{"id":5066,"date":"2006-12-07T16:15:05","date_gmt":"2006-12-07T15:15:05","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"297","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/297\/","title":{"rendered":"Festivals : Un concert de d\u00e9tresse"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong>Festivals : Un concert de d\u00e9tresse anime les organisateurs<\/strong> <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"..\/bibliotheque\/bikutsi.gif\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p><em>Le chevauchement des dates et l&rsquo;absence de financements c&ocirc;toient souvent l&rsquo;amateurisme.<br \/><em><strong>Justin Blaise Akono <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" \/>Une quinzaine de festivals se produisent tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e au Cameroun. Il existe ainsi, pour les plus connus, les Retic (rencontres th\u00e9&acirc;trales internationales du Cameroun), les Ecrans noirs du cin\u00e9ma francophone, Aboki Ngoma (danse), le Festi-bikutsi (musique), le Fesmoc (contes) ou le Fescarhy (caricature et humour). &quot;La profusion des festivals est n\u00e9 apr&egrave;s 1995, de l&rsquo;absence d&rsquo;espace de diffusion de l&rsquo;art &quot;, indique Tony Mefe, promoteur des Sc&egrave;nes nationales (th\u00e9&acirc;tre), qui rappelle qu&rsquo;un ensemble de financements et facilit\u00e9s initi\u00e9s par la coop\u00e9ration fran&ccedil;aise a \u00e9t\u00e9 mis en place pour le soutien aux artistes du Sud. <\/p>\n<p>Gr&acirc;ce au service de coop\u00e9ration et d&rsquo;action culturelle (Scac) de l&rsquo;ambassade de France pour les titres de transport international, et le Centre culturel fran&ccedil;ais pour l&rsquo;espace, un festival international \u00e9tait alors assur\u00e9 &agrave; environ 70 %, selon Tony Mefe. D&rsquo;ailleurs, Ambroise Mbia, organisateur des Retic l&rsquo;un des plus grands festival de th\u00e9&acirc;tre de la sous r\u00e9gion, se r\u00e9jouit que ses partenaires internationaux, comme depuis plus de 15 ans, assurent le transport de ses artistes invit\u00e9s. Les budgets sont importants. Tony Mefe, par exemple, a besoin de 30 millions Fcfa pour organiser son festival national. L\u00e9onard Logmo lui, pr\u00e9voit 25 &agrave; 30 millions Fcfa pour le Fesmoc. Pour son Festi-bikutsi essentiellement r\u00e9gional, Ren\u00e9 Ayina parle de 30 &agrave; 40 millions Fcfa. <\/p>\n<p>Mais, l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; ces moyens financiers est devenu une v\u00e9ritable gageure. &quot;Depuis quelque temps, il nous est difficile de r\u00e9unir les 20 % du budget pr\u00e9visionnel&quot;, reconna&icirc;t Ambroise Mbia. Pour Andr\u00e9 Bang de Net Plateau Vivant (th\u00e9&acirc;tre), &quot;m&ecirc;me si le transport est assur\u00e9 par un partenaire, il peut arriver que tout coince au niveau du cachet des artistes, car le partenaire auquel a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 ce poste, n&rsquo;a pas r\u00e9pondu pr\u00e9sent&quot;. Tous les organisateurs financ\u00e9s par la coop\u00e9ration fran&ccedil;aise affirment que cette aide se r\u00e9tr\u00e9cit progressivement comme une peau de chagrin. Malheureusement, se plaint Ren\u00e9 Ayina, &quot;le sponsoring semble &ecirc;tre &agrave; t&ecirc;te chercheuse&quot;.<\/p>\n<p><strong>Organisation<\/strong><br \/>Le Compte d&rsquo;affectation sp\u00e9ciale du minist&egrave;re de la Culture, d&rsquo;une valeur d&rsquo;un milliard Fcfa, pourrait aspirer la recherche effr\u00e9n\u00e9e du financement local. &quot;Je n&rsquo;en ai jamais re&ccedil;u&quot;, confie Ren\u00e9 Ayina du Festi-bikutsi. &quot;On ne peut pas accorder la m&ecirc;me subvention &agrave; un festival international et &agrave; un festival national. Somme repr\u00e9sentant toujours les 30 % de la demande&quot;, se plaint Andr\u00e9 Bang, le promoteur de Net Plateau Vivant, un festival de th\u00e9&acirc;tre qui se d\u00e9roule chaque ann\u00e9e &agrave; Yabassi. Ce dernier indexe par ailleurs la commission charg\u00e9e de la r\u00e9partition de cette subvention &quot;d&rsquo;aides &agrave; la t&ecirc;te du client&quot;. Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Mincult, Thomas Fozein, se r\u00e9jouissait, &agrave; l&rsquo;ouverture des Retic le mois dernier &agrave; Yaound\u00e9, de ce partenariat efficace entre les acteurs culturels et son minist&egrave;re, pour le bien de la culture camerounaise. <br \/>Le probl&egrave;me des festivals camerounais n&rsquo;est pas seulement financier. Tony Mefe de Sc&egrave;ne d&rsquo;Eb&egrave;ne indexe ces organisateurs de festivals, qui &quot;sont des tr&egrave;s bons artistes. Mais, n&rsquo;ont pas une formation n\u00e9cessaire pour l&rsquo;organisation \u00e9v\u00e9nementielle&quot;. Ils ne sont pas toujours des ing\u00e9nieurs culturels. &quot;Nous sommes des ing\u00e9nieurs culturels pour avoir suivi des stages en Allemagne, par exemple. C&rsquo;est la raison pour laquelle nos dossiers sont toujours appr\u00e9ci\u00e9s sur le plan international&quot;, lui r\u00e9pond Andr\u00e9 Bang, en d\u00e9veloppant le montage d&rsquo;un festival, tel qu&rsquo;il devrait &ecirc;tre organis\u00e9. <\/p>\n<p>Selon certains observateurs avertis, la personnalisation de ceux-ci est souvent &agrave; l&rsquo;origine de leur \u00e9chec. &quot;C&rsquo;est vrai. Mais, il faut toujours un porteur de projet, oblig\u00e9 de faire le porte-&agrave;-porte dans l&rsquo;environnement qui est le n&ocirc;tre&quot;, explique Ren\u00e9 Ayina, qui f\u00e9licite Les Ecrans noirs de fonctionner d&rsquo;une mani&egrave;re professionnelle. Ainsi, certains festivals ont disparu, ou sont en berne. Soit du fait du manque de professionnels &agrave; leur t&ecirc;te ou autour de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, soit du fait du d\u00e9sistement ou de la disparition du promoteur culturel. Ren\u00e9 Ayina cite dans la m&ecirc;l\u00e9e les Rencontres musicales de Yaound\u00e9 (Remy), le festival Jazz sous les manguiers, devenu un \u00e9l\u00e9ment des Remy, avec la disparition du Colonel Teyang. <\/p>\n<p>Pass\u00e9s les traditionnels probl&egrave;mes d&rsquo;infrastructures auxquels les organisateurs tentent de trouver des alternatives en s&rsquo;adaptant &agrave; la nature, les organisateurs se plaignent aussi des obstacles administratifs, qui ont souvent port\u00e9 des coups &agrave; la programmation. Notamment, l&rsquo;acc&egrave;s au visa. &quot;Il devrait avoir des visas de courtoisie pour les artistes qui viennent, comme cela se passe au Gabon. Ceci permettra d&rsquo;encourager la culture et le tourisme&quot;, sugg&egrave;re L\u00e9onard Logmo du Festmoc.<br \/>Tous les organisateurs des festivals sont unanimes sur un fait : ces \u00e9v\u00e9nements ne rapportent rien. Peut-&ecirc;tre les dettes. Ren\u00e9 Ayina, coordonnateur du collectif des festivals artistiques du Cameroun se r\u00e9jouit de ce que la plupart des festivals programm\u00e9s cette ann\u00e9e ont pu se tenir. &quot;Les probl&egrave;mes d&rsquo;harmonisation des \u00e9v\u00e9nements ont commenc\u00e9 &agrave; trouver une solution&quot;, avoue-t-il. La cr\u00e9ation du collectif est inspir\u00e9e par les chevauchements des \u00e9v\u00e9nements, qui ont toujours les m&ecirc;mes bailleurs, le m&ecirc;me public et, \u00e9ventuellement, le m&ecirc;me sponsor. D&rsquo;o&ugrave; une organisation souvent tir\u00e9e par les cheveux<\/p>\n<p><strong>R\u00e9flexions<\/strong><br \/>Mais, personne ne veut abandonner. M&ecirc;me au prix des artistes dont les cachets permettent &agrave; peine de recommencer la m&ecirc;me aventure. Les artistes ayant particip\u00e9 au Festi-bikutsi ont re&ccedil;u chacun 50.000 Fcfa apr&egrave;s une prestation. Vingt-deux groupes \u00e9taient engag\u00e9s. &quot;Organiser un festival au Cameroun ne rapporte encore rien&quot;, confie Andr\u00e9 Bang, pour qui &quot;c&rsquo;est un support important de la culture camerounaise. Le spectacle ne se vend pas puisque les salles sont vides. L&rsquo;aide de la Francophonie constitue d\u00e9j&agrave; une recette, et non les entr\u00e9es gratuites&quot;. L\u00e9onard Logmo, lui, estime que : &quot;si on abandonne, on sera oblig\u00e9 de r\u00e9pondre devant la post\u00e9rit\u00e9&quot;. Pour Tony Mefe, &quot;les festivals sont des gouffres. Ils nous permettent de vendre notre expertise &agrave; l&rsquo;\u00e9tranger&quot;.<br \/>Loin des quartiers g\u00e9n\u00e9raux des organisateurs, des observateurs ont des avis partag\u00e9s. Le Centrafricain Vincent Mambachaka, metteur en sc&egrave;ne et consultant en Ing\u00e9nierie culturelle est agr\u00e9ablement surpris par le courage des organisateurs de festival dans ce contexte de pr\u00e9carit\u00e9. &quot;Les Ecrans noirs constituent un rendez-vous important dans la sous r\u00e9gion. Il faut reconna&icirc;tre la capacit\u00e9 des organisateurs &agrave; asseoir leurs \u00e9v\u00e9nements&quot;, confie-t-il. Il sugg&egrave;re qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de r\u00e9fl\u00e9chir sur la cr\u00e9ation et la formation pour assurer la rel&egrave;ve.<\/p>\n<p>Pour Hubert Mono Ndjana, pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration de la soci\u00e9t\u00e9 civile du droit de la litt\u00e9rature et des arts dramatiques (Sociladra) se plaint qu&rsquo;il y a un peu d&rsquo;anarchie du fait que l&rsquo;Etat n&rsquo;a pas voulu prendre en charge ce ph\u00e9nom&egrave;ne de la culture. &quot;Les organisateurs se d\u00e9brouillent avec des financements sans p\u00e9riodicit\u00e9 fixe&quot;, souligne-t-il avant de s&rsquo;indigner de la pauvret\u00e9 des d\u00e9cors en th\u00e9&acirc;tre. Ce qui, selon lui, ne peut pas entra&icirc;ner les foules. &quot;Les pouvoirs publics ont d\u00e9velopp\u00e9 les grandes ambitions partout, sauf en culture&quot;, mart&egrave;le-t-il. <br \/>N\u00e9anmoins, le collectif des festivals artistiques esp&egrave;re faire revivre au Camerounais les grands moments de leur culture. Une rencontre professionnelle est pr\u00e9vue samedi prochain &agrave; Douala, en marge du Kolatier, pour savoir &quot;si la sous r\u00e9gion Afrique centrale peut avoir un grand rendez-vous culturel, apr&egrave;s le vide laiss\u00e9 par les Remy&quot;, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le coordonnateur, Ren\u00e9 Ayina. La renaissance passera alors sur les diff\u00e9rents fardeaux, qui \u00e9crasent la culture camerounaise. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Festivals : Un concert de d\u00e9tresse anime les organisateurs Le chevauchement des dates et l&rsquo;absence de financements c&ocirc;toient souvent l&rsquo;amateurisme.Justin Blaise Akono Une quinzaine de festivals se produisent tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e au Cameroun. 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