{"id":6132,"date":"2008-09-09T23:55:23","date_gmt":"2008-09-09T21:55:23","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1414","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1414\/","title":{"rendered":"Andr\u00e9 Kwa Ngangu\u00e8 : journaliste au long court"},"content":{"rendered":"\n\n\n<div class=\"titre\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" height=\"357\" width=\"246\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 246 357'%2F%3E\" data-src=\"\/bibliotheque\/Image\/andre_ngangue.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><span \/><\/div>\n<div class=\"chapo\"> Le patriarche Andr&eacute; Ngangu&egrave; s&rsquo;en est all&eacute; laissant tous ceux qui l&rsquo;ont connu pantois. <\/div>\n<div class=\"texte\"><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\"><br \/><\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>  <\/em><\/span><\/p>\n<p> Avec lui se confirme la sentence du sage Hamadou Hampat&eacute; B&acirc; selon laquelle &ldquo; un vieillard qui meurt est une biblioth&egrave;que qui br&ucirc;le &rdquo;. Il serait pr&eacute;tentieux de parler de ce patriarche qui s&rsquo;est &eacute;teint dimanche 7 septembre vers 17 heures &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral de Douala. En raison de ses multiples facettes. Il faut dire que son absence &agrave; la derni&egrave;re assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale du Ngondo, il y a seulement quelques semaines a suscit&eacute; quelques interrogations, voire des inqui&eacute;tudes sur sa sant&eacute;. Car malgr&eacute; son &acirc;ge avanc&eacute;, il savait rassembler ce qui lui restait d&rsquo;&eacute;nergie pour donner le ton aux grands rassemblements du Ngond&rsquo;a Sawa.<br \/> De sa voix de stentor, il savait faire r&eacute;sonner &ldquo;Ekwa muato !&rdquo; Il n&rsquo;avait pas besoin de haut-parleur pour se faire entendre. Il va vraiment manquer non seulement aux Bonambela (Akwa) dont il est le natif de Bonebong mais &agrave; l&rsquo;ensemble de la communaut&eacute; sawa.<br \/> Le vieux qui dispara&icirc;t ainsi &agrave; l&rsquo;&acirc;ge respectable de 88 ans &ndash; c&rsquo;est sur son lit de malade qu&rsquo;il a atteint ce cap le 14 ao&ucirc;t dernier &ndash; a &eacute;t&eacute; le mentor de la plupart des hommes et femmes de m&eacute;dias qui oscillent aujourd&rsquo;hui entre 55 et 70 ans pour ceux qui sont encore dans la profession. Ses reportages des matches de football au stade Mbapp&egrave; Lep&eacute; (&agrave; l&rsquo;&eacute;poque le mythique stade Akwa) &eacute;taient de v&eacute;ritables r&eacute;gals. Comme animateur, notamment pr&eacute;sentateur du &ldquo;concert des auditeurs&rdquo; ou &ldquo;disque demand&eacute;&rdquo;, il &eacute;tait orf&egrave;vre.<\/p>\n<p> <strong>Comme Roule-ta-bille<\/strong><br \/> Dans la profession, Andr&eacute; Ngangu&egrave; &eacute;tait un homme-orchestre. C&rsquo;est dans ce sens qu&rsquo;il traitait de tous les sujets avec une grande aisance. Servi dans son travail par une verve dont il avait le secret et dont avait h&eacute;rit&eacute; le premier de ses enfants : le confr&egrave;re Henri Bandolo de regrett&eacute;e m&eacute;moire.<br \/> Certes, le p&egrave;re Ngangu&egrave; avait du talent. Mais un talent aliment&eacute; par un sens du travail ardu avec lequel il ne l&eacute;sinait pas. Tous ceux qui ont travaill&eacute; &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s en savent quelque chose. Tant il &eacute;tait plus g&eacute;n&eacute;reux en critiques qu&rsquo;en compliments. Nous comprendrons plus tard qu&rsquo;il voulait laisser &agrave; la post&eacute;rit&eacute; des &eacute;mules dignes de lui, qui font honneur au m&eacute;tier.<br \/> Si nous &eacute;tions dans la marine Andr&eacute; Kwa Ngangu&egrave; serait un navigateur au long court. Apr&egrave;s des &eacute;tudes primaires et secondaires dans les &eacute;tablissements catholiques (&eacute;cole Saint Jean-Bosco, s&eacute;minaires d&rsquo;Ed&eacute;a, Akono et Mvoly&eacute;) une maladie lui ferme les portes de la pr&ecirc;trise. Il frappe &agrave; celle de l&rsquo;enseignement. C&rsquo;est par-l&agrave; qu&rsquo;il entre dans la vie active. Mais son amour pour les lettres et la parole l&rsquo;attire ailleurs. Il entre dans l&rsquo;administration sur concours dans le corps des &eacute;crivains-interpr&egrave;tes. Puis il lorgne les Ptt o&ugrave; il est aussi admis sur concours. A l&rsquo;av&egrave;nement de la Radiodiffusion du Cameroun dans les ann&eacute;es 50, il est appel&eacute; &agrave; y exercer comme pigiste. Il explose et ses sup&eacute;rieurs fran&ccedil;ais lui offrent une bourse du minist&egrave;re du Travail pour une formation de journaliste en France. <br \/> C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il fait partie de l&rsquo;une des premi&egrave;res cuv&eacute;es des journalistes camerounais de radio apr&egrave;s les Auguste Moutongo Black, Pierre Mabe, Mouasso Priso, Jacques Moudiki, Daniel Amio Priso&hellip; De stage en stage &agrave; la Soci&eacute;t&eacute; radiophonique de la France d&rsquo;Outre-mer (Sarafom), &agrave; l&rsquo;Office de coop&eacute;ration radiophonique (Ocora) il augmente ses connaissances professionnelles qui lui assurent une brillante et &eacute;logieuse carri&egrave;re. De chef de programmes de Radio-Douala, il sera promu chef de station, puis d&eacute;l&eacute;gu&eacute; provincial de l&rsquo;information et de la culture pour le Littoral et l&rsquo;Ouest. Il est admis &agrave; faire valoir ses droits &agrave; la retraite apr&egrave;s le congr&egrave;s de l&rsquo;Unc de Bafoussam en 1980.<\/p>\n<p> <strong>Des faits d&rsquo;arme<\/strong><br \/> Dans une interview accord&eacute;e au Magazine In&rsquo;Mag de Dominik Fopoussi, il rel&egrave;ve que trois &eacute;v&eacute;nements ont marqu&eacute; sa vie professionnelle : &ldquo; En 1959, je suis le seul journaliste africain accr&eacute;dit&eacute; au palais de l&rsquo;Elys&eacute;e pour couvrir la passation de service entre les pr&eacute;sidents Ren&eacute; Coty et Charles De Gaulle &rdquo;. La m&ecirc;me ann&eacute;e, se souvient-il, il est invit&eacute; &agrave; la table du Souverain Pontife. &ldquo; Le Pape Jean XXIII, impressionn&eacute; par ma verve et mon sens intellectuel, m&rsquo;a invit&eacute; &agrave; sa table &rdquo;, confie-t-il avec une pointe de gloriole. C&rsquo;&eacute;tait aussi cela le personnage. &ldquo; Eh oui, Monsieur, si ce n&rsquo;est pas de la b&eacute;atification, &ccedil;a y ressemble ! &rdquo; s&rsquo;en r&eacute;jouit-il.<br \/> Un autre de ses coups m&eacute;diatiques reste l&rsquo;interview qu&rsquo;il a r&eacute;alis&eacute; en 1960 avec M. Dag Hammarskj&ouml;ld, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Onu venu au Cameroun pour la proclamation de l&rsquo;ind&eacute;pendance de notre pays.<br \/> Voil&agrave; un peu le parcours professionnel de ce v&eacute;n&eacute;rable a&icirc;n&eacute; qui a quitt&eacute; la sc&egrave;ne il y a une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es mais qui a toujours &eacute;t&eacute; disponible chaque fois que son exp&eacute;rience et ses immenses connaissances &eacute;taient sollicit&eacute;es. Avant que la maladie ne le cloue au lit, il orientait les pronostics des parieurs des courses de chevaux sur les ondes d&rsquo;une radio de la place. En d&eacute;pit des r&eacute;criminations qu&rsquo;il nourrissait vis-&agrave;-vis de ses enfants et petits-enfants dans le m&eacute;tier &ldquo; Les journalistes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, surtout ceux de la radio, sont trop attir&eacute;s par le gain, au d&eacute;triment de la d&eacute;ontologie, alors que leurs conditions de travail sont tr&egrave;s favorables. &rdquo; Les journalistes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui feraient selon lui, &ldquo;un bruit tintammaresque&rdquo; &rdquo;, a-t-il conclut. Conflit de g&eacute;n&eacute;ration ? A &eacute;couter et &agrave; suivre les uns et les autres dans leurs prestations quotidiennes, il y a de quoi opiner du bonnet. Une chose est certaine, au milieu de l&rsquo;ivraie, existe du froment. Mais une dent cari&eacute;e pourrit toute une bouche. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il a aim&eacute; ce m&eacute;tier et qu&rsquo;il l&rsquo;a pratiqu&eacute; dans l&rsquo;honneur et la dignit&eacute; qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;pargne pas ses critiques les plus acerbes aux moutons noirs du troupeau. De plus en plus nombreux de nos jours. <\/p>\n<p> <strong> Andr&eacute; Ngangue<br \/> Patriarche, chr&eacute;tien et d&eacute;j&agrave; immortel<\/strong><\/p>\n<p> Andr&eacute; Ngangue a de la religion, et cela s&rsquo;explique. Il est le descendant d&rsquo;un certain Andr&eacute;as Kwa Mbangu&eacute;, le p&egrave;re de sa m&egrave;re, Jeanne Ngangu&eacute;, n&eacute;e Kwa Mbangu&eacute;. Andr&eacute;as Kwa Mbangu&eacute;, son grand-p&egrave;re maternel fut le premier chr&eacute;tien catholique camerounais, baptis&eacute; en Allemagne en 1889. Il sera &agrave; l&rsquo;origine de la p&eacute;n&eacute;tration du catholicisme au Cameroun. C&rsquo;est lui, en effet, qui conduit les Pallotins de la ville de Lienberg avec lesquels il cr&eacute;e l&rsquo;&eacute;glise de Marienberg, la m&egrave;re de l&rsquo;&eacute;glise catholique dans notre pays. Cette foi va d&eacute;teindre sur sa descendance. Ici on cultive une esp&egrave;ce de rigorisme. Malgr&eacute; la fr&eacute;quentation des Occidentaux, les unions mixtes sont interdites. Et ce n&rsquo;est pas du racisme, mais du &ldquo;nationalisme&rdquo;. On &eacute;pouse exclusivement des compatriotes.<br \/> Dans cette famille, on est aussi traditionaliste de p&egrave;re en fils. Et Andr&eacute; Ngangu&eacute; l&rsquo;est jusqu&rsquo;au bout des ongles. Apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre int&eacute;ress&eacute; &agrave; sa culture pendant des ann&eacute;es uniquement comme chercheur, il finit par se faire initier. Acc&eacute;dant ainsi au cercle des gardiens de secrets. Quand il f&ecirc;te ses 70 ans, il est coopt&eacute; parmi les 27 personnalit&eacute;s les plus puissantes des Sawa : un cercle plus ferm&eacute; encore, celui des patriarches, un Eyum&rsquo;a moto. A ce titre, il lui est conf&eacute;r&eacute; le pouvoir de prot&eacute;ger la tribu, en vertu de son sens de perfectionnement et de ma&icirc;trise de l&rsquo;histoire. Il a ainsi acc&egrave;s, en plus du monde visible, &agrave; celui qui est invisible au commun des mortels. Ce qui lui permet de communiquer avec les morts ou les divinit&eacute;s de l&rsquo;eau, les miengu, d&eacute;tenteurs de pouvoirs mystiques. Jusqu&rsquo;&agrave; sa mort, Andr&eacute; Ngangu&eacute; est rest&eacute; dans le saint des saints, qui est d&eacute;j&agrave; une esp&egrave;ce d&rsquo;immortalit&eacute;. <br \/> Source : In&rsquo;Mag<br \/> <\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par  Jacques Doo Bell  <\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le patriarche Andr&eacute; Ngangu&egrave; s&rsquo;en est all&eacute; laissant tous ceux qui l&rsquo;ont connu pantois. Avec lui se confirme la sentence du sage Hamadou Hampat&eacute; B&acirc; selon laquelle &ldquo; un vieillard qui meurt est une biblioth&egrave;que qui br&ucirc;le &rdquo;. 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