{"id":4681,"date":"2013-11-09T18:10:17","date_gmt":"2013-11-09T17:10:17","guid":{"rendered":""},"modified":"2013-11-09T18:10:17","modified_gmt":"2013-11-09T16:10:17","slug":"4681","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4681\/","title":{"rendered":"Le prix Femina d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 L\u00e9onora Miano"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\nLe prix Femina a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 L\u00e9onora Miano pour La Saison de l&rsquo;ombre (Grasset). &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le prix Femina a &eacute;t&eacute; attribu&eacute; &agrave; L&eacute;onora Miano pour <em>La Saison de l&rsquo;ombre<\/em> (Grasset).&nbsp; La s&eacute;lection comprenait &eacute;galement <em>Au revoir l&agrave;-hau<\/em>t, de Pierre Lemaitre (Albin Michel), distingu&eacute; lundi par le prix Goncourt, <em>Le Dernier seigneur de Marsad<\/em>, de Charif Majdalani (Seuil), <em>Faillir &ecirc;tre flingu&eacute;<\/em>, de C&eacute;line Minard (Rivages) et <em>Le cas Eduard Einstein<\/em>, de Laurent Seksik (Flammarion).<\/p>\n<p>Le prix Femina essai a &eacute;t&eacute; remis &agrave; Jean-Paul et Rapha&euml;l Enthoven pour <em>Dictionnaire amoureux de Proust<\/em> (Plon) et le Femina &eacute;tranger &agrave; <em>Canada<\/em> de Richard Ford (L&rsquo;Olivier).<\/p>\n<p>Avec <em>La Saison de l&rsquo;ombre<\/em>, les jur&eacute;es du Femina r&eacute;compensent le septi&egrave;me roman d&rsquo;une &eacute;crivaine &agrave; la prose grave et lumineuse, n&eacute;e &agrave; Douala (Cameroun) en 1973. Il commence  apr&egrave;s l&rsquo;attaque et l&rsquo;incendie des habitations des Mulongo, un clan  imaginaire, qui vit &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des terres. Douze hommes ont disparu  lors de cette agression &eacute;clair, totalement incompr&eacute;hensible. Comment se figurer les bateaux n&eacute;griers quand on n&rsquo;a jamais vu la mer ni affront&eacute; l&rsquo;impensable arrogance des <em>&quot;&eacute;trangers aux pieds de poule&quot;<\/em>, ces Europ&eacute;ens d&eacute;p&ecirc;ch&eacute;s sur les c&ocirc;tes africaines pour bourrer les voiliers de b&eacute;tail humain ? Le premier r&eacute;flexe du conseil des (vieux) notables est de placer en quarantaine les femmes, <em>&quot;dont les fils n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;s&quot;<\/em> : comme si elles y &eacute;taient pour quelque chose&#8230;<\/p>\n<p>Contre cet aveuglement, ils sont pourtant plusieurs &agrave; se dresser  : tandis que le jeune chef, Mukano, bravant l&rsquo;avis des anciens, part &agrave;  la recherche des disparus, la silencieuse Eyabe prend la route, elle  aussi, violant la coutume ; elle marche, seule, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;oc&eacute;an &ndash; o&ugrave;  elle d&eacute;couvrira le fin mot des razzias n&eacute;gri&egrave;res. Rest&eacute;e au village, la  vieille Ebeise, accoucheuse en titre, observatrice hors de pair, est la troisi&egrave;me grande voix du r&eacute;cit.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s <em>Les Aubes &eacute;carlates<\/em> (Plon, 2009), qui &eacute;voquait d&eacute;j&agrave; les <em>&quot;disparus&quot;<\/em> de la traite, <em>La Saison de l&rsquo;ombre<\/em> donne le premier r&ocirc;le au petit peuple des broussards, <em>&quot;ceux dont on ne dit jamais rien&quot;<\/em>, comme les a d&eacute;sign&eacute;s l&rsquo;auteur, en 2011, dans un discours prononc&eacute; au Br&eacute;sil, publi&eacute; dans <em>Habiter la fronti&egrave;re<\/em> (L&rsquo;Arche, 2012). <em>&quot;Lorsqu&rsquo;on parle de ce qu&rsquo;a &eacute;t&eacute; le trafic n&eacute;grier pour l&rsquo;Afrique<\/em>, soulignait alors L&eacute;onora Miano,<em> on oublie ces millions d&rsquo;anonymes &agrave; qui quelqu&rsquo;un a &eacute;t&eacute; arrach&eacute;. Les m&egrave;res. Les promises. Les fianc&eacute;s. Les fr&egrave;res <\/em>(&hellip;)<em>. Tout est devenu tellement abstrait qu&rsquo;on ne semble plus se souvenir que c&rsquo;est sur des &ecirc;tres humains que cette horreur a fondu.&quot;<\/em> Egalement effac&eacute;s : ceux qui, sur place, ont r&eacute;sist&eacute; &ndash; mais se voient <em>&quot;pass&eacute;s sous silence parce qu&rsquo;ils ont perdu la bataille&quot;<\/em> ou peut-&ecirc;tre, ajoutait la romanci&egrave;re, parce que les reconna&icirc;tre contredirait la <em>&quot;pr&eacute;sentation fallacieuse&quot;<\/em> de l&rsquo;Histoire, qui veut que les Africains (en g&eacute;n&eacute;ral) aient vendu leurs fr&egrave;res aux &eacute;trangers. De tous ces <em>&quot;invisibles&quot;<\/em>, l&rsquo;humanit&eacute; est ici restitu&eacute;e.<\/p>\n<p><span class=\"identite\">Catherine Simon <br \/>\n<span class=\"txt_gris_clair\">Journaliste au Monde<br \/>\nlemonde.fr<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le prix Femina a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 L\u00e9onora Miano pour La Saison de l&rsquo;ombre (Grasset). &#8211; &nbsp; Le prix Femina a &eacute;t&eacute; attribu&eacute; &agrave; L&eacute;onora Miano pour La Saison de l&rsquo;ombre (Grasset).&nbsp; La s&eacute;lection comprenait &eacute;galement Au revoir l&agrave;-haut, de Pierre Lemaitre (Albin Michel), distingu&eacute; lundi par le prix Goncourt, Le Dernier seigneur de Marsad, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-4681","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4681","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4681"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4681\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4681"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4681"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4681"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=4681"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}