{"id":5510,"date":"2008-02-25T10:31:49","date_gmt":"2008-02-25T09:31:49","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"775","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/775\/","title":{"rendered":"R\u00e9vision constitutionnelle : Les premiers morts"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong><font color=\"#000000\">R&eacute;vision constitutionnelle : Les premiers morts tombent &agrave; Douala.<\/font><\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#bbbbbb\" \/> <em>Entre marches programm&eacute;es, annul&eacute;es ou report&eacute;es dans la capitale &eacute;conomique, les &eacute;chauffour&eacute;es avec les forces de l&rsquo;ordre ont fait tomber deux victimes et de nombreux bless&eacute;s.<br \/><em><strong>   <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#eeffee\" \/> <img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" border=\"1\" align=\"left\" alt=\"\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/mobil_aeroport.gif\" \/> Samedi 23 f&eacute;vrier 2008. Les populations riveraines du lieu dit rond point Madagascar commencent &agrave; supputer sur les raisons de la non tenue d&rsquo;une marche annonc&eacute;e par le Social Democratic Front (Sdf). Sur la chauss&eacute;e, lib&eacute;r&eacute;e depuis quelques minutes par les badauds accourus sur le lieu pr&eacute;sum&eacute; de la manifestation, la vie reprend &agrave; peine son cours normal. C&rsquo;est alors qu&rsquo;une colonne de v&eacute;hicules de la gendarmerie, un char lance eau en t&ecirc;te, s&rsquo;immobilise. La grille de protection du char se baisse, et une man&oelig;uvre suspecte commence. <br \/>Les populations de passage, ainsi que des personnes assisses devant des bars qui jouxtent le carrefour, sont copieusement arros&eacute;es. Des bombes lacrymog&egrave;nes sorties des caisses neuves sont projet&eacute;es dans toutes les directions. Des fusils &agrave; pompes d&eacute;gainent aussi et propulsent les tubes de gaz. Pris dans la nasse, les journalistes ne sont pas &eacute;pargn&eacute;s. Peu avant le d&eacute;but des op&eacute;rations, l&rsquo;adjoint au commandant de compagnie de Douala 1 leur avait d&eacute;j&agrave; retir&eacute; leurs pi&egrave;ces d&rsquo;identit&eacute;.<\/p>\n<p>La man&oelig;uvre solitaire des hommes en tenue va se poursuivre pendant plus d&rsquo;une heure. La manette tournante du char lance eau commence &agrave; montrer quelques signes de faiblesse. La nuit tombe sur Douala, et la zone chaude de Madagascar-Brazzaville-Axe-lourd va alors vivre les pires &eacute;meutes jamais connues de ce coin de la capitale &eacute;conomique. De leurs retranchements, les jeunes de ces quartiers organisent la riposte contre &quot; ceux qui ont jet&eacute; les gaz &quot;. En plus des projectiles de toutes sortes, plusieurs centaines de vieux pneus sortent de toutes parts. Sur les chauss&eacute;es, o&ugrave; l&rsquo;arsenal ainsi constitu&eacute; est entass&eacute;, les flammes s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent. Sur l&rsquo;axe principal qui m&egrave;ne &agrave; Yaound&eacute;, les barricades sont &eacute;rig&eacute;es et prot&eacute;g&eacute;es par le feu. Partout, les kiosques du Pari mutuel urbain camerounais sont saccag&eacute;s.<\/p>\n<p>Au cours du face &agrave; face o&ugrave; tous les coups sont permis, les populations s&rsquo;en prennent &agrave; tout ce qui est associ&eacute; aux hommes en tenue. Le commissariat du 8&egrave;me arrondissement est assailli par une bande en furie. L&agrave;, les cocktails molotov sont jet&eacute;s en direction des &eacute;l&eacute;ments en faction qui ne savent plus o&ugrave; mettre de la t&ecirc;te. Le commissaire D&eacute;sir&eacute; Kenfack qui commande cette unit&eacute; appelle des renforts qui ne tardent pas &agrave; arriver. <br \/>Dans la foul&eacute;e, les manifestants vont r&eacute;ussir &agrave; toucher &quot; mamy water &quot;, le char lance eau de la police venu au secours, &agrave; un point sensible. L&rsquo;une de ses roues est atteinte par le feu qui immobilise le redoutable engin. Plus loin, &agrave; deux kilom&egrave;tres du commissariat du 8&egrave;me, un autre &eacute;difice est saccag&eacute;. Le poste de police situ&eacute; au carrefour Elf Axe-lourd est mis en feu. Du kiosque flambant neuf qui abritait quelques policiers commis &agrave; la r&eacute;gulation de la circulation, il ne restera que des cendres.<\/p>\n<p><strong>Tuerie<\/strong><br \/><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" border=\"1\" align=\"left\" alt=\"\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/Socatur.gif\" \/>En contrebas du poste de police d&eacute;truit, un bus de la Soci&eacute;t&eacute; camerounaise des transports urbains (Socatur) a &eacute;t&eacute; incendi&eacute;. Ses occupants, qui ont &eacute;chapp&eacute; juste, ont pris la poudre d&rsquo;escampette, sous la menace des flammes et des jeunes &quot; assaillants &quot;, gonfl&eacute;s &agrave; bloc. Plus haut, d&rsquo;autres jeunes solidaires du mouvement ont attaqu&eacute; la station d&rsquo;essence appartenant &agrave; la soci&eacute;t&eacute; Tradex. La station Mobil a subi le m&ecirc;me sort. Sa boutique est pill&eacute;e. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs avec empressement que la bi&egrave;re et les jus de fruits sont consomm&eacute;s par les m&eacute;contents. <br \/>Quelques instants apr&egrave;s, ils quittent les locaux de la station Mobil pour se d&eacute;verser sur la route o&ugrave; des dizaines de pneus sont mis &agrave; feu. Les gendarmes et les policiers d&eacute;bord&eacute;s, r&eacute;pliquent par des tirs nourris de gaz lacrymog&egrave;nes. Certaines bonbonnes sont retourn&eacute;es en direction des forces de l&rsquo;ordre par les cibles pr&eacute;sum&eacute;es. Au loin, les habitants clo&icirc;tr&eacute;s dans leurs maisons sont pris de panique.<\/p>\n<p>Deux personnes au moins sont tomb&eacute;es sous les balles des forces. Le jeune Alex Raoul Pelo, un m&eacute;canicien de 18 ans atteint sur le flanc gauche est mort sur le champ au rond point Madagascar. L&agrave; &eacute;galement, Loveth Tingia Ndima, un vendeur de viande de porc &agrave; la braise originaire de la province du Nord-Ouest a &eacute;t&eacute; mortellement atteint au cou. De sources proches de leurs familles, les corps ont &eacute;t&eacute; transport&eacute;s vers des destinations inconnues. La police et la gendarmerie se sont rejet&eacute;es la responsabilit&eacute; de la tuerie. Une source polici&egrave;re, relay&eacute;e par la Cameroon radio and television (Crtv) a soutenu que l&rsquo;un des morts, le seul d&rsquo;ailleurs recens&eacute; par notre confr&egrave;re, avait rendu l&rsquo;&acirc;me apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; percut&eacute; par un v&eacute;hicule. Ce que d&eacute;mentent les t&eacute;moins oculaires et les familles des victimes.<\/p>\n<p>La mort des deux jeunes gens &agrave; Madagascar, a en effet radicalis&eacute; les populations riveraines. Ces bavures seraient donc &agrave; l&rsquo;origine de la violence qui a secou&eacute; une bonne partie de la ville de Douala samedi dans la nuit. A Madagascar et Brazzaville, les habitants affirment avoir pass&eacute; une nuit blanche. &quot; On nous a intoxiqu&eacute; &agrave; l&rsquo;aide du gaz lacrymog&egrave;ne. Les tirs de balle nous ont fait peur. On s&rsquo;est cru en situation de guerre &quot;, a expliqu&eacute; la tenanci&egrave;re d&rsquo;un d&eacute;bit de boisson &agrave; la gare routi&egrave;re de Brazzaville. Tout pr&egrave;s d&rsquo;elle, d&rsquo;autres habitants du coin qui commentaient les &eacute;v&eacute;nements de la veille ont racont&eacute; comment &quot; des jeunes gens qui n&rsquo;avaient rien &agrave; voir avec la manifestation ont &eacute;t&eacute; bastonn&eacute; par les gendarmes et les policiers &quot;.<\/p>\n<p>C&rsquo;est hier dimanche que les policiers et les gendarmes ont &eacute;vacu&eacute; la zone de Madagascar au petit matin. Un responsable de la police a confi&eacute; qu&rsquo;il y avait eu &quot; beaucoup de bless&eacute;s parmi les policiers et les gendarmes &quot;. Autour de 6h30, deux camions pleins de gendarmes ont &eacute;t&eacute; aper&ccedil;us &agrave; Mboko. Ces derniers font partie des troupes mobilis&eacute;es pour r&eacute;duire au silence les jeunes ayant pris part aux affrontements. Ils ont pass&eacute; la nuit non loin de Yassa, d&rsquo;o&ugrave; ils entraient en ville par petits groupes pour prendre en tenaille les manifestants. <br \/>Peu avant la lev&eacute;e du jour, des nuages de fum&eacute;e, t&eacute;moins des casses de la nuit, &eacute;taient encore visibles sur les principaux axes routiers de la zone des &eacute;meutes. Le rond point Madagascar, lieu du drame et des affrontements, &eacute;tait envahi par des amas de cailloux et de tous genres de projectiles. Ici et l&agrave;, des groupes de personnes cherchaient encore &agrave; comprendre ce qui s&rsquo;&eacute;tait pass&eacute; la veille. En attendant, l&rsquo;ambiance reste chaude et la tension couve. Les populations portent le deuil.<\/p>\n<p><em><em><strong>  Un reportage de Denis Nkwebo<\/strong><\/em><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R&eacute;vision constitutionnelle : Les premiers morts tombent &agrave; Douala. 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