch&egrave;re<br \/>\nPaul Biya o&ugrave; est l&rsquo;argent ? Mais o&ugrave; donc s&rsquo;en est all&eacute; l&lsquo;argent ?<br \/>\nQu&rsquo;as-tu donc fait de l&lsquo;argent?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre groupe, Espoir du Renouveau,  oeuvrant pour la promotion &eacute;conomique du village, se plaint de ne  recevoir ni soutien de l&rsquo;&Eacute;tat, ni encore moins les cr&eacute;dits financiers  pour le d&eacute;veloppement du village :<br \/>\nPapa Paul Biya, pourquoi abandonnes-tu Espoir de Renouveau ?<br \/>\nII nous faut vivre d&eacute;cemment papa Paul, il nous faut avoir des<br \/>\n[cr&eacute;dits,<br \/>\nEspoir de renouveau est &agrave; la tra&icirc;ne. Pourquoi donc? pourquoi<br \/>\n[n&rsquo;avons-nous pas de cr&eacute;dit ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous cultivons nos champs, nous  r&eacute;coltons les arachides Nos produits se vendent mal, et nous n&rsquo;avons pas  de cr&eacute;dit Pourquoi donc papa nous laisses-tu &agrave; la tra&icirc;ne? Plus subtil,  peu agressif, et ironique, le groupe de Nkol-Bikok, Confiance,  efficacit&eacute; et solidarit&eacute;, s&rsquo;adresse au P&egrave;re de la Nation. I1 r&eacute;clame,  comme des enfants, la pitance devenue rare depuis la crise. Diaphane,  direct et pr&eacute;cis, ce groupe incite le peuple &agrave; aller chez Paul au  moindre d&eacute;sir, car papa Paul devrait avoir tout pr&eacute;vu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute; lexicale et structurelle du  refrain est remarquable. Paul est all&eacute; en courant dans son palais, pour  nous observer, nous, mourant&#8230; Soit pour nous emp&ecirc;cher de mourir, soit  pour nous laisser mourir. (A lui cette responsabilit&eacute;.)<br \/>\nP. Biya, pr&eacute;voyant la crise, se r&eacute;fugia (se pr&eacute;c;Pita) &agrave; &Eacute;toudi,<br \/>\n[croyant que nous mourrons<br \/>\nAlors, si tu as quelque peine, rends-toi chez ton p&egrave;re, il te sauvera<br \/>\nSi le sel venait &agrave; te manquer, ma soeur, pourquoi pleurer ? rends- [toi chez Paul<br \/>\nSi le savon, les rem&egrave;des, l&rsquo;huile, etc. venaient, ma soeur, &agrave; faire [d&eacute;faut, il y a ton p&egrave;re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1983, les gens du Centre constatant  que la capitale politique, Yaound&eacute;, n&rsquo;&eacute;tait reli&eacute;e &agrave; aucun d&eacute;partement  par une route goudronn&eacute;e le firent savoir &agrave; Paul Biya. I1 promit les  routes. Treize ans apr&egrave;s, la promesse court toujours. I1 en est de m&ecirc;me  pour la distribution de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et surtout pour celle de l&rsquo;eau.  Si, sur ce plan, 1&rsquo;&Eacute;tat dresse des bilans positifs, les populations  attendent et r&eacute;clament publiquement. Les m&ecirc;mes revendications fixent de  tous les villages ; voici trois exemples qui r&eacute;sument ces plaintes :<br \/>\nPapa Paul, as-tu donc oubli&eacute; le (d&eacute;partement du) Dja et Lobo<br \/>\nPenses-tu encore &agrave; la route de Bengbis, de Zo&eacute;t&eacute;l&eacute;, de Nkol-ovos,<br \/>\n[de Nkilzok, $e Mvagan,<br \/>\nTe souviens-tu de la route entre Sangm&eacute;lima et Ebolozua<br \/>\nPenses-tu au dispensaire de Nden que tu avais promis?<br \/>\n(La ville d&rsquo;) Obala, M. Biya, est abandonn&eacute;e<br \/>\nLa route, laiss&eacute;e par nos parents, est aujourd&rsquo;hui crevass&eacute;e<br \/>\nL&rsquo;eau manque dans la ville qui ploie sous des tonnes de salet&eacute;,<br \/>\n[qu&rsquo;en penses-tu, Biya ?<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n(&hellip;)<br \/>\nLe  groupe Espoir du renouveau exhorte Biya &agrave; gouverner franchement, &agrave;  veiller &agrave; la construction du pays et &agrave; punir les destructeurs. Sa charge  est indigne d&rsquo;une opposition irresponsable et sans projet de soci&eacute;t&eacute;  qui pr&ocirc;ne sans cesse haine et destruction, s&eacute;paratisme et d&eacute;sob&eacute;issance  civique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nLes casseurs ne peuvent pas construire le pays,<br \/>\nles voleurs et les br&ucirc;leurs de banques sont incapables de construire<br \/>\nLes coupeurs de route ignorent comment construire le pays,<br \/>\nQue fais-tu, ah Biya, pour que se construise le pays?<br \/>\nNous, nous voulons un pays fort, riche et uni,<br \/>\nUnissons-nous pour le bonheur de notre pays<br \/>\nPourquoi regardes-tu le pays se d&eacute;truire<br \/>\nAs-tu les yeux pour ne pas voir ? je te le demande, ah Paul Biya.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n(&hellip;)<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nUn  groupe de Ngumu, dans la province du Centre, demande clairement au  pr&eacute;sident Biya de bouger et de r&eacute;partir judicieusement le g&acirc;teau  camerounais, car se cr&eacute;e une soci&eacute;t&eacute; in&eacute;gale de priviligi&eacute;s et de  d&eacute;favoris&eacute;s : ceux qui b&eacute;n&eacute;ficient de tout et ceux qui manquent de tout,  les (( on est venu les accompagner B&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains travaillent et peinent &agrave; la t&acirc;che, certains autres profitent Biya le vois-tu ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains s&rsquo;acquittent de leurs devoirs et certains en profitent, Biya que fais-tu?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains ont de l&rsquo;eau, de la lumi&egrave;re, des &eacute;coles<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart attendent dans le d&eacute;sespoir, Biya le vois-tu ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le silence dure, c&rsquo;est que P. Biya  ignore la r&eacute;alit&eacute; de son peuple. Il n&rsquo;est pas au courant, dit la chanson  comminatoire des femmes d&rsquo;Obala.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avise-toi, sais-tu, Biya Paul, ce qui se passe dans ton pays? Sais-tu ce qui se passe dehors ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Connais-tu les tracas du dehors ? Les choses terribles se d&eacute;roulent, tu regardes seulement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les gens meurent, les gens volent,  I&lsquo;argent manque, la douane [est &eacute;lev&eacute;e Paul Biya le sais-tu ? le dehors  est p&eacute;nible, le dehors est mauvais, [Biya Paul, le sais-tu ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La contestation, la r&eacute;volte &eacute;branlent le citoyen villageois qui souffre des exactions du pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les villageoises d&lsquo;llkonolinga rejettent les injustices subies, en appelant au chef Biya pour d&eacute;noncer l&rsquo;intol&eacute;rable :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les imp&ocirc;ts trop &eacute;lev&eacute;s qui, cli&egrave;res soeurs, inhibent le bien-&ecirc;tre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<br \/>\n(&hellip;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nCes propos sont-ils entendus ? Nul  ne sait. Mais on est s&ucirc;r de l&rsquo;&eacute;volution de la mani&egrave;re dont le peuple  pr&eacute;sente aujourd&rsquo;hui ses probl&egrave;mes. Autrefois, les bikut-si utilisaient  des m&eacute;taphores allusives obscures. Ahidjo, par exemple, n&rsquo;avait jamais  &eacute;t&eacute; que (( le pasteur de I&ugrave;-bas )) et les colons, (( la peau de kaolin,  les longs nez )&gt; ou des (( iternels risidents D. Les mots d&rsquo;alors  &eacute;taient laconiques et sybillins. On e&ucirc;t dit qu&rsquo;ils ne concernaient en  rien le fait &eacute;voqu&eacute;. On parlait alors de la langue de bois. Nul n&rsquo;osait  ouvertement s&rsquo;attaquer &agrave; l&rsquo;autorit&eacute; &eacute;tablie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les tentatives de contestation usaient  des proc&eacute;d&eacute;s stylistiques ambigus que d&eacute;cryptaient les seuls initi&eacute;s.  Aujourd&rsquo;hui, les mots des bikut-si sont limpides et durs. Le double  langage inspir&eacute; du parti unique a v&eacute;cu. Les probl&egrave;mes &eacute;voqu&eacute;s, autrefois  subversivement mais tacitement pos&eacute;s pour combattre la dictature, sont  aujourd&rsquo;hui expos&eacute;s &agrave; la radio, devant le pr&eacute;sident lui-m&ecirc;me, lors des  soir&eacute;es culturelles. L&rsquo;utilisation des mots simples, &agrave; sens d&eacute;notatif,  est de mise comme le montrent nos diff&eacute;rents extraits. J&rsquo;observe  n&eacute;anmoins deux faits : le petit peuple demeure courtois, m&ecirc;me devant  l&rsquo;inacceptable, par respect du code social. On retrouve ici une des  caract&eacute;ristiques des bikut-si : louer et corriger ou porter au forum la  cible qui ne se sera pas amend&eacute;e pour l&rsquo;humilier. Y a-t-il pire  ch&acirc;timent chez les Beti que l&rsquo;exclusion, l&rsquo;humiliation et la honte !  &Ecirc;tre responsable de sa chute morale et sociale n&rsquo;engage que soi. A moins  de n&rsquo;&ecirc;tre pas humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le deuxi&egrave;me fait concerne les th&egrave;mes  &eacute;voqu&eacute;s. Ils proviennent des couches les plus d&eacute;favoris&eacute;es et les plus  fid&egrave;les au pouvoir. Peut-on conclure &agrave; une d&eacute;mocratie nouvelle instaur&eacute;e  depuis les conf&eacute;rences nationales ? I1 me semble que, relativement &agrave;  cette r&eacute;flexion, rien n&rsquo;est absolument nouveau. <br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La chanteuse Koko Ateba n&rsquo;avait &eacute;t&eacute;  sanctionn&eacute;e que pour avoir rompu le code d&rsquo;honneur de la famille. On ne  se moque, ici, ni de la st&eacute;rilit&eacute;, ni de la maladie, ni de la mort. Koko  s&rsquo;en moqua en faisant clairement allusion &agrave; madame J. Ir&egrave;ne Biya. On ne  dira pas de m&ecirc;me de Messi Martin ou de Sala Bekono qui ont soulev&eacute;,  dans leurs chansons, des probl&egrave;mes cruciaux de moralit&eacute; humaine et  financi&egrave;re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(&hellip;)<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nForc&eacute;es d&rsquo;accepter  l&rsquo;instauration de la libert&eacute; d&rsquo;expression, les autorit&eacute;s tol&egrave;rent  l&rsquo;intensit&eacute; de la critique sociale, la port&eacute;e de ces revendications se  limitant &agrave; la seule zone couverte par les stations FM du centre et du  sud. Soit pr&egrave;s de 60 kilom&egrave;tres &agrave; la ronde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Louis-Martin Onguene Essono<\/strong><br \/>\n<strong>Ecole ilormale sup&eacute;rieure, Yaound&eacute;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<br \/>\nL<strong>e titre original&nbsp; de cet article de Louis-Martin Onguene Essono est&nbsp; &ldquo;La d&eacute;mocratie en chansons :<\/strong><br \/>\n<strong>les bikut-si du Cameroun&rdquo; . Pour lire l&rsquo;article en entire lire&nbsp; www.politique-africaine.com\/&#8230;\/064052.pdf<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Copyright &copy;&nbsp; PolitiqueAfricaine<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p>\nCopyright &copy;  Louis-Martin Onguene Essono, Yaound&eacute; &#8211; Cameroun &nbsp;|&nbsp; 10-04-2013<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sident h\u00e9ritait, en 1982, d\u2018un pays \u00e9conomiquement fort. Malgr\u00e9 les avertissements de la communaut\u00e9 financi\u00e8re internationale, les Camerounais, jusqu\u2019en 1992, ne se sentaient pas concern\u00e9s par la crise \u00e9conomique. &#8211; &nbsp; &nbsp; Le pr&eacute;sident h&eacute;ritait, en 1982, d&lsquo;un pays &eacute;conomiquement fort. 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