{"id":5708,"date":"2008-03-31T18:41:19","date_gmt":"2008-03-31T16:41:19","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"977","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/977\/","title":{"rendered":"Les mains dans le cambouis"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Aura-t-il fallu attendre le coup de semonce du chef de l&rsquo;Etat? Mais bon, on a vraiment le sentiment aujourd&rsquo;hui que les choses bougent. Que le gouvernement est au travail. On le sait : les commentateurs ne se privent jamais d&rsquo;indexer l&rsquo;incurie et l&rsquo;inertie lorsqu&rsquo;ils croient les d&eacute;celer du c&ocirc;t&eacute; de nos ministres. On l&rsquo;affirme : personne ne trouverait injuste que les m&ecirc;mes commentateurs saluent en cas de besoin le sens de l&rsquo;action et de l&rsquo;initiative, lorsqu&rsquo;il semble aller dans le bon sens. Apr&egrave;s quelques semaines d&rsquo;outrances pol&eacute;miques en tous genres, suite &agrave; ce qu&rsquo;on pourrait appeler &laquo; les &eacute;v&eacute;nements de f&eacute;vrier &raquo;, le temps est venu pour les citoyens et la classe politique, de se ressaisir et de juger le gouvernement sans arri&egrave;re pens&eacute;e politicienne, sur le degr&eacute; de son ambition et la qualit&eacute; de ses r&eacute;sultats. Tels qu&rsquo;ils sont lus par les sp&eacute;cialistes et les statisticiens, peut-&ecirc;tre pas encore, mais tels qu&rsquo;ils sont v&eacute;cus par les Camerounais eux-m&ecirc;mes, oui. <\/p>\n<p>Au terme du conseil de cabinet de jeudi dernier &agrave; l&rsquo;Immeuble Etoile, les journalistes auront surtout m&eacute;diatis&eacute; les mesures les plus spectaculaires, comme la suspension de l&rsquo;acquisition des v&eacute;hicules administratifs et la r&eacute;duction du nombre de missions &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. Ces mesures sont, nul n&rsquo;en doute, tr&egrave;s importantes, et tr&egrave;s symboliques de la volont&eacute; de l&rsquo;Etat de r&eacute;duire son train de vie et de g&eacute;rer plus sobrement le tr&eacute;sor commun, dans un contexte socio politique assez particulier. <\/p>\n<p>Mais ces mesures restent ponctuelles malgr&eacute; la charge du symbole et pourraient cacher aux yeux des Camerounais une r&eacute;alit&eacute;, bien plus importante encore et bien plus stimulante pour leur moral : nous assistons &agrave; une prise en main par le gouvernement de l&rsquo;aspiration g&eacute;n&eacute;rale &agrave; un mieux-&ecirc;tre. L&rsquo;&eacute;quipe &agrave; Ephraim Inoni s&rsquo;est en effet dot&eacute;e d&rsquo;un plan strat&eacute;gique &ndash; pens&eacute;, coordonn&eacute; et d&eacute;j&agrave; soumis &agrave; &eacute;valuation &ndash; pour am&eacute;liorer le quotidien des Camerounais et assainir la gestion des finances publiques. <\/p>\n<p>Pour ce faire, le chef du gouvernement a rappel&eacute; aux ministres les priorit&eacute;s du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &ndash; revalorisation du pouvoir d&rsquo;achat, lutte contre le ch&ocirc;mage et la corruption. De toute &eacute;vidence, Ephraim Inoni a choisi, pour leur mise en &oelig;uvre, deux leviers : celui de la qualit&eacute; de la d&eacute;pense publique et celui de l&rsquo;incitation au secteur priv&eacute;. <\/p>\n<p>La qualit&eacute; de la d&eacute;pense publique, qui passe par moins de d&eacute;penses et surtout mieux de d&eacute;penses, est en effet la condition sine qua non de toute politique volontariste de d&eacute;veloppement. Que de gaspillages dus aux mauvaises &eacute;valuations, aux surfacturations, aux r&eacute;alisations approximatives ou m&ecirc;me fictives ! En d&eacute;cidant par exemple de suspendre l&rsquo;acquisition des v&eacute;hicules, de r&eacute;duire le nombre de missions &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger et la taille des d&eacute;l&eacute;gations, de r&eacute;viser la trop g&eacute;n&eacute;reuse mercuriale de l&rsquo;Etat, quitte &agrave; payer plus rapidement ses fournisseurs, le gouvernement vient de mettre le doigt sur quelques-unes des plaies les plus d&eacute;cri&eacute;es de notre administration. Pourvu, a-t-on envie d&rsquo;ajouter, que ces bonnes intentions ne soient pas remis&eacute;es au placard de l&rsquo;oubli au nom de quelque conflit d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. <\/p>\n<p>Mais si le gouvernement entend bient&ocirc;t traduire en actes la vision pr&eacute;sidentielle d&rsquo;un pays de prosp&eacute;rit&eacute; et d&rsquo;&eacute;galit&eacute; des chances, les mesures envisag&eacute;es ne doivent en aucun cas demeurer des mesurettes. Elles doivent s&rsquo;ex&eacute;cuter, apr&egrave;s que leur incidence sur le budget de l&rsquo;Etat a &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;e. <\/p>\n<p>Le second axe d&rsquo;action annonc&eacute; ici concerne fort heureusement le secteur priv&eacute;. En voyant monter l&rsquo;Etat seul au cr&eacute;neau face &agrave; la probl&eacute;matique de l&rsquo;emploi des jeunes et du pouvoir d&rsquo;achat, on a eu peur de voir ressurgir les exc&egrave;s du maternage d&rsquo;Etat, dont nous avons v&eacute;cu douloureusement les d&eacute;rives &agrave; la fin des ann&eacute;es 80. Non, l&rsquo;Etat-providence n&rsquo;est pas ressuscit&eacute;. Il ne survivrait pas une lune. Et l&rsquo;affirmer ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;un dogme doctrinaire mais bien du simple pragmatisme. La vision utopique de l&rsquo;Etat pourvoyeur de tout &agrave; tous a heureusement &eacute;t&eacute; recadr&eacute;e au profit d&rsquo;une &eacute;vidence : l&rsquo;initiative priv&eacute;e est aussi efficace sinon plus que l&rsquo;Etat, dans la lutte contre la pauvret&eacute; et le ch&ocirc;mage, la cr&eacute;ation de richesses. Pour peu que l&rsquo;Etat institue une r&eacute;glementation appropri&eacute;e et des mesures incitatives. En annon&ccedil;ant jeudi dernier une r&eacute;flexion sur la nature et la forme de ces incitations, vis-&agrave;-vis des entreprises ayant une politique volontariste de recrutement, le chef du gouvernement va assur&eacute;ment dans le bons sens. D&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; de pousser la r&eacute;flexion aussi loin que possible, et d&rsquo;en sortir avec des pistes limpides pour l&rsquo;action. <\/p>\n<p>D&rsquo;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, l&rsquo;un des axes majeurs de cette politique d&rsquo;incitation envers le secteur priv&eacute; doit demeurer le dialogue avec ses acteurs, la promotion des investissements nationaux et &eacute;trangers, la cr&eacute;ation d&rsquo;entreprises et la poursuite des r&eacute;formes &eacute;conomiques, que le dernier rapport de l&rsquo;agence de notation Standard &amp; Poors a jug&eacute; satisfaisantes. Ce qui est un bon point et un atout. <\/p>\n<p>Le moins que l&rsquo;on puisse dire est donc que le gouvernement, press&eacute; de toutes parts, a les mains dans le cambouis : des mesures pleuvent, des prix sont cass&eacute;s, et des r&eacute;flexions vitales engag&eacute;es. Cet &eacute;lan est appel&eacute; &agrave; se poursuivre et &agrave; s&rsquo;intensifier, &agrave; une condition essentielle : que les partenaires politiques et sociaux laissent aux d&eacute;cideurs la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; de conduire le projet &eacute;conomique en cours aussi loin que possible. Qu&rsquo;ils s&rsquo;invitent &agrave; sa consolidation, non par une agitation d&eacute;vastatrice, mais par une critique constructive. La contradiction, responsable, bien articul&eacute;e, est pour le pouvoir un n&eacute;cessaire aiguillon. Car cela demeure vrai, ce sont les contradictions qui font avancer la soci&eacute;t&eacute;.<\/p>\n<p>Par Marie Claire NNANA<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aura-t-il fallu attendre le coup de semonce du chef de l&rsquo;Etat? Mais bon, on a vraiment le sentiment aujourd&rsquo;hui que les choses bougent. Que le gouvernement est au travail. On le sait : les commentateurs ne se privent jamais d&rsquo;indexer l&rsquo;incurie et l&rsquo;inertie lorsqu&rsquo;ils croient les d&eacute;celer du c&ocirc;t&eacute; de nos ministres. 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