{"id":4646,"date":"2013-07-25T18:14:01","date_gmt":"2013-07-25T16:14:01","guid":{"rendered":""},"modified":"2013-07-25T18:14:01","modified_gmt":"2013-07-25T16:14:01","slug":"4646","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4646\/","title":{"rendered":"Et Douala se m\u00e9tamorphosera\u2026"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Douala, m\u00e9tamorphoses\u00a0\u00bb, tel est le titre de la prochaine \u00e9dition du SUD (Salon <\/p>\n<p>Urbain de Douala), qui aura lieu du 1er au 8 d\u00e9cembre 2013. Ce festival triennal d&rsquo;art public, port\u00e9 par le centre d&rsquo;art contemporain doual&rsquo;art depuis 2007, se pr\u00e9pare bien en amont : plus qu&rsquo;un festival, il est un v\u00e9ritable programme d&rsquo;actions sur trois ans.<br \/>\nDouala, ville \u00ab\u00a0sans \u00e2me\u00a0\u00bb pour certains (1), \u00ab\u00a0vilaine\u00a0\u00bb pour d&rsquo;autres (2), fut pourtant autrefois connue sous le nom de \u00ab\u00a0Douala la Belle\u00a0\u00bb. &#8211; <\/p>\n<p>Elle a &eacute;t&eacute; urbanis&eacute;e d&rsquo;abord par les Allemands &agrave; la fin du XIXe si&egrave;cle. Ils ont trac&eacute; les premiers grands axes et ont laiss&eacute; &agrave; Bonanjo (3), le quartier administratif, une dizaine de b&acirc;timents &agrave; l&rsquo;architecture remarquable &#8211; dont le plus c&eacute;l&egrave;bre est sans aucun doute le Palais des Rois Bell, surnomm&eacute; &quot;La Pagode&quot;, construit en 1905. Les Fran&ccedil;ais ont aussi laiss&eacute; leurs traces, aussi bien dans des b&acirc;timents administratifs (la chambre de commerce de 1927, le palais de justice de 1931&hellip;) que dans des b&acirc;timents religieux (la cath&eacute;drale St Pierre et St Paul de 1936).<\/p>\n<p>En 1960, au moment de l&rsquo;ind&eacute;pendance, Douala compte d&eacute;j&agrave; plus de 120 000 habitants (4). Elle se d&eacute;veloppe rapidement. La ville garde son aura et se dote de nouveaux b&acirc;timents notables, comme la gare de Bessengu&eacute;, construite dans les ann&eacute;es 1970.<\/p>\n<p>Mais au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Douala la rebelle prend le pas sur Douala la belle : la ville se r&eacute;volte contre le pouvoir, r&eacute;clame le multipartisme, organise les villes mortes de 1991 (5)&hellip; et commence &agrave; s&eacute;rieusement embarrasser le pouvoir camp&eacute; &agrave; Yaound&eacute;, ville rivale de Douala. Yaound&eacute; d&eacute;cide de couper les vivres &agrave; sa capitale &eacute;conomique.<\/p>\n<p>Douala est priv&eacute;e d&rsquo;argent public au moment o&ugrave; elle en a le plus besoin, puisque la d&eacute;valuation du franc CFA en 1994 pousse les Camerounais &agrave; chercher fortune en ville : Douala double de taille en dix ans. C&rsquo;est le d&eacute;but du r&egrave;gne de l&rsquo;auto-construction, de la d&eacute;gradation de la voirie, de l&rsquo;envahissement de la ville par les d&eacute;chets. Les architectes, les mat&eacute;riaux durables, les normes de construction, les plans g&eacute;n&eacute;raux d&rsquo;urbanisme sont oubli&eacute;s, c&rsquo;est la d&eacute;brouille qui devient le ma&icirc;tre- mot. Douala commence &agrave; prendre l&rsquo;allure d&rsquo;un gigantesque bidonville.<\/p>\n<p>Les ann&eacute;es 2000 amplifient le chaos avec l&rsquo;importance que prennent au Cameroun les feymens, sortes d&rsquo;escrocs organis&eacute;s dont l&rsquo;argent ach&egrave;te les bonnes consciences. Les permis de construire leur sont accord&eacute;s en dehors de toute r&eacute;glementation, les immeubles hors-norme poussent comme des champignons, d&eacute;figurant la ville. La publicit&eacute; massive envahit les quelques fa&ccedil;ades qui avaient encore un attrait, particuli&egrave;rement &agrave; Akwa, quartier commercial de la ville.<\/p>\n<p>Pourtant, un petit groupe d&rsquo;artivistes r&eacute;siste encore et toujours au fatalisme g&eacute;n&eacute;ral&hellip; Il s&rsquo;appelle doual&rsquo;art et est &agrave; l&rsquo;origine du Salon Urbain de Douala (SUD), festival triennal qui prend Douala comme sujet et support d&rsquo;exp&eacute;rimentations artistiques et urbaines.<\/p>\n<p>La prochaine &eacute;dition du SUD, en d&eacute;cembre 2013 s&rsquo;attaquera &agrave; ces questions d&rsquo;architecture et d&rsquo;urbanisme. Il s&rsquo;agit de redonner &agrave; Douala ses lettres d&rsquo;or en invitant les &quot;cr&eacute;ateurs de formes&quot; &#8211; comme doual&rsquo;art aime &agrave; appeler les artistes, designers et architectes &#8211; &agrave; r&eacute;-imaginer la ville, &agrave; la remodeler physiquement.<\/p>\n<p>Le festival en tant que tel durera une semaine, du 1er au 8 d&eacute;cembre 2013, mais il se pense d&egrave;s aujourd&rsquo;hui &#8211; d&egrave;s la fin de l&rsquo;&eacute;dition 2010, en fait.<\/p>\n<p>Du 24 au 26 mai 2011, une vingtaine de curateurs, architectes, artistes et d&eacute;cideurs politiques du Cameroun et d&rsquo;ailleurs ont donc &eacute;t&eacute; r&eacute;unis pour les sixi&egrave;mes rencontres Ars &amp; Urbis organis&eacute;es par doual&rsquo;art. Leur mission : inventer ce que SUD2013 pourrait &ecirc;tre &#8211; aussi bien le festival en lui-m&ecirc;me que le programme triennal qui va y mener.<\/p>\n<p>La premi&egrave;re &eacute;tape a consist&eacute; &agrave; cerner le profil de la ville en &eacute;tudiant son contexte, son histoire et ses sp&eacute;cificit&eacute;s. Des instances camerounaises comme la Communaut&eacute; urbaine de Douala, le minist&egrave;re du D&eacute;veloppement urbain et de l&rsquo;habitat, l&rsquo;Ordre des architectes du Cameroun et le Port autonome de Douala ont &eacute;t&eacute; invit&eacute;es &agrave; prendre la parole par l&rsquo;interm&eacute;diaire de leurs repr&eacute;sentants.<\/p>\n<p>Des intervenants ext&eacute;rieurs &#8211; curateurs, architectes ou op&eacute;rateurs culturels &#8211; ont ensuite pr&eacute;sent&eacute; des initiatives artistiques et architecturales men&eacute;es dans d&rsquo;autres pays, afin d&rsquo;ouvrir les perspectives.<\/p>\n<p>La derni&egrave;re apr&egrave;s-midi a &eacute;t&eacute; consacr&eacute;e au SUD2013 en lui-m&ecirc;me : des propositions de projets ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;es et des discussions g&eacute;n&eacute;rales ont permis d&rsquo;en circonscrire le th&egrave;me, d&rsquo;en discuter le sens. Comment remodeler la ville, comment impliquer les habitants, comment faire &eacute;voluer les projets des d&eacute;cideurs politiques, comment faire travailler ensemble des artistes et des architectes, comment enchanter le quotidien des Doualais&hellip; ? Autant de questions auxquelles doual&rsquo;art aura &agrave; r&eacute;pondre durant les deux ans et demi qui lui restent.<\/p>\n<p>Quelques orientations sont d&eacute;j&agrave; donn&eacute;es : mise en valeur du patrimoine architectural de la ville, r&eacute;flexions sur l&rsquo;habitat spontan&eacute; et ses am&eacute;liorations possibles, exp&eacute;rimentation d&rsquo;un habitat qui prenne en compte le contexte g&eacute;ographique, climatique et humain de la ville, projet d&rsquo;un waterfront qui fasse profiter des attraits du fleuve, am&eacute;nagement d&rsquo;espaces de loisirs, cr&eacute;ation de mus&eacute;e(s), travaux sur les rep&egrave;res urbains, g&eacute;ographiques et imaginaires&hellip;<\/p>\n<p>Le SUD2013, baptis&eacute; &quot;Douala, m&eacute;tamorphoses&quot;, est en marche&hellip; et il est ambitieux.<\/p>\n<p>Maud de la Chapelle<br \/>\nAfriculture<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Douala, m\u00e9tamorphoses\u00a0\u00bb, tel est le titre de la prochaine \u00e9dition du SUD (Salon Urbain de Douala), qui aura lieu du 1er au 8 d\u00e9cembre 2013. 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