{"id":5909,"date":"2008-05-27T12:26:39","date_gmt":"2008-05-27T10:26:39","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1181","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1181\/","title":{"rendered":"Le Dg cimencam s&rsquo;explique&#8230;"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\"> <\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>   <\/em><\/span><\/p>\n<p>  \t\t\t\t\t\t\t\t<strong>Au c&oelig;ur de la crise<\/strong><br \/> &laquo; Afin de remettre un minimum d&rsquo;ordre et de transparence sur le march&eacute; du ciment, caract&eacute;ris&eacute; depuis les derni&egrave;res semaines par une sp&eacute;culation &agrave; large &eacute;chelle, entretenue par un circuit de distribution d&eacute;structur&eacute; et des opportunistes et aventuriers de tous bords, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a rendu public ce jour, 12 mai 2008, un arr&ecirc;t&eacute; bloquant le prix du ciment Cpj 35 fabriqu&eacute; par Cimencam &agrave; son prix actuel, et ce jusqu&rsquo;&agrave; la date du 30 octobre 2008. A titre d&rsquo;exemple, le ministre du Commerce rappelle que pour les villes de Douala et de Yaound&eacute;, le prix public du sac de ciment Cpj 35 de 50 kg est respectivement de 4.600 et 4960 Fcfa. &raquo;<br \/> Ce communiqu&eacute; avait &eacute;t&eacute; publi&eacute; apr&egrave;s que le gouvernement ait rejet&eacute; la d&eacute;cision d&rsquo;augmentation du prix du ciment par les Cimenteries du Cameroun (Cimencam), estimant que le pouvoir d&rsquo;achat des Camerounais aujourd&rsquo;hui ne leur permet pas de supporter une hausse de prix. Cette d&eacute;cision rejet&eacute;e, le prix du ciment n&rsquo;a pour autant pas baiss&eacute; dans les diff&eacute;rents points de vente publique. Les sp&eacute;culateurs ont continu&eacute; &agrave; s&rsquo;enrichir sur le dos des consommateurs, le produit se faisant en plus tr&egrave;s rare. Et deux semaines apr&egrave;s le communiqu&eacute; formel de Luc Magloire Mbarga Atangana, les commer&ccedil;ants du ciment le vendent toujours cher, malgr&eacute; quelques saisies p&eacute;dagogiques op&eacute;r&eacute;es par les d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s du Mincommerce chez des sp&eacute;culateurs. <br \/> Aujourd&rsquo;hui, on observe un certain retour &agrave; la normale dans des points de vente agr&eacute;&eacute;s &agrave; Yaound&eacute; et &agrave; Douala. Mais l&rsquo;essentiel du ciment consomm&eacute; au pays reste cher. Les prix pratiqu&eacute;s dans les quartiers (autour de 6.000 Fcfa) sont de tr&egrave;s loin sup&eacute;rieurs &agrave; ceux arr&ecirc;t&eacute;s par le gouvernement. De plus, le ciment reste presqu&rsquo;introuvable, eu &eacute;gard aux importations faites par Cimencam et d&rsquo;autres op&eacute;rateurs. En cons&eacute;quence, certains travaux publics et autres chantiers continuent d&rsquo;attendre. <br \/> Dans ce contexte de crise que le Cameroun peine &agrave; traverser, Le Messager a sollicit&eacute; le directeur g&eacute;n&eacute;ral des Cimenteries du Cameroun, Jean-Pierre Le Boulicaut, pour expliquer, du point de vue de l&rsquo;entreprise, cette conjoncture et proposer des voies de sortie du tunnel. Cet ing&eacute;nieur (science de la terre et exploitation des ressources naturelles) arrive en effet &agrave; Cimencam en ao&ucirc;t 2006, quand la crise de production et d&rsquo;approvisionnement du march&eacute; atteint d&eacute;j&agrave; son paroxysme. Il accepte le challenge et se met au travail. Sa conviction de r&eacute;ussir tient certainement &agrave; sa longue exp&eacute;rience en France, au Canada et en Turquie, au sein du Groupe Lafarge dont Cimencam est une filiale. Avant son arriv&eacute;e au Cameroun, il a par exemple travaill&eacute; de janvier 2000 &agrave; juillet 2006 comme &laquo; Executive vice president Lafarge Turquie &raquo;. <br \/> L&rsquo;activit&eacute; dans laquelle il a surtout investi son g&eacute;nie c&rsquo;est le b&eacute;ton et granulats. Dans sa fonction de manageur, il a &oelig;uvr&eacute;, entre autres, pour le redressement des r&eacute;sultats financiers et l&rsquo;optimisation du dispositif par recentrage sur les activit&eacute;s de base des entreprises dont il a eu la charge. Les r&eacute;sultats obtenus se justifient probablement par sa formation compl&eacute;mentaire en management sanctionn&eacute;e par un certificat d&rsquo;aptitude &agrave; l&rsquo;administration des entreprises. <br \/> Mais &agrave; la t&ecirc;te de Cimencam, c&rsquo;est la premi&egrave;re fois qu&rsquo;il doit travailler dans la fabrication et la vente de ciments. Son objectif : redresser cette entreprise qui commen&ccedil;ait d&eacute;j&agrave; &agrave; battre de l&rsquo;aile par une production en de&ccedil;&agrave; de la demande, et des performances financi&egrave;res &agrave; l&rsquo;avenir incertain. Y parviendra-t-il ? En attendant de le juger sur la dur&eacute;e, il se penche aujourd&rsquo;hui sur la crise de production de ciment et d&rsquo;approvisionnement du march&eacute; camerounais. Pour lui, Cimencam produit, perd de l&rsquo;argent, et les commer&ccedil;ants profitent. Il annonce tout de m&ecirc;me la sortie du tunnel pour septembre, avec l&rsquo;augmentation des capacit&eacute;s de production. Lecture.<br \/> ATD<\/p>\n<p> <strong>Le ciment est rare. Il est cher. Les prix auxquels le traditionnel Cpj 35 est vendu sont de tr&egrave;s loin sup&eacute;rieurs aux prix souhait&eacute;s. Que se passe-t-il r&eacute;ellement dans le secteur du ciment au Cameroun aujourd&rsquo;hui ?<\/strong><br \/> Depuis avril 2007, il n&rsquo;y a plus de prix homologu&eacute; du ciment. Mais il existe plusieurs probl&egrave;mes dans le secteur du ciment aujourd&rsquo;hui au Cameroun. La question majeure c&rsquo;est celle de l&rsquo;offre et de la demande. Du point de vue de l&rsquo;offre, Cimencam est pass&eacute;e d&rsquo;une production de 940.000 tonnes en 2003\/2004 &agrave; 1.220.000 tonnes l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re et on envisage faire jusqu&rsquo;&agrave; 1.270.000 cette ann&eacute;e. Ces volumes suppl&eacute;mentaires n&rsquo;ont fait que se substituer, pour une partie, aux quantit&eacute;s qui &eacute;taient import&eacute;es par les op&eacute;rateurs &eacute;conomiques &agrave; ce moment-l&agrave; [2003\/2004]. A peu pr&egrave;s 120.000 &agrave; 150.000 tonnes de ciment entraient au Cameroun chaque ann&eacute;e parce que les importateurs pouvaient g&eacute;n&eacute;rer une activit&eacute; commerciale et d&eacute;gager des marges b&eacute;n&eacute;ficiaires relativement raisonnables. Mais du fait du blocage des prix [de Cimencam] depuis 2005 et du durcissement des conditions sur le march&eacute; international, ils ont d&eacute;sert&eacute; le Cameroun puisqu&rsquo;ils ne peuvent plus vivre de leur activit&eacute;. Malgr&eacute; l&rsquo;augmentation de nos capacit&eacute;s de production d&rsquo;&agrave; peu pr&egrave;s 30% ces quatre derni&egrave;res ann&eacute;es donc, la moiti&eacute; des 300.000 tonnes suppl&eacute;mentaires produites chaque ann&eacute;e a ainsi &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e pour pallier la d&eacute;faillance des importateurs. <br \/> Ensuite, le ph&eacute;nom&egrave;ne du &laquo; siphonnage &raquo; absorbe chaque ann&eacute;e 150 &agrave; 250.000 tonnes de ciment produit &agrave; Cimencam. Des &eacute;carts de prix tr&egrave;s importants existent en effet &ndash; ils avoisinent 30 ou 40% voire plus &ndash; au niveau des zones frontali&egrave;res entre le Cameroun et les pays voisins [Tchad, R&eacute;publique Centrafricaine, Congo, Gabon, Guin&eacute;e Equatoriale, qui forment un march&eacute; commun sous-r&eacute;gional avec le Cameroun, la Cemac ]. Un exemple : la tonne de ciment Cpj 35 mis &agrave; la disposition des consommateurs &agrave; 110 ou 115.000 Fcfa &agrave; Kousseri (fronti&egrave;re avec le Tchad) ou Garoua-Boula&iuml; (fronti&egrave;re avec la RCA ) est c&eacute;d&eacute;e de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la fronti&egrave;re &agrave; des niveaux de prix avoisinant 150, 160, voire 180.000 Fcfa ! Les fronti&egrave;res ne sont pas herm&eacute;tiques &ndash; elles ne sont pas contr&ocirc;l&eacute;es comme il le faut &ndash; ce qui fait que le ciment fuit le Cameroun puisqu&rsquo;il a des prix plus attractifs &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. Ceux qui r&eacute;alisent cette op&eacute;ration font des marges astronomiques. A l&rsquo;int&eacute;rieur du Cameroun, l&rsquo;&eacute;cart observ&eacute; entre la liste des prix de gros affich&eacute;e par Cimencam et les prix auxquels les consommateurs finaux acc&egrave;dent au ciment pourrait d&rsquo;abord s&rsquo;expliquer (avec ou sans sp&eacute;culation) par le nombre d&rsquo;intervenants dans la cha&icirc;ne de transport et de distribution (entre 5.000 et 6.000 personnes) jusque dans tous les villages du territoire camerounais. <\/p>\n<p> <strong>Tenez-vous compte, dans vos op&eacute;rations (vous &ecirc;tes encore en situation de monopole dans la production au Cameroun), du niveau de la demande r&eacute;elle ? Autrement dit, quel est l&rsquo;&eacute;cart entre votre offre actuelle et la demande en 2008, puisqu&rsquo;on a l&rsquo;impression que la p&eacute;nurie de ciment s&rsquo;accentue dans les villes &agrave; fort potentiel de construction &agrave; l&rsquo;instar de Douala et Yaound&eacute; ?<\/strong><br \/> Actuellement, notre capacit&eacute; totale de production est d&rsquo;&agrave; peu pr&egrave;s 1.250.000 tonnes par an. Le &laquo; siphonnage &raquo; vers les pays voisins absorbe environ 150.000 tonnes. Seulement 1.100.000 tonnes sont effectivement consomm&eacute;es sur le territoire camerounais. Nous pensons donc que la demande actuelle au Cameroun se situe autour de 1.300.000 tonnes par an. Il y a donc un d&eacute;ficit r&eacute;el de 200 &agrave; 250.000 tonnes. Et l&agrave;, notre capacit&eacute; de production [offre] est juste &laquo; tangent-limite &raquo; par rapport &agrave; cette demande. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;au mois d&rsquo;avril on a eu quelques petits probl&egrave;mes techniques. On &eacute;tait un peu en dessous de cette demande et cela a accentu&eacute; un tout petit peu le ph&eacute;nom&egrave;ne de d&eacute;s&eacute;quilibre entre l&rsquo;offre et la demande. <\/p>\n<p> <strong>De nombreux distributeurs affirment verser des pots-de-vin &agrave; Cimencam avant d&rsquo;&ecirc;tre servis. Ne s&rsquo;agit-il pas l&agrave; d&rsquo;une strat&eacute;gie pour &eacute;puiser psychologiquement les demandeurs et imposer de fait les prix que vous voulez ?<\/strong> <br \/> &Ccedil;a c&rsquo;est un mensonge. Cimencam a des r&egrave;gles de fonctionnement et d&rsquo;&eacute;thique strictes. Je mets au d&eacute;fi quiconque de d&eacute;montrer que Cimencam profite de la situation actuelle. Je sais qu&rsquo;il y a des centaines de gens qui profitent mais s&ucirc;rement pas Cimencam. Je m&rsquo;inscris en faux contre cette insulte qui est faite &agrave; l&rsquo;entreprise. Il y a des gens &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e qui peuvent effectivement g&eacute;rer des transactions parce qu&rsquo;ils viennent acheter du ciment et utilisent cette situation pour le revendre &agrave; la porte de l&rsquo;usine. <br \/> Les conditions d&rsquo;acc&egrave;s et de chargement &agrave; Cimencam sont totalement libres. Nous avons simplement un probl&egrave;me de tour de r&ocirc;le. On organise des convois pour &ecirc;tre s&ucirc;r qu&rsquo;il y a un minimum de volumes &agrave; destination des grandes villes l&agrave; o&ugrave; il y a des besoins de construction un peu plus importants. Les gens viennent de partout, ici &agrave; Bonab&eacute;ri, pour charger du ciment. Nous avons une capacit&eacute; de chargement d&rsquo;environ 120 camions de 30 &agrave; 35 tonnes par jour quand tout va bien. Mais, de fois, 300 camions arrivent en une journ&eacute;e. Comme on est oblig&eacute; d&rsquo;organiser des convois, il y a des chargements prioritaires ; ce qui laisse peu de places aux chargements occasionnels (les gens qui viennent des petites villes) surtout quand les volumes de chargement prioritaires sont importants. Donc, de fois, il y a eu des files d&rsquo;attente tr&egrave;s longues pour pouvoir charger du ciment. <br \/> Comme la plus belle femme, Cimencam ne peut pas faire plus que ce qu&rsquo;elle fait aujourd&rsquo;hui. On produit &agrave; peu pr&egrave;s 70.000 sacs [de 50 kg chacun] tous les jours (samedis et dimanches inclus). Ce sont ces m&ecirc;mes sacs qui sont charg&eacute;s, exp&eacute;di&eacute;s et utilis&eacute;s sur l&rsquo;ensemble du march&eacute;. Tant qu&rsquo;on n&rsquo;a pas de nouvelles capacit&eacute;s, on ne pourra pas solutionner ce probl&egrave;me. Quand nous allons mettre en marche une nouvelle ligne de fabrication, il y aura d&eacute;sormais 600.000 tonnes suppl&eacute;mentaires par an et l&agrave; on va pouvoir noyer le march&eacute; de produit &agrave; compter de septembre [2008]. <\/p>\n<p> <strong>En tout cas, pour le moment, le produit reste presque introuvable sur le march&eacute;. On estime que vous avez d&eacute;cid&eacute; de r&eacute;duire les quantit&eacute;s offertes pour asphyxier les Camerounais, &eacute;ventuellement pr&eacute;parer le terrain d&rsquo;une crise sociale, et amener de ce fait le gouvernement &agrave; &laquo; l&eacute;cher vos bottes &raquo;&hellip;<\/strong><br \/> L&agrave; aussi c&rsquo;est de l&rsquo;information &agrave; sensation contre laquelle je m&rsquo;inscris en faux. Pour ce qui est d&rsquo;une suppos&eacute;e organisation de la p&eacute;nurie, nos co&ucirc;ts de fabrication, le processus et les quantit&eacute;s sont connus. Pour le producteur qu&rsquo;est Cimencam, les prix n&rsquo;ont pas boug&eacute; depuis trois ans. L&rsquo;entreprise continue &agrave; vendre ses produits au d&eacute;part de ses deux usines [Bonab&eacute;ri et Figuil] et de ses huit d&eacute;p&ocirc;ts aux m&ecirc;mes prix que depuis mars 2005. Sur les 81.000 Fcfa la tonne ; on a ajout&eacute; 5% au mois d&rsquo;octobre pour compenser une petite partie de l&rsquo;augmentation des co&ucirc;ts de production. Donc nous livrons la tonne aujourd&rsquo;hui &agrave; 85.000 Fcfa. <br \/> Pendant que nos prix stagnaient, presque tous les produits ont connu des hausses de l&rsquo;ordre de 30 % pour certains, alors que nos prix n&rsquo;ont augment&eacute; que de 5 % en trois ans. Si donc le prix du ciment se retrouve &agrave; un niveau beaucoup plus &eacute;lev&eacute; pour l&rsquo;acheteur final, ce n&rsquo;est pas le fait de Cimencam mais des distributeurs, et g&eacute;n&eacute;ralement pas les gros distributeurs avec qui on a des engagements contractuels. <\/p>\n<p> <strong>Il nous est revenu que Cimencam vient d&rsquo;importer 16.000 tonnes de ciment pour faire face &agrave; la p&eacute;nurie. D&rsquo;o&ugrave; vient ce produit et qu&rsquo;est-ce que ce ciment dit sp&eacute;cial peut apporter sur le march&eacute; camerounais ? <\/strong><br \/> Notre vocation n&rsquo;est pas d&rsquo;importer du ciment, mais de le fabriquer &agrave; partir de mati&egrave;res premi&egrave;res que nous importons, des mati&egrave;res min&eacute;rales ainsi que des ressources locales pour cr&eacute;er localement de la valeur ajout&eacute;e. Quand on importe, on ne cr&eacute;&eacute; pas de valeur ajout&eacute;e ; on fait juste un transfert de devises. Mais comme l&rsquo;administration s&rsquo;est engag&eacute;e dans une lib&eacute;ralisation pour favoriser l&rsquo;importation, on a vu que personne ne s&rsquo;y engageait, nous avons voulu montrer aux acteurs de la fili&egrave;re qu&rsquo;il &eacute;tait possible d&rsquo;importer du ciment. Le bateau est arriv&eacute; au port de Douala le 29 avril. Ce ciment qui vient du Pakistan est aujourd&rsquo;hui disponible &agrave; la distribution &ndash; mais pas &agrave; la grande distribution &ndash; puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un produit de haute qualit&eacute; qui se vend &agrave; un prix nettement sup&eacute;rieur [7.000 Fcfa le sac] &agrave; celui auquel le Cpj 35 est actuellement vendu. Il est principalement destin&eacute; &agrave; l&rsquo;exportation [vers les pays de la Communaut&eacute; &eacute;conomique et mon&eacute;taire de l&rsquo;Afrique centrale] et &agrave; la r&eacute;alisation des chantiers de grands travaux qui ont besoin de ciment &agrave; tr&egrave;s haute performance. Ce ciment contribuera aussi &agrave; stabiliser les prix &agrave; la baisse dans les pays voisins du Cameroun o&ugrave; il y a &eacute;galement des besoins extr&ecirc;mement importants. J&rsquo;&eacute;tais &agrave; Bangui [capitale de la RCA ] il y a quinze jours ; le prix atteint 18.000 Fcfa [le sac de 50 kg Cpj 35] et ce n&rsquo;est pas normal.<br \/> Mis sur le march&eacute; &agrave; Douala &agrave; 7.000 Fcfa le sac de 50kg, [ce ciment pakistanais], utilis&eacute; dans des cr&eacute;neaux de haute gamme en terme de construction, devrait lib&eacute;rer la pression sur le Cpj35 qui n&rsquo;y sera plus utilis&eacute; en quantit&eacute;s importantes. <\/p>\n<p> <strong>Nos sources nous indiquent que Cimencam vend ce ciment sp&eacute;cial directement au consommateur, alors que vous &ecirc;tes fondamentalement une entreprise de production, la commercialisation revenant &agrave; d&rsquo;autres acteurs de l&rsquo;&eacute;conomie nationale. Qu&rsquo;est-ce explique cette situation ? N&rsquo;&ecirc;tes-vous pas en porte-&agrave;-faux avec votre mission classique qui est de produire de la valeur ajout&eacute;e ?<\/strong> <br \/> Vous avez raison de dire que notre r&ocirc;le principal est de cr&eacute;er de la valeur ajout&eacute;e. Mais nous avons trois grands segments de client&egrave;le. Le premier est constitu&eacute; des entreprises qui construisent les routes, les barrages, les ponts, bref les grandes infrastructures. La quasi-totalit&eacute; de ces entreprises ont des comptes ouverts &agrave; Cimencam o&ugrave; ils s&rsquo;approvisionnent directement. Cela repr&eacute;sente une quarantaine de clients. Le deuxi&egrave;me segment, c&rsquo;est des entreprises qui font la construction de b&acirc;timents, de logements, et des pr&eacute;fabricants. Pour un certain nombre d&rsquo;entre eux, nous traitons directement puisqu&rsquo;ils ont des comptes ouverts en entreprise. Ces deux segments repr&eacute;sentent un portefeuille d&rsquo;environ 90 clients. Le troisi&egrave;me segment est constitu&eacute; de tout ce qui touche le grand r&eacute;seau de distribution o&ugrave; il y a des milliers de clients (particuliers, individus, de fois de toutes petites entreprises) qui n&rsquo;ont pas directement des comptes chez nous et ach&egrave;tent donc chez les grands distributeurs. Sur les deux premiers cr&eacute;neaux, on travaille en direct, mais pour le troisi&egrave;me, on est un acteur c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;on met &agrave; la disposition des distributeurs, &agrave; partir de nos usines et d&eacute;p&ocirc;ts, le produit qu&rsquo;ils mettent &agrave; leur tour &agrave; la disposition du consommateur final.<\/p>\n<p> <strong>Le gouvernement s&rsquo;est farouchement oppos&eacute; &agrave; votre v&oelig;u d&rsquo;augmenter les prix. En d&eacute;but f&eacute;vrier, vous aviez dit que la marche vers une augmentation &eacute;tait in&eacute;luctable et que vous aviez le feu vert du gouvernement. On n&rsquo;attendait plus que le niveau de l&rsquo;augmentation. A la derni&egrave;re minute, le gouvernement, s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;argumentaire d&eacute;velopp&eacute; par le minist&egrave;re du Commerce, s&rsquo;y est oppos&eacute;. Et vous vous &ecirc;tes rang&eacute;s. La d&eacute;monstration de perte que subirait votre entreprise &ndash; environ 3 milliards de Fcfa au terme de l&rsquo;ann&eacute;e 2008 si on maintient les prix actuels &ndash; n&rsquo;&eacute;tait donc que du bluff ? <\/strong><br \/> Ce n&rsquo;&eacute;tait pas du bluff. Le Premier ministre m&rsquo;a dit qu&rsquo;il comprenait tr&egrave;s bien sur le plan &eacute;conomique la d&eacute;cision qu&rsquo;on voulait prendre. Mais &agrave; l&rsquo;heure actuelle, du fait des engagements pris par le pr&eacute;sident de R&eacute;publique et du souci social qu&rsquo;il y a dans beaucoup de pays au niveau de l&rsquo;augmentation des prix des produits de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;&hellip; [une hausse n&rsquo;&eacute;tait pas opportune]. Le fait de ne pas mettre en &oelig;uvre l&rsquo;augmentation des prix n&rsquo;a pas r&eacute;duit nos co&ucirc;ts. J&rsquo;insiste : nous perdons de l&rsquo;argent sur les sacs de ciment qui sont vendus sur le march&eacute;. [Alors que] beaucoup de gens gagnent beaucoup d&rsquo;argent &agrave; revendre le ciment que nous produisons. Ce n&rsquo;est pas Cimencam qui en b&eacute;n&eacute;ficie, pas m&ecirc;me l&rsquo;Etat&hellip;<\/p>\n<p> <strong>Dans l&rsquo;opinion l&rsquo;on estime que vous vous &ecirc;tes engag&eacute;s &agrave; corrompre le ministre de l&rsquo;Industrie, les services du Premier ministre, le directeur de la Soci&eacute;t&eacute; nationale des investissements, &hellip; afin qu&rsquo;ils vous accompagnent dans votre strat&eacute;gie d&rsquo;augmentation des prix&hellip;<\/strong><br \/> Ce n&rsquo;est pas dans nos pratiques, ce n&rsquo;est pas dans nos mani&egrave;res de faire ; c&rsquo;est des pures all&eacute;gations&hellip;<\/p>\n<p> <strong>Le groupe Lafarge dont vous &ecirc;tes une filiale aurait verrouill&eacute; tout processus d&rsquo;approvisionnement du march&eacute; camerounais par des op&eacute;rateurs autres que Cimencam. Les op&eacute;rateurs &eacute;conomiques d&eacute;sireux d&rsquo;importer du ciment affirment que les armateurs refusent de le leur livrer au port de Douala pour pr&eacute;server les int&eacute;r&ecirc;ts de Cimencam et maintenir des march&eacute;s plus importants avec Lafarge. Comment cela s&rsquo;explique-t-il ?<\/strong><br \/> Lafarge qui est le plus grand cimentier du monde ne repr&eacute;sente que 7% des volumes mondiaux. 93% sont fabriqu&eacute;s par d&rsquo;autres cimentiers que Lafarge. Il y a largement de la place pour trouver toutes les sources d&rsquo;approvisionnement possible. Je ne souhaite qu&rsquo;une chose : que les importateurs fassent leur travail ! Cela ne rendrait plus que service ici &agrave; Cimencam. Dans tous les pays o&ugrave; Lafarge a une position de leader, on n&rsquo;a jamais plus de 25 &agrave; 30% des parts de march&eacute;. Cette situation de monopole aujourd&rsquo;hui nous fragilise. Actuellement, tous les malheurs du Cameroun en ce qui concerne le ciment retombent sur nos fr&ecirc;les &eacute;paules. Pourtant au niveau mondial, le march&eacute; du ciment est ouvert et libre.<\/p>\n<p> <strong>A propos de votre centrale d&rsquo;achat des mati&egrave;res premi&egrave;res &ndash; elle appartient au groupe, on estime que les prix pratiqu&eacute;s par cette centrale qui ach&egrave;te de la mati&egrave;re pour presque toutes les filiales sont tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s alors que du fait des achats group&eacute;s, ces mati&egrave;res reviennent moins et cher et on peut s&rsquo;appuyer l&agrave;-dessus pour offrir du ciment &agrave; un prix plus bas que ce qui se fait actuellement. Cela conforte l&rsquo;id&eacute;e que le groupe Lafarge veut absolument maximiser ses profits sur le Cameroun&hellip;<\/strong><br \/> Il faut arr&ecirc;ter de se regarder le nombril. Il faut voir ce qui se passe autour de nous avant faire ce genre d&rsquo;all&eacute;gations. Tout le monde sait que les prix ont augment&eacute; dans le monde&hellip; Et ce n&rsquo;est pas seulement dans le ciment. Par exemple, il y a trois ou quatre ans, le baril de p&eacute;trole valait moins de 40 dollars. En avril 2008, il se baladait entre 110 et 120 dollars. Il nous faut presque deux barils pour fabriquer une tonne de clinker. <br \/> L&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, notre trader a m&ecirc;me fait en sorte qu&rsquo;au lieu de payer nos mati&egrave;res premi&egrave;res autour de 130 &agrave; 140 dollars la tonne de clinker import&eacute;, on l&rsquo;avait re&ccedil;u autour de 91 dollars toute l&rsquo;ann&eacute;e 2007 parce qu&rsquo;il avait r&eacute;ussi &agrave; nous faire b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un contrat sign&eacute; en octobre 2006. J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; convoqu&eacute; en octobre 2008 par le responsable des Douanes du Littoral qui m&rsquo;a dit : &laquo; M. Le Boulicaut, vous trichez sur les valeurs de d&eacute;claration de vos mati&egrave;res premi&egrave;res import&eacute;es &raquo;. Il a d&ucirc; se renseigner sur Internet et il a compris que je devais payer 135 dollars la tonne si j&rsquo;&eacute;tais en contrat spot c&rsquo;est-&agrave;-dire en livraison au coup par coup. <br \/> Par ailleurs, le groupe Lafarge poss&egrave;de un bateau qui nous permet de transporter du ciment fini qu&rsquo;on trouve &agrave; importer. Plut&ocirc;t que d&rsquo;&ecirc;tre utilis&eacute; aux conditions de march&eacute;, il est mis &agrave; la disposition de Cimencam aux co&ucirc;ts sans marges. &Ccedil;a nous permet d&rsquo;importer du ciment, produit fini, moins cher que le clinker !<\/p>\n<p> <strong> A quoi les consommateurs camerounais peuvent-ils s&rsquo;attendre dans un ou deux mois ?<\/strong><br \/> Vous &ecirc;tes un peu durs avec nous. Un ou deux mois c&rsquo;est un peu court pour changer radicalement les choses. Par contre l&rsquo;ensemble des &eacute;quipes de Cimencam travaille d&rsquo;arrache-pied depuis bient&ocirc;t un an et demi &agrave; augmenter les capacit&eacute;s. Le premier stade o&ugrave; on va voir un tout petit peu le bout du tunnel, c&rsquo;est la nouvelle ensacheuse. On va pouvoir acc&eacute;l&eacute;rer le rythme de chargement des camions et les distribuer. La deuxi&egrave;me sortie du tunnel c&rsquo;est le r&eacute;sultat des 23 milliards de Fcfa engag&eacute;s dans l&rsquo;atelier BK 5 en cours de construction et pour lequel la totalit&eacute; du g&eacute;nie civil est termin&eacute;e. On a attaqu&eacute; le montage du b&acirc;timent ; on va positionner un nouveau broyeur qui, &agrave; partir mois de septembre 2008, va nous permettre de faire 50.000 tonnes suppl&eacute;mentaires chaque mois. <\/span>&nbsp;<\/p>\n<p>Par Entretien par  Alexandre T. DJIMELI<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au c&oelig;ur de la crise &laquo; Afin de remettre un minimum d&rsquo;ordre et de transparence sur le march&eacute; du ciment, caract&eacute;ris&eacute; depuis les derni&egrave;res semaines par une sp&eacute;culation &agrave; large &eacute;chelle, entretenue par un circuit de distribution d&eacute;structur&eacute; et des opportunistes et aventuriers de tous bords, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-5909","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5909","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5909"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5909\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5909"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5909"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5909"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=5909"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}