{"id":4812,"date":"2015-10-26T14:29:10","date_gmt":"2015-10-26T14:29:10","guid":{"rendered":""},"modified":"2024-09-16T11:51:51","modified_gmt":"2024-09-16T11:51:51","slug":"4812","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/4812\/","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature : l\u2019\u00e9crivain congolais Sony Labou Tansi mord encore"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Quatre ouvrages remettent l&rsquo;auteur sur le devant de la sc\u00e8ne apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d&rsquo;oubli. Interview du chercheur Nicolas Martin-Granel, \u00e0 qui l&rsquo;on doit la publication de nombreux in\u00e9dits du Congolais disparu il y a vingt ans. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<span style=\"color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">C &lsquo; &eacute;tait en 1979. Un certain<\/span><span style=\"color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">&nbsp;<\/span><a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/201476\/culture\/un-g-nie-nomm-sony-labou-tansi\/\" style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px; box-sizing: border-box; color: rgb(0, 94, 121); text-decoration: none; background: transparent;\">Sony Labou Tansi<\/a><span style=\"color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">&nbsp;<\/span><span style=\"color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">(Marcel Ntsoni de son vrai nom) publiait son premier roman aux &eacute;ditions du Seuil,<\/span><span style=\"color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">&nbsp;<\/span><em style=\"color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px; box-sizing: border-box;\">La Vie et demie<\/em><span style=\"color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">. Comme le raconte Alain Mabanckou, tous les &eacute;crivains en herbe de Brazzaville et d&rsquo;ailleurs, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, voulaient rencontrer cet auteur dont le style flamboyant, piochant volontiers dans le registre fantastique, se rapprochait de celui d&rsquo;un Gabriel Garc&iacute;a M&aacute;rquez. Mabanckou, comme d&rsquo;autres, se rendront dans le quartier de Mak&eacute;l&eacute;k&eacute;l&eacute;, franchiront une jungle d&rsquo;herbes folles et de branchages pour p&eacute;n&eacute;trer enfin dans l&rsquo;antre de l&rsquo;auteur, une simple &laquo; cabane en bois &raquo;, et glaneront une ou deux v&eacute;rit&eacute;s crues sorties directement de la bouche de l&rsquo;auteur charismatique.<\/span><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">Mais aujourd&rsquo;hui, la jeune g&eacute;n&eacute;ration congolaise conna&icirc;t-elle encore Sony ? Les amateurs de th&eacute;&acirc;tre sont-ils capables de citer le titre d&rsquo;une de ses pi&egrave;ces ? En l&rsquo;espace de vingt ans, depuis sa disparition, le 14 juin 1995, l&rsquo;&eacute;crivain, emport&eacute; par le virus du sida, a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s peu jou&eacute; et c&eacute;l&eacute;br&eacute;.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">On le pensait tomb&eacute; aux oubliettes de la litt&eacute;rature francophone, et voil&agrave; qu&rsquo;en l&rsquo;espace de quelques mois quatre nouveaux ouvrages le r&eacute;installent dans l&rsquo;actualit&eacute;. Les &eacute;ditions du CNRS publient un &eacute;norme volume, plus de 1 250 pages, soit 1 680 grammes (on a scrupuleusement pes&eacute;) de po&egrave;mes, pour la plupart in&eacute;dits. Dans un joyeux mezze litt&eacute;raire,&nbsp;<em style=\"box-sizing: border-box;\">La Chair et l&rsquo;Id&eacute;e<\/em>&nbsp;(Les Solitaires intempestifs) donnent &agrave; lire des textes de th&eacute;&acirc;tre, des po&eacute;sies, des lettres, des t&eacute;moignages&hellip; l&agrave; encore quasi inconnus. Dans&nbsp;<em style=\"box-sizing: border-box;\">Encre, Sueur, Salive et Sang<\/em>(Seuil), en lice pour le prix Renaudot essais, c&rsquo;est Sony le &laquo; penseur visionnaire &raquo; et l&rsquo;essayiste qui donne &agrave; nouveau de la voix. Enfin, chez Karthala, Xavier Garnier livre un d&eacute;cryptage critique :&nbsp;<em style=\"box-sizing: border-box;\">Sony Labou Tansi<\/em>. Une &eacute;criture de la d&eacute;composition imp&eacute;riale. Une partie encore invisible de l&rsquo;iceberg Sony a &eacute;merg&eacute;&hellip; mais que nous dit-elle de l&rsquo;auteur ? Permettra-t-elle d&rsquo;asseoir enfin sa l&eacute;gitimit&eacute; ? Rencontre avec Nicolas Martin-Granel, chercheur et anthropologue, &agrave; l&rsquo;origine de la plupart des publications r&eacute;centes qui cherchent &agrave; mettre &agrave; nouveau l&rsquo;&eacute;crivain congolais dans la lumi&egrave;re.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">JEUNE AFRIQUE : Que nous apprennent ces nouveaux ouvrages de Sony Labou Tansi ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">NICOLAS MARTIN-GRANEL :<\/strong>&nbsp;Les amateurs de litt&eacute;rature connaissent g&eacute;n&eacute;ralement Sony via La Vie et demie, son premier roman, toujours le plus connu. L&rsquo;auteur a aussi &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute; comme dramaturge, l&rsquo;un des plus marquants du festival des Francophonies en Limousin, o&ugrave; il s&rsquo;est souvent produit avec sa troupe, le Rocado Zulu Th&eacute;&acirc;tre. Mais paradoxalement, on ne conna&icirc;t pas ses po&egrave;mes. Je dis &laquo; paradoxalement &raquo;, car il se d&eacute;finissait d&rsquo;abord comme un po&egrave;te et expliquait que, pour lui, &laquo; on n&rsquo;est &eacute;crivain qu&rsquo;&agrave; condition d&rsquo;&ecirc;tre po&egrave;te &raquo;. Il a commenc&eacute; par la po&eacute;sie et n&rsquo;a touch&eacute; aux autres genres que par d&eacute;pit, pour &ecirc;tre enfin publi&eacute; et gagner un peu sa vie. Ces nouvelles publications permettent finalement d&rsquo;entrevoir un auteur universel qui fait feu de tout bois, &agrave; la fois complexe et coh&eacute;rent. Sony &eacute;tait un fleuve, un jaillissement permanent, et il est toujours revenu aux po&egrave;mes.<\/p>\n<blockquote style=\"box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left-width: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30);\">\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;\">Ces nouvelles publications permettent finalement d&rsquo;entrevoir un auteur universel qui fait feu de tout bois.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">La plupart de ces po&eacute;sies, justement, seraient in&eacute;dites ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">Oui, la plupart sont in&eacute;dites, et d&rsquo;autres totalement oubli&eacute;es. Certaines ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;es dans des p&eacute;riodiques, mais il faut bien chercher. J&rsquo;en ai glan&eacute; dans la revue Pr&eacute;sence africaine, dans&nbsp;<em style=\"box-sizing: border-box;\">La Revue des deux mondes<\/em>&nbsp;ou dans un volume d&rsquo;hommages &agrave; Rimbaud, un peu par hasard. Il en a aussi &eacute;parpill&eacute; dans ses correspondances&hellip; Des lettres nous ont &eacute;t&eacute; envoy&eacute;es, par exemple, par une Br&eacute;silienne &agrave; qui il &eacute;crivait. Mais une grande partie de l&rsquo;&oelig;uvre reste &agrave; d&eacute;couvrir. Des centaines de pages ont &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;es &agrave; sa mort dans sa chambre bureau, au bas de sa petite biblioth&egrave;que vitr&eacute;e, certains romans de jeunesse n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; &eacute;dit&eacute;s et je ne serais pas &eacute;tonn&eacute; que des nouvelles dorment encore dans des recueils.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Tous ces textes sont-ils coh&eacute;rents ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">La po&eacute;sie de Sony est une po&eacute;sie en prose. Elle se caract&eacute;rise par une rythmique particuli&egrave;re, avec des acc&eacute;l&eacute;rations, des ruptures, comme celle &ndash; encore &ndash; d&rsquo;un fleuve. Mais on y retrouve la m&ecirc;me langue que dans d&rsquo;autres formes litt&eacute;raires qu&rsquo;il a abord&eacute;es ou dans sa correspondance. Certaines pr&eacute;faces, comme celle de la pi&egrave;ce&nbsp;<em style=\"box-sizing: border-box;\">La Gueule de rechange<\/em>, sont des po&egrave;mes ! Son verbe est toujours spontan&eacute;, imp&eacute;tueux, bourr&eacute; de m&eacute;taphores. Sony parle cru, avec des mots ordinaires. Il disait : &laquo; Mon &eacute;criture est une mani&egrave;re de se tenir le ventre avant la t&ecirc;te. (&hellip;) Quand m&ecirc;me l&rsquo;on sait que dans la pratique de l&rsquo;existence, c&rsquo;est les couilles et le ventre qui bougent avant tout le reste. &raquo;<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Sa langue est aussi politique.<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">Oui, mais on l&rsquo;a trop souvent r&eacute;duit &agrave; un critique des empires coloniaux. Sony ne se d&eacute;finissait pas comme un Noir, mais comme un homme, avec un message universel. Toute son &oelig;uvre est politique, dans le sens o&ugrave; il dit pr&eacute;cis&eacute;ment et cr&ucirc;ment la r&eacute;alit&eacute;, m&ecirc;me si elle g&ecirc;ne, il y a chez lui cette &laquo; violence de nommer &raquo;. Il s&rsquo;est aussi engag&eacute; concr&egrave;tement en politique lorsqu&rsquo;il s&rsquo;est rapproch&eacute; de Bernard Kol&eacute;las, fondateur du Mouvement congolais pour la d&eacute;mocratie et le d&eacute;veloppement int&eacute;gral (MCDDI) et a &eacute;t&eacute; &eacute;lu d&eacute;put&eacute; de Mak&eacute;l&eacute;k&eacute;l&eacute;. On le lui a du reste suffisamment reproch&eacute;. Ses lecteurs, ses amis en France et au Congo n&rsquo;ont pas compris qu&rsquo;il se range aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;un parti qui avait du sang sur les mains et qui a &eacute;t&eacute; accus&eacute; de crimes ethniques. Peut-&ecirc;tre &eacute;tait-il pris dans un engrenage, peut-&ecirc;tre a-t-il &eacute;t&eacute; d&eacute;pass&eacute; par le cours de l&rsquo;Histoire&hellip;<\/p>\n<blockquote style=\"box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left-width: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30);\">\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;\">Sony ne se d&eacute;finissait pas comme un Noir, mais comme un homme, avec un message universel.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Cela explique selon vous qu&rsquo;il ait &eacute;t&eacute; &eacute;clips&eacute; pendant pr&egrave;s de vingt ans ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">Oui, en partie. En 2005, lorsque nous avons tent&eacute; avec Greta Rodriguez-Antoniotti de publier un coffret de trois volumes incluant notamment sa correspondance, nous avons eu toutes les peines du monde &agrave; trouver un &eacute;diteur. Aujourd&rsquo;hui, sur les 2 000 imprim&eacute;s, il nous en reste encore la moiti&eacute;, que nous bradons. En fait, m&ecirc;me durant les derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie, ses pi&egrave;ces &eacute;taient peu jou&eacute;es, son ultime roman s&rsquo;est tr&egrave;s peu vendu. Et puis il y a eu cet article pol&eacute;mique de Rue89 [&laquo; L&rsquo;&eacute;crivain congolais Sony Labou Tansi a-t-il eu des &laquo;&nbsp;n&egrave;gres&nbsp;&raquo; ? &raquo;, paru en 2008]. Une controverse un peu ridicule&hellip; Personne, &agrave; ma connaissance, n&rsquo;a modifi&eacute; ses textes. Il a pu corriger ses manuscrits, bien s&ucirc;r, &agrave; la demande de son &eacute;diteur. Mais ce ne serait pas le premier &agrave; qui l&rsquo;on demande plusieurs versions !<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Pourquoi Sony continue-t-il &agrave; agacer ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">Il disait lui-m&ecirc;me : &laquo; Je serai toujours un &eacute;crivain qui d&eacute;range. &raquo; Peut-&ecirc;tre parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on attend d&rsquo;un &eacute;crivain noir : imaginez, un Africain qui parle de fesses, dont on d&eacute;couvre qu&rsquo;il &eacute;tait aussi &eacute;pistolier&hellip; Il reste insaisissable. L&rsquo;&eacute;crivain belge David Van Reybrouck a eu cette formule lumineuse : &laquo; Sony, c&rsquo;est Rimbaud, Fela Kuti et Goya qui boivent ensemble. &raquo; Personnellement je suis content qu&rsquo;il continue de d&eacute;ranger. Le pire qui puisse lui arriver &ndash; et malheureusement le processus est d&eacute;j&agrave; en cours -, c&rsquo;est qu&rsquo;il devienne une ic&ocirc;ne qu&rsquo;on r&eacute;v&egrave;re mais qu&rsquo;on ne lit plus !<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Sony se vantait de parler &laquo; avec trente mots d&rsquo;avance &raquo; sur son si&egrave;cle. Est-il toujours d&rsquo;actualit&eacute; ? En quoi nous aide-t-il &agrave; penser l&rsquo;Afrique et le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">Sa parole est souvent proph&eacute;tique. Sa critique de la soci&eacute;t&eacute; de consommation, sa pens&eacute;e altermondialiste, pas si &eacute;loign&eacute;e de celle d&rsquo;un Michel Serres, son regard sur les r&eacute;gimes politiques, et notamment sur les dictateurs&hellip; Tout &ccedil;a reste pertinent. Il faisait dire &agrave; un de ses personnages de La Gueule de rechange : &laquo; Ce que je trouve merveilleux dans les coups d&rsquo;&Eacute;tat, c&rsquo;est que le peuple change d&rsquo;emmerdeur. &raquo; Il m&rsquo;arrive encore d&rsquo;&ecirc;tre souffl&eacute; en tombant sur certaines de ses phrases. Comme le rappelle Greta Rodriguez-Antoniotti, il annon&ccedil;ait depuis longtemps &laquo; le grand march&eacute; de la mis&egrave;re et du d&eacute;nuement &raquo; et son corollaire, la fabrique d&rsquo;&laquo; un r&eacute;servoir de terroristes et de d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s &raquo;. Nous y sommes !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Lire, voir et entendre Sony Labou Tansi aujourd&rsquo;hui<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Exposition<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">&laquo; Sony Labou Tansi, Brazzaville-Limoges aller-retour &raquo;<\/em>, jusqu&rsquo;au 14 novembre &agrave; la Biblioth&egrave;que francophone multim&eacute;dia de Limoges (centre de la France).<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Spectacles<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">Sony Congo ou la chouette petite vie bien os&eacute;e de Sony Labou Tansi<\/em><\/strong>, texte de Bernard Magnier, mise en sc&egrave;ne de Hassane Kassi Kouyat&eacute;, en tourn&eacute;e, les 14 et 15 janvier 2016 &agrave; l&rsquo;EPCC Atrium (Martinique), 29 et 30 janvier &agrave; l&rsquo;Artchipel (Guadeloupe).<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">Langue et Lueurs, spectacle musical<\/em><\/strong>&nbsp;mis en sc&egrave;ne par Jean-Paul Delore, le 11 novembre &agrave; D&rsquo;Jazz Nevers, le 24 novembre au Festival th&eacute;&acirc;tral du Val-d&rsquo;Oise, &agrave; Argenteuil.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">&Agrave; l&rsquo;occasion du festival Mantsina sur sc&egrave;ne, qui aura lieu du 10 au 30 d&eacute;cembre &agrave; Brazzaville :<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">Amour quand tu nous prends<\/em><\/strong>, adaptation de Jean-Felhyt Kimbirima.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">La Parenth&egrave;se de sang<\/em><\/strong>, mise en sc&egrave;ne de Georges Mboussi.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">Machin la hernie<\/em><\/strong>, mise en sc&egrave;ne de Jean-Paul Delore.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">D&rsquo;autres &eacute;v&eacute;nements encore sont programm&eacute;s, &agrave; retrouver sur le site des Francophonies :<strong style=\"box-sizing: border-box;\"><a href=\"http:\/\/www.lesfrancophonies.fr\/\" style=\"box-sizing: border-box; color: rgb(0, 94, 121); text-decoration: none; background: transparent;\">&nbsp;www.lesfrancophonies.fr<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><strong style=\"box-sizing: border-box;\">Livres<\/strong><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2015\/10\/22\/COUV.jpg\" style=\"box-sizing: border-box; color: rgb(0, 94, 121); text-decoration: none; background: transparent;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload alignnone size-medium wp-image-273691\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 190 300'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2015\/10\/22\/COUV-190x300.jpg\" alt=\"COUV Lettres Sud Sony Labou.indd\" width=\"190\" height=\"300\" style=\"box-sizing: border-box; border: 0px; vertical-align: middle; max-width: 100%;\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\">S<em style=\"box-sizing: border-box;\">ony Labou Tansi. une &eacute;criture de la d&eacute;composition imp&eacute;riale<\/em>, de Xavier Garnier, &eacute;d. Karthala, 252 pages, 22 euros.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2015\/10\/22\/69806.jpg.png\" style=\"box-sizing: border-box; color: rgb(0, 94, 121); text-decoration: none; background: transparent;\"><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload alignnone size-medium wp-image-273686\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 179 300'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2015\/10\/22\/69806.jpg-179x300.png\" alt=\"69806.jpg\" width=\"179\" height=\"300\" style=\"box-sizing: border-box; border: 0px; vertical-align: middle; max-width: 100%;\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">Sony Labou Tansi. Po&egrave;mes<\/em>, sous la direction de Claire Riffard et Nicolas Martin-Granel, &eacute;ditions du CNRS, 1258 pages, 45 euros.<\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2015\/10\/22\/la-chair-et-lidee.jpg\" style=\"box-sizing: border-box; color: rgb(0, 94, 121); text-decoration: none; background: transparent;\"><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload alignnone size-medium wp-image-273687\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 188 300'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2015\/10\/22\/la-chair-et-lidee-188x300.jpg\" alt=\"la-chair-et-lidee\" width=\"188\" height=\"300\" style=\"box-sizing: border-box; border: 0px; vertical-align: middle; max-width: 100%;\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 16px; line-height: 22.8571px;\"><em style=\"box-sizing: border-box;\">La chair et l&rsquo;id&eacute;e,&nbsp;<\/em>recueil sous la direction de Nicolas Martin-Granel, &eacute;d. Les solitaires intempestifs, 15 euros.<\/p>\n<p>\nLeon Panjon<br \/>\nJeune Afrique<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quatre ouvrages remettent l&rsquo;auteur sur le devant de la sc\u00e8ne apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d&rsquo;oubli. Interview du chercheur Nicolas Martin-Granel, \u00e0 qui l&rsquo;on doit la publication de nombreux in\u00e9dits du Congolais disparu il y a vingt ans. &#8211; &nbsp;C &lsquo; &eacute;tait en 1979. 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