{"id":4640,"date":"2013-05-12T02:08:00","date_gmt":"2013-05-12T00:08:00","guid":{"rendered":""},"modified":"2013-05-12T02:08:00","modified_gmt":"2013-05-12T00:08:00","slug":"4640","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4640\/","title":{"rendered":"Rencontre avec Richard Bona, virtuose du Cameroun, en tourn\u00e9e en France"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Richard Bona, bassiste et chanteur camerounais, vient de sortir son 7e album, \u00ab Bonafied \u00bb, dans lequel il a invit\u00e9 la chanteuse Camille, l\u2019accord\u00e9oniste Vincent Peirani et le guitariste Sylvain Luc. Il le pr\u00e9sente en France lors d\u2019une tourn\u00e9e qui d\u00e9bute ce soir \u00e0 Coutances et passe le 21 mai \u00e0 Paris, au Caf\u00e9 de la Danse, apr\u00e8s des escales \u00e0 Villeurbanne, Marseille ou Nice. Nous l&rsquo;avons rencontr\u00e9.  &#8211; <\/p>\n<div class=\"content-img\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" width=\"660\" height=\"330\" title=\"Richard Bona - portrait 2013 bonnet\" alt=\"Richard Bona - portrait 2013 bonnet\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 660 330'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.francetv.fr\/culturebox\/sites\/default\/files\/styles\/article_view_full_main_image\/public\/assets\/images\/2013\/05\/bonarichard4phianabela500.jpg\" \/><\/div>\n<p>&laquo; Un album de r&eacute;sistance. &raquo; C&rsquo;est ainsi que Richard Bona,  musicien virtuose natif (en 1967) de Minta, village du Cameroun,  sollicit&eacute; dans le monde entier, pr&eacute;sente son dernier disque, acoustique.  &laquo; R&eacute;sistance &raquo; &agrave; une direction prise par le show business, mais aussi &agrave;  certains travers de l&rsquo;humanit&eacute; qui l&rsquo;inqui&egrave;tent et dont il nous parle  sans d&eacute;tour. Le titre du disque, &laquo; Bonafied &raquo; (sorti fin avril), jeu de  mots &agrave; partir de l&rsquo;expression latine &laquo; Bona Fide &raquo; (bonne foi), se  traduit par &laquo; authentique &raquo; en anglais. Un album m&eacute;lodieux, envo&ucirc;tant et  d&eacute;licat &ndash; et que dire de cette voix ? &ndash; au croisement de multiples  univers, jazz, tango, folk, pop africaine, et o&ugrave; se glisse un hommage au  grand song-writer et chanteur folk am&eacute;ricain James Taylor, l&rsquo;une de ses idoles.<\/p>\n<div class=\"video\">\n<div itemprop=\"video\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/VideoObject\">&nbsp;<\/div>\n<p><em>         <\/em><\/div>\n<p>\n<strong>La rencontre<\/strong><br \/>\n<em>Un premier rendez-vous avec Richard Bona avait &eacute;t&eacute; fix&eacute; en avril.  Or, le bassiste-chanteur avait &eacute;t&eacute; appel&eacute; en urgence &agrave; Los Angeles par  un certain Stevie Wonder&#8230;  La seconde date est la bonne. Paris, 6 mai 2013, fin de matin&eacute;e  pluvieuse &agrave; deux pas du Panth&eacute;on, au si&egrave;ge d&rsquo;une grande &laquo; major &raquo; du  disque. Une heure passionnante avec Richard Bona. Souriant, malicieux,  il poss&egrave;de le don de la narration en plus de celui de la musique. Vous  l&rsquo;&eacute;couteriez pendant des heures, vous for&ccedil;ant &ndash; parfois &agrave; contrec&oelig;ur &ndash; &agrave;  le ramener sur les rails de l&rsquo;interview. Install&eacute; &agrave; New York depuis  dix-huit ans, Richard Bona en perd parfois son fran&ccedil;ais, l&rsquo;anglais  venant en premier dans son esprit, se m&eacute;langeant &agrave; la langue de Moli&egrave;re.  &laquo; J&rsquo;&eacute;tais le premier &agrave; me moquer de Van Damme ! &raquo;, s&rsquo;amusera-t-il.<\/em><\/p>\n<p>&#8211; <strong>Culturebox : Nous devions nous rencontrer en avril, mais vous  avez eu un cas de force majeure appel&eacute; Stevie Wonder. En pr&eacute;ambule, j&rsquo;ai  tr&egrave;s envie d&rsquo;en savoir plus sur cette rencontre !<\/strong><br \/>\n&#8211; Richard Bona : Quatre jours avant de venir en France, mon manager me  dit : &laquo; Devine qui vient d&rsquo;appeler ? &raquo; David Foster, qui r&eacute;alise le  nouvel album de Stevie Wonder. Il a rappel&eacute; depuis Los Angeles. Stevie a  pris le t&eacute;l&eacute;phone : &laquo; Tell Richard Bona I want him here ! &raquo; J&rsquo;avais des  interviews boucl&eacute;es et je devais aussi aller au Br&eacute;sil pour jouer avec  le Symphonique de S&atilde;o Paulo. Gal&egrave;re ! Je suis all&eacute; &agrave; L.A. et j&rsquo;ai pass&eacute;  trois jours en studio avec Stevie. Nous n&rsquo;&eacute;tions que tous les deux.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Alors, comment les choses se sont-elles pass&eacute;es ? Comment est-il, Stevie Wonder ?<\/strong><br \/>\n&#8211; Il est g&eacute;nial ! J&rsquo;avais d&eacute;j&agrave; jou&eacute; avec lui aux Nations Unies, par  exemple, pour le Jazz Day. Mais on ne s&rsquo;&eacute;tait pas vraiment rapproch&eacute;s.  Il faut dire que quand je travaille, je suis assez r&eacute;serv&eacute;, je ne vais  pas vers les gens. &Agrave; Los Angeles, avant que je me rende au studio, le  r&eacute;alisateur m&rsquo;a dit : &laquo; Stevie ne veut pas chanter&hellip; &raquo; Je suis arriv&eacute;  deux heures avant lui, j&rsquo;ai r&eacute;arrang&eacute; les rythmiques d&rsquo;un morceau, j&rsquo;ai  tout mis en place, jou&eacute; des percus, mis des guitares, un peu de basse.  Stevie arrive, il &eacute;coute, il demande : &laquo; Qui joue de la basse ? De la  guitare ? &raquo; On lui r&eacute;pond : &laquo; C&rsquo;est Richard Bona. &raquo; &laquo; Ah bon ? Ah, ok&hellip;  Ouvre le micro ! &raquo; Et il a chant&eacute; comme un Dieu. Pour moi, c&rsquo;est un  grand ma&icirc;tre, quelqu&rsquo;un qui a berc&eacute; mon enfance et qui continue &agrave; me  bercer. On m&rsquo;avait engag&eacute; pour jouer de la basse, j&rsquo;ai fait aussi des  percus et de la guitare&hellip; Et Stevie m&rsquo;a demand&eacute; de chanter ! Il avait  &eacute;cout&eacute; mon dernier album ! &laquo; Je veux que tu fasses les choeurs sur un  morceau. &raquo; Et moi, je pensais : &laquo; You&rsquo;re talking to <em>me<\/em> ? &raquo; (il  rit, les yeux &eacute;merveill&eacute;s) Quand j&rsquo;aime les gens, je les aime  profond&eacute;ment et toujours. Quand une musique me touche, je suis comme un  gamin. En plus, Stevie est adorable. Un autre jour, je lui demande  pourquoi il ne joue pas de nouveaux morceaux. Il soupire et murmure : &laquo;  Parce que je suis paresseux&hellip; &raquo; Puis il dit : &laquo; Tu veux un nouveau  morceau ? Ok ! &raquo; On met le piano, les cordes&hellip; Il se met &agrave; jouer et c&rsquo;est  incroyable. Et &agrave; 63 ans, il peut chanter ses chansons avec la tonalit&eacute;  d&rsquo;origine, m&ecirc;me si elle &eacute;tait tr&egrave;s haute. C&rsquo;est un des seuls qui jouent  encore <em>live<\/em>. Je p&egrave;se mes mots. Aujourd&rsquo;hui, dans la pop,  beaucoup de concerts sont en playback, neuf stars sur dix y ont recours.  J&rsquo;insiste. Personne ne le sait. Y compris les journalistes, les  sp&eacute;cialistes de la musique. Cela affecte mon m&eacute;tier, car on ment au  public.<\/p>\n<div class=\"video\">\n<div itemprop=\"video\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/VideoObject\">&nbsp;<\/div>\n<p><em>         <\/em><\/div>\n<p>\n&#8211; <strong>Et cela vous affecte aussi, de toute &eacute;vidence&#8230; Parlons un peu de votre album, &laquo; Bonafied &raquo;&hellip;<\/strong><br \/>\n&#8211; En fait, mon album est compl&egrave;tement acoustique, en signe de r&eacute;volte.  C&rsquo;est parti d&rsquo;une interview. Quelqu&rsquo;un m&rsquo;a dit : &laquo; Tiens, toi qui passes  en France, il y a ce DJ &#8211; je ne vais nommer personne, sourit Richard  Bona &#8211; qui est quand m&ecirc;me un cr&eacute;ateur incroyable ! &raquo; Maintenant, on  appelle m&ecirc;me les DJs des cr&eacute;ateurs ?<\/p>\n<p>&#8211; <strong>En France, les DJs remportent des Victoires de la musique&#8230;<\/strong><br \/>\n&#8211; Mais qu&rsquo;est-ce que le DJ fait ? Je prends un morceau de tel artiste  qui chante &laquo; La Vie en rose &raquo;, je prends une batterie d&rsquo;afrobeat de  Fela, je mets &ccedil;a ensemble, et c&rsquo;est de la cr&eacute;ation ? C&rsquo;est incroyable !  Ce m&eacute;tier est carr&eacute;ment en danger ! Je parlais de r&eacute;volte. J&rsquo;ai repris  ma guitare et je me suis dit : &laquo; Je vais faire un album acoustique, ils  m&rsquo;emmerdent, tous ces trucs &eacute;lectroniques. &raquo; C&rsquo;est comme &ccedil;a que j&rsquo;ai  compos&eacute; tout l&rsquo;album. Et je pense que je vais rester sur cette ligne.  Aujourd&rsquo;hui, il faut que le son soit toujours cadr&eacute;, dans tous les  disques pop, et il n&rsquo;y a plus de batterie&hellip;<\/p>\n<p>&#8211; <strong>M&ecirc;me si votre disque a &eacute;t&eacute; &eacute;crit en r&eacute;action &agrave; des choses qui  vous r&eacute;voltent, l&rsquo;impression g&eacute;n&eacute;rale qui en &eacute;mane &agrave; l&rsquo;&eacute;coute, quand on  ne comprend pas les paroles, c&rsquo;est pourtant une forme de s&eacute;r&eacute;nit&eacute;&#8230;<\/strong><br \/>\n&#8211; L&rsquo;album reste serein &agrave; l&rsquo;&eacute;coute. Il reste tr&egrave;s joyeux. Mais dedans, il  y a &eacute;norm&eacute;ment de r&eacute;sistance. Je l&rsquo;entends quand j&rsquo;&eacute;coute &laquo; Tumba La  Nyama &raquo;, par exemple.<\/p>\n<div class=\"illustration\"><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.francetv.fr\/culturebox\/sites\/default\/files\/styles\/asset_in_body\/public\/assets\/images\/2013\/05\/bonarichard5phianabela500.jpg\" alt=\"Richard Bona et sa basse &copy; Ian Abela\" title=\"Richard Bona et sa basse &copy; Ian Abela\" \/>    <br \/>\n<span class=\"legende\">  Richard Bona et sa basse<\/span>         <span class=\"copyright\">&copy;   Ian Abela<\/span><\/div>\n<p>\n&#8211; <strong>Justement, pouvez-vous nous expliquer de quoi parlent vos chansons ?<\/strong><br \/>\n&#8211; Il s&rsquo;agit de contes. Dans &laquo; Tumba La Nyama &raquo;, les animaux se  r&eacute;unissent dans la for&ecirc;t pour &eacute;valuer l&rsquo;&ecirc;tre humain. Ils lui demandent :  &laquo; Chaque fois qu&rsquo;on te voit, tu es triste. Pourquoi ? &raquo; L&rsquo;&ecirc;tre humain  r&eacute;pond : &laquo; Vous avez de la chance. Vous d&eacute;tenez tous les secrets de la  nature ! Le poisson peut nager ! L&rsquo;oiseau peut voler ! L&rsquo;&eacute;l&eacute;phant est si  fort. &raquo; Les animaux lui disent : &laquo; Ne t&rsquo;en fais pas, on va t&rsquo;apprendre  tous ces secrets ! &raquo; &Agrave; peine les animaux ont-ils commenc&eacute; &agrave; lui  enseigner les choses, que l&rsquo;&ecirc;tre humain est d&eacute;j&agrave; devenu &laquo; l&rsquo;inventeur &raquo;  de l&rsquo;a&eacute;ronautique, le &laquo; cr&eacute;ateur &raquo; des sous-marins, des bateaux&hellip; Il y a  eu usurpation de savoir-faire. L&rsquo;&ecirc;tre humain n&rsquo;a jamais rien cr&eacute;&eacute;. Nous  copions tout ce qui se trouvait d&eacute;j&agrave; dans la nature des millions  d&rsquo;ann&eacute;es avant nous. Mais on ne cr&eacute;dite jamais les animaux pour leurs  cr&eacute;ations. Les animaux reviennent voir l&rsquo;&ecirc;tre humain. &laquo; Alors,  maintenant que tu as construit des avions, &ccedil;a va ? &raquo; Et ils voient qu&rsquo;il  est toujours triste ! Il est encore plus triste qu&rsquo;avant ! Le hibou dit  : &laquo; Finalement, c&rsquo;est une esp&egrave;ce qui ne sera jamais contente. &raquo; C&rsquo;est  une esp&egrave;ce qui demandera toujours tout &agrave; la nature, qui lui prendra  tout, jusqu&rsquo;au moment o&ugrave; la nature lui dira : &laquo; Il ne me reste plus  rien. Tu as tout pris. &raquo; C&rsquo;est une esp&egrave;ce qui mourra de soif les pieds  tremp&eacute;s dans l&rsquo;eau. C&rsquo;est imag&eacute;, mais c&rsquo;est bas&eacute; sur la r&eacute;alit&eacute; de ce  que nous appelons le d&eacute;veloppement.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Le <\/strong>&laquo; <strong>progr&egrave;s <\/strong>&raquo;<strong> ?<\/strong><br \/>\n&#8211; Qui nous dit que le progr&egrave;s, c&rsquo;est ce dont on a besoin ? Qui dit que  le progr&egrave;s est l&rsquo;ami de l&rsquo;homme ? Je ne sais pas, mais j&rsquo;en doute. Quand  j&rsquo;&eacute;tais gamin, je n&rsquo;imaginais pas qu&rsquo;un jour, j&rsquo;ach&egrave;terais de l&rsquo;eau.  L&rsquo;eau, la rivi&egrave;re, la source&hellip; Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ach&egrave;te l&rsquo;eau ! C&rsquo;est mon  point de r&eacute;f&eacute;rence. Je suis s&ucirc;r que le jour o&ugrave; l&rsquo;&ecirc;tre humain va  contr&ocirc;ler l&rsquo;air, on va te regarder et dire : &laquo; Richard Bona, tu fais  quoi, 85 kg, donc tu as besoin de tant de m&egrave;tres cube.Tu as un peu  d&rsquo;argent, l&agrave; ? &raquo; Comme de l&rsquo;essence ! &Ccedil;a va arriver ! J&rsquo;esp&egrave;re que je ne  serai plus l&agrave; ! &laquo; Tumba La Nyama &raquo;, c&rsquo;est la tribu des animaux qui  parlent et observent l&rsquo;&ecirc;tre humain dans son &laquo; progr&egrave;s &raquo;. Le progr&egrave;s est  l&rsquo;ennemi n&deg;1 de l&rsquo;homme. Rares sont les gens qui vont l&rsquo;accepter ou m&ecirc;me  le comprendre. L&rsquo;&ecirc;tre humain a v&eacute;cu pendant des millions d&rsquo;ann&eacute;es sans  le progr&egrave;s. Ces cent derni&egrave;res ann&eacute;es, on a fait beaucoup plus de  progr&egrave;s que dans n&rsquo;importe quelle &eacute;poque. Et c&rsquo;est l&agrave; que nous avons  tout d&eacute;truit. Et on continue. Un paragraphe de la chanson dit : &laquo; En  plus, c&rsquo;est une esp&egrave;ce qui pr&eacute;tend aimer ! &raquo; La nature nous aime.  Inconditionnellement. Vous et moi, nous sommes assis l&agrave;, nous respirons  l&rsquo;air qui nous est donn&eacute; gratuitement. L&rsquo;eau nous parvient gratuitement.  M&ecirc;me si on se plaint tout le temps quand il pleut, quand il fait trop  chaud&hellip; Nous avons tout cela gratuit, pour notre subsistance. Et nous,  comment remercions-nous la nature ? Nous devrions tous nous lever le  matin et commencer par lui dire merci ! Mais on ne le fait jamais, on  consid&egrave;re que &ccedil;a nous est d&ucirc; ! On n&rsquo;y fait m&ecirc;me plus attention ! Mais la  nature est la plus forte. M&ecirc;me si elle ne parle jamais. Celui qui a le  plus de torts, c&rsquo;est celui qui parle le plus. Quand vous voyez quelqu&rsquo;un  tr&egrave;s bien se d&eacute;fendre&hellip; (il murmure) c&rsquo;est qu&rsquo;il est coupable ! (rire)  Observez autour de vous !<\/p>\n<div class=\"video\">\n<div itemprop=\"video\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/VideoObject\">&nbsp;<\/div>\n<p><em>         <\/em><\/div>\n<p>\n&#8211; <strong>Pouvez-vous nous donner un autre exemple d&rsquo;une chanson ayant un message ?<\/strong><br \/>\n&#8211; Toutes ont des messages ! &laquo; Dunia &raquo;, par exemple, c&rsquo;est la vie. En  Afrique, on a embrass&eacute;, on a impos&eacute;, tout ce qui venait du monde  occidental. Je dis : &laquo; Tu n&rsquo;es pas oblig&eacute; d&rsquo;embrasser tout &ccedil;a aussi. &raquo;  Quand je vais en Afrique, je vois des choses et je dis : &laquo; Tu sais, en  France, l&rsquo;&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est l&agrave; o&ugrave; on a jug&eacute; qu&rsquo;il fallait prendre des vacances,  parce qu&rsquo;il fait tr&egrave;s chaud, que ce n&rsquo;est pas le bon moment d&rsquo;aller en  classe. Alors que l&rsquo;hiver est propice pour &eacute;tudier. Nous, en Afrique, on  a embrass&eacute; le m&ecirc;me mode scolaire. Sauf que c&rsquo;est l&rsquo;inverse&nbsp; dans  l&rsquo;h&eacute;misph&egrave;re sud ! Quand on va &agrave; l&rsquo;&eacute;cole en f&eacute;vrier, il fait 40 degr&eacute;s.  Et pour nous, la saison des pluies, c&rsquo;est juillet-ao&ucirc;t ! Pour vous,  c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;t&eacute;, mais pour nous aussi, c&rsquo;est le moment o&ugrave; on prend les  vacances ! Alors qu&rsquo;on devrait &ecirc;tre en classe pour &eacute;tudier. Et vous vous  demandez pourquoi les gosses africains dorment en classe ! La chanson &laquo;  Dunia &raquo; dit : &laquo; Vous avez vous-m&ecirc;mes tu&eacute; l&rsquo;ancien &eacute;t&eacute; pour embrasser la  nouveaut&eacute;. &raquo; Et des deux c&ocirc;t&eacute;s, d&rsquo;ailleurs. Il y en a d&rsquo;autres qui se  disent tr&egrave;s africains&hellip;Si c&rsquo;est comme &ccedil;a, alors dans ce cas, il faut  l&rsquo;&ecirc;tre &agrave; 100% ! Vous dites que vous voulez &ecirc;tre authentique avec votre  mani&egrave;re de penser : &laquo; On ne veut plus rien du colon. &raquo; Mais dans le m&ecirc;me  temps, vous embrassez l&rsquo;&eacute;glise. Or, qui a amen&eacute; l&rsquo;&eacute;glise ? En Afrique,  on trouve les plus croyants aujourd&rsquo;hui ! Vous ne pouvez pas discuter  avec un Africain sur ce sujet ! Moi qui ne connaissais que les  protestants et catholiques, j&rsquo;ai vu des &eacute;glises chez moi, &laquo; &eacute;piscopales  &raquo;, &laquo; de la premi&egrave;re heure &raquo;&hellip; Bah dites donc, Dieu, <em>good business !<\/em>  Je me dis : &laquo; Ok, si on veut avoir une autre mani&egrave;re de penser,  pourquoi est-ce qu&rsquo;on a toujours &ccedil;a ? &raquo; Si on rejette, alors qu&rsquo;on  rejette tout en bloc ! Dans &laquo; Dunia &raquo;, je chante toute cette confusion.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>&laquo; Mut&rsquo;Esukudu &raquo; est l&rsquo;une des deux chansons (sur onze au total  dans l&rsquo;album) que vous n&rsquo;ayez pas &eacute;crite&hellip; Elle est sign&eacute;e de Sadrack  Mbondi Kollo.<\/strong><br \/>\n&#8211; &laquo; Mut&rsquo;Esukudu &raquo;, c&rsquo;est &laquo; l&rsquo;&eacute;tudiant &raquo;. C&rsquo;est une vieille chanson que  j&rsquo;avais entendue tr&egrave;s jeune. Monsieur Sadrack Mbondi Kollo, c&rsquo;est un  ancien ! J&rsquo;&eacute;tais ami avec son fils. C&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re fois que  j&rsquo;entendais quelqu&rsquo;un jouer un accord mineur&#8230; Quand j&rsquo;&eacute;tais petit, au  d&eacute;but, je jouais tout en majeur. Et l&agrave;, j&rsquo;entends un accord mineur et je  me dis : &laquo; C&rsquo;est quoi, &ccedil;a ? &raquo; Pour moi, &ccedil;a sonnait sexy ! C&rsquo;est comme  &ccedil;a que j&rsquo;ai appris &agrave; en jouer. J&rsquo;ai chant&eacute; cette chanson &agrave; sa fa&ccedil;on,  j&rsquo;ai r&eacute;arrang&eacute; les cordes. Les paroles disent : &laquo; Quand j&rsquo;&eacute;tais gamin,  je ne savais pas lire parce que je n&rsquo;avais personne pour m&rsquo;acheter les  bouquins&hellip; &raquo; Toutes les chansons ont des histoires derri&egrave;re, des  histoires r&eacute;elles.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>L&rsquo;album renferme un duo avec Camille, &quot;La fille d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;&quot;. Comment s&rsquo;est-elle retrouv&eacute;e sur ce projet ?<\/strong><br \/>\n&#8211; Je connaissais Camille  avant qu&rsquo;elle fasse des albums. Elle &eacute;tait pote avec une de mes  ex-copines. Un jour, elles sont venues me voir chez moi &agrave; New York.  C&rsquo;est comme &ccedil;a que je l&rsquo;ai connue. Le m&ecirc;me soir, je jouais pour le  comptable de Bill Gates, chez lui ! Camille nous a accompagn&eacute;s. Elle a  sympathis&eacute; avec le mec, ils ont beaucoup discut&eacute;. Je ne sais pas trop de  quoi ils ont parl&eacute;, car Camille est un peu rock&rsquo;n&rsquo; roll, alors que le  mec &eacute;tait un businessman assez pointu&#8230; Camille est une artiste  magnifique, je l&rsquo;adore. J&rsquo;aime son approche tr&egrave;s &eacute;pur&eacute;e, tr&egrave;s brute.  C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs mon ex-copine qui m&rsquo;a sugg&eacute;r&eacute; de travailler avec elle.  Elle a &eacute;crit tr&egrave;s vite les paroles sur une musique que je lui avais  envoy&eacute;e.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Vous avez repris un titre de James Taylor, &laquo; On the 4th of July &raquo;. Je crois que vous &ecirc;tes un grand fan de ce song-writer&hellip;<\/strong><br \/>\n&#8211; Oui, j&rsquo;adore James Taylor ! Et j&rsquo;aime bien m&rsquo;amuser aussi, parfois, quand je fais un album. J&rsquo;ai appel&eacute; Sylvain Luc  (guitariste de jazz, ndlr), qui est un ami. On ne savait m&ecirc;me pas quel  titre on allait faire. On a fait cette reprise, juste comme &ccedil;a. J&rsquo;aime  bien aussi faire les choses sans avoir r&eacute;fl&eacute;chi au pr&eacute;alable. Pour moi,  Sylvain est le plus grand guitariste. Dans ce disque, je rends donc  hommage &agrave; un artiste de mon enfance, Sadrack Mbondi Kollo, et je rends  hommage &agrave; quelqu&rsquo;un que j&rsquo;ai connu beaucoup plus tard. Et ce n&rsquo;est pas  fini ! On rendra hommage &agrave; tout le monde ! Et un jour &agrave; Stevie.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Vous faites de nouveau appel &agrave; Gil Goldstein  (arrangeur, pianiste et accord&eacute;oniste new-yorkais) pour certains de vos  arrangements pour cordes, avec qui vous avez d&eacute;j&agrave; travaill&eacute; par le  pass&eacute;&hellip;<\/strong><br \/>\n&#8211; C&rsquo;est un super ami, et c&rsquo;est aussi mon professeur, il faut le dire ! &Agrave;  New York, il est mon professeur d&rsquo;orchestration. Je compte aussi  prendre quelques cours avec Vince Mendoza (arrangeur et compositeur am&eacute;ricain, ndlr). I love it !<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Vous &ecirc;tes toujours en train d&rsquo;&eacute;tudier !<\/strong><br \/>\n&#8211; Mais oui&hellip; Le jour o&ugrave; je n&rsquo;apprendrai plus, je pense que ce sera fini.  Et ces musiciens connaissent des choses que je ne connais pas. Je suis  fascin&eacute; par &ccedil;a. Gil, bien s&ucirc;r&hellip; Et puis ce musicien que je viens de  rencontrer au Br&eacute;sil, Jo&atilde;o Maur&iacute;cio Galindo, qui dirige l&rsquo;Orchestre Jazz Sinf&ocirc;nica de S&atilde;o Paulo.  Il m&rsquo;a montr&eacute; des trucs&hellip; A&iuml;e a&iuml;e a&iuml;e&hellip; (il l&egrave;ve les yeux et les bras  vers le ciel) Maintenant, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que je ne sais m&ecirc;me pas  jouer&hellip; I&rsquo;m sad ! Mais c&rsquo;est bon ! Je passe deux heures avec lui, il  m&rsquo;explique des choses, je trouve la solution. Il y a des choses que je  ne comprends pas dans Stravinsky, je vous le dis franchement. Jo&atilde;o  Maur&iacute;cio m&rsquo;a pas mal expliqu&eacute; tout &ccedil;a.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Les rencontres font de toute &eacute;vidence partie des grandes  satisfactions de votre carri&egrave;re. Quelles sont celles qui vous ont  particuli&egrave;rement marqu&eacute; ?<\/strong><br \/>\n&#8211; Tout d&rsquo;abord, il y a le fait d&rsquo;avoir eu un grand-p&egrave;re musicien, hyper  talentueux, qui m&rsquo;ait initi&eacute;. C&rsquo;est hyper important dans votre son. &Ccedil;a  aide beaucoup, m&ecirc;me s&rsquo;il ne m&rsquo;a jamais appris quoi que ce soit. Il a  senti : &laquo; Ah, le gamin, il est bon ! &raquo; Il m&rsquo;a fabriqu&eacute; mon balafon, et  l&agrave;, j&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; taper dessus. C&rsquo;&eacute;tait mon plus beau jour, je crois.  Mon plus beau cadeau, jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui. Et par la suite, il y a le  fait d&rsquo;avoir rencontr&eacute; des mecs que j&rsquo;ai toujours admir&eacute;s : Herbie Hancock, George Benson, Salif Keita, Stevie Wonder, m&ecirc;me des plus jeunes, Lauryn Hill, John Legend&hellip;  Et des anciens comme Harry Belafonte ! J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; son directeur musical  pendant deux ans ! &Ccedil;a a &eacute;t&eacute; mon premier job &agrave; New York, deux semaines  apr&egrave;s mon arriv&eacute;e l&agrave;-bas&hellip; J&rsquo;ai toujours comme une &eacute;toile, je dois  l&rsquo;avouer. J&rsquo;arrive &agrave; un endroit, je ne connais personne, et d&rsquo;un seul  coup, il y a le mec qui &eacute;crit des paroles pour lui qui vient manger  juste &agrave; l&rsquo;endroit o&ugrave; je joue pour des clopinettes, et qui vient me dire :  &laquo; Eh toi, j&rsquo;ai un ami qui va t&rsquo;appeler, c&rsquo;est Harry Belafonte.  Donne-moi ton t&eacute;l&eacute;phone. &raquo; Moi, je ne le connaissais pas. J&rsquo;avais 26  ans. &Ccedil;a s&rsquo;est toujours pass&eacute; comme &ccedil;a, comme s&rsquo;il y avait un guide, un  ange gardien, je n&rsquo;ai jamais eu de difficult&eacute;. Et aujourd&rsquo;hui, mon ange  gardien, c&rsquo;est le public.<\/p>\n<p><em>(propos recueillis par A.Y.)<\/em><\/p>\n<div class=\"illustration\"><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.francetv.fr\/culturebox\/sites\/default\/files\/styles\/asset_in_body\/public\/assets\/images\/2013\/05\/bonaalbumbonafied500.jpg\" alt=\"&amp;quot;Bonafied&amp;quot;, de Richard Bona, album sorti le 22 avril 2013 (Emarcy\/Universal)\" title=\"&amp;quot;Bonafied&amp;quot;, de Richard Bona, album sorti le 22 avril 2013 (Emarcy\/Universal)\" \/>    <br \/>\n<span class=\"legende\">  &quot;Bonafied&quot;, de Richard Bona, album sorti le 22 avril 2013 (Emarcy\/Universal)<\/span><\/div>\n<p>\n<strong>Richard Bona en concert<\/strong><\/p>\n<p>11 mai : Coutances (<a href=\"http:\/\/www.jazzsouslespommiers.com\/spectacles_details.php?id_spectacle=1861\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Jazz sous les Pommiers<\/a>)<br \/>\n13 mai : Ris-Orangis, <a href=\"http:\/\/www.leplan.com\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Le Plan<\/a><br \/>\n15 mai : Villeurbanne, <a href=\"http:\/\/www.transbordeur.fr\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Le Transbordeur<\/a><br \/>\n16 mai : Six-Fours-Les-Plages, <a href=\"http:\/\/www.espace-malraux.fr\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Espace Malraux<\/a><br \/>\n17 mai : Marseille, <a href=\"http:\/\/www.espace-julien.com\/fr\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Espace Julien<\/a><br \/>\n18 mai : Nice, <a href=\"http:\/\/www.tlv-nice.org\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Th&eacute;&acirc;tre Lino Ventura<\/a><br \/>\n19 mai : <a href=\"http:\/\/www.fertejazz.com\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Festival Jazz<\/a> de La-Fert&eacute;-sous-Jouarre<br \/>\n21 mai : Paris, <a href=\"http:\/\/www.cafedeladanse.com\/richard-bona\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Caf&eacute; de la Danse<\/a><\/p>\n<p>3 juillet : Saint-Etienne, <a href=\"http:\/\/www.festivaldes7collines.com\/2013\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">Festival des 7 Collines<\/a><\/p>\n<p>15 octobre : Paris, <a href=\"http:\/\/www.lacigale.fr\/spectacle\/richard-bona\/\" target=\"_blank\" class=\"imitation-links\">La Cigale<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>http:\/\/www.francetv.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Richard Bona, bassiste et chanteur camerounais, vient de sortir son 7e album, \u00ab Bonafied \u00bb, dans lequel il a invit\u00e9 la chanteuse Camille, l\u2019accord\u00e9oniste Vincent Peirani et le guitariste Sylvain Luc. Il le pr\u00e9sente en France lors d\u2019une tourn\u00e9e qui d\u00e9bute ce soir \u00e0 Coutances et passe le 21 mai \u00e0 Paris, au Caf\u00e9 de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-4640","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4640"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4640\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4640"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=4640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}