{"id":5848,"date":"2008-05-09T14:58:04","date_gmt":"2008-05-09T12:58:04","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1118","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1118\/","title":{"rendered":"Trafic des enfants :  Bamenda, plaque tournante"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p class=\"surtitre\">  Trafic des enfants <\/p>\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\">  Bamenda, plaque tournante du trafic <\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em> Les multiples enfants qui travaillent comme domestiques dans des foyers en m&eacute;tropole sont pour la plupart des victimes du trafic d&rsquo;enfants. Face au ph&eacute;nom&egrave;ne, l&rsquo;Etat semble d&eacute;pass&eacute;. <\/em><\/span><\/p>\n<p>  \t\t\t\t\t\t\t\t<strong>Les m&eacute;thodes de recrutements <strong> <br \/> Jusqu&rsquo;&agrave; un pass&eacute; r&eacute;cent, la ville de Bamenda, capitale de la province du Nord-Ouest, &eacute;tait truff&eacute;e de trafiquants d&rsquo;enfants. Sur des plaques signal&eacute;tiques, un peu partout, on pouvait lire &laquo; Recherche d&rsquo;enfants sollicitant travailler comme domestique&hellip;&raquo;. Le ph&eacute;nom&egrave;ne a pris de l&rsquo;ampleur, au point qu&rsquo;une cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision locale passait des messages du genre : &laquo; Tous les enfants qui voudraient travailler comme domestique &agrave; Douala, Yaound&eacute;, Bafoussam, etc. peuvent nous contacter pour un transfert &raquo;, fait observer Joseph Ayeah Chongsi, directeur ex&eacute;cutif de Center for human rigths and peace advocacy (Chrapa), une organisation non gouvernementale de d&eacute;fense des droits de l&rsquo;Homme, bas&eacute;e &agrave; Bamenda. <br \/> Si ces plaques de trafiquants qui avaient pignon sur rue ont disparu, la cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision en question a un peu &laquo; chang&eacute; de technique et insiste sur l&rsquo;&acirc;ge de ces enfants qui varie de 18 ans au-del&agrave; &raquo;, explique notre interlocuteur pour qui &laquo; c&rsquo;est une &eacute;volution tout de m&ecirc;me. Mais, nous leur avons toujours dit que m&ecirc;me entre 18 et 21 ans, on est toujours enfant au Cameroun, parce que sans emploi, ces enfants, pour la plupart vivent chez leurs parents. Donc ceci constitue toujours un trafic. &raquo; <br \/> La disparition de ces plaques ne traduit pas forc&eacute;ment la fin du trafic. Les habitudes ayant la peau dure, certains r&eacute;sistent aux mesures coercitives. &laquo; Certains, parce que usant de leurs relations avec des personnalit&eacute;s haut plac&eacute;es croient qu&rsquo;ils doivent toujours continuer &agrave; trafiquer des enfants &raquo;, fulmine le directeur ex&eacute;cutif de Chrapa. <br \/> Au demeurant, quatre cas sont pendants devant les tribunaux de Bamenda. &laquo; Il y a le cas de la petite Amara, &acirc;g&eacute;e de 9 ans, de nationalit&eacute; nig&eacute;riane, trafiqu&eacute;e par une dame de la m&ecirc;me nationalit&eacute;. Elle a &eacute;t&eacute; maltrait&eacute;e, tortur&eacute;e, tabass&eacute;e. Les voisins nous ont fil&eacute; l&rsquo;information et nous avons pris le cas en main. La femme en question devait d&eacute;j&agrave; &ecirc;tre derri&egrave;re les barreaux, mais son &eacute;tat de grossesse retarde l&rsquo;action. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s accouchement que nous allons la r&eacute;activer &raquo;, affirme Joseph Ayeah.<\/p>\n<p> <strong>Nord-Ouest, terrain fertile <\/strong><br \/> Le Nord-Ouest occupe naturellement le pi&eacute;destal de ce commerce honteux de sa jeunesse sur l&rsquo;&eacute;chiquier national. Sur les 200 cas d&rsquo;enfants trafiqu&eacute;s inventori&eacute;s &agrave; l&rsquo;issue d&rsquo;un sondage de l&rsquo;Ong Chrapa &agrave; Bamenda en 2006, 25% viennent du d&eacute;partement du Boyo, 17% du Donga Mantung et du Bui, 15% de la Menchum, 11% de Ngoketunjia, 10% de la Mezam et 5% du Nigeria. A l&rsquo;observation, 80% de ces enfants ont moins de 18 ans et 20% ont plus de 18 ans. Cependant ces 20% avaient moins de 18 ans lorsqu&rsquo;ils quittaient leur famille biologique. <br \/> Les raisons de cette sollicitation des enfants du Nord-Ouest sont &eacute;videntes. &laquo; A Yaound&eacute;, Douala, Bafoussam et un partout, on tient un langage selon lequel &laquo; je ne suis pas ton Bamenda &raquo;. Cela signifie que les choses de Bamenda sont moins ch&egrave;res. Les services rendus par ces gens qui viennent du Nord-Ouest sont toujours tr&egrave;s bon prix &raquo;, avance notre interlocuteur. Selon lui, la plupart de ces enfants re&ccedil;oivent 5.000 Fcfa, tout au plus 10 000 Fcfa, en guise de r&eacute;mun&eacute;ration mensuelle.<br \/> Parfois m&ecirc;me, cette pitance ne leur est pas revers&eacute;e. &laquo; Ils finissent par &ecirc;tre renvoy&eacute;s ou bien regagnent la rue &raquo;, explique Joseph Ayeah. Par cons&eacute;quent, les filles deviennent tr&egrave;s souvent des prostitu&eacute;es et les gar&ccedil;ons des d&eacute;linquants (enfants de la rue) pour les gar&ccedil;ons. Parmi ces enfants, 70% ont atteint le Cm2, d&rsquo;autres ont abandonn&eacute; l&rsquo;&eacute;cole faute de moyen. Ils sont en majorit&eacute; des orphelins, ou encore issus des familles pauvres ou polygamiques.<br \/> Pour les app&acirc;ter, les trafiquants leur font miroiter un avenir meilleur pendant leur embarcation. Leur bienfaiteur leur propose d&rsquo;abord du travail comme domestiques dans des foyers, tout en leur promettant &agrave; terme un emploi d&eacute;cent. <br \/> Si certaines familles d&rsquo;accueil les utilisent pour le m&eacute;nage, d&rsquo;autres par contre les transforment en de v&eacute;ritables esclaves. C&rsquo;est le cas de Ya-Ah Vaity. Ag&eacute;e de 17 ans elle a &eacute;t&eacute; trafiqu&eacute;e de Nkamb&eacute; pour Bamenda. Elle y travaillait comme fille de m&eacute;nage (bonne ou berceuse) chez une certaine Mme Ir&egrave;ne Beri, pour une r&eacute;mun&eacute;ration mensuelle de 5 000Fcfa. Elle a &eacute;t&eacute; renvoy&eacute; un an plus tard dans son village par sa patronne qui lui avait achet&eacute; un ticket de voyage de 3000 Fcfa et remis 2000 Fcfa. Il est aussi &agrave; relever que ces fillettes sont assez souvent la proie des prox&eacute;n&egrave;tes. D&rsquo;autres &agrave; la limite sont sexuellement abus&eacute;es par le parent qui les accueille. D&rsquo;autres encore utilis&eacute;s dans des plantations de cacao, caf&eacute;, h&eacute;v&eacute;a et bananeraie etc. <\/p>\n<p> <strong> L&rsquo;Etat responsable, mais pas coupable<\/strong> <br \/> Pour le directeur ex&eacute;cutif de Chrapa, &laquo; le v&eacute;ritable responsable de ce pourrissement c&rsquo;est le gouvernement &raquo; qui a cess&eacute; de jouer son r&ocirc;le &laquo; de protecteur de la vie et des biens des personnes &raquo;. Et d&rsquo;ajouter : &laquo; le budget vot&eacute; par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale finit dans les poches des individus. Dans ce contexte de d&eacute;tournement on ne saurait bl&acirc;mer les parents qui n&rsquo;ont pas les moyens pour subvenir &agrave; leurs propres besoins et m&ecirc;me ceux de leurs prog&eacute;nitures &raquo;. Il se demande o&ugrave; est la s&eacute;curit&eacute; sociale tant claironn&eacute;e. &laquo; Pourtant notre pays est tr&egrave;s riche&raquo;, rel&egrave;ve-t-il. Sans emploi d&eacute;cent, les jeunes sont toujours tent&eacute;s de partir.<br \/> Taku Victor, chef service en charge de la protection des enfants &agrave; la d&eacute;l&eacute;gation provinciale du minist&egrave;re des Affaires sociales pour le Nord-Ouest, d&eacute;fend plut&ocirc;t le gouvernement. &laquo; Je ne sais pas trop qui accuse le gouvernement, mais je crois que tout ceci c&rsquo;est de la n&eacute;gligence ou bien de l&rsquo;incompr&eacute;hension. Si le gouvernement avait un parti pris dans ce ph&eacute;nom&egrave;ne, il n&rsquo;aurait pas promulgu&eacute; une loi pour le combattre, ou cr&eacute;er des services comme celui-ci pour &eacute;duquer, sensibiliser ou conseiller les gens sur les droits des enfants et en particulier sur le trafic des enfants. Ma position est que ceux qui accusent le gouvernement ne savent pas exactement ce que l&rsquo;Etat attend d&rsquo;eux. Au Minas nous ne proc&eacute;dons pas &agrave; la r&eacute;pression parce que nous croyons que, m&ecirc;me si dans la soci&eacute;t&eacute;, quelqu&rsquo;un ne conna&icirc;t pas sa position, ce que nous devons faire est de le r&eacute;&eacute;duquer. Plusieurs personnes ont &eacute;t&eacute; et sont souvent d&eacute;f&eacute;r&eacute;es en prison mais elles en sortent plus cruelles qu&rsquo;&agrave; leur entr&eacute;e. Elles ne savent m&ecirc;me pas parfois pourquoi elles ont &eacute;t&eacute; emprisonn&eacute;es. Cela donne l&rsquo;impression que le syst&egrave;me r&eacute;pressif est en train d&rsquo;&eacute;chouer. Mais le gouvernement pense que c&rsquo;est n&eacute;cessaire pour persuader les autres &agrave; renoncer au dit ph&eacute;nom&egrave;ne &raquo;, regrette-t-il.<\/strong><\/strong><\/span><strong><strong>&nbsp;<\/p>\n<p><\/strong><\/strong><\/p>\n<p><strong><strong>Par  Donat SUFFO  <\/strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trafic des enfants Bamenda, plaque tournante du trafic Les multiples enfants qui travaillent comme domestiques dans des foyers en m&eacute;tropole sont pour la plupart des victimes du trafic d&rsquo;enfants. Face au ph&eacute;nom&egrave;ne, l&rsquo;Etat semble d&eacute;pass&eacute;. 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