{"id":5161,"date":"2007-07-05T22:18:19","date_gmt":"2007-07-05T20:18:19","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"402","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/402\/","title":{"rendered":"Cabarets : Les notes grises des musiciens"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><em>Professionnels et promoteurs ne s&rsquo;entendent pas toujours sur le montant des r&eacute;mun&eacute;rations. <br \/><em><strong>Cathy Yogo <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr color=\"#eeffee\" size=\"1\" \/>Les habitu&eacute;s des cabarets de la ville de Yaound&eacute; connaissent forc&eacute;ment Mayo. Depuis plusieurs ann&eacute;es, on associe presque ce guitariste &agrave; son orchestre, Les Vibrations. Lequel, dans la seconde moiti&eacute; des ann&eacute;es 1990, faisait vibrer &quot;Cascade&quot;, un cabaret situ&eacute; au quartier Mvog-Ada &agrave; Yaound&eacute;, au lieu dit Paquita. Bien avant de se retrouver l&agrave;, pendant plus de 20 ans, le musicien s&rsquo;est produit &agrave; la &quot;Terre battue&quot; et &agrave; &quot;La P&ecirc;che&quot; &agrave; Douala. Et il y a pr&egrave;s de deux ans que M&eacute;vio, comme l&rsquo;appellent affectueusement ses proches, travaillent &agrave; &quot;La R&eacute;serve&quot; &agrave; Etoa-Meki. L&agrave;-bas, d&egrave;s la tomb&eacute;e de la nuit, le guitariste met du baume aux c&oelig;urs des solitaires. Ces personnes seules qui &eacute;cument la nuit &agrave; la recherche de pr&eacute;sences humaines. <\/p>\n<p>M&eacute;vio fait toujours de la musique avec autant d&rsquo;enthousiasme qu&rsquo;&agrave; ses d&eacute;buts avec Georges Seba. C&rsquo;est que, ce licenci&eacute; en droit a choisi d&rsquo;en faire son gagne-pain. Et, avec son salaire, il parvient &agrave; s&rsquo;occuper de sa femme et de ses trois enfants. Le premier qui est &eacute;galement un &quot;bon&quot; guitariste, est inscrit &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Yaound&eacute; I. Le secret de Mayo r&eacute;side surtout dans son professionnalisme, renforc&eacute; par une formation de trois ans au conservatoire musical de Neuilly sur Seine en France, et une vie rang&eacute;e. &quot;J&rsquo;ai essay&eacute; de me faire respecter d&rsquo;abord en tant que musicien, mais aussi en tant que homme. Je n&eacute;gocie donc bien mon salaire, que je g&egrave;re pour le reste bien. Je ne m&rsquo;abandonne pas dans la boisson et les femmes, o&ugrave; je risque forc&eacute;ment de me ruiner&quot;, explique-t-il. <\/p>\n<p>La situation des membres de l&rsquo;orchestre Vibrations est, en effet, quelque peu enviable. Ce qui n&rsquo;est pas le cas pour tous les musiciens de cabaret, qui estiment ne pas &ecirc;tre r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s &agrave; leur juste valeur. &quot;C&rsquo;est nous qui faisons entrer de l&rsquo;argent dans les caisses des cabarets. Mais nous sommes mal pay&eacute;s en retour&quot;, s&rsquo;insurge un chanteur de cabaret qui a requis l&rsquo;anonymat. A ce sujet, m&ecirc;me dans les cabarets hupp&eacute;s de Yaound&eacute;, les musiciens n&rsquo;ont pas de contrat de travail &eacute;crit. Et de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, le salaire d&eacute;pend de la notori&eacute;t&eacute; de la maison qui les emploie. Le montant le plus bas est, par exemple, de 1.000 Fcfa la soir&eacute;e, et peut augmenter jusqu&rsquo;&agrave; 10.000 Fcfa. Une somme qui peut &ecirc;tre pay&eacute;e tous les jours, par semaine ou quelque rares fois par mois. Cependant, au &quot;Bois d&rsquo;Eb&egrave;ne&quot; que l&rsquo;on pr&eacute;sente comme l&rsquo;un des cabarets les plus prestigieux de la ville de Yaound&eacute;, le dernier des musiciens gagne, selon nos informations, 5000 Fcfa par jour de prestation. Soit exactement 100.000 Fcfa pour 20 jours de travail par mois. <\/p>\n<p>Il faut cependant souligner que, dans certains cabarets, le salaire n&rsquo;est pas toujours pay&eacute; &agrave; temps. Les mois s&rsquo;&eacute;tendent parfois ind&eacute;finiment. D&rsquo;o&ugrave; les plaintes d&rsquo;arri&eacute;r&eacute;s enregistr&eacute;es ici et l&agrave;. Cons&eacute;quence : les musiciens changent r&eacute;guli&egrave;rement d&#8217;employeur, &agrave; la recherche d&rsquo;une meilleure r&eacute;mun&eacute;ration. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en l&rsquo;espace de deux ans, le tr&egrave;s connu Eboa Show, particuli&egrave;rement adul&eacute; des noctambules pour ses interpr&eacute;tations r&eacute;ussies d&rsquo;anciens makossa, par exemple, a jou&eacute; au &quot;Bois d&rsquo;Eb&egrave;ne&quot; d&rsquo;Elig-Essono, puis &agrave; &quot;L&rsquo;Okoum&eacute;&quot; de Mvog-Ada, avant de se retrouver r&eacute;cemment &agrave; &quot;La Tani&egrave;re&quot; de Bastos, l&rsquo;un des derniers-n&eacute;s des cabarets de la capitale. <br \/>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans ce contexte de pr&eacute;carit&eacute; que &quot;le farotage&quot;, distribution spontan&eacute;e de billets de banque par des clients aux musiciens, est devenu une sorte de pain b&eacute;ni pour ces derniers. &quot;Plus jeunes, nous faisions de la musique par simple plaisir et non pour se faire de l&rsquo;argent. Aujourd&rsquo;hui, ayant d&eacute;cid&eacute; de faire de cet art un m&eacute;tier, nous devons pouvoir en vivre. L&rsquo;ayant compris, des m&eacute;lomanes donnent de l&rsquo;argent aux artistes qui passent sur sc&egrave;ne. Afin qu&rsquo;ils arrondissent des fins de mois parfois difficiles&quot;, explique Victorien Essono. <\/p>\n<p><strong>Gal&egrave;res <\/strong><br \/>Et Steve Ndzana de poursuivre avec les probl&egrave;mes qui expliquent le mauvais fonctionnement des cabarets. &quot;N&rsquo;est pas musicien qui veut. Et plus encore musicien de cabaret. Alors, pourquoi voulez-vous que je paye cher un gars qui n&rsquo;a pas d&rsquo;exp&eacute;rience. Au lieu de se plaindre les jeunes doivent plut&ocirc;t se former. C&rsquo;est en cela que tient le projet que j&rsquo;ai mont&eacute; dans mon espace culturel&quot;, r&eacute;torque le promoteur de l&rsquo;ancienne &quot;Terre battue&quot;. Pour justifier les fins de mois &quot;difficiles&quot;, les promoteurs de cabaret se plaignent par ailleurs d&rsquo;&ecirc;tre la cible des agents du fisc, qui revendiquent aupr&egrave;s d&rsquo;eux des sommes que Steve Ndzana juge, par exemple, exorbitantes. <br \/>Une th&egrave;se que r&eacute;fute cependant Constant Malonga. Pour ce promoteur culturel, par ailleurs ancien directeur artistique au &quot;Bois d&rsquo;Eb&egrave;ne&quot;, &quot;Le gros des cabarets camerounais ne sont pas des espaces culturels. Et les musiques n&rsquo;y sont donc pas programm&eacute;es et jou&eacute;es par des professionnels. Nous rencontrons beaucoup plus des espaces appartenant &agrave; des commer&ccedil;ants, qui vendent de la nourriture et de la boisson sur le dos des musiciens, quelquefois choisis sur le tas. Par ailleurs, le mat&eacute;riel ne suit pas toujours. R&eacute;sultat des courses, le son n&rsquo;est pas bon. C&rsquo;est dommage ! Surtout lorsque l&rsquo;on regarde ce qui se passe ailleurs &quot;. <\/p>\n<p>Un avis par ailleurs partag&eacute; par le chanteur Ekambi Brillant. Le c&eacute;l&egrave;bre artiste musicien, qui a longtemps jou&eacute; dans les cabarets avant de conna&icirc;tre la gloire, estime que dans un cadre bien &eacute;tabli, on peut d&eacute;celer des talents dans ces &eacute;tablissements que l&rsquo;on d&eacute;fini comme des lieux o&ugrave; l&rsquo;on peut boire et manger en &eacute;coutant de la musique. Les cabarets doivent n&eacute;anmoins &ecirc;tre g&eacute;r&eacute;s de mani&egrave;re professionnelle, pense-t-il. Ekambi Brillant ne manque pas de prendre pour r&eacute;f&eacute;rence le &quot;bon vieux temps&quot;, o&ugrave; le cabaret &eacute;tait g&eacute;r&eacute; par des Europ&eacute;ens tr&egrave;s exigeants. &quot;Nous travaillions de 21 h &agrave; l&rsquo;aube, jusqu&rsquo;&agrave; ce que le dernier client parte. Nous n&rsquo;avions que deux minutes de repos pendant le spectacle. Juste le temps de boire un verre. Il fallait jouer toutes les musiques: Du tango, de la valse, en passant par les vari&eacute;t&eacute;s anglo-saxonnes, pour m&eacute;riter son salaire&quot;, se souvient-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Professionnels et promoteurs ne s&rsquo;entendent pas toujours sur le montant des r&eacute;mun&eacute;rations. Cathy Yogo Les habitu&eacute;s des cabarets de la ville de Yaound&eacute; connaissent forc&eacute;ment Mayo. Depuis plusieurs ann&eacute;es, on associe presque ce guitariste &agrave; son orchestre, Les Vibrations. 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