{"id":5537,"date":"2008-03-03T15:45:33","date_gmt":"2008-03-03T14:45:33","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"804","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/804\/","title":{"rendered":"Si jeunesse savait\u2026"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong><font color=\"#000000\"><br \/><\/font><\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#bbbbbb\" \/> <em>Une bonne partie de manifestants &eacute;tait des &eacute;l&egrave;ves &acirc;g&eacute;s entre 12 et 28 ans. <br \/><em><strong> M.F.  <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#eeffee\" \/> Tous les observateurs ou presque l&rsquo;ont relev&eacute;, certainement pour le d&eacute;plorer. L&rsquo;implication active des jeunes scolaires a &eacute;t&eacute; visible lors des derniers mouvements d&rsquo;humeur &agrave; Bafoussam. Les auteurs de la gr&egrave;ve ont sans doute jou&eacute; sur la na&iuml;vet&eacute; des tout-petits pour mettre une cit&eacute; &agrave; feu et &agrave; sang. Surtout quand on sait que, avant de se jeter dans la rue, une bande de badauds est descendue dans des &eacute;coles, lyc&eacute;es et coll&egrave;ges pour interrompre les cours qui venaient juste de commencer : &laquo; Personne ne travaille aujourd&rsquo;hui [26 f&eacute;vrier 2008]. Sortez rapidement, sinon on vous tue&raquo;, ont-ils menac&eacute;. <\/p>\n<p>Un bout de phrase qui a perturb&eacute; les esprits. Les enseignants ont donc d&ucirc; dire aux &eacute;l&egrave;ves que l&rsquo;heure &eacute;tait grave. Et qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait pas indiqu&eacute; de r&eacute;sister. Tout s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute; dans les &eacute;tablissements scolaires. Certains &eacute;l&egrave;ves ont abandonn&eacute; leur crayon pour prendre des gourdins. On en a vu qui arboraient encore des uniformes scolaires : &laquo; Paul Biya doit partir. Le Pmuc aussi&raquo;, scandaient-ils devant des parents d&eacute;pass&eacute;s, incapables de ma&icirc;triser la fougue de leur prog&eacute;niture. &laquo;Nous fr&eacute;quentons pour quels d&eacute;bouch&eacute;s. Les pilleurs de la R&eacute;publique doivent rembourser les fonds d&eacute;tourn&eacute;s, au lieu d&rsquo;&ecirc;tre emprisonn&eacute;s&raquo;, clamait une seconde bande. Les principales art&egrave;res de Bafoussam &eacute;taient inond&eacute;es d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves en tenue. <\/p>\n<p>Raison de plus pour que les &eacute;lites Rdpc de l&rsquo;Ouest, r&eacute;unis &agrave; Bafoussam le 1er mars dernier, sortent de leurs gonds pour d&eacute;noncer une sorte de manipulation. &laquo; Les enfants-l&agrave; n&rsquo;ont-ils pas de p&egrave;re ou de m&egrave;re. Les parents doivent agir en les chicotant&raquo;, a conseill&eacute; Victor Fotso, l&rsquo;un des orateurs du jour. A la suite de ce dernier, le gouverneur de la province de l&rsquo;Ouest, Pascal Mani, a regrett&eacute; la sortie des jeunes. &laquo; Cette crise a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;re, parce que les vandales sont entr&eacute;s dans des &eacute;tablissements scolaires, ont fait sortir les &eacute;l&egrave;ves. Et ce sont ces &eacute;l&egrave;ves qui ont continu&eacute; ce mouvement. Au lieu qu&rsquo;ils rentrent chez eux parce qu&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; perturb&eacute;s dans le fonctionnement de leur &eacute;tablissement, ils ont pris le relais et se sont mis &agrave; manifester dans les rues. Ils sont nombreux qui ont &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s&hellip;et la plupart seront jug&eacute;s&raquo;, a-t-il indiqu&eacute;. Avant de conclure : &laquo;Tout le monde dit que les jeunes ont &eacute;t&eacute; manipul&eacute;s, mais ils n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; manipul&eacute;s par les jeunes. S&rsquo;il y a des manipulations, elles ont &eacute;t&eacute; faites par des adultes. Les parents et les &eacute;ducateurs doivent assumer leurs responsabilit&eacute;s pour que leurs enfants ne rentrent pas dans des manifestations ill&eacute;gales&raquo;. <\/p>\n<p><strong>T&eacute;moignages<br \/>Thomas Tankou (Journaliste)<\/strong><br \/>Bafoussam au troisi&egrave;me jour de la gr&egrave;ve pr&eacute;sentait l&rsquo;image d&rsquo;un bateau ivre, secou&eacute; par le vent des contestations, chahut&eacute; par les vagues de pillage qui ont &eacute;maill&eacute; la capitale provinciale de l&rsquo;Ouest. Au-del&agrave; de ce qui a &eacute;t&eacute; dit &ccedil;&agrave; et l&agrave; par les uns et les autres, il convient de relever, &agrave; l&rsquo;heure du bilan, que l&rsquo;Ouest a pr&eacute;sent&eacute; une certaine particularit&eacute;. Cette province a d&rsquo;abord, accueilli le d&eacute;brayage en victime r&eacute;sign&eacute;e. Ensuite, les populations ont suivi, &agrave; la lettre, un mot d&rsquo;ordre de gr&egrave;ve contenu dans des tracts d&eacute;vers&eacute;s dans la nuit du 26 f&eacute;vrier par un v&eacute;hicule de marque Toyota, venu d&rsquo;ailleurs, a-t-on appris. On peut dire, enfin, qu&rsquo;il y a un malaise profond. Au-del&agrave; des soup&ccedil;ons d&rsquo;instrumentation qui p&egrave;sent sur certaines personnes, signalons que la vie ch&egrave;re est la principale cause qui a spontan&eacute;ment soulev&eacute; les populations. M&ecirc;me si de petits malins, aiguill&eacute;s par la boussole des passions et des &eacute;motions, ont saisi l&rsquo;occasion pour assouvir leurs int&eacute;r&ecirc;ts personnels. Les populations de Bafoussam attendent du chef de l&rsquo;Etat qu&rsquo;il donne une r&eacute;ponse &agrave; leurs revendications. <\/p>\n<p><strong>Jean Claude Tchass&eacute; (Enseignant)<\/strong><br \/>Je puis parler d&rsquo;une gr&egrave;ve totale : les commerces et les services ferm&eacute;s, pas de circulation. &Agrave; l&rsquo;immeuble Pmuc, au carrefour Madelon, au Rond-point de la Poste centrale, il y a eu des attroupements. On a vu des patrouilles de police l&agrave;, devant la foule. Sur la chauss&eacute;e, on peut voir de brasiers aliment&eacute;s par des pneus, des kiosques du Pmuc et des call-box. Des groupes de jeunes gens, form&eacute;s d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves et d&rsquo;autres badauds occupent la chauss&eacute;e, courent en brandissant des pancartes et en chantant, sous les acclamations de la population. Des tracts sign&eacute;s par un certain Conseil National de la R&eacute;volution circulent. Le Centre divisionnaire des imp&ocirc;ts au quartier dit Akwa a manqu&eacute; de peu d&rsquo;&ecirc;tre incendi&eacute;, n&rsquo;e&ucirc;t &eacute;t&eacute; l&rsquo;intervention &eacute;nergique des forces de l&rsquo;ordre, qui ont d&ucirc; tirer des coups de feu en l&rsquo;air. Les locaux du Pmuc au Carrefour Auberge ont &eacute;t&eacute; saccag&eacute;s. Entre-temps, il y a eu des marches avec des pancartes o&ugrave; l&rsquo;on pouvait lire : ne touchez pas &agrave; la Constitution, Paul Biya doit partir. Baissez les prix des produits sur le march&eacute;. Des patrouilles qui &eacute;taient dans de grands carrefours ont pris pour cible les jeunes qui avaient eu la mauvaise id&eacute;e de passer par l&agrave;. On commence par lui demander de se mettre torse nu et de se d&eacute;chausser, ensuite on lui intime l&rsquo;ordre de s&rsquo;enrouler sur le goudron chauff&eacute; par le soleil, sur une distance d&rsquo;environ 5 m, jusqu&rsquo;aux cendres encore chaudes des brasiers, o&ugrave; il doit s&rsquo;asseoir, &laquo;se laver&raquo; avec cette cendre, s&rsquo;embaumer le visage, et y rester ensuite assis pendant longtemps. <\/p>\n<p><em>Propos recueillis par M.F. <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une bonne partie de manifestants &eacute;tait des &eacute;l&egrave;ves &acirc;g&eacute;s entre 12 et 28 ans. M.F. Tous les observateurs ou presque l&rsquo;ont relev&eacute;, certainement pour le d&eacute;plorer. L&rsquo;implication active des jeunes scolaires a &eacute;t&eacute; visible lors des derniers mouvements d&rsquo;humeur &agrave; Bafoussam. 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