{"id":5959,"date":"2008-07-10T19:48:02","date_gmt":"2008-07-10T17:48:02","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1236","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1236\/","title":{"rendered":"Avis de d\u00e9c\u00e8s pour la \u00ab\u00a0Fran\u00e7afrique\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p><strong><font color=\"#000000\">Bonnes feuilles :&nbsp;<br \/> <\/font><\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#bbbbbb\" \/> <em>Au paternalisme et &agrave; l&rsquo;humanitarisme feint des occidentaux, la Chine oppose l&rsquo;affairisme tous azimuts. (Pp 147-150).<br \/><em><strong>    <\/strong><\/em><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" color=\"#eeffee\" \/> Le minist&egrave;re de l&rsquo;Industrie, des Mines et du D&eacute;veloppement technologique est une b&acirc;tisse rose accoud&eacute;e &agrave; l&rsquo;une des sept collines de Yaound&eacute;. Dans son bureau, le ministre Charles Sal&eacute;, un g&eacute;ant &agrave; la voie grave, n&rsquo;a pas accompagn&eacute; son pr&eacute;sident Paul Biya au Sommet France-Afrique de Cannes, le 15 et 16 f&eacute;vrier 2007. En poste depuis d&eacute;cembre 2004, ce dipl&ocirc;m&eacute; en lettres modernes de l&rsquo;universit&eacute; de Bordeaux III (un DEA en litt&eacute;rature f&eacute;minine) aime la France mais ne la comprend plus. &quot; Au Cameroun, nous avons du bauxite, du cobalt, du nickel. &Ccedil;a n&rsquo;int&eacute;resse pas les Fran&ccedil;ais. Les mines d&rsquo;or de diamants et de saphirs non plus. Ici, la France n&rsquo;exploite que du p&eacute;trole&quot;. Et encore celui du golfe de Guin&eacute;e, plus facile d&rsquo;acc&egrave;s, mais &quot;pas la faille de la Sanaga en direction du Soudan, tr&egrave;s riche, mais qu&rsquo;il faut prospecter&quot;, regrette le ministre.<br \/>Les Chinois, eux, ne font pas la fine bouche. Une semaine plus t&ocirc;t, Cnpc &eacute;tait dans les murs &agrave; L&rsquo;occasion de la visite officielle de Hu Jintao. &quot;En d&eacute;l&eacute;gation, je me suis trouv&eacute; en t&ecirc;te &agrave; t&ecirc;te avec le pr&eacute;sident chinois et nous lui avons fait des offres pour les mines solides: 10% pour l&rsquo;Etat camerounais, 90% pour l&rsquo;investisseur. &quot; Et ils arrivent. &quot; Vous savez, vous les Occidentaux, quand vous investissez vous posez beaucoup de pr&eacute;alables et de conditions. Et aussi&#8230; non, je n&rsquo;entrerai pas dans les d&eacute;tails.&quot; <\/p>\n<p>Les d&eacute;tails nous les avions recueillis quatre mois plus t&ocirc;t au sommet de P&eacute;kin. Confortablement install&eacute; dans le lobby lounge du St. Regis, le palace o&ugrave; la grosse d&eacute;l&eacute;gation camerounaise avait pris ses quartiers, Samuel Bognis, le cameraman officiel du pr&eacute;sident Paul Biya, attendait son caf&eacute;. Au service du &quot;pr&eacute;si&quot; depuis vingt-quatre ans et autant de sommets France-Afrique, l&rsquo;homme est bien plus qu`un simple monteur d&rsquo;images. Dans son fran&ccedil;ais choisi, l&rsquo;&eacute;l&eacute;gant sexag&eacute;naire s&rsquo;&eacute;tait montr&eacute; plus explicite: &quot; L&rsquo;avantage de la Chine sur vous (les Occidentaux) c&rsquo;est qu&rsquo;elle ne s&rsquo;occupe pas de politique. Enfin pas selon la d&eacute;finition que vous en faites en Occident. Comment vous appelez &ccedil;a d&eacute;j&agrave; ? Ah ! oui, la d&eacute;mocratie ! &quot; Content de son effet, le Camerounais avait tremp&eacute; le bout des l&egrave;vres dans l&rsquo;espresso mousseux qui venait d&rsquo;arriver, sourire en coin. Puis il avait repris En filmant Jacques Chirac avec mon pr&eacute;sident, j&rsquo;ai toujours ressenti une forme de paternalisme. Jamais chez les Chinois. On se parle d&rsquo;&eacute;gal &agrave; &eacute;gal. &quot; Un petit air de revanche; Il h&eacute;site puis : &quot;Il y a de &ccedil;a&quot;.<\/p>\n<p>C&rsquo;est que l`Afrique a le sentiment d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; trahie par la France. Osons la formule: apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; sa servante sous la colonisation, elle &eacute;tait devenue sa ma&icirc;tresse &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance. Peu &agrave; peu, les blessures de l&rsquo;histoire semblaient se refermer. Et malgr&eacute; la condescendance de l&rsquo;ancien ma&icirc;tre, l&rsquo;Afrique affranchie l&rsquo;a aim&eacute;. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, pourtant, la France n&rsquo;a plus voulu de sa ma&icirc;tresse. Ses m&oelig;urs (la corruption, l&rsquo;indolence, l&rsquo;inertie) et son temp&eacute;rament (impr&eacute;visible, int&eacute;ress&eacute;, autoritaire et violent) la rendait embarrassante [&#8230;]<br \/>Apr&egrave;s l&rsquo;amertume du divorce avec la m&eacute;tropole, l&rsquo;Afrique reprend confiance gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;appui de P&eacute;kin. En moins de dix ans, la Chine r&eacute;ussi l&agrave; o&ugrave; la France a &eacute;chou&eacute;: reconstruire les infrastructures, ouvrir les lignes de cr&eacute;dits et surtout, redonner du courage. Bien s&ucirc;r, on ne parle plus de d&eacute;mocratie. Mais pour les potentats en place, si longtemps confort&eacute;s dans leur r&ocirc;le par le France, c&rsquo;est mieux ainsi. L&rsquo;&oelig;uvre de corruption de la &quot;Fran&ccedil;afrique&quot; ce r&eacute;seau politico-affairiste, a pr&eacute;par&eacute; le terrain &agrave; la Chine qui, elle aussi, sait agir en zone trouble. Et voil&agrave; la France bien mal plac&eacute;e pour donner des le&ccedil;ons.&quot;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bonnes feuilles :&nbsp; Au paternalisme et &agrave; l&rsquo;humanitarisme feint des occidentaux, la Chine oppose l&rsquo;affairisme tous azimuts. (Pp 147-150). Le minist&egrave;re de l&rsquo;Industrie, des Mines et du D&eacute;veloppement technologique est une b&acirc;tisse rose accoud&eacute;e &agrave; l&rsquo;une des sept collines de Yaound&eacute;. 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