{"id":6185,"date":"2008-09-26T16:33:24","date_gmt":"2008-09-26T14:33:24","guid":{"rendered":""},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"1467","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/1467\/","title":{"rendered":"Sur le d\u00e9ballage d\u2019Yves-Michel Fotso"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p class=\"surtitre\">\n<p><span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\">   <span style=\"font-weight: bold;\">Contre la pens&eacute;e unique <\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\"><span class=\"Style32 Style43\"><em> L&rsquo;entretien de Yves-Michel Fotso dans les m&eacute;dias continue de faire des gorges chaudes. Les politiques et les universitaires rivalisent d&rsquo;adresse pour d&eacute;fendre la pertinence de cette sortie m&eacute;diatique. Mais au juste, de quoi d&eacute;bat-on ? Du principe de la publication de cet entretien ou alors de son contenu ? Le d&eacute;bat, en tout cas, est ouvert dans tous les sens. Chers lecteurs du Messager, enrichissez-le. Comme de tradition, votre quotidien, toujours &agrave; l&rsquo;&eacute;coute du peuple, vous ouvre ses pages Citoyennet&eacute;. Voici la contribution d&rsquo;un chercheur en sciences sociales &agrave; l&rsquo;Ecole des Hautes &eacute;tudes en sciences sociales &agrave; Paris. Lecture. <\/em><\/span><\/p>\n<p> L&rsquo;entretien fleuve accord&eacute; par Yves-Michel Fotso, jeune loup de la finance et accessoirement fils de son p&egrave;re aux cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision Stv, Canal 2 et Equinoxe le jeudi 11 septembre 2008 aura &eacute;t&eacute; &agrave; n&rsquo;en pas douter l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement m&eacute;diatique focal de ces derniers temps au Cameroun. Mais au-del&agrave; des passions et des prises de position partisanes selon qu&rsquo;on soit pour ou contre Yves Michel ou que l&rsquo;on s&rsquo;interroge sur l&rsquo;opportunit&eacute; m&ecirc;me de cette entreprise ou encore que l&rsquo;on en questionne ses contours juridiques, il convient d&rsquo;examiner rationnellement, c&rsquo;est-&agrave;-dire de fa&ccedil;on critique les impens&eacute;s ou les non-dits de cette gigantesque op&eacute;ration de communication. <br \/> Il est ind&eacute;niable que cela constitue un pr&eacute;c&eacute;dent dans notre pays qu&rsquo;un individu mis en cause ou en tout cas impliqu&eacute; dans plusieurs affaires judiciaires en cours (gestion de la Cameroon Airlines, acquisition d&rsquo;un a&eacute;ronef pour les d&eacute;placements du chef de l&rsquo;Etat, d&eacute;tournement de la Tva, blanchiment d&rsquo;argent en Suisse&hellip;) s&rsquo;exprime publiquement devant un tel auditoire pour clamer son innocence. A notre grand &eacute;tonnement, cette entreprise de communication unilat&eacute;rale a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e par nombre de professionnels faisant autorit&eacute; dans le domaine comme un moment de triomphe de la libert&eacute; d&rsquo;expression. Mais en y regardant de plus pr&egrave;s, on discerne ce qui s&rsquo;apparente &agrave; un canular m&eacute;diatique digne de Timisoara (une campagne m&eacute;diatique savamment orchestr&eacute;e qui avait provoqu&eacute; des &eacute;meutes aboutissant &agrave; la chute du r&eacute;gime de Ceausescu en d&eacute;cembre 1989). <\/p>\n<p> <strong>1- La v&eacute;rit&eacute; ne tire son origine que de la confrontation<\/strong><br \/> Quelle que soit la discipline, la v&eacute;rit&eacute; n&rsquo;&eacute;merge v&eacute;ritablement que dans la capacit&eacute; &agrave; surmonter la contradiction. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en philosophie, on a le triptyque th&egrave;se-antith&egrave;se-synth&egrave;se qui permet d&rsquo;&eacute;voluer vers la connaissance. Depuis H&eacute;raclite (philosophe grec vers 450 av J-C &ndash; vers 475 av J-C), une longue tradition philosophique d&eacute;montre que le sens n&rsquo;advient que dans la rencontre avec autre chose. Le logos, discours originel, tire sa source dans la rationalit&eacute; qui unit les contraires. Hegel (Georg Wilhelm Friedrich, philosophe allemand, 1770-1831), dans son ouvrage majeur la Ph&eacute;nom&eacute;nologie de l&rsquo;Esprit, consid&egrave;re que la m&eacute;thode dialectique qui implique l&rsquo;id&eacute;e de progr&egrave;s est le r&eacute;sultat d&rsquo;une lutte des contraires. On peut &eacute;tendre ces exemples aux autres disciplines que sont les sciences de la nature ou les sciences juridiques, on arrivera aux m&ecirc;mes conclusions. <br \/> A contrario, les v&eacute;rit&eacute;s r&eacute;v&eacute;l&eacute;es se d&eacute;clament de fa&ccedil;on unilat&eacute;rale. Elles sont admises comme telles par ceux qui y adh&egrave;rent et rel&egrave;vent donc de la foi, ferme assurance des choses qu&rsquo;on esp&egrave;re, mais que l&rsquo;on ne voit pas. A voir les titres de certains quotidiens, il a suffit que le fils Fotso se repende pour qu&rsquo;il soit consid&eacute;r&eacute; comme innocent. A les croire, il a suffit qu&rsquo;il parle pour que se manifeste la v&eacute;rit&eacute;. Lorsque l&rsquo;on voit des titres comme celui de la Nouvelle Expression du vendredi 12 septembre &ldquo; Op&eacute;ration &eacute;pervier : Les v&eacute;rit&eacute;s de Yves Michel Fotso &rdquo; ou du Messager du m&ecirc;me jour &ldquo; Y. M. Fotso parle enfin &rdquo; cuisin&eacute; parait-il, par Pius Njaw&eacute;. Une telle unanimit&eacute; ne peut &ecirc;tre que suspecte. Pour ceux qui ont suivi l&rsquo;&eacute;mission de Joly Koum sur Canal 2 le dimanche 14 d&eacute;cembre et les interventions de Jean Vincent Tchienehom et de Me Nguenang, mais aussi celle de Me Jean-de-Dieu Momo dans l&rsquo;&eacute;mission Sc&egrave;nes de presse le m&ecirc;me jour sur la Crtv, il ne reste plus qu&rsquo;&agrave; lui remettre son passeport. Comme si l&rsquo;opinion pouvait se substituer aux instances comp&eacute;tentes pour instruire une affaire judiciaire en cours. En voulant orienter l&rsquo;opinion publique vers une victimisation d&rsquo;Y. M. Fotso, pr&eacute;sent&eacute; comme un homme d&rsquo;affaires dynamique et brillant en proie au harc&egrave;lement de la bureaucratie (cf. l&rsquo;&eacute;ditorial d&eacute;lirant de Tchienehom le lundi 15 septembre sur Equinoxe) le soup&ccedil;on de manipulation est &eacute;vident, m&ecirc;me pour le plus born&eacute; des observateurs. Mais dans l&rsquo;histoire de la pens&eacute;e critique, l&rsquo;opinion, la doxa, a toujours &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e comme le premier obstacle &agrave; l&rsquo;av&egrave;nement de la v&eacute;rit&eacute;.<br \/> Quant au &ldquo; politologue &rdquo; Alain Fogue Tedom qui estime que Fotso plaide sa cause aupr&egrave;s du &ldquo; juge Biya &rdquo;, nous lui rappelons que dans un Etat de droit, il y a un principe fondamental qui est la s&eacute;paration des pouvoirs, car &ldquo; lorsque, dans la m&ecirc;me personne ou dans le m&ecirc;me corps de magistrature, la puissance l&eacute;gislative est r&eacute;unie &agrave; la puissance ex&eacute;cutrice, il n&rsquo;y a point de libert&eacute; &rdquo;, nous enseigne Montesquieu (De l&rsquo;esprit des lois, 1948). Son argutie bas&eacute;e sur le fait que &ldquo; plusieurs milliers d&rsquo;employ&eacute;s risquent d&rsquo;&eacute;ternuer &rdquo; est sans objet au plan juridique. <br \/> En nous pr&eacute;sentant de mani&egrave;re apolog&eacute;tique un directeur g&eacute;n&eacute;ral qui n&rsquo;a pas touch&eacute; de salaire pendant toute la dur&eacute;e de son mandat &agrave; la Camair, mais dont la domiciliation des comptes de cette entreprise publique dans la banque priv&eacute;e du groupe de son p&egrave;re, lui a assur&eacute;ment rapport&eacute; des royalties pus importantes en termes d&rsquo;agios et de frais divers, la manipulation vire au burlesque. De gr&acirc;ce MM. Tchienehom, Tchounkeu, Njawe et compagnie, la campagne bas&eacute;e sur le pan&eacute;gyrique d&rsquo;un individu au profit d&rsquo;un lobby ethnico-financier ne lui rendra pas un passeport qu&rsquo;on a d&eacute;j&agrave; tent&eacute; d&rsquo;obtenir par d&rsquo;autres moyens plus abjects (une tentative de corruption qui s&rsquo;est av&eacute;r&eacute;e n&rsquo;&ecirc;tre qu&rsquo;une escroquerie sur laquelle personne ne versera des larmes de crocodile). <\/p>\n<p> <strong>2- Une tentative d&rsquo;ali&eacute;nation de l&rsquo;opinion publique<\/strong><br \/> La soci&eacute;t&eacute; civile camerounaise a &eacute;t&eacute; port&eacute;e sur les fonts baptismaux &agrave; la fin des ann&eacute;es 80 &agrave; la faveur de l&rsquo;affaire Yondo Black. Des personnalit&eacute;s &oelig;uvrant dans diverses professions lib&eacute;rales avaient alors donn&eacute; de la voix pour que puisse na&icirc;tre au Cameroun un cadre d&rsquo;expression o&ugrave; des opinions divergentes ou oppos&eacute;es puissent s&rsquo;exprimer. On avait alors salu&eacute; le courage et la hardiesse de C&eacute;lestin Monga, de Mongo Beti, d&rsquo;Abel Eyinga ou de Pius Njaw&eacute;. La promesse de sortir de l&rsquo;automne et des brumes du totalitarisme et de son corollaire l&rsquo;unidimensionnalit&eacute;, pour envisager la clart&eacute; printani&egrave;re du pluralisme nous avait conduits &agrave; accompagner cette dynamique de toute la fougue de notre jeunesse. <br \/> Las, aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;en reste-t-il ? Les acteurs d&rsquo;hier nous font croire que la v&eacute;rit&eacute; est dans l&rsquo;unanimisme. Il s&rsquo;agit en r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;une entreprise d&rsquo;ali&eacute;nation de l&rsquo;opinion publique, c&rsquo;est-&agrave;-dire, au sens h&eacute;g&eacute;lien, de lui imposer de l&rsquo;ext&eacute;rieur sa d&eacute;termination en lui inculquant une v&eacute;rit&eacute; ext&eacute;rieure &agrave; son esprit. Et cette v&eacute;rit&eacute;, c&rsquo;est l&rsquo;innocence de Fotso. <br \/> Quand on voit J. V. Tchienehom, avec toute l&rsquo;exp&eacute;rience que devrait lui conf&eacute;rer son &acirc;ge [&hellip;], louer une entreprise de regroupement des organes de presse comme cela a &eacute;t&eacute; le cas en ce funeste jour du 11 septembre (de triste m&eacute;moire) &agrave; l&rsquo;occasion de cette communication d&eacute;cri&eacute;e, on ne peut qu&rsquo;&ecirc;tre dubitatif. Il s&rsquo;est m&ecirc;me pay&eacute; le luxe d&rsquo;inviter la Crtv &agrave; se joindre &agrave; cette union incestueuse, nostalgique qu&rsquo;il est des heures les plus glorieuses du totalitarisme. Comme s&rsquo;il &eacute;tait possible de faire machine arri&egrave;re. Mais, l&rsquo;Histoire est une dynamique dont personne ne peut arr&ecirc;ter le cours, m&ecirc;me les h&eacute;rauts qui ont accompagn&eacute; son d&eacute;roulement ne peuvent entraver sa marche, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un automouvement collectif qui concerne toute la soci&eacute;t&eacute;. Souvenez-vous, la R&eacute;volution Fran&ccedil;aise a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une tentative de confiscation par ses figures les plus repr&eacute;sentatives, Robespierre, Danton et Saint-Just. Que s&rsquo;en est-il suivi messieurs ? Le Terreur bien entendu qui les a balay&eacute;s comme des f&eacute;tus de pailles sous la pouss&eacute;e du vent du nord.<br \/> En voulant instaurer une inquisition m&eacute;diatique, qui vise &agrave; pr&eacute;senter toute opinion divergente de la votre comme h&eacute;r&eacute;tique : &agrave; savoir Y. M. Fotso est un individu vertueux et qui est au dessus de la loi, du fait qu&rsquo;il dirige une multinationale qui a des int&eacute;r&ecirc;ts de la Mauritanie en Angola (Me Nguenang dixit) vous faites fausse route. Comme chacun de nous, il devra rendre compte &agrave; la justice des actes qui lui sont reproch&eacute;s. Socrate nous avait enseign&eacute; que la plus haute vertu consiste &agrave; faire face &agrave; la justice de son pays, lui qui avait portant &eacute;t&eacute; condamn&eacute; injustement. M&eacute;ditons &agrave; la lumi&egrave;re de la lanterne qu&rsquo;avait allum&eacute;e le sage ath&eacute;nien en buvant la cigu&euml; en 399 av. J.-C. <\/p>\n<p> <strong> *Chercheur en sciences sociales, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris. <br \/> E-mail : achillemballa2000@hotmail.com<\/strong><\/p>\n<p> <\/span>&nbsp;<\/p>\n<p>Par  Par Achille MBALLA*<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contre la pens&eacute;e unique L&rsquo;entretien de Yves-Michel Fotso dans les m&eacute;dias continue de faire des gorges chaudes. Les politiques et les universitaires rivalisent d&rsquo;adresse pour d&eacute;fendre la pertinence de cette sortie m&eacute;diatique. Mais au juste, de quoi d&eacute;bat-on ? Du principe de la publication de cet entretien ou alors de son contenu ? 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