{"id":5528,"date":"2008-03-03T15:38:55","date_gmt":"2008-03-03T14:38:55","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"796","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/796\/","title":{"rendered":"Quatre jours d\u2019insurrection populaire"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><font size=\"4\" color=\"#990000\"><strong> Emeutes<br \/>Les quatre jours qui ont secou&eacute; le Cameroun<\/strong><\/font><br \/><font size=\"4\"> <!--img src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/Armee_yaounde.gif\" align=\"left\" border=\"1\"--> <font size=\"4\" color=\"#000000\"> Une vingtaine de morts ;<br \/> Des centaines de personnes arr&ecirc;t&eacute;es et des proc&egrave;s sommaires en cours ;<br \/> Le film des journ&eacute;es sanglantes &agrave; Yaound&eacute;, Douala, Bamenda, Penja-Njomb&eacute;, Bafoussam ;<br \/> Les cons&eacute;quences &eacute;conomiques ;<br \/> D&eacute;cryptage de S&eacute;v&eacute;rin C&eacute;cile Abega, Eric Mathias Owona Nguini et Charles Nguini ;<\/font><\/font><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#bbbbbb\" \/> <em>La gr&egrave;ve d&eacute;clench&eacute;e par les syndicats de transporteurs a &eacute;t&eacute; &eacute;maill&eacute;e de violents affrontements entre manifestations et forces de l&rsquo;ordre.<br \/><em><strong>  Denis Nkwebo <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#eeffee\" \/> Le lundi 25 f&eacute;vrier dernier, la ville de Douala s&rsquo;est lev&eacute;e sous des bruits de balles. Des nuages de feu et de fum&eacute;e s&rsquo;&eacute;levaient soudainement vers le ciel, aux principaux carrefours. Des jeunes gens torses nus, la mine mena&ccedil;ante, r&eacute;put&eacute;s proches des diff&eacute;rents syndicats des transporteurs, &eacute;cument les rues et dissuadent toute tentative de rouler en voiture ou &agrave; moto. Les v&eacute;hicules personnels qui tentent de se frayer un passage sont saccag&eacute;s et mis en feu. C&rsquo;est alors que le doute est lev&eacute; sur la nature des &eacute;v&eacute;nements qui viennent de suspendre l&rsquo;intense activit&eacute; habituelle dans la capitale &eacute;conomique. La gr&egrave;ve annonc&eacute;e par les diff&eacute;rents syndicats de transports par taxis et mototaxis &eacute;tait donc effective. Pour faire tenir le mouvement dans la dur&eacute;e sur toute l&rsquo;&eacute;tendue de la ville, des piquets de gr&egrave;ve sont maintenus aux points chauds, et aux coins n&eacute;vralgiques que sont les principales entr&eacute;e et sorties de Douala que sont Bonab&eacute;ri et &laquo; village &raquo;.<\/p>\n<p>Quelques instants seulement apr&egrave;s ses d&eacute;buts, la gr&egrave;ve tourne &agrave; l&rsquo;&eacute;meute. Des jeunes gens surexcit&eacute;s d&eacute;versent leur col&egrave;re sur les hommes en tenue visiblement d&eacute;bord&eacute;s. Au feu rouge et dans la vall&eacute;e de Bessengu&egrave;, les manifestations prennent une tournure dramatique. Entre les grands feux qui br&ucirc;lent sur la voie publique et les projectiles que jettent les manifestants, les balles de la police et de la gendarmerie sifflent avec une extr&ecirc;me violence. On signale une prise d&rsquo;otage ; une femme gendarme aux mains des jeunes manifestants qui l&rsquo;ont gard&eacute;e nue dans une cellule de fortune. A coups de matraque et de gaz lacrymog&egrave;ne, elle est lib&eacute;r&eacute;e apr&egrave;s avoir pass&eacute; pr&egrave;s de deux heures en captivit&eacute;. <\/p>\n<p>Avant midi, ce quartier chaud de Douala pointe d&eacute;j&agrave; deux morts &agrave; son compteur. Le face-&agrave;-face opposant les &eacute;meutiers aux forces de l&rsquo;ordre sera d&rsquo;ailleurs maintenu jusqu&rsquo;&agrave; la fin des &eacute;v&eacute;nements. Ailleurs dans la ville, les transporteurs &agrave; la base du mouvement de gr&egrave;ve sont introuvables. Les populations ont fait siennes la contestation et se sont jet&eacute;es dans la rue. Ndokoti, Akwa, Brazzaville, Madagascar, Bonab&eacute;ri, Nyalla, D&eacute;ido, Bonamoussadi, Makap&egrave; vibrent au rythme des affrontements. En plus de la croisade contre la vie ch&egrave;re, les revendications d&rsquo;ordre politiques naissent et des slogans hostiles au chef de l&rsquo;Etat, Paul Biya, sont lanc&eacute;s. Les manifestants d&eacute;noncent le projet de r&eacute;vision de la constitution qu&rsquo;ils assimilent &agrave; un plan du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique pour s&rsquo;&eacute;terniser au pouvoir.<\/p>\n<p><strong>Carnage<\/strong><br \/>De lundi &agrave; jeudi dernier, soit quatre jours, Douala a donc v&eacute;cu une insurrection populaire durant laquelle, les forces combin&eacute;es de la police, la gendarmerie et l&rsquo;arm&eacute;e n&rsquo;ont pas eu la g&acirc;chette facile. Les sources officieuses soutiennent qu&rsquo;au moins dix personnes ont &eacute;t&eacute; mortellement atteintes par les balles tandis que plusieurs dizaines d&rsquo;autres gri&egrave;vement bless&eacute;es ont &eacute;t&eacute; admises dans les centre hospitaliers et principalement &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Laquintinie de Douala. Un des deux morts de Bessengu&egrave; a &eacute;t&eacute; l&acirc;chement abattu par une femme gendarme. A Bonab&eacute;ri, c&rsquo;est dans la confusion que les sources d&eacute;clinent les chiffres, quatre victimes selon les forces de l&rsquo;ordre, deux selon la police. L&rsquo;une des victimes a &eacute;t&eacute; tu&eacute;e a bout portant par un commissaire de police menac&eacute; de lynchage. Des tireurs d&rsquo;&eacute;lite appartenant au corps du Groupement sp&eacute;cial d&rsquo;op&eacute;ration (Gso) ont &eacute;t&eacute; aper&ccedil;us, post&eacute;s au dessus des immeubles sur la rue du Lyc&eacute;e polyvalent de Bonab&eacute;ri. D&rsquo;ailleurs, les unit&eacute;s d&rsquo;&eacute;lite dont le Gso et le Bataillon d&rsquo;intervention rapide (Bir) ont pes&eacute; de leur expertise pour ramener les manifestants sous contr&ocirc;le et casser d&eacute;finitivement la contestation rendue &agrave; son quatri&egrave;me jour jeudi dernier.<\/p>\n<p>Dans les rues de la ville, les ruines t&eacute;moignent de la violence des &eacute;v&eacute;nements. A Bonab&eacute;ri, des milliers de projectiles encombrent encore le d&eacute;sert laiss&eacute; dans toutes les stations service. Les boutiques de ces installations &eacute;taient les premi&egrave;res &agrave; recevoir la visite des bandes organis&eacute;es qui se sont invit&eacute;s sur la sc&egrave;ne pour proc&eacute;der aux pillages. Pendant trois jours, en effet, les grands commerces &agrave; Akwa sont rest&eacute;s sous la menace. Quelques commerces chinois, les boulangeries, les boutiques de t&eacute;l&eacute;phone ont &eacute;t&eacute; vid&eacute;s de leur contenu. A Bonapriso, le magasin Goodies a &eacute;chapp&eacute; de justesse aux pillards tandis que les assaillants partis &agrave; l&rsquo;assaut de Score et Chococho ont &eacute;t&eacute; repouss&eacute;s par des groupuscules d&rsquo;autod&eacute;fense. Depuis que certaines surfaces ont &eacute;t&eacute; r&eacute;duites en ruines, et gr&acirc;ce &agrave; la fin des &laquo; hostilit&eacute;s &raquo; intervenue jeudi dans la nuit, les patrouilles s&eacute;par&eacute;es de l&rsquo;arm&eacute;e, de la police et de la gendarmerie sont multipli&eacute;es pour p&eacute;renniser le retour au calme et la reprise des activit&eacute;s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>EmeutesLes quatre jours qui ont secou&eacute; le Cameroun Une vingtaine de morts ; Des centaines de personnes arr&ecirc;t&eacute;es et des proc&egrave;s sommaires en cours ; Le film des journ&eacute;es sanglantes &agrave; Yaound&eacute;, Douala, Bamenda, Penja-Njomb&eacute;, Bafoussam ; Les cons&eacute;quences &eacute;conomiques ; D&eacute;cryptage de S&eacute;v&eacute;rin C&eacute;cile Abega, Eric Mathias Owona Nguini et Charles Nguini ; La [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-5528","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5528"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5528\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5528"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=5528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}