{"id":5222,"date":"2007-12-09T18:33:08","date_gmt":"2007-12-09T17:33:08","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"474","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/474\/","title":{"rendered":"Les copieurs d\u00e9go\u00fbtent les collectionneurs"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong>Arts plastiques : <\/strong><\/p>\n<hr color=\"#bbbbbb\" size=\"1\" \/><em>Une crise d&rsquo;identit&eacute; dans la cr&eacute;ation des &oelig;uvres freine le rythme d&rsquo;achat des amateurs d&rsquo;arts.<br \/><em><strong>Marion Obam <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr color=\"#eeffee\" size=\"1\" \/>La 4&egrave;me &eacute;dition de l&rsquo;exposition des artistes peintres, sculpteurs et photographes du Cameroun, The last pictures show s&rsquo;est achev&eacute;e &agrave; Douala le 29 novembre 2007. Pendant une semaine, une cinquantaine d&rsquo;artistes qui proposait en moyenne trois &oelig;uvres chacun se sont frott&eacute;s &agrave; l&rsquo;appr&eacute;ciation d&rsquo;un public h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne constitu&eacute; d&rsquo;amateurs et de non amateurs. Dans la derni&egrave;re cat&eacute;gorie, il y avait plusieurs personnes qui s&rsquo;&eacute;tonnaient d&rsquo;ailleurs de voir que la belle fresque de l&rsquo;artiste Emati co&ucirc;tait 1 million de francs Cfa. &quot;Un tableau co&ucirc;te aussi cher ? &quot; s&rsquo;interroge Maryvonne Etoa, &eacute;tudiante en droit &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Douala, venue &agrave; cette exposition accompagner son oncle qui lui est un amateur d&rsquo;art. Les m&eacute;canismes de fixation des prix d&rsquo;une &oelig;uvre d&rsquo;art sont complexes et int&egrave;grent une panoplie de facteurs qui ne sont pas parfois quantifiables, notamment l&rsquo;&eacute;motion et l&rsquo;inspiration. C&rsquo;est dire combien l&rsquo;univers de la peinture et le co&ucirc;t de la cr&eacute;ation demeurent des r&eacute;alit&eacute;s partag&eacute;es par une caste de personnes. Cependant, suffit-il d&rsquo;acheter une toile ou une sculpture pour &ecirc;tre un amateur d&rsquo;art ?<\/p>\n<p>Pour Lionel Manga, critique d&rsquo;arts, &quot;l&rsquo;acte d&rsquo;achat n&rsquo;est pas indicateur de la qualit&eacute; d&rsquo;amateur. Un amateur est un collectionneur averti d&rsquo;objets d&rsquo;arts. Il a de l&rsquo;amour pour cette forme d&rsquo;expression, il la recherche et se cultive sur le sujet pour en parler en connaisseur mais aussi faire la diff&eacute;rence dans une exposition, un mus&eacute;e ou chez un particulier, entre les objets qui sont des copies, des originaux.&quot; Tr&egrave;s peu de camerounais correspondent &agrave; ce profil, mais il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;en trouver qui ont d&eacute;cid&eacute; de vivre avec cette passion et de la faire partager aux autres. Soit en cr&eacute;ant des &eacute;v&egrave;nements comme Catherine Pittet avec The last pictures show, BarbecueXpo de Mboko Lagriffe ou en construisant des galeries, des espaces de partage et de formation comme Annie Kadji avec le Bonapriso Center of arts, Marilyn Bell Schaub avec Doual&rsquo;art et la galerie Mam de Mar&ecirc;me Malong.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;art pour vivre<\/strong><br \/>L&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;art suppose une libert&eacute; cr&eacute;atrice qui exc&egrave;de la f&eacute;condit&eacute; naturelle. L&rsquo;artiste cr&eacute;e en vertu d&rsquo;un libre-arbitre qui n&rsquo;est pas la n&eacute;cessit&eacute; naturelle. Or, &agrave; ce libre-arbitre proprement humain sont attach&eacute;s l&rsquo;usage de la raison et la capacit&eacute; de donner une forme rationnelle &agrave; une cr&eacute;ation. C&rsquo;est pour cela que dans une exposition vente les prix ne seront jamais les m&ecirc;mes et changeront en fonction des peintres et des formats des toiles. Le prix d&rsquo;une toile d&rsquo;apr&egrave;s l&rsquo;artiste plasticien Mboko Lagriffe &quot;ne d&eacute;pend ni du format encore moins du mat&eacute;riel et des produits utilis&eacute;s. Il y&rsquo;a plusieurs &eacute;l&eacute;ments mais les plus d&eacute;terminants sont l&rsquo;environnement dans lequel &eacute;volue l&rsquo;artiste, la dur&eacute;e donc le temps mis par le peintre dans le m&eacute;tier et la capacit&eacute; &agrave; garder sa ligne de cr&eacute;ation du d&eacute;part&quot;. Ce qui fera &eacute;videmment qu&rsquo;un Koko Kommegne co&ucirc;te plus cher qu&rsquo;un Herv&eacute; Youmbi. <\/p>\n<p>Toutefois malgr&eacute; ces r&egrave;gles pr&eacute;&eacute;tablies, certains plasticiens arrivent &agrave; vendre r&eacute;guli&egrave;rement et au-dessus de 300.000Fcfa par toile. Actuellement ceux qui vendent le plus sont Salifou Lindou, Emile Youmbi, Emati, Mboko Lagriffe, Max Lyonga. Il est vrai que c&rsquo;est au rythme des expositions, des &eacute;v&egrave;nements qui s&rsquo;ouvrent &agrave; la vente que les artistes arrivent &agrave; avoir de l&rsquo;argent car les amateurs d&rsquo;art qui visitent r&eacute;guli&egrave;rement les ateliers pour acqu&eacute;rir des tableaux ne sont pas tr&egrave;s nombreux et se recrutent parmi les expatri&eacute;s et les riches camerounais. Mboko Lagriffe qui comme Goddy Leye, Jo&euml;l Mpah Doo, Louis Ep&eacute;e, Emile Youmbi et Hako Hankson sont des propri&eacute;taires de leurs domaines qui abritent leurs ateliers, livre que &quot;quand on s&rsquo;organise bien pour &ecirc;tre pr&eacute;sent dans les &eacute;v&egrave;nements qui compte on s&rsquo;en sort&quot;.<\/p>\n<p><strong>La copie destructrice<\/strong><br \/>Une pratique malsaine et malhonn&ecirc;te s&rsquo;est r&eacute;pandue depuis quelques ann&eacute;es dans le milieu de l&rsquo;art camerounais. C&rsquo;est la copie et la reproduction des oeuvres et des auteurs. Fr&eacute;quenter les expositions devient alors un supplice, une col&egrave;re sourde gronde &quot;quand on reconna&icirc;t sur un tableau la technique de travail du regard de Herv&eacute; Youmbi, les cannettes &eacute;cras&eacute;es de Elolongu&eacute; ou le collage des objets br&ucirc;l&eacute;e de Aser Kash. En plus, ces copieurs veulent souvent expliquer ce qu&rsquo;ils ont fait alors que &ccedil;a saute &agrave; l&rsquo;&oelig;il qu&rsquo;ils ont copi&eacute;. Pourtant chacun gagnerait &agrave; garder son identit&eacute;, cerner son ligne cr&eacute;atrice et sa philosophie, la m&ucirc;rir pour une reconnaissance constante des pairs et des amateurs&quot;, explique, courrouc&eacute; Bertrand Kouoh collectionneur d&rsquo;art. D&rsquo;autres amateurs d&rsquo;arts qui ont fait le m&ecirc;me constat ont pris des mesures draconiennes. <\/p>\n<p>&quot;Il y&rsquo;a des artistes camerounais que j&rsquo;ai cess&eacute; d&rsquo;acheter. Je ne leur accorde plus d&rsquo;attention lors des expositions parce que ce sont des tricheurs. &Ccedil;a fait mal de retrouver la repr&eacute;sentation d&rsquo;un tableau qu&rsquo;on achete &agrave; des centaines de milliersbde francs dans un livre d&eacute;di&eacute; aux ma&icirc;tres de l&rsquo;abstrait &quot;, confie Edwin Tsala qui a transform&eacute; son domicile en mus&eacute;e o&ugrave; on trouve parmi les pi&egrave;ces les plus anciennes qui ne sont pas uniquement camerounaises, un Koko Kommegne de 1982, un Max Lyonga de 1992 ou une belle petite sculpture de Joseph Francis Summegne de 15 ans d&rsquo;&acirc;ge. Il classe les &oelig;uvres par auteur, ne laisse aucune sortir et ne permet pas qu&rsquo;on les prenne en photo. Directeur dans une compagnie d&rsquo;assurances, il ach&egrave;te par passion, mais aussi pour suivre le travail des peintres et sculpteurs qui se distinguent. Edwin Tsala avoue qu&rsquo;il peut facilement acheter des tableaux de Herv&eacute; Yamguen, Jules Wokam, Herv&eacute; Youmbi , Tonleu, mais pour les autres &quot;il faut que j&rsquo;aie vu les travaux ant&eacute;rieurs et que je visite leur atelier car certains reproduisent en s&eacute;rie. L&rsquo;art de L&eacute;onard de Vinci, la peinture de Rapha&euml;l, la sculpture de Rodin m&eacute;ritent de figurer sur un pi&eacute;destal au-dessus de l&rsquo;ordinaire des objets techniques. De m&ecirc;me, entre un tableau unique et une reproduction de supermarch&eacute;, il y a la distance&quot;.<\/p>\n<p>Une porte de sortie s&rsquo;est ouverte avec la d&eacute;nomination de l&rsquo;art contemporain. Il n&rsquo;est pas le plus respect&eacute; par les amateurs d&rsquo;art, car l&rsquo;art contemporain a su brouiller tous les rep&egrave;res. Entre l&rsquo;&eacute;gouttoir de la cuisine et l&rsquo;&eacute;gouttoir plac&eacute; dans un mus&eacute;e o&ugrave; est la diff&eacute;rence? Il est cependant clair que l&rsquo;art contemporain surprend dans sa cr&eacute;ativit&eacute;, mais aussi par l&rsquo;audace qu&rsquo;il d&eacute;ploie &agrave; vouloir &eacute;lever au rang d&rsquo;art n&rsquo;importe quel objet, n&rsquo;importe quelle forme, n&rsquo;importe quel bruit. Aujourd&rsquo;hui beaucoup d&rsquo;artistes qui ont ouvert les portes de leurs ateliers &agrave; des jeunes qui veulent apprendre &agrave; faire autrement. Le drame c&rsquo;est que tous leurs travaux portent les germes de leurs ma&icirc;tres. Pourtant, ces futurs peintres auraient pu avoir les bases n&eacute;cessaires pour avoir une identit&eacute; et un univers artistique dans des &eacute;coles d&rsquo;art plastique que l&rsquo;Etat a oubli&eacute; de cr&eacute;er.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arts plastiques : Une crise d&rsquo;identit&eacute; dans la cr&eacute;ation des &oelig;uvres freine le rythme d&rsquo;achat des amateurs d&rsquo;arts.Marion Obam La 4&egrave;me &eacute;dition de l&rsquo;exposition des artistes peintres, sculpteurs et photographes du Cameroun, The last pictures show s&rsquo;est achev&eacute;e &agrave; Douala le 29 novembre 2007. 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