{"id":4699,"date":"2014-01-22T20:23:08","date_gmt":"2014-01-22T19:23:08","guid":{"rendered":""},"modified":"2014-01-22T20:23:08","modified_gmt":"2014-01-22T18:23:08","slug":"4699","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4699\/","title":{"rendered":"Nigeria : les poup\u00e9es \u00ab\u00a0Queens of Africa\u00a0\u00bb font de l&rsquo;ombre \u00e0 Barbie"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\nAvec sa c\u00e9l\u00e8bre poup\u00e9e Barbie, la soci\u00e9t\u00e9 Mattel a conquis la quasi-totalit\u00e9 de la plan\u00e8te, except\u00e9 l&rsquo;Afrique, o\u00f9 elle ne propose qu&rsquo;une offre tr\u00e8s limit\u00e9e. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"chapo\">&nbsp;Au Nigeria, Taofick Okoya occupe avec  intelligence (et succ&egrave;s) ce vide en commercialisant ses &quot;Queens of  Africa&quot;, poup&eacute;es noires plus en accord avec l&rsquo;identit&eacute; et la culture des  petites filles du continent. Interview.<\/p>\n<p>Ind&eacute;tr&ocirc;nable figurine blonde et svelte, la poup&eacute;e Barbie de la  soci&eacute;t&eacute;  Mattel accompagne depuis plus de cinquante ans les petites  filles de  tous les continents. Chaque minute, 152 Barbie sont vendues  dans le  monde. Un succ&egrave;s, except&eacute; en Afrique, o&ugrave; l&rsquo;offre du leader  mondial des jouets est  tr&egrave;s limit&eacute;e. Profitant de ce vide, en 2007, le  Nig&eacute;rian Taofick Okoya a lanc&eacute; sa  propre marque de &quot;baby dolls&quot;,  &quot;Queens of Africa&quot;, les reines  de l&rsquo;Afrique. Son objectif ? Permettre  aux petites filles de son pays de  mieux accepter leur culture  africaine.<\/p>\n<p><strong>Jeune Afrique : pourquoi avez-vous d&eacute;cid&eacute; de cr&eacute;er votre propre marque de poup&eacute;es, &quot;Queens of Africa&quot; ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nig&eacute;rian Taofick Okoya :<\/strong> Je  souhaitais faire un  cadeau &agrave; ma ni&egrave;ce et lui offrir une poup&eacute;e noire  mais je n&rsquo;en ai trouv&eacute;  aucune dans les magasins. Il n&rsquo;y avait  que des poup&eacute;es blanches tr&egrave;s  on&eacute;reuses.  C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles j&rsquo;ai voulu cr&eacute;er  &quot;Queens of  Africa&quot;.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, j&rsquo;avais souvent &eacute;t&eacute; interpel&eacute; par les questions de  ma  fille sur sa couleur de peau. Un jour, elle m&rsquo;a demand&eacute; si elle &eacute;tait  blanche et m&rsquo;a confi&eacute; que ses personnages pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s, notamment &agrave; la   t&eacute;l&eacute;vision, &eacute;taient de couleur blanche et qu&rsquo;elles &eacute;taient plus jolies.   Je voulais prouver aux petites filles que les  poup&eacute;es noires sont  belles, qu&rsquo;elles leur ressemblent, portent les m&ecirc;mes  habits et qu&rsquo;elles  peuvent s&rsquo;identifier &agrave; ces figurines. J&rsquo;avais vraiment envie d&rsquo;aider  les enfants &agrave; d&eacute;velopper et appr&eacute;cier  leur culture africaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je voulais prouver aux petites filles que les  poup&eacute;es noires sont belles, qu&rsquo;elles leur ressemblent.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Avant vous, la soci&eacute;t&eacute; Mattel avait d&eacute;j&agrave; commercialis&eacute; des  figurines  noires pour &eacute;largir son offre de jouets. Quelle est la  principale  diff&eacute;rence entre la Barbie &quot;black&quot; et votre poup&eacute;e ?<\/strong><\/p>\n<p>Selon moi,  mes poup&eacute;es ne sont pas simplement des figurines en  plastique. Je ne  vends pas uniquement des jouets, je vends aussi des  valeurs culturelles. Les &quot;Queens of Africa&quot; ne sont pas n&eacute;cessairement &agrave;  la mode, car je souhaitais avant tout ququ&rsquo;elles soient le miroir de  notre histoire. C&rsquo;est pourquoi nous vendons des poup&eacute;es &agrave; l&rsquo;effigie de  grandes femmes  africaines ainsi que des livres racontant leur histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" width=\"400\" height=\"240\" alt=\"\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 400 240'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/photos\/012014\/022012014182058000000556656_452888918064929_7231.jpg\" \/><br \/>\n&copy; Queens of Africa<\/p>\n<p><strong>Les bons mois, vous vendez entre 6 000 et 9 000 poup&eacute;es. Comment expliquez-vous ce succ&egrave;s ?<\/strong><\/p>\n<p>Je pense que notre succ&egrave;s vient du fait que les gens comprennent  mieux notre projet. Nous  vendons deux mod&egrave;les de poup&eacute;es : les &quot;Queens  of Africa&quot; qui sont les  h&eacute;ro&iuml;nes de nos livres et les &quot;Naija  princesses&quot;, des figurines  davantage grand public, au co&ucirc;t moins &eacute;lev&eacute;,  environ 1 000 nairas (pr&egrave;s de cinq euros, NDLR), afin que toutes les   familles aient les moyens de les acheter.<\/p>\n<p>Nous vendons d&eacute;sormais le mod&egrave;le low cost &quot;Naija princess&quot; dans les   march&eacute;s locaux et d&eacute;tenons une part de march&eacute; de pr&egrave;s de 50 %, contre  environ 10 &agrave; 15 % pour la Barbie de Mattel, qui reste bien trop ch&egrave;re.<\/p>\n<p><strong>Vous avez souhait&eacute; satisfaire la demande locale en d&eacute;veloppant  des mod&egrave;les de poup&eacute;es repr&eacute;sentatifs des trois groupes ethniques   dominants au Nigeria. Est-ce exportable au reste de l&rsquo;Afrique ?<\/strong><\/p>\n<p>Pour le moment, nos poup&eacute;es sont Nig&eacute;rianes  mais ce projet s&rsquo;appelle  &quot;Queens of Africa&quot;, c&rsquo;est-&agrave;-dire les reines  d&rsquo;Afrique. Notre objectif  est de cr&eacute;er des figurines qui repr&eacute;sentent les  groupes ethniques de  nombreux pays du continent africain. Mais charit&eacute; bien ordonn&eacute;e commence  par soi-m&ecirc;me. Nous devons donc d&rsquo;abord nous concentrer sur  l&rsquo;acceptation du projet au Nigeria, puis, nous pourrons aller au-del&agrave;.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Nous esp&eacute;rons pouvoir prochainement produire enti&egrave;rement les &quot;Queens of Africa&quot; au Nigeria.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Si les v&ecirc;tements de vos poup&eacute;es africaines sont confectionn&eacute;s  dans votre pays, la production des figurines est d&eacute;localis&eacute;e en Chine.  Pourquoi ce choix ?<\/strong><\/p>\n<p>&Agrave; l&rsquo;heure actuelle, nous souhaitons proposer des poup&eacute;es africaines &agrave;  un prix accessible, d&rsquo;o&ugrave; notre choix de d&eacute;localiser la production des  figurines en Chine. Dans le cas contraire, nous ne pourrions pas  proposer de tels prix, car les co&ucirc;ts de production au Nigeria sont  vraiment tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s. Nous esp&eacute;rons n&eacute;anmoins que, dans un avenir  proche, lorsque les b&eacute;n&eacute;fices de la soci&eacute;t&eacute; seront plus &eacute;lev&eacute;s, nous  produirons enti&egrave;rement les &quot;Queens of Africa&quot; au Nigeria. Je souhaite  qu&rsquo;&agrave; terme ces poup&eacute;es soient totalement africaines.<\/p>\n<p><strong>Les premiers mod&egrave;les de poup&eacute;es avaient la taille plus  marqu&eacute;e. D&eacute;sormais, les figurines ont la taille fine et correspondent &agrave;  des standards de beaut&eacute; occidentaux, davantage proches de la Barbie de  Mattel. Pourquoi ce changement ?<\/strong><\/p>\n<p>Pour le moment, notre objectif principal est de vendre ces poup&eacute;es  afin d&rsquo;avoir davantage d&rsquo;argent pour investir dans le projet &quot;Queens of  Africa&quot;. Les enfants sont habitu&eacute;s &agrave; des figurines sveltes avec une  couleur de peau interm&eacute;diaire. Les mod&egrave;les avec les couleurs de peau les  plus fonc&eacute;es ne se vendent pas encore tr&egrave;s bien. Nous devons donc  d&rsquo;abord nous faire accepter par notre cible. Ensuite, petit &agrave; petit,  nous pourrons faire les changements de mod&egrave;les que nous d&eacute;sirons,  c&rsquo;est-&agrave;-dire, plus &quot;africains&quot;, avec davantage de formes, des l&egrave;vres et  un nez diff&eacute;rents, moins europ&eacute;ens&#8230; Mais nous ne voulons pas non plus  tomber dans la caricature.<\/p>\n<p><strong>Quels sont vos projets pour &quot;Queens of Africa&quot; ?  Envisagez-vous d&rsquo;exporter ces figurines &agrave; d&rsquo;autres pays africains voire  au-del&agrave; du continent ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons des livres, des bandes dessin&eacute;es et nous travaillons  actuellement sur un projet de dessin anim&eacute;. Je pense que nous sommes  pr&ecirc;ts &agrave; exporter nos mod&egrave;les de poup&eacute;es &agrave; d&rsquo;autres pays africains mais  &eacute;galement aux &Eacute;tats-Unis et en Europe. La demande est tr&egrave;s forte et nous  d&eacute;sirons avoir une meilleure distribution de nos reines d&rsquo;Afrique &agrave;  travers le monde.<\/p>\n<p>_________<\/p>\n<p><em>Propos recueillis par<\/em><strong> &Eacute;meline Wuilbercq<\/strong><\/p>\n<div style=\"overflow: hidden; color: rgb(0, 0, 0); background-color: rgb(255, 255, 255); text-align: left; text-decoration: none; border: medium none;\">\nLire l&rsquo;article sur Jeuneafrique.com : <a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20140122105546\/#ixzz2r9mCoprK\" style=\"color: #003399;\" target=\"_blank\">Nigeria  | Nigeria : les poup&eacute;es &quot;Queens of Africa&quot; font de l&rsquo;ombre &agrave; Barbie |  Jeuneafrique.com &#8211; le premier site d&rsquo;information et d&rsquo;actualit&eacute; sur  l&rsquo;Afrique<\/a>  <br \/>\n&nbsp;<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec sa c\u00e9l\u00e8bre poup\u00e9e Barbie, la soci\u00e9t\u00e9 Mattel a conquis la quasi-totalit\u00e9 de la plan\u00e8te, except\u00e9 l&rsquo;Afrique, o\u00f9 elle ne propose qu&rsquo;une offre tr\u00e8s limit\u00e9e. &#8211; &nbsp; &nbsp;Au Nigeria, Taofick Okoya occupe avec intelligence (et succ&egrave;s) ce vide en commercialisant ses &quot;Queens of Africa&quot;, poup&eacute;es noires plus en accord avec l&rsquo;identit&eacute; et la culture des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-4699","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4699","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4699"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4699\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4699"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4699"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4699"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=4699"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}