{"id":6017,"date":"2008-07-29T12:10:47","date_gmt":"2008-07-29T10:10:47","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1297","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1297\/","title":{"rendered":"Biya et la m\u00e9moire de Jeanne-Ir\u00e8ne*"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p class=\"surtitre\"><span style=\"font-weight: bold;\">  On s&rsquo;en souvient&hellip;<\/span> <\/p>\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\"> <\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>   <\/em><\/span><\/p>\n<p> Deux femmes ont converg&eacute; positivement avec Biya. Deux femmes, mais chacune &agrave; son tour. D&rsquo;abord Jeanne-Ir&egrave;ne Atyam, puis Chantal Vigouroux. Deux femmes pour une vie sentimentale &eacute;loign&eacute;e de toutes turbulences. La mort de Jeanne-Ir&egrave;ne Biya en 1992 a v&eacute;ritablement &eacute;branl&eacute; le pr&eacute;sident sans pour autant le fragiliser. Ce ne fut pas son talon d&rsquo;Achille. Elle fut sa compagne de tous les premiers combats depuis leur mariage le 02 septembre 1961 &agrave; Antony, banlieue au sud de Paris. En Jeanne-Ir&egrave;ne, Paul Biya posait la d&eacute;termination de sa r&eacute;ussite. Il la consultait pour certains sujets. Le pr&eacute;sident parlait de son travail, des &eacute;cueils et des angoisses d&rsquo;Etoudi. Elle l&rsquo;aidait &agrave; choisir ses amis, lui conseillait ses hommes de confiance. Tout en gardant certaines limites, elle jetait tout de m&ecirc;me un regard pointilleux sur les affaires de son &eacute;poux et restait proche des amis du pr&eacute;sident dont elle &eacute;tait porte-parole aupr&egrave;s de celui-ci. Pour un poste de directeur g&eacute;n&eacute;ral ou de pr&eacute;sident de conseil d&rsquo;administration, Jeanne-Ir&egrave;ne &eacute;tait contact&eacute;e par la nu&eacute;e de courtisans qui assi&eacute;geaient le palais. Il lui arrivait &eacute;galement de parrainer la carri&egrave;re d&rsquo;un dipl&ocirc;m&eacute; inconnu. Elle fut la premi&egrave;re &agrave; conseiller son &eacute;poux d&rsquo;accepter le poste de pr&eacute;sident de la R&eacute;publique apr&egrave;s le t&ecirc;te-&agrave;-t&ecirc;te Ahidjo-Biya. Elle a &eacute;galement contribu&eacute; &agrave; pr&eacute;server l&rsquo;image de marque de son mari. C&rsquo;est encore elle qui, le 6 avril 1984, encourage le pr&eacute;sident &agrave; tenir le gouvernail apr&egrave;s le putsch manqu&eacute; de la Garde r&eacute;publicaine. C&rsquo;est Jeanne-Ir&egrave;ne qui s&rsquo;est r&eacute;volt&eacute;e contre la &ldquo; mis&egrave;re &rdquo; du pr&eacute;sident qui ne poss&eacute;dait comme seul bien immobilier connu au pays qu&rsquo;une modeste villa dans le quartier Anguissa. C&rsquo;est elle qui exigea que Paul Biya b&acirc;tisse une r&eacute;sidence digne de son rang dans son village natal ; d&rsquo;o&ugrave; la villa pr&eacute;sidentielle de Mvomeka&rsquo;a construite par Cl&eacute;ment Cacoub [&hellip;]<br \/> Entre 1992 et 1993, Mvomeka&rsquo;a &eacute;tait plus qu&rsquo;un lieu de recueillement o&ugrave; Paul Biya affichait sa nostalgie dans la petite villa qu&rsquo;il pr&eacute;f&eacute;rait de loin &agrave; la grande r&eacute;sidence, comme pour rattraper le temps et exorciser une solitude de deux ans de veuvage sanctifi&eacute;. Deux interminables ann&eacute;es durant lesquelle, Paul Biya avait trouv&eacute; un pr&eacute;cieux refuge dans le travail. A Mvomeka&rsquo;a comme &agrave; Etoudi, Biya noyait sa solitude dans le travail. D&eacute;sormais le pr&eacute;sident prenait son petit-d&eacute;jeuner seul, tout seul, en proie &agrave; sa r&eacute;flexion. Biya se r&eacute;veillait t&ocirc;t, prenait son petit d&eacute;jeuner. Il allait ensuite au bureau et se perdait dans les parapheurs, comme pour que le temps suspende son vol. On pourrait aussi emprunter &agrave; Lamartine le fameux &ldquo; un seul &ecirc;tre vous manque et tout est d&eacute;peupl&eacute; &rdquo;. Beaucoup auraient souhait&eacute; meubler cette solitude. Mais Biya pr&eacute;f&eacute;rait se doper de parapheurs. Les r&eacute;flexes furent &eacute;rig&eacute;s en seconde nature. Biya mangeait l&eacute;ger et s&rsquo;attardait sur les ap&eacute;ritifs, parfois en appelant un proche ou un ministre. Contrairement &agrave; ce que l&rsquo;on croit, Biya aime parfois &ecirc;tre entour&eacute;, mais l&eacute;g&egrave;rement entour&eacute;. Le Bulu mange rarement seul, c&rsquo;est presque une tradition. Biya avait int&eacute;r&ecirc;t &agrave; combattre la solitude, &agrave; continuer le combat pour la m&eacute;moire de Jeanne-Ir&egrave;ne. Il ne fallait pas faiblir.<br \/> Emvana, Michel Roger : Paul Biya : les secrets du pouvoir, Paris, Karthala, 2005, 290 pages. Texte extrait des pages 64,65,66.<\/p>\n<p> <strong> * Le titre est de la r&eacute;daction<\/strong><br \/> <\/span>&nbsp;<\/p>\n<p>Par  Fr&eacute;d&eacute;ric BOUNGOU<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On s&rsquo;en souvient&hellip; Deux femmes ont converg&eacute; positivement avec Biya. Deux femmes, mais chacune &agrave; son tour. D&rsquo;abord Jeanne-Ir&egrave;ne Atyam, puis Chantal Vigouroux. Deux femmes pour une vie sentimentale &eacute;loign&eacute;e de toutes turbulences. La mort de Jeanne-Ir&egrave;ne Biya en 1992 a v&eacute;ritablement &eacute;branl&eacute; le pr&eacute;sident sans pour autant le fragiliser. 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